Première enquête cinématographique de l'inspecteur Lavardin - ce dernier apparaît seulement au bout de 40 minutes - Poulet au vinaigre est moins passionnant à suivre que le prochain film de Chabrol avec ce policier malicieusement interprété par Jean Poiret. On retrouve ici bien le style de Chabrol qui égratigne la bourgeoisie provinciale et si l'histoire n'est pas déplaisante à suivre on regrette que ce polar manque de mordant et soit quelque peu paresseux. Niveau casting c'est du bon comme dans la plupart du temps chez Chabrol avec des personnages haut-en-couleur.
Chabrol revient au terroir et au terreau qu'il affectionne depuis toujours à savoir les turpitudes de la bourgeoisie de province. Une 1ère décrit le quotidien d'une bourgade où les rumeurs, les haines et les magouilles parasitent les relations. La 2nde partie démarre avec l'arrivée de Lavardin qui vient enquêter sur une mort mystérieuse. Le crime principal n'est pas celui qu'on croit et l'enquête de l'inspecteur s'étoffe car Lavardin a un petit grain de folie qui le pousse à fouiner ou bon lui semble.
Province endormie, province de notables respectables, et en arrière plan toute une série de malversations, de combines peu avouables: l'univers favori de Chabrol. S'y ajoute ici un inspecteur prenant de grandes libertés avec son statut, et une intrigue bien menée, quoiqu'assez conventionnelle. Il y a des scènes jubilatoires, des moments de suspens intéressants, un ton badin plaisant, et l'on devine que les acteurs, tous excellents, ont pris plaisir à interpréter leurs rôles. Mais à vouloir tout dépeindre, le film manque d'unité. La famlille Cuno à elle seule méritait un long métrage... Le paprika, lui, s'accorde à merveille avec les oeufs au plat, peu le contesteront.
Délicieuse petite intrigue juteuse coordonnant habilement tous les genres avec une certaine ruse et pas des moindres. Chabrol éveille notre curiosité et notre excitation confortablement derrière une cachette, le regard épie des personnages à la fois intrigants et attachants.