En partant d'une théorie iconoclaste (et mal comprise), Vinterberg aborde le sujet de l'alcoolisme sur un versant plus dramatique que comique (il n'y a guère d'humour passé la première demi-heure), balançant avec régularité de l'euphorie à la dépression (pour le coup très raccord avec son sujet). Le film maintient ainsi le spectateur entre deux eaux du début à la fin sans trancher la question, avec des acteurs très justes dans leur jeu mais un scénario trop prévisible dans ses grandes lignes, même si de belles séquences viennent rehausser l'histoire.
Définitivement sorti du dogme, Thomas Vinterberg signe en 2021 sans doute l'un de ses plus grands succès critiques et commerciaux depuis "Festen". "Drunk" met en scène une joyeuse équipe d'enseignants prêts à s’alcooliser afin d'améliorer leurs performances éducatives. Si "Drunk" est incontestablement réussi, il mérite aussi quelques bémols. Son tempo est par exemple plus discutable car "Drunk" comporte également beaucoup de temps morts. On a en effet l'impression que le film a du mal à trouver son rythme de croisière. On aurait aimé qu'il aille au bout de son délire. Que Vinterberg insiste incessamment sur le côté déjanté plutôt que de l'entrecouper de pathos. Cela n'empeche pas de rire devant de nombreuses situations ainsi que de retrouver un Mads Mikkelsen en très grande forme. Une bonne comédie, à défaut d'être un chef-d'oeuvre du genre.
En vue des critiques exceptionnelles, je m'attendais à beaucoup mieux ! Un sujet de société traité intellectuellement, par des personnages peu attachant et une mise en scène 2 de tension. Perso je n'ai pas vraiment accroché. 3 généreuses étoiles. ----Févier 2022----
Il s’agit d’un de mes films préférés, j’aime la réalisation de ce film, les acteurs, la photographie et tout particulièrement la morale qu’apporte ce film. En effet, selon moi, la morale de se film est la suivant : il faut savoir se faire plaisir sans en faire un excès, car un excès mène généralement à une addiction. « À consommer avec modération » c’est un texte que nous retrouvons généralement sur les bouteilles alcoolisées et malgré que ce film traite de l’alcoolisme, cela fonctionne pour toute sorte d’excès. Il faudrait donc, selon ma vision du film et de sa morale, savoir se faire plaisir mais avec modération. Consommer avec modération toutes sortes de plaisirs. Premièrement, j’aimerais présenter ma propre visions de ce film, une oeuvre dans laquelle le réalisateur a décidé de montrer les choses banales qu’un homme peut faire de bien comme de mal, sans jugement et sans donner de réponse. Comment un homme peut se soumettre à une force qu’il pense contrôler mais avec laquelle il fini par perdre le contrôle et en finir l’esclave ? À quel point cette sorte de bonheur peut être éphémère et avoir des répercutions négatives ? En d’autres termes, à quel point en allant à l’apogée de nos désirs, nous pouvons finir au plus bas en partant du bonheur extrême jusqu’au drame en une fraction de seconde ? La scène finale, dotée de cette intensité émotionnelle « lâcher prise » démontre que nous pouvons être en paix avec nos démons, des alcooliques qui se rendent compte après un drame ( le déclic ) qu’ils sont partis trop loin, finissent enfin par goûter au vrais plaisirs de la vie : se faire plaisir sans excéder l’abus, l’excès, la folie. De plus, esthétiquement ce film offre une richesse visuelle surprenante. Tout d’abord, le film s’ouvre sur un spectacle inouï : la folie de la jeunesse, l’innocence de cette jeune génération face aux dangers de l’alcool, une fête inondée de joie et de bonheur où des jeunes s’amusent avec légèreté et insouciance en oubliants problèmes de la vie le temps d’une soirée. La photographie du film, le visuel s’assombrie « crescendo » avec le climat du film, débutant sur une image et une lumière claire, joyeuse en sombrant au fur et à mesure en même temps que les personnages. Cette clarté revient brusquement durant la séquence finale, celle du pardon, une séquence où les acteurs sont en paix avec leurs problèmes et le manifestent. Durant cette scène finale, tous les étudiants sont habillés en blanc, le ciel est bleu, la lumière est claire, comme si elle brillait en cohésion parfaite avec l’esprit et la nouvelle mentalité de nos protagonistes. Enfin, je trouve qu’en partant d’un sujet banal, un problème qui touche un grand nombre de personnes aujourd’hui, le réalisateur a réussi à transformer une banalité en chef d’oeuvre. La bande originale du film qui s’intitule « What a life » illustre bien la mentalité de l’oeuvre à mon sens. Je pense aussi que derrière ce film, se trouve un certain message philosophique. Je finirais sur une citation du philosophe Aristote : “Qui chérit à l'excès sait haïr à l’excès.”
Ce qu'il y a de pratique avec la provocation, c'est qu'elle assure la promo! Il s'agit au final d'une variation sur le thème de la midlife crisis, enlevée et parfois originale, drôle mais sans excès, exception faite d'un surprenant final qui nous enverrait presque chez Kusturica! Agréable mais plutôt inoffensif!
Je suis bien content pour tous ces gens qui ont pris du plaisir à ce film, pour ma part je n'arrive pas à comprendre un tel enthousiasme, car il s'agit de quoi ? De quatre profs qui décident de se "bourrer la gueule" pour voir... il n'y a même pas de raison car globalement ils sont bien dans la société, bien dans leur métier, bien dans leur vie personnelle. Et qu'observent-ils ? et bien qu'ils sont saouls ! sans blague ! Du coup on s'ennuie énormément.
Simplement original et très drôle malgré le spoiler: décès d'un des profs qui nous fait revenir à la réalité et au sérieux. C'est un film à ne pas manquer !
Ce film a eu un Oscar ? Sérieusement ? En lisant le synopsis je m'attendais à un film sympa et drôle au final c'est un film très long et très ennuyant où il ne se passe pas grand chose... Très déçue.
Un excellent film. La réalisation est tellement belle, travaillée, et a beaucoup de sens. C'est extrêmement bien découpé et chapitré, entre les différentes phases de l'expérience des protagonistes. Le récit m'a beaucoup touché ; et la chorégraphie finale rendant hommage à la finalité tragique de leur expérience est vraiment magnifique. Je dirais même que c'est un film sur la vie, plutôt que sur sa relation à l'alcool et ses conséquences. A regarder sans modération et en urgence !
Une caméra qui tourne autant que la tête des protagonistes, telle est la recette d’un cocktail réussi pour enivrer le spectateur et l’immerger dans les déboires de cette bande d'amis. La déroute des personnages suffit, seule, à relever le caractère profondément lourd et dramatique du film qui se serait très bien passé d’une facilité finale.
Si le film touche autant c'est qu'il touche á toutes nos vies, à toutes nos défaites, à toutes les victoires qu'on espère, à toutes ces renaissances, à la vie qui rejaillit. C'est beau, c'est très émouvant, ça patine un tout petit peu au milieu et c'est porté par un acteur grandiose.