Note : 13,5/20 > ⭐⭐⭐✨/⭐⭐⭐⭐⭐
La théorie du 0,5 grammes d'alcool est-elle vrai, alors ?
Il est clair qu'il n'est pas évident de vivre un métier dont nous ne sommes pas heureux (en ce qui concerne Martin, encore pire, car il est introverti et a dû mal à se faire confiance) n'aide à se créer une vie seine.
Pourtant, la séquence du dîner d'anniversaire (excellente dans ses dialogues, d'ailleurs !) montre vers quoi nous allons nous diriger. Martin fond en larme, devant ses trois amis. Ça m'a fait de la peine de voir à quel point il peut être vulnérable... C'est là qu'ils décident, par amitié et pour le sauver, de lancer l'expérience du 0,5 g.
Soyons clair, j'ai adoré toute la première partie du film. Cela donne des scènes très rigolotes (l'apparition de Nicolas Sarkozy, c'est très fort bordel !) mais avec un message de fond également : l'idendité de soi. Avec l'alcool, sait-on vraiment qui on est, encore ?
J'avoue ne pas consommer d'alcool. J'ignore donc les sensations que cela fait. C'est peut-être également pour cela que le film ne m'a pas procuré toutes les émotions que cela aurait dû me faire si j'avais plus de proximité avec les personnages. D'ailleurs, les personnages possèdent chacun leur caractéristique, bien que lié, avec une écriture globalement réussie et des acteurs franchement très bons. J'ai également beaucoup aimé toute l'intrigue autour de deux jeunes : Sébastian, qui a déjà échoué deux fois son bac et qui a peur d'échouer trois fois ; et Glasses, qui n'arrive pas à s'intégrer dans le groupe sportif du foot que dirige Tommy. Ils ont des émotions que j'ai connu : la peur d'échouer, et la peur d'être seul. Je connais cela. J'ai été touché par la scène où il marque le but et que Tommy le porte en triomphe, c'est le moment le plus pur du film. Ici, l'alcool agit non pas comme un vice, mais en bienveillance. Nous retrouvons ce message à travers les cours d'histoire de Martin, où il parvient à développer une nouvelle personnalité, beaucoup plus proche avec les lycéens, établissant donc un nouveau lien de confiance en lui et les élèves. Je ne dirai pas que c'est une dédoublement de personnalité, mais on en est pas loin
Une autre scène est marrante : quand ils décident de tester la dose maximale, et qu'ils finissent par faire n'importe quoi dans la ville. C’est à la fois hilarant et terrifiant, car on sent que le point de non-retour est atteint pour le meilleur... et pour le pire. Sa femme lui avoue qu'elle l'a trompé et le quitte. La réalité les rattrape violemment.
Et puis, la dernière phase, celle de la mort, clairement. Parce que Tommy... et puis merde...
Autrement, la dernière phase est mythique de part la scène de la danse. Martin livre une performance incroyable sur le port de Copenhague. Au milieu des lycéens qui célèbrent leur diplôme, il exprime tout : sa tristesse pour son ami mort, sa joie de retrouver sa femme, et cette ivresse de vivre, jusqu'au saut final.
J'ai passé un bon moment devant ce film. J'avoue peut-être avoir légèrement décroché entre le moment où Martin massacre son appartement par excès de colère et d'alcool, jusqu'à la scène finale. Je n'ai pas perdu le fil de l'intrigue, et j'ai été mis en retrait, comme si le film ne me concernait plus.
Comme déjà dit, j'ai passé un très bon moment durant ces 1h55. J'avoue que je ne m'attendais à rien, et finalement, je ne suis pas déçu.
Le gros point fort réside dans ses messages. L'alcool, le dédoublement de personnalité, la solitude, le soutien, la mort, la vie, l'amour... Bref, le tout constitue un mélange qui fait que ce film est presque nécessaire à voir au moins une fois dans sa vie. Belle découverte !