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Charlotte28
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4,0
Publiée le 6 mars 2025
Une reconstitution des années 60 qui laisse à désirer ainsi qu'une mise en scène assez banale mais un propos fort grâce à des interprètes investis, des scènes marquantes pour leur brutale vérité ainsi qu'une pertinente illustration de la révoltante condamnation sociétale, professionnelle ou intime voire létale de ces femmes interdites d'avortement. Un coup de poing émotionnel.
Comme à mon habitude, j’arrive dans la salle sans trop rien connaitre du film… En fait je pensais qu’il s’agissait d’une histoire d’abus sexuel. Lion d’Or à Venise, les notes spectateurs et critiques d’Allociné unanimes pour dire que c’est un grand film, et hop m’y voici. De fait, j’ai mis un certain temps à savoir quel était le thème et surtout j’avais du mal à situer l’époque. Et c’est de là qu’est arrivé mon premier choc du film. Cette histoire se déroule en 1963. Audrey Diwan livre une projection dystopique du roman d’Annie Ernaux et démontre que la lutte des femmes à disposer de leur corps est toujours d’actualité ; que rien n’est jamais gagné. Second choc le thème, le mot avortement, mot tabou de cette France engoncée, n’est jamais prononcé ; donc on comprend tardivement le thème du film. En tant qu’homme, nous pourrions nous sentir spectateur de cette histoire de femme seule luttant pour agir selon sa volonté et non selon des règles patriarcales. Cette histoire, par son universalité emportera aussi bien les hommes que les femmes ; ce film est profondément politique mais surtout très incarné. Comme les Dardenne suivant « Rosetta », Anamario Vartolomei est de tous les plans, filmée caméra à l’épaule. Enserrée dans un 4/3 pertinent, elle n’a pas d’issue, nous serons de toutes ces espérances, décisions, désillusions. Nous percevrons chaque souffle, chaque regard de cette jeune femme seule devant faire des choix cruciaux pour elle sans pouvoir en parler à personne pas même à ses proches. Cette solitude frappe à chaque instant ; Audrey Diwan gagne la bataille de donner corps à son combat ; et sa jeune actrice l’y aide à merveille par une présence forte de bout en bout. Récit viscéral et puissant, Audrey Diwan tient un récit au cordeau millimétré et nous plonge avec force dans l’étouffante bataille anxiogène que livre son héroïne. Elle ne nous laisse jamais respirer, car, grâce à son dispositif, on vit avec elle, on ressent ce qu’elle ressent ; même un homme… et çà peu de film parviennent ce tour de force. Une grande réussite formelle et politique car jamais donneuse de leçon ou moralisatrice ; un incontournable de l’année cinématographique. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
FAISEUSE D'ANGES. Dans son ventre, intérieur d'une liberté d'être. L'interdit et le mal de notre soi-disant modèle de société. Une contrainte d'un corps, éprouvant. Pendant ce temps, Simone veille.
Pour son premier film, la réalisatrice adapte un roman des années 2000 qui évoque le parcours difficile d'une jeune femme souhaitant avorter en France dans els années 60. Evocation d'une époque certes révolue chez nous mais pas partout sur la planète et un besoin de vigilance pour un droit que certains n'hésitent pas à remettre en cause aujourd'hui encore. Caméra scrutant son héroïne, la mise en scène évoque les images à La Dardenne ou la Kechiche. L'actrice, épatante, au regard froid et déterminé, évoque un peu le jeu d'Adèle Haenel. Les deux femmes à suivre pouvaient espérer un prix de la mise ne scène ou un prix d'interprétation. C'est finalement le Lion d'Or qui a permis de récompenser les talents prometteurs et c'est tant mieux même si la récompense semble un peu exagérée pour un film honnête et réussi mais sans grande surprise.
Remarquable adaptation du roman éponyme d'Annie Ernaux qui a reçu nombre de récompenses méritées, dont le Lion d'or de la Mostra de Venise. Une plongée intimiste dans la solitude d'une jeune fille enceinte dans les années 60 et « qui ne veut pas le garder ». Une épreuve douloureuse et terrible mais sans larmes, sans faiblesses, telle que pouvaient la vivre plein de jeunes filles de l'époque (j'en fus indirectement souvent témoin). Merci Simone Weil, honte à la Cour suprême des USA ! Ce n'était pas évident de traduire en langage cinématographique les mots de l'auteure. Audrey Dirwan y est arrivée, probablement par sa condition de femme. C'est fort, brutal et ô combien d'une grande justesse, fantastiquement interprété par la jeune franco-roumaine Anamaria Vartolomei. Un drame social qui frappe, fort, juste et bien.
Énorme claque dans la tronche qui doit nous rappeler à quel point l’humanité et le féminisme ont pu changer en bien ces dernières décennies, ce qui semble acquis aujourd’hui était taboo y a 50 ans. Et que dire de la prestation de Anamaria Vartolomei complètement habitée par son personnage. Un film presque vital et récompensé par le lion d’or à Venise et à juste titre.
On retrouve l'âpreté de l'écriture d'Annie Ernaux dans la réalisation d'Audrey Diwan. Tout est filmé au plus près du personnage principal et toute la dureté de son environnement redonne avec une violence inouïe jusqu'au dénouement absolument terrible dans sa frontalité. Si le film a parfois quelques longueurs, l'implacabilité du scénario et du jeu des acteurs et principalement de l'actrice principale forcent le respect. Toute la violence faite aux femmes dans notre histoire et nos sociétés est ici rendue avec talent et justesse.
De Audrey Diwan (2021) Un film sensible, fort et parfois cru sur la situation des femmes en France dans une époque pas si lointaine que cela. De quoi regarder avec humilité le chemin parcouru à l'aulne de ce qui reste encore à faire. Des scènes parfois insoutenables sur la réalité de la condition féminine. Film porté à l'écran par la remarquable interprétation de Anamaria Vartolomei.
Un film fort sur l’émancipation des femmes et sur leur droit à disposer de leur corps. A voir car le sujet permet de se souvenir d’où l’on vient et est très intéressant éducativement parlant. La performance de la jeune Anamaria Vartolomei n’est pas étrangère à la réussite de ce drame.
Un des films les plus durs que j'ai eu à voir. Pire qu'un Tarantino, attention car c'est très choquant ! Ce film, ce récit sont les meilleurs contraceptifs qui puissent exister tant il montre les sacrifices et horreurs que peuvent subir les femmes pour avoir fait plaisir à un homme ! C'est un téléfilm et réalisé comme tel mais bien joué, avec des scènes plutôt osées et il montre parfaitement la charge mentale des femmes qui préféraient prolonger leurs études ou vivre leur vie plutôt que d'être prisonnières de leur propre corps. Toutes les femmes devraient refuser le sexe (vu l'intérêt qu'elles y trouvent...pas) tant que les hommes n'assurent pas en prenant des contraceptifs. Un débat et une lutte à lancer ! 3,65/5
Vivre un avortement de l'intérieur...c'est ce que nous propose ce film. Avec un immense talent, beaucoup de pudeur, l'actrice principale nous fait ressentir cette époque de l'omerta. Certaines scènes sont éprouvantes. Un grand moment de cinéma.
Suivant le parcours dans les années 60 d’une étudiante craignant que sa grossesse non prévue ne contrarie ses études et sa future carrière « L’événement » avec sa caméra collant à son héroïne est un drame âpre et saisissant dressant le contour d’une période floue pour les femmes entre quête de libération et d’autonomie face à l’emprise d’une société demeurant encore très patriarcale. Habitant chaque plan du film, l’actrice principale par sa prestance et son silence pesant donne du corps au sens propre au récit.
Pour moi ce film aurait pu être un chef-d'œuvre s'il avait eu une vraie fin. Mais celle-ci semble escamotée comme si la réalisatrice n'avait su comment l'accoucher... Une fin avortée en quelque sorte !
Que dire ? Merci, tout d'abord à l'auteure du livre et aux deux formidables femmes qui le portent à l'écran : la réalisatrice qui nous emmène dans chaque plan avec Anne, nous liant au, semaines qui s'égrènent comme autant de menaces qui se rapprochent. Que ces temps ne reviennent jamais. Jamais.