Le film traite de l’avortement dans les années 60; il est alors illégal. On suit le parcours du combattant de Anne, une jeune provinciale qui voudrait poursuivre ses études à tout prix; enceinte, elle ne peut envisager de garder le bébé……
Le film nous expose toutes les difficultés qu’Anne doit affronter: l’annoncer à ses parents, dialoguer avec ses amis garçons et filles, poursuivre ses études enceinte, les médecins, la « faiseuse d’anges » le risque pénal.
L’hypocrisie, la lâcheté de l hommes qui fuit sa responsabilité. La réalisatrice serre au plus près Anne, dans les moments joyeux comme dans la crudité. Audrey Diwan nous place dans la situation dérangeante d’assister à l’avortement!!! C’est un film fait de « chair », qui nous dérange et nous émeut!
Le film expose aussi, toutes les difficultés qu’Anne doit affronter: l’annoncer à ses parents, le dialogue avec ses amis garçons et filles, et poursuivre ses études enceinte, les médecins, la « faiseuse d’anges » le risque pénal. L’hypocrisie, la lâcheté de l hommes qui fuit sa responsabilité.
Comment j’aurais réagi à cette époque, ouverture au dialogue, on se pose ces questions; on est « bousculé » !
On nous annonçait un choc pour ce nouveau film d’Audrey Diwan (après son excellent premier film Mais vous êtes fous), il était donc très attendu. J’en ressorts assez déçu et je reste sur ma faim. Je n’ai jamais pu m’attacher aux personnages, surtout à celui de la jeune fille. J’ai trouvé l’ensemble froid et sans émotion, trop clinique. Certes, l’histoire est édifiante, et on se réjouit que Simone Veil se soit battu pour le droit à l’avortement en France. Il y a tant de pays qui font marche arrière, et d’autres où cela est simplement toujours impossible. Pour cela, le film est malheureusement toujours d’actualité. On notera tout de même une bonne direction d’acteurs. Les jeunes sont très biens, Anamaria Vartolomei en tête. Les seconds rôles sont interprétés par des pointures telles que Sandrine Bonnaire, Pio Marmai ou Anna Mouglalis. Mais la mise en scène manque de puissance et de force pour le sujet, qui lui seul ne parvient malheureusement pas à transcender l’ensemble. Bref, je me suis ennuyé. Dommage…
une triste réalité il n'y a pas si longtemps.... je retrouve bien dans ce film, l'ambiance de l'époque face à cette question, mais aussi sur le puritanisme ambiant ;
Dans les années 60, dans une fac de Lettres, Anne (Anamaria Vartolomei) tombe enceinte, alors qu'elle aborde les examens d'entrée pour l'université. A cette époque, avorter est illégal, et peut mener soit à la mort, soit en prison. Elle doit alors jongler entre sa cité U, le secret, la débrouille, le système D, les faiseuses d'ange...
C'est dans ces moments là que le cinéma est construit dans un but de réflexion, pour nous choquer, nous faire bouger. Quand on assiste à la saisissante reproduction d'une époque incompréhensible de nos jours, par l'asservissement du corps féminin aux volontés masculines, on ne peut qu'être glacé d'effroi. La quête de l'héroïne (et c'est une héroïne, vu ce qu'elle traverse), va la mener à travers des supplices incroyables, tant physiques qu'émotionnels, où rien n'est épargné, tant à elle qu'au spectateur. Ce film c'est un peu le moment où même sans avoir d'utérus j'ai eu envie d'hurler quand quelques scènes montrent la souffrance de l'actrice principale, quand elle subit des violences absolument insoutenables - le film est hyper cru et graphique - et quand on a tantôt envie de la serrer dans nos bras pour l'aider, tantôt envie de secouer les médecins pour qu'ils l'aident.
Rien n'est camouflé, tout est soit montré en plein champ, soit laissé fortement à l'imagination des spectateurs. On serre les dents, on tente de ne pas s'imaginer les tortures infligées...la fin du film restera comme beaucoup dans la catégorie des moments où on ne s'imagine pas qu'une caméra puisse continuer à tourner, pour montrer ce qui malheureusement était monnaie courante pour beaucoup de femmes privées de leurs droits à cette époque.
On m'avait décrit ce film comme une claque, c'est pour moi plutôt un uppercut, qui prend bien le temps d'imprégner ses phalanges dans les gencives, pour y laisser une marque incroyablement tenace. Anamaria Vartolomei est vraiment incroyable dans ce film, qui la suit dans des plans séquences serrés, le format carré de l'image canalisant une angoisse graphique sur son incroyable bouille d'ange qui ne montre rien des tourments infâmes qu'elle subit.
On en sort secoués, parfois nauséeux, et on se souvient que dans les années soixante, les femmes avaient quelques libertés, mais que, comme aujourd'hui, elles étaient encore bien loin d'avoir LA liberté. Ce film est une pépite incroyablement brute et pure. Il est grand temps que ce cinéma social et politique prenne sa place, fasse bouger les lignes, et surtout les idées.
L'événement est une expérience purement sensorielle qui montre toute la psychologie et la pression d'une société sur le personnage principal incroyablement interprété par Anamaria Vartolomei. La mise en scène reste sobre pour nous inclure encore plus dans le réalisme du monde sociétale du film. Allez voir ça tout de suite !
"L'Événement " Lion d'or du dernier festival de Venise, acclamé par la critique est un drame puissant . En effet saluons tout d'abord la performance exceptionnelle de la jeune Anamaria Vartolomei qui joue le rôle d'une étudiante dans les années 1960 confrontée à une grossesse non désirée à une époque où l'avortement est illégal , certaines séquences sont difficiles, envoutante , réaliste dans un film féministe avant tout, la réalisatrice du film Audrey Diwan proposant un plaidoyer puissant pour que les femmes puissent jouir de leurs corps avec un dénouement haletant et bouleversant, une réussite.
Le film débute alors qu'on a déjà les tenants et aboutissants, à savoir l'issue même du processus vers l'avortement. Mais la cinéaste n'a cessé d'insister sur l'autre partie qui lui importe, il y a donc la volonté de lier la question du désir, et sur ce point on est un peu perplexe. Le désir reste surtout lié au plaisir, au bonheur qu'on ne ressent jamais dans le film. Que ce soit en famille, entre amis ou en soirée ou avec un homme les filles ne semblent jamais franchement heureuses ou même insouciantes. Donc la thématique du désir reste trop sous-exploité, reste alors que le drame de l'avortement et sur ce point Audrey Diwan est dans le juste, l'authentique, l'humain dans un récit porté par une actrice éblouissante. La mise en scène est au service de son personnage central, le film est ainsi filmé en format 1.37 pour se concentrer uniquement sur son personnage et laisser l'arrière-plan juste en filigrane. Audrey Diwan signe un film beau et tragique, mais il est dommage que la dimension du désir soit restée lettre morte et que l'émotion soit figée uniquement sur le drame. Site : Selenie
Dans son genre, L'Événement est une totale réussite. L'accord parfait est trouvé entre thème, choix de mise en scène et comédiens. En ces temps où certains remettent en cause les droits fondamentaux acquis au XXe siècle (Texas, campagne présidentielle française), il est sans doute bon de nous replonger dans la violence d'une législation passée qui pénalisait l'avortement, entraînant en cela des situations intenables pour des jeunes femmes sans solutions. Pour traduire cela, la cinéaste fait le choix d'un format quasi carré, oppressant, dont les seules échappatoires sont des perspectives floutées. Ce format concentre l'attention sur ses personnages, principalement Anne parfaitement jouée par Anamaria Vartolomei qui mérite un César, à n'en pas douter. Les seconds rôles sont aussi très bien, notamment Sandrine Bonnaire (probable clin-d'oeil à Pialat), Pio Marmaï (en enseignant exigeant) et le jeune homme jouant Jean. La musique concourt elle aussi à l'ambiance générale, par sa stridence. Reste qu'à titre strictement personnel, je n'adhère pas totalement à ce type de films strictement concentrés sur des faits de société. Médecin de nuit, Bergman Island et Serre-moi fort restent les meilleurs opus de l'année 2021 pour moi. Le premier car il pousse son récit jusque dans la tragédie classique, le deuxième car il parvient à se confronter à l'un des cinéastes les plus difficiles qui soit, le dernier car il renouvèle en profondeur la mise en scène cinématographique pour traiter d'un sujet indépassable, la mort. L'Événement, dans son genre, n'en est pas moins une totale réussite.
magnifique objet de cinéma. Tel un pure thriller, le film vous prend de bout en bout grâce au principe d'immersion totale dans la psyché et les entrailles de la jeune femme. servi par une comédienne incroyable de justesse et de courage, Anamaria Vartolomei s'avère être une véritable révélation. Film organique, indispensable à l'heure où le droit fondamentale est remis cause dans de nombreux pays, sa mise en scène extrêmement maîtrisée et merveilleuse d'inventivité et de modernité sur l'émancipation d'une femme qui garde le contrôle sur son corps envers le diktat de la société. bouleversant. A l'évidence, Le film de l'année.
Étrange qu'un film traitant du corps manque finalement autant de chair, ou disons : d'incarnation. La faute à des anachronismes gênants : je doute qu'en 1963 une jeune étudiante s'exprime avec autant d'insolence et d'assurance, et se rende en amphi les épaules constamment dénudées. Ou joue à la fille facile alors qu'elle est censée être obnubilée par cet avortement qu'elle doit à tout prix réussir. En somme : le personnage est peu crédible. Quant à la mise en scène, il serait bon qu'on en finisse avec cette caméra à l'épaule qui signifie combien le personnage principal vit une épreuve - Rosetta des frères Dardenne a définitivement épuisé cette méthode, ça ne fonctionne plus. Mais soyons juste : le film sait aussi faire monter le stress chez le spectateur, à mesure que le temps passe et l'échéance finale de plus en plus incertaine. Les dernières scènes sont difficiles à soutenir, sans qu'on puisse soupçonner la réalisatrice de complaisance.
Lion d'or à Venise, on se pince un peu, on suppose une probable prime au sujet. En matière de cinéma, on est loin du compte.
un film très émouvant qui monte en intensité au fil du récit. Ce film donne à voir ce que beaucoup de femmes ont dû vivre à une époque où l'avortement était encore hors la loi.
Il est toujours délicat de juger ce type de sujet au cinéma, directement adapté d’un récit personnel, d’un témoignage, d’un vécu qu’il convient de respecter. Cela dit, sur le plan cinématographique, le ressenti du personnage principal a du mal à passer l’écran, étant sans doute davantage adapté à l’écrit. Peut-être aussi parce que le droit à l’avortement s’est banalisé par l’évolution de la société, malgré quelques ressauts encore ou « réaction » au sens politique du terme, c’est-à-dire le retour à une situation antérieure ? Le spectateur d’aujourd’hui, qu’il ait connu ou pas ces années, qu’il en ait un souvenir ou pas, aurait sans doute voulu davantage d’éléments de débat et de confrontation comme ont pu le faire en leur temps d’autres films davantage militants. Le fil conducteur de ce film-ci est, de ce point de vue, exclusivement factuel. Le débat de société est quasiment absent, à deux ou trois dialogues près. Comme par exemple le médecin qui comprend mais n’approuve pas. Ou l’amie qui n’exprime qu’un interdit légal, sans même un questionnement moral comme il se posait pourtant à l’époque. A décharge, ça se passe en 1963 et le débat public n’a réellement émergé qu’en 1971 (le Manifeste des 343 femmes), suivi du débat législatif en 1975 seulement (Loi Veil). A l’époque, l’avortement qui règle « l'évènement » qu’est une grossesse non désirée car pas au bon moment (trop jeune adulte, les études, l’avenir peu enviable qui se dessine pour une « fille mère », surtout si elle est issue d’un milieu populaire) est simplement hors la loi. Mais on sait que ce ça se fait. On suivra donc Anne dans cette recherche de la seule solution qu’elle entrevoit. Le format d’image est atypique pour aujourd’hui. Ce n’est que très maladroitement qu’il évoque les années 1960. Et ça ne parlera pas du tout à bon nombre de spectateurs, tellement ce format est désuet.