Pour une fois, une production Marvel possède l’immense avantage de ne pas vraiment s’inscrire dans la chronologie des productions officielle du studio, celle qui implique qu’on doit avoir vu les trente films et les dix séries précédentes pour être certain de ne rien rater de la cosmogonie globale qui, je le rappelle, doit pouvoir être assimilée par un enfant de huit ans. De toute façon, on parle bien ici du quatrième film mettant Thor en vedette, et Thor, c’est la franchise sur un dieu nordique extraterrestre qui devait gérer des dilemmes familiaux shakespeariens et des batailles eschatologiques, et que le réalisateur Taika Waititi a transformé en grosse pochade délirante à l’humour à la fois référentiel et cartoonesque. Pas de panique, même si la franchise est passée du côté humoristique de la force à l’instar des Gardiens de la galaxie (avec qui il partage d’ailleurs une narration croisée), vous les aurez quand même, les effets spéciaux sauce Marvel, les bastons monumentales en images numériques à un million de dollar la minute, les clins d’oeil à d’autres personnages ou à d’autres films qui sont là rien que pour vous donner l’impression que vous faites partie des initiés, ainsi que les scènes inter et post-crédits. Le scénario, je vous laisse le découvrir, il est conforme à ce qu’on attend, peut-être un brin neuneu (mais on est chez Marvel après tout : gardez toujours à l’esprit que “neuneu” est une notion toute relative dans un film avec des types costumés qui sauvent l’univers) mais j’oserais dire que de toute façon, on s’en fout un peu. Pour ma part, je regarde Thor pour son humour absurde, le côté fat et suffisant du personnage, le délire visuel total que permet l’infinité cosmique dans laquelle se déroulent ses aventures (qui permet autant de choses que le multivers, mais en en plus scientifiquement prouvé). Si Taika Waititi en fait occasionnellement un peu trop, l’ensemble regorge d’idées et de séquences amusantes (je pense surtout à la jalousie entre Strombreaker et Mjölnir, réservoir à comique de répétition ) et fonctionne plutôt bien : peut-être pas autant que le délirant ‘Thor Ragnarök’ auquel personne ne s’était attendu et qui constituait un vrai coup de poker pour Marvel mais il y a tout de même une leçon à tirer du fait que les Marvel fonctionnent définitivement mieux quand ils penchent du côté humoristique que quand ils penchent du côté horrifique ou dramatique…