Captain America: Brave New World s’inscrit dans la lignée des films qui se laissent regarder, mais qui peinent à susciter la moindre émotion. Malgré les attentes, notamment autour du passage de flambeau à Sam Wilson, aucun moment ne parvient réellement à marquer les esprits. La musique, pourtant essentielle pour souligner les scènes épiques d’un film de super-héros, est ici quasiment absente. Il en résulte une œuvre fade, dépourvue d’intensité dramatique.
Dès la scène d’ouverture, très numérique, le ton est donné. Le film évoque forcément Le Soldat de l’Hiver, mais sans en atteindre la densité. Sam Wilson, pourtant au cœur du récit, n’évolue pas vraiment. Bien que le film aborde à deux reprises le fait qu’il n’est pas Steve Rogers, la réflexion s’arrête là. On aurait pu développer le thème de ce que signifie être Captain America, ou encore ce qui différencie Steve de Sam. Sam reste un personnage sympathique et courageux, mais sans moment véritablement mémorable pour justifier son nouveau rôle.
L’univers Marvel, quant à lui, n’avance pas. Le titre même du film – Brave New World – laisse perplexe. Quel est ce « nouveau monde » ? Aucune réponse claire n’est apportée à la fin du film. L’action autour du Céleste, censée être un temps fort, est confuse. La mise en scène du combat aérien rappelle davantage Falcon que Captain America, et ne distingue pas clairement les deux nations impliquées. Cette scène, qui aurait pu être cruciale pour montrer
Captain America empêchant une guerre mondiale
, tombe complètement à plat. De plus, son emplacement autour du Céleste n’est ni exploité narrativement, ni visuellement.
Côté personnages secondaires, là aussi, le bilan est mitigé. Isaiah Bradley illustre parfaitement le problème de continuité : sans avoir vu Falcon et le Soldat de l’Hiver, son passé et la portée émotionnelle de sa présence passent à la trappe. Quant à Shira Haas, son personnage est totalement inutile, sans développement ni impact. Un contraste frappant avec le trio marquant du film Le Soldat de l’Hiver (Captain, Black Widow, Falcon). Le méchant principal, incarné par
Tim Blake Nelson dans le rôle du Penseur,
manque cruellement de charisme. Introduit tardivement (45 minutes par appel, 55 minutes physiquement), le film tente maladroitement d’en faire un mystère. Il aurait été plus judicieux de le présenter tôt et de conserver ses motivations secrètes, afin de mieux développer une vraie menace : vengeance personnelle, manipulation politique ou quête de pouvoir à travers
Ross
. Aucun de ces axes n’est pleinement exploité.
Seule vraie réussite du casting : Harrison Ford, dans le rôle du président. Charismatique, crédible, il s’impose naturellement et pourrait être l’un des rares éléments que l’on retiendra du film.
En somme, Captain America: Brave New World repose sur des bases qui auraient pu être solides, mais souffre d’un cruel manque d’approfondissement. Le film accumule les facilités, les choix peu inspirés, et rate son ambition de relancer l’image de Captain America sous une nouvelle identité. Dernier petit point : le film ne bénéficie pas de l’introduction classique du MCU – c’est dommage.