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4,0
Publiée le 27 juin 2021
Introspection au cœur du quotidien, du mental, des relations professionnelles, amicales, familiales d’un sportif de haut niveau que tout le monde voit sur le retour, sauf lui. Alex Lutz est crédible et convaincant. 5eme set s’inscrit dans cette lignée des films “de sport” à haut potentiel de captation et d’émotion.
J'ai toujours un petit blocage avec le comédien Alex Lutz, il a un "je-ne-sais-quoi" d'agaçant qui m'a toujours un peu rebuté. Mais pour ce film parlant de tennis, il fallait forcément que je m'y plonge ! Et la surprise est plutôt bonne ! Un ancien grand espoir du tennis français, après de lourdes blessures, tente toujours à 37 ans de vivre de son sport malgré un classement au-delà de la 100ème place mondiale... Ce drame nous immerge donc dans la difficulté du quotidien pour ces centaines de joueurs et joueuses de tennis aspirant à sortir de l'anonymat en tentant leur chance au plus haut niveau. La mise en scène est hyper réaliste (y compris les séquences sur le terrain) et l'acteur principal est véritablement très convaincant, épaulé de plus par deux actrices impeccables : Ana Girardot et Kristin Scott Thomas. Une oeuvre tennistique très réussie ! Site CINEMADOURG.free.fr
Il faut l’avouer : je n’ai rien d’un grand fan de tennis et je doutais de l’intérêt que je pourrais porter à un tel film. J'avais également la crainte d'assister à un énième récit relatant la carrière ratée d'un vieil athlète déjà fatigué en train de tutoyer sa retraite, où la « happy ending » se pressent dès les premières minutes. Pour être honnête, j’ai été très agréablement surpris. On assiste à un film très naturaliste, quasi documentaire, tenu par par un Alex Lutz d’une justesse magistrale. Le monde des sportifs de haut niveau est dépeint avec brio par Quentin Reynaud, qui propose une mise en scène sans prétentions et très maîtrisée, en jonglant habilement entre les plans venant de son objectif et ceux des caméras de France Télévisions directement à Roland Garros, diffusant le match en direct. La fin à beau être frustrante et abrupte, on ne peut pas lui reprocher de ne pas être audacieuse; Reynaud ose au risque décevoir. C’est encore une preuve de l'humilité du réal’, son souhait n’étant pas de satisfaire l'audience, mais simplement de raconter une histoire, d'une manière très épurée, presque minimaliste. Sans le qualifier de chef d'œuvre, le film reste très bon, très rythmé, haletant et divertissant. Qu’on aime le tennis ou non, n’importe qui pourra accéder et s’attacher à cet univers, voire se surprendre à aimer un match palpitant aussi vrai que nature.
Ancien espoir du tennis, Thomas Edison, 37 ans perdu dans les profondeurs du classement ne veut pas raccrocher. Malgré l’âge, les blessures, et les doutes de son entourage, il veut se convaincre et croire encore que le meilleur peur arriver. Il est courageux, pugnace, fait couler sang et sueur sur le terrain mais est dans une sorte de déni. La fin de carrière est là, toute proche, mais que faire de sa vie après. C’est la question essentielle qu’aborde ce film en évoquant plusieurs fois cette problématique avec différents personnages (femme, amis). 5èmé set nous entraîne dans les coulisses d’une vie de tennisman professionnel mal classé et nous en apprend un peu plus sur les difficultés qui en découlent (financières, personnelles). La fin du film est réussie, bien qu’un peu longue, grâce à un moment onirique et émouvant avec un Thomas jeune pleurant les espoirs déçus et la fin d’une carrière. Alex Lutz, très crédible, porte le film sur ses épaules et s’affirme vraiment comme un acteur caméléon. A voir donc, mais peut-être plus accessible et digne d’intérêt aux amateurs de la balle jaune.
Pas vraiment fan de tennis ...et pourtant on se prend au jeu de ce film . C'est pas tant le sport qui compte que l'enjeu de la réussite , de la reconnaissance de l'autre, du monde , de sa mère... Le film est très bien porté par Alex Lutz .On a mal avec lui , on s'essouffle, on veut y croire jusqu'au bout . ... attention spoile : superbe image de fin !
Un film intéressant sur le monde du tennis et plus précisément sur l'enjeu d'une carrière passé un certain âge. Le scénario est de bonne qualité, Alex Lutz nous livrant une prestation admirable et réaliste de ce tennisman qui veut prendre une revanche sur son passé. On y voit l'envers du décor et certaines sacrifices et conflits familiaux qui peuvent en découler également. Le match final est palpitant et le dernier plan du film est idéal. Belle découverte.
Il y a les jeunes et puis il y a les anciens. Il y a ceux qui commencent leur carrière et ceux qui la terminent. Jeux de regard entre les deux générations. Chacun observe la situation de l’autre et se projette. Forcément on s’interroge. Comment finirais-je moi qui commence ? Ai-je fait ce qu’il fallait quand j’ai commencé, moi qui finis ? Et « 5ème set » se pose là au milieu de tout ça.
Étonnamment Quentin Reynaud, l’auteur de ce film, n’est pas un auteur en fin de carrière. Au contraire, au moment de tourner ce film il n’avait que 37 ans et c’était seulement son deuxième long-métrage. Et pourtant son film parle d’un homme en bout de course. Thomas Edison – son héros – arrive à la fin de sa carrière. Il était un espoir et puis a connu un long tunnel. Un très long tunnel jusqu’à la fin. Une fin qu’impose la loi inflexible de l’âge. Une fin que dicte un corps poussé à bout. Les questions forcément se posent. Les questions sur « les raisons de… » Les questions sur la pertinence à s’obstiner. Les questions sur le « à quoi bon… » …Et pourtant Thomas Edison dans ce film a 37 ans, soit l’âge de l’auteur. En somme Quentin Reynaud aborde ici cet instant de vie comme une charnière. Une croisée des chemins. Or c’est là que se trouve l’un des grands intérêts de ce film.
« L’un des grands intérêts » dis-je car, dans les faits, « 5ème set » sait aussi faire valoir bien d’autres qualités. Dès les premiers plans, Reynaud nous renvoie à l’élégance de sa technique. Technique plastique tout d’abord avec un cadre métrique et un vrai sens de la mise en scène de son sujet, que ce soit par les couleurs ou bien encore la (dé)composition du mouvement. …Mais technique narrative aussi. Il suffit d’un ralenti pour comprendre l’intensité et l’importance d’un lancé ; une balle qui tournoie en l’air pour y lire « Roland Garros » ; puis la marche d’un homme au visage usé qui vient faire une IRM de son genou avec un sac de tennis sur le dos et des chaussettes roussies par la terre battue. Pas un mot et déjà beaucoup de choses sont dites. Pour ma part, c’est comme ça qu’un film parvient au mieux à me faire la cour… …ou plutôt devrais-je dire « le court ».
Car le héros central reste bien le court dans ce film. Un court qui opprime les corps, tourne les têtes, malmène les familles. On l’adule alors qu’il maltraite. Il laisse des cicatrices et pourtant on veut l’embrasser à nouveau. Il y a presque dans cette image du court l’idée d’une projection de l’ego. Pas certain que Reynaud ait vraiment pris conscience d’à quel point son film questionne le mal de notre époque – l’hypertrophie de l’ego dans nos parcours de vie – mais à explorer avec sincérité et exhaustivité les turpitudes de son héros, il parvient malgré tout (et peut-être malgré lui) à fournir un portrait habile de son temps.
Parce qu’au fond le bon Thomas n’est ni héros, ni anti-héros. Il est juste présenté comme le produit d’une situation donnée. spoiler: Thomas est avant tout le produit d’une mère fan de tennis qui a cru en lui mais qui l’a peut-être broyé ; transformant cette quête égotique pour la réussite de Thomas en quelque-chose de plus complexe… Réussir c’est aussi se réconcilier. Se battre c’est aussi préserver une relation passée qu’on n’a pas voulu vaine.
Mais Thomas est aussi le produit d’une femme aimante qui a su l’accompagner, à ses dépends. Elle, elle est passée à autre chose. Elle a dû assumer les conséquences de sa grossesse comme d’autres doivent affronter une opération du genou. Elle a fait le choix d’une autre alternative. Un questionnement différent. Une autre manière d’appréhender ceux qui vivent au travers de « projets de vie ».
Et puis il y a l’enfant, ou plutôt les enfants qui structurent aussi l’existence de Thomas. Son propre gosse qui l’adule. Son apprenti qui le questionne sur le passé et sur l’avenir. Et puis il y a ce jeune gamin de dix-sept ans qui appelle à conscientiser la fin d’un cycle…
…En fait, à bien y réfléchir, Thomas a le choix sans l’avoir. Il a certes des alternatives qui s’offrent à lui, mais au final il restera toujours le même homme. Un homme qui a consacré sa vie au court. Un homme qui n’a que ça et ne sera d’ailleurs jamais vu autrement qu’à travers ça.
Et c’est peut-être là que se trouverait et la limite et la force de ce « 5ème set ». Limite d’abord car un film comme celui-ci ne peut que nous amener à interroger sur son propos et sa finalité. Quand bien même explore-t-il toutes les facettes de ce culte de l’ego que ce film ne peut s’empêcher de magnifier ce combat autodestructeur. Cet homme a beau souffrir et faire souffrir tout le monde autour de lui que néanmoins sa détermination fascine ; que son auto-lacération au service de la cause du court devient à travers la caméra de Quentin Reynaud quelque-chose de beau. (Et doit-on s’en étonner de la part d’un jeune auteur issu d’un milieu privilégié qui, dès le plus jeune âge, s’est vu offrir la possibilité de jouer au tennis, à l’acteur mais aussi au producteur ?)
Seulement c’est aussi une force que je ne peux nier d’un autre côté : oui ce film est beau. Et même si parfois Reynaud s’abandonne à de la caméra au poing qui, moi, me laissera toujours pensif sur la réalité de sa pertinence, il faut néanmoins bien lui reconnaitre qu’en retour les matchs sont particulièrement bien retranscris. Qu’il s’agisse du goût du détail, de la sublimation des outils et des lieux, ou bien du rythme et de la tension d’une partie, Raynaud fait le boulot. Et l’air de rien c’était une partie délicate qu’il fallait savoir jouer. Car n’oublions pas que la Fédé de Tennis a financé le film. Pas mal de partenaires ont aussi visiblement demandé à être sur-représentés à l’écran (Aahh… Wilson… Aesics… On ne voit que vous à l’écran !) Le risque était donc grand de se transformer en une sorte de « Top Gun » du tennis, le talent de Tony Scott en moins… Mais fort heureusement, Quentin Reynaud a su jouer de ses contraintes pour mieux les poser comme des effets de réalisme. Sur cet aspect d’ailleurs : chapeau. Les échanges sont assez remarquablement filmés ; questionnant d’ailleurs régulièrement sur les méthodes utilisées… spoiler: (Pour le coup, la blessure du match final, j’ai grimacé comme pour un vrai match.)
…et d’ailleurs c’est particulièrement agréable d’avoir l’impression de suivre un match de Roland Garros au cinéma. …Un plaisir au moins équivalent à celui que j’ai ressenti en voyant un concert de Queen sur grand écran grâce à « Bohemian Rhapsody ».
D’ailleurs, à bien tout prendre en compte, cet effet de réalisme est peut-être ce que le film réussit de mieux. (C’est Roland qui va être content.) C’est ce qui me fait d’autant plus regretter certains choix. Alex Lutz pour commencer. Certes il est excellent mais il est aussi très vieux. Trop vieux pour le rôle. Ça se voit que le mec a plus de quarante balais et moi c’est le genre de détail qui me perturbe et nuit régulièrement à mon immersion. Énorme question aussi sur le choix de ce nom de personnage : Thomas Edison. Juste… Juste non. Thomas Edison ce n’est pas possible. Soit ça a un sens et dans ce cas c’est totalement grossier et absurde. Soit ça n’a pas de sens et dans ce cas c’est totalement con. Le mec est français et n’est pas du genre à révolutionner quoi que ce soi. Et même si j’ai bien compris que l’américanisme est particulièrement prégnant au sein de cette maison de production hexagonale qui se fait appeler « Apollo » avec une petite fusée en guise de logo, je pense qu’à un moment donné il faut aussi savoir réfléchir aux symboles qu’on emploie pour éviter de rappeler en permanence au spectateur qu’il est en train de regarder une œuvre faite d’artifices. (Oui je sais : je suis chiant et tatillon, mais je sais que vous aimez mes critiques aussi pour ça, vilaines canailles que vous êtes. Alors bon…)
Ainsi, malgré tout et l’un dans l’autre, « 5ème set » reste pour moi un film à voir. Indéniablement. Et si on est en droit de blâmer quelques erreurs, qu’on les mette sur le dos de la jeunesse. Car après tout Quentin Reynaud est loin d’être en fin de match. Ce set de cinéma, ce n’est que son deuxième. Il a encore le temps de peaufiner son jeu, maitriser sa technique, et de devenir ce qui nous manque que trop dans le circuit hexagonal : un auteur qui confirme.
Encore une interprétation formidable d'Alex lutz, qui est confondant de réalisme dans ces rôles au plus près d'une réalité triviale! Il est extraordinaire dans la peau de cette ex espoir du tennis. Un film minutieux et révélateur de la vie en demi teinte des sportifs professionnels de seconde zone. Un film très bien réalisé, original et maîtrisé. Tout le casting est parfait. Dommage que le film ne soit pas mieux diffusé ! Il le mériterait!!
5ème set, et 3ème mi-temps réussie ? Drame sportif et humain avant d'être un film sur le sport, 5ème set smashera à coup sûr les amateurs de la petite balle jaune. Porté par un Alex Lutz transfiguré, en tennisman de 37 ans sur le retour, après une carrière ratée, alors qu'il était promis à un bel avenir, ce 5ème set se focalise sur l'obsession d'un homme qui ne veut pas lâcher, ni rendre les armes. Alors que son entourage est plutôt circonspect quant à ses velléités sportives, l'homme, dont le corps est défaillant et déclinant poursuit un rêve peut-être hors de sa portée et cultive un hybris dangereux.
La souffrance est palpable tout au long des énormes et suffocantes séquences de matches de Roland Garros, les acteurs sont très bons, les musiques graves soutiennent parfaitement l'action et les moments de tension, et pour finir, la photo est réussie, bien qu'un peu limitée en dehors du cadre magnifique des courts de Roland.
On pourra reprocher un côté anecdotique sans doute, une fin un peu facile et frustrante, et un manque d'explication de la vie du protagoniste avant son come-back formidable, mais le long-métrage reste une bien belle expérience de cinéma sportif et social et tient suffisamment en haleine pour qu'on y passe un vrai bon moment haletant plein de tensions et de sensations fortes. Alors oui j'y vais.
À presque 38 ans, Thomas était l’un des plus grands espoirs du tennis mais il n'a jamais brillé depuis sa dernière demi-finale. Il rêve de relancer sa carrière grâce à Roland-Garros.
C'est une réalisation de Quentin Reynaud qui en a aussi écrit le scénario. Le film a fait partie du Festival du Film Francophone d'Angoulême 2020.
Le Tournoi de Roland-Garros s'est terminé il y a une semaine par la victoire de Novak Djokovic. C'était donc le bon moment pour enchainer sur un drame où le tennis en est le cœur. Même s'il ne l'emporte pas 3 sets à 0, c'est tout de même une belle victoire pour ce film.
J'ai beaucoup apprécié la thématique de ce sport sur la fin, ne voulant pas pour autant renoncer à sa carrière. Dans chaque sport, et à chaque génération, il y a des grands espoirs qui n'atteigne jamais l'avenir doré qui leur était promis. C'est très intéressant de justement zoomer sur l'un d'eux. Alors certes, on ne sait pas trop ce qui s'est passé entre son échec en demi-finale, et 20 ans plus tard sa tentative de retour à Roland-Garros, mais peu importe. On va entièrement se concentrer sur son comportement actuel.
On voit comment il va trimer pour essayer de toucher enfin ses rêves. Sa frustration se ressent à chaque instant. Le récit, entre son tennis et sa famille, est très prenant.
La psychologie du personnage m'a donc passionné. Il ressasse ses échecs, et au fond, on veut le voir gagner pour qu'il puisse tourner enfin la page d'une vie fantasmée. C'est aussi le reflet de l'exigence du sport professionnel qui en laisse de nombreux sur le bord de la route.
Sans grande surprise, Alex Lutz est époustouflant dans ce rôle. Il est à la fois touchant, mais possède aussi cette touche d'égoïsme en faisant passer sa passion avant ses proches. La vision qu'on a de lui évolue au fil du tournoi. J'ai aussi beaucoup apprécié la prestation rendue par Ana Girardot.
Par contre, les scènes de tennis ne sont pas top du tout. Les premiers matchs seront filmés par des plans serrer ne délivrant pas toute la sensation du jeu. Dommage car cela empêche de rentrer réellement à 100% dedans. Heureusement, la partie la plus importante sera filmée de manière très classique mais finalement, c'est surement ce qu'il y a de plus efficace. Le fait d'avoir tourné réellement à Roland-Garros est un plus indéniable pour l'immersion.
Je ne pense pas qu'aimer le tennis soit indispensable pour voir ce drame, car le message est quand même général. Cependant, il est plaisant de voir les beaux échanges sur terre battue.
J'aurais aimé aimer ce film et je n'y suis pas entièrement arrivée. Le sujet, l'avenir des sportifs trop tôt découverts, est intéressant. L'interprétation est plutôt réussie, que ce soit Alex Lutz, Ana Girardot ou Kristin Scott Thomas, qui campe une mère toute en ambiguïtés. Mais quel dommage que les matchs soient interminables ! Et que dire des clichés un peu trop appuyés et répétitifs : il perd parce que sa femme n'est pas là, il commence à gagner à son arrivée, idem avec sa mère lors du dernier match. Dommage !