Mank
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Raw Moon Show
Raw Moon Show

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4,5
Publiée le 28 août 2021
Décidément, j'adore Fincher. A quelques déceptions près (Fight Club, The Game) mais qui commencent à dater. J'ai notamment une adoration pour Gone Girl son dernier opus. Et bien voilà qu'il nous revient avec un film qu'on aurait pu imaginer dégoulinant de nostalgie béate, de mélancolie factice pour une époque révolue, idéalisée comme souvent, et bien non ! C'est tout le contraire qui s'opère à l'écran, qui nous saute au visage. Parce que le regard sans concessions de Mank, sorte de paradoxe vivant cette époque, un pied dans le système un pied dehors, irrigue magistralement le film de son esprit caustique, rebelle et désabusé.
Mank est au départ une invitation courtoise, appétissante, à revisiter une époque (l'âge d'or d'Hollywood, du règne sans partage de la MGM jusqu'à l'émergence de la RKO Pictures), à replonger dans un film (et quel film, Citizen Kane), C'est aussi, on le devine dès le générique, un hommage au père disparu (Jack Fincher) et à ce qu'il n'a probablement pas réussi de son vivant (projets de cinéma restés dans ses valises, ou développés par d'autres que lui cf Aviator et la bio de Howard Hugues). Mais Mank est d'après moi surtout l'hommage à toutes celles et tous ceux qui dans l'ombre oeuvrent avec esprit, avec liberté (quelles qu'en soient les conséquences pour leurs parcours de vie, leurs "carrières") avec ce qu'ils sont viscéralement, à faire vivre leur époque, à la raconter, à dépeindre ces milieux aseptisés où l'égo démesuré de certains conduisait à écarter sans le moindre scrupule, piétiner, jusqu'à gommer du générique les fameux "oubliés" dont parle Mank... Car Fincher vient témoigner, nous conter l'envers du décor en rappelant le singulier rôle de l'art (témoigner, raconter avec honnêteté intellectuelle, faire rêver, dénoncer, réhabiliter aussi) et l'exigence de l'artiste qui va avec : rester fidèle à ses convictions, ne pas se compromettre. Sous aucun prétexte.

"Parfois effacés, jamais oubliés" nous murmure-t-il.

Commençons par louer les qualités du film sur un plan purement visuel et technique. Noir et blanc satiné, avec de la matière, du relief. Mise en scène inspirée, aérienne mais puissante. On oublie la complexité de certains mouvements de caméra. Servi par des acteurs formidables (premiers comme seconds rôles), et des dialogues finement ciselés à coup de double sens, à l'image de la personnalité singulière de Mank.

Quant à la narration, elle épouse naturellement celle de Citizen Kane (puisque c'est sa genèse à l'oeuvre que nous scrutons) mais culmine selon moi dans une scène d'une ambiguïté, d'une profondeur, d'une richesse abyssales. Hearst y livre sans s'en rendre compte toutes les clés, tous les ressorts psychologiques du futur chef-d'oeuvre d'Orson Welles. Raccompagnant Mank jusqu'à la porte de sa forteresse, il lui assène ce cruel monologue en guise d'adieu, qui est la graine, la semence du futur Citizen Kane :

"Est-ce que vous connaissez la parabole du singe du joueur d'orgue de Barbarie ? C'est l'histoire d'un joueur d'orgue mécanique et de son singe savant. Un singe minuscule, arraché à sa jungle natale et qui naturellement est impressionné par les proportions du monde qui l'entoure. Seulement, tous les matins, une dame aimable vient habiller notre ouistiti avec de magnifiques vêtements. Elle lui passe une veste de velours rouge orné de boutons de perle. Elle le couvre d'un élégant Fez carmin à gland de soie. Elle lui enfile des souliers de brocard joliment recourbés à la pointe. Et pour couronner le tout, elle lui attache une boîte à musique étincelante en reliant à son cou une merveilleuse chaîne en or, privilège dont il est le seul à jouir. Ainsi, de ville en ville et à mesure que les numéros se suivent, il finit par se dire "je suis vraiment quelqu'un d'important. Il n'y a qu'à voir cette foule qui patiente sagement pour me voir danser. Et où que j'aille, pense-t-il cette boîte à musique me suit traînant encore ce pauvre homme que tout le monde méprise. Le malheureux mendiant. Il suffit que j'arrête de danser pour qu'il meure de faim. Et si je me mets à danser le voilà condamner à tourner sa manivelle que ça lui plaise ou non "

Naturellement, Hearst vise au coeur. Il entend faire mal. Mank doit comprendre entre les lignes qu'il pense être important mais qu'il n'est au fond qu'un clown, un pitre, un vulgaire amuseur de bas étage qui n'est là que pour divertir les grands de ce monde. Hearst lui susurre que s'il interrompt la musique, Mank ne sera plus rien. Il l'interrompt d'une certaine manière en lui refermant les portes de son monde étouffant et clos mais celui qui autorise alors tous les rêves d'argent, de célébrité, de pouvoir. Une cour, ses rois d'un temps, ses courtisans de passage, où la voix dissonante, le mot sincère sont rabroués, où l'homme franc et lucide se voit pestiféré manu militari. Mais tout ceci n'a qu'en temps et s'envole comme ce bout de papier juste avant l'accident de voiture de Mank. Ce qui reste est autrement plus pérenne, profond, emprunt d'humanisme... L'oeuvre à venir. Mieux, celle qu'on a sous les yeux.

Car Hearst n'a sans le savoir jamais autant livré de lui-même à cet instant-clé. La figure est renversée. Ce petit ouistiti, c'est évidemment lui, le mendiant n'est autre que Mank le mettant quelques temps plus tard divinement en musique. Vertigineux pied de nez. Hearst a tout livré de sa profonde solitude en une confidence maquillée, en une marche funèbre jusqu'à la porte immense de sa "boîte à musique" grandeur nature. La vieille dame de la parabole l'ayant habillé pour ses succès futurs, et bien c'est sa maman choisissant pour lui son avenir doré, remplaçant l'amour maternel par les apparats de l'amour, le bien matériel, misant l'enfant comme un objet, un trophée, une marionnette. Ce faisant, elle choisit à sa place tous les avenirs qui ne s'offriront pas à lui.

Mank se nourrit de ce monologue et démontre plus tard sous sa plume inspirée que la puissance de l'esprit est irréductible lorsqu'il sait rester libre, indompté. Ne se dit-il pas franc-tireur, qualité et défaut que sa femme qui l'aime de toutes ses forces n'a de cesse de lui rappeler la nécessité de faire des compromissions, d'altérer ce trait de caractère, de réfréner ses élans de franchise parfois blessants ? Avec le recul et malgré ce qu'il aura payé de sa santé, de tant de projets avortés, pour sa carrière amputée, Mank démontre que, même désabusé, il aura percé à jour, compris, aimé Hearst d'une amitié vraie, parce qu'ils ont en commun de 2 façons différentes le sens profond de ce qu'est la perte des illusions, de ce que font les rêves, les idéaux lorsqu'ils percutent de plein fouet la réalité. D'où ce récit éclaté, labyrinthique qui fait rejaillir en dernier lieu l'innocence, la candeur perdues de Kane alias Hearst (mais de Mank naturellement au contact de ce monde cruel qu'est le cinéma, incarné dans le présent par le tout-puissant Welles) dans ce qui restera comme l'une des plus fantastiques révélations de l'histoire du 7ème Art.

Si l'on cherche dans la structure même du film des éléments pour se convaincre de ce qu'il y est avant tout question d'exhorter chacune et chacun à rester soi-même quoi qu'il en coûte sur le chemin d'un prétendu succès parsemé d'étoiles comme sur Hollywood Boulevard, il suffit de revenir sur la relation Orson / Mank qui fait revivre à l'écran le duo passé de ce dernier avec Hearst. Même inextricable binôme, l'un ne pouvant exister sans l'autre (l'un est à la scène, à la lumière ce que l'autre est aux coulisses, aux ténèbres de la création la plus pure). Raison pour laquelle il est utile et passionnant de revoir Citizen Kane après avec dévoré Mank. On retrouvera notamment Mank transfiguré sous les traits de l'ami de toujours : Leland. Mais aussi à certains égards dans le personnage de la jeune cantatrice, lorsqu'elle prise au piège de ce château (et lui entre ces 4 murs où il doit produire en un temps record) et qu'elle essaye d'achever son puzzle (le scénario du film ?).

Evidemment, le talent de Mank est connu à l'époque. Orson Welles est ici dépeint comme un prédateur cherchant à profiter de la position de faiblesse de Mank, alors sur la touche. Il est l'anti-Mank, l'incarnation d'un "monstre" à l'égo surdimensionné qui veut à tout prix attirer la lumière à lui. Par tous les moyens. Sorte de "Louis Cypher" (son arrivée au chevet de Mank à l'hôpital) venant convaincre Faust de lui céder son âme contre un peu de plaisir (purgatoire incarné par cette ferme où cloué au lit Mank est entouré de personnes aux petits soins). Un lieu d'abord dépeint comme une cellule de prison, une geôle (on pense au personnage de James Caan dans Misery et la contrainte qu'il subit pour écrire... produire... répondre au bon vouloir d'un tyran) avec 2 gardiennes de prison et le bras droit du directeur... Houseman qui vient régulièrement procéder à l'inspection de sa cellule (grise). Empêcher toute tentative d'évasion dans tous les sens du terme. Alors l'évasion se fera par la pensée, par la boisson, par la confidence... On est d'abord dans le carcéral, quasiment la prise d'otages puis lentement, par flashbacks successifs, le lieu s'oxygène à nouveau et devient celui de la mémoire, de la création. Plus Mank redevient lui-même, avec ses excès (emportements, alcool), plus son regard redevient acéré, plus son écriture redevient puissante. Sans contraintes. Il est pour finir libéré du fameux fil d'or à la patte de la parabole. De tous les fils d'or. Il exulte.

Dans le même temps, on comprend que la confiance que lui témoignent son petit frère, les femmes autour de lui dans cette chambre forte (et Orson Welles dans une certaine mesure, malgré lui, malgré eux), l'amènent à retrouver foi dans ses capacités. Ce qui lui permettra d'assumer que ce qu'il a écrit est bien de lui et de personne d'autre. Il se sent alors autorisé à demander à Welles de laisser son nom au générique (Quel affront monumental !!!!). "C'est ce que j'ai écrit de meilleur" assène-t-il enfin, fier et prêt s'il le fallait à en découdre. C'est aussi son testament (comme c'est celui de Jack Fincher). Il vient de retrouver sa voie (sa voix dirait la jeune cantatrice dans Citizen Kane).

Tout le film contribue à décortiquer ce mode d'emploi pour renaître de ses cendres, pour réveiller la petite musique de la confiance en soi... Et le plaisir, son corollaire. "All work and no play makes Mank a dull man." Revenir à l'histoire, rien que l'histoire. Respecter son travail. Lui témoigner l'importance qu'il mérite. Mais rester soi-même. Fidèle à ses convictions les plus profondes. C'est de cela que dépendra la force d'une vision. De ce qu'elle proposera, de ce qu'elle apportera au monde. Dont acte.

Merci Mank. Merci Jack. Et merci David :)
Shiwamada
Shiwamada

46 abonnés 559 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 août 2021
En terme de mise en scène c'est très réussi, l'image est très belle en noir et blanc avec des artifices pour rendre le tout authentique. Par contre, est-ce que ça fait progresser la filmographie de David Fincher ? Pas vraiment. Faire un biopic sur les dessous du film reconnu comme le meilleur de tous les temps, ça avait du sens. Le faire du point de vue d'un scénariste alcoolique notoire un peu moins. Heureusement la performance de Gary Oldman est remarquable encore une fois, mais centrer l'histoire sur Herman Mankiewicz et faire de son frère et d'Orson Wells des caméos, rien de plus, ce n'est quand même pas très inspiré. Du coup on suit un scénariste qui se croit meilleur que tout le monde, qui sombre dans l'alcool parce que ça le fait écrire mieux, ce n'est ni le premier ni le dernier. Je trouve globalement que ça manque d'enjeu et que ça ne rend pas vraiment honneur au personnage et pourtant la punchline finale prouve qu'il a de la profondeur. On a vraiment l'impression qu'il a participé à un film lambda. Il y a également des incohérences flagrantes dès qu'on commence à se renseigner, du genre les personnages d'Amanda Seyfreid et Gary Oldman qui sont censées avoir le même âge…
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 juillet 2021
Mank , un des meilleurs films en noir et blanc que j'ai vu.
Je trouve la mise en scène géniale , Gary Oldman joue extrêmement bien.
Mais il est préferable de le regarder plusieurs fois.
spoiler: À la fin j'étais heureux que Mank gagne l'osca
r.
RealPrime
RealPrime

126 abonnés 2 025 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 mai 2021
Premier noir et blanc (du moins je l'pense) depuis le succès "The Artist" en 2011, il fut le grand favoris des Oscars de cette année Covid. Particularité supplémentaire en plus d'être noir et blanc puis tourné juste avant le premier grand confinement, il s'agit du 2ème film produit et distribué par une plateforme après le très long "The irishman" et à obtenir une majorité de nomination. C'est donc là la grande nouveauté et moralité d'Hollywood, Netflix et les autres plateformes se sont officiellement imposer comme nouveau studio de cinéma majeur. La modernité du 21ème siècle et donnant un nouveau cap pouvant être une réelle menace face aux studios légendaire et "physique". Mêlant biopic, drame, retraçant la vie d'Hollywood, une œuvre de plus de 2h nous plongeant dans le premier âge d'or de la plus grande cité planétaire du divertissement mondial. Un biopic pour la vie de ce scénariste que l'on découvre dans un premier temps malade à la suite de ses abus constent d'alcool et accident routiers, drame pour le contexte global ou la crise financière de l'époque, le quasi démarrage de 2ème guerre mondiale et les relations tendues entre notre héros et l'ensemble de son entourage pro, et retraçant puisque l'on découvre en plein cœur Hollywood à cette période qui n'en est pourtant que son début. Un début qui propage de suite la cité au rang de n°1 mondial, et c'est ça qui est intéressant dans ce récit, le cinéma muet vit ses heures de gloires, d'un côté le cinéma à démarrer ainsi, puis l'o, découvre le démarrage du parlant à l'image de "Chantons sous la pluie" ou justement "The Artiste" traitant du même sujet. La guerre concurrentielle entre les premiers majors qui le sont d'ailleurs toujours à savoir la Warner, la Paramount et la MGM (qui ne produisent plus autant de nos jours). Un noir et blanc qui à su être esthétique et dont son casting fut convainquant mis qui à de nombreuses scènes offrait des longueurs pas du tout agréable, comme si le fait de montrer les relations tendues entre nos personnages firent au scénario, un handicap sévère et c'est ce que j'en est cruellement penser. Gary Oldman est impeccable dans son rôle ou d'un côté il travail en mode quarantaine et de l'autre vit sa joie Hollywoodienne, une prestation qui l'aura bien changer de la plupart des œuvres ou il dû subir des changement physiques d'envergure, loin le temp des "Batman" de Nolan ou il fut très mince. Une quarantaine surveillée par Lily Collins que j'ai trouvé très bonne au démarrage, mais qui s'essouffle au fil du récit tant sa présence devient très secondaire. Un rôle clairement de femme de chambre et de compagnie. Amanda Seyfried en amie, complice qui va rapidement trouver nos scénariste lourd à cause de ses maux et mauvaises relations, la grande scène finale du diner fut réellement évocatrice sur plein de sujets personnels pour lui-même, un silence laissant place à l'exaspération tentaculaire de cet homme qui comprit que plus personne ne voulait travailler avec lui. Si le récit m'aura perdu en cours de route et que ses longueurs le furent aussi, je peux retenir en très positif la qualité moderne de ce noir et blanc, des décors parfaitement reconstituer sans ou presque d'effets numérique (là ou "King Kong" de Jackson montrait trop bien la limite entre le réel et l'irréel), des costumes là-aussi splendide pour un ensemble visuel réussit. Retracer les années 30 en noir et blanc fut très bien osé, un grand casting mais presque trop long et pas mal de longueurs un moment donner.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 28 mai 2021
c'est bien mais je m'attendais a mieux. Ce film est maitrisé techniquement mais pas captivant, les nombreux flashbacks et le coté très bavard du film finissent par perdre le spectateur qui ne se sent jamais vraiment impliqué dans l'histoire. Contrairement a Herman Mankiewicz pour Citizen Kane, le script de David Fincher a du mal a progresser et certaines scenes sont longues et un peu inutiles. Pour rajouter a la confusion il y'a plusieurs personnages qui défilent a l'écran sans qu'on sache vraiment qui ils sont et ce qu'ils viennent rajouter a l'histoire (L'homme qui se suicide par exemple, c'est qui ??) Fincher est peut-etre un grand réalisateur toujours est-il qu'il se complique un peu la vie avec ce film qui fait beaucoup pour pas grand chose. A part son alcoolisme (nombreuses scenes de beverie) On n'a pas l'impression de connaitre l'histoire de Mankiewicz, on le voit a peine rédiger le scénario de citizen kane, auquel on accorde finalement peu d'importance. Pour le reste c'est ppas un mauvais film non plus Gary Oldman est bon comme d'habitude et le film se laisse regarder grace a son ton relativement léger mais vraiment y'a d'autres films meilleurs et moins laborieux. A voir si vous etes un fan de Fincher pour les autres je ne sais pas...
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2021
Six ans après son dernier film (mais après avoir déjà travaillé pour Netflix via quelques épisodes de ‘Mindhunter’), David Fincher revient aux affaires avec ce projet quelque peu hors-sol, basé sur un script écrit par Fincher père voici 30 ans, que ce dernier avait vainement tenté de faire accepter un peu partout avant de le proposer à son fils qui avait apparemment mieux à faire à ce moment là. Excepté auprès de certains cinéphiles, Herman Mankiewicz est sans doute une figure un peu oubliée aujourd’hui mais pour un homme ayant grandi dans les années 30, il s’agissait ni plus ni moins du plus grand scénariste du monde, celui qui avait pondu le script du ‘Magicien d’Oz” et, surtout, de ‘Citizen Kane’. Puisqu’on parle de ce fait d’arme légendaire, Mank' obéit justement à une narration circulaire, parfois difficile à suivre, qui bondit sans cesse de l’écriture du script du “Plus grand film de tous les temps” à une multitude d’événements disséminés tout au long des années 30, comme la course au poste de gouverneur de Californie de l’écrivain socialiste Upton Sinclair, contre qui tous les grands studios vont se coaliser mais aussi les anecdotes sur les coulisses du Hollywood de ces années-là, le paternalisme autoritaire des pontes du cinéma comme Louis B. Mayer ou la relation entre Mankieiwcz et le magnat de la presse Randolph Hearst, d’abord teintée de sympathie mais qui tournera à l’aigre lorsque le second se reconnaîtra dans le portrait de Charles Foster Kane. Sans le savoir, Mank lui-même était un personnage taillé sur mesure pour le cinéma : scénariste de génie, dont le sens de la répartie foudroyant lui attire autant d’admiration que d’inimitiés mais aussi personnalité ingérable en raison d’un alcoolisme jugé problématique même au regard des standards plus que tolérants de cette époque et de ce milieu. Sur la forme, le résultat est une merveille, que ce soit dans les plans choisis, les dialogues ciselés ou la bande sonore : on peut faire confiance au perfectionnisme de David Fincher pour proposer un authentique film sur l’ ge d’or des studios en Haute-Définition. Si la proposition reste plus que recommandable pour ceux qui s’intéressent à l’histoire du cinéma, son sujet très ciblé et la précision du traitement exigent du spectateur qu’il possède une connaissance au minimum superficielle des figures célèbres de cette décennie et du fonctionnement des grands studios, sous peine de se sentir quelque peu mis à l’écart de ce “biopic cinéphile”.
Hotinhere

790 abonnés 5 467 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 mai 2021
Un film ambitieux à la mise en scène en noir et blanc élégante, au scénario foisonnant qui revient sur la genèse de Citizen Kane dans le Hollywood des années 30, mais un peu trop technique et bavard, et pas complètement captivant, malgré la presta convaincante de Gary Oldman.
Thibault D.
Thibault D.

4 abonnés 94 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mai 2021
Avec Mank, Fincher n'est pas au sommet mais prouve toujours son talent de metteur en scène. L'ambiance est très élégante avec ce côté film noir. Mais scénaristiquement, c'est assez oubliable. Ce n'est pas forcément transcendant mais ça a le mérite de rendre hommage et de divertir un minimum, le tout avec un excellent Gary Oldman.
Pierre E
Pierre E

33 abonnés 240 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 mai 2021
Mérite d'être vu deux fois car on est souvent perdu dans les différents personnages, du cinéma et de la politique qui se mêlent ce qui d'ailleurs constitue le principal intérêt du film. Film d'une très grande beauté visuelle.
Marcelo_Di_Palermo
Marcelo_Di_Palermo

15 abonnés 168 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 2 mai 2021
Nombriliste, long, bavard, ennuyeux, fatigant... pour comprendre ce film, il faut savoir ce qui s'est passé à Hollywood, bien connaitre les personnages (les noms et surtout les prénoms car le name-dropping est constant) sinon on est perdu dans ce film d'Hollywood sur Hollywood. On se fatigue vite, la musique est omniprésente, fatigante, stressante. Bref, pas DU TOUT aimé.
gizmo129
gizmo129

133 abonnés 1 668 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2021
Mank est un film à l'esthétique irréprochable, une photographie sublime, une très belle reconstitution des années 30 et une direction d'acteurs parfaite. Tout est beau dans ce film et les acteurs se disputent le prix de la meilleure interprétation dont une mention spéciale pour Amanda Seyfried. Mais, le fameux mais de notre héros, ce film est très difficile à comprendre pour qui n'a pas connu l'époque contée, qui n'est pas américain et surtout qui n'a pas suivi le film en toile de fond : Citizen Kane. Voir Mank sans connaitre ces différents aspects est comme regarder le plus beau des paysages les yeux à moitié fermés, on sait qu'on voit quelque chose de magnifique sans en profiter pleinement.
Kalie
Kalie

82 abonnés 970 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 28 avril 2021
Bien sûr ma note ne reflète pas la valeur intrinsèque de « Mank ». La photographie du film est belle et l’interprétation de qualité. Mais il s’agit de la note que je mets à tous les films que je n’ai pu voir entièrement, même si là j’ai vu le début et les toutes dernières minutes du film, mais zappé des gros « morceaux » au milieu, et cela malgré deux tentatives ! En fait les bavardages incessants entre célébrités de l’époque, totalement inconnues pour nous Français mais aussi pour bon nombre d’Américains non cinéphiles, m’ont mortellement ennuyés. De plus les flash-back sur le Hollywood des années 30 cassent le peu de rythme du récit. Habituellement, je ne regarde que les films dont le sujet m’intéresse (je ne suis pas maso) mais là avec David Fincher à la réalisation et Gary Oldman à l’écran je me suis laissé tenter… à tort !
Harma
Harma

36 abonnés 162 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 27 avril 2021
Mise à part le jeu des acteurs ce film ne vaut rien. Il faut se taper le très ennuyeux "Citizen Kane" pour comprendre un peu ce film. A notre époque faire semblant de faire un film comme on le faisait dans les années 1930 est totalement idiot. Si le film aurait été en couleur avec une vraie histoire (un biopic) sur le scenariste Herman J. Mankiewicz cela aurait été beaucoup plus intéressant. Film nullissime et donc à éviter.
Marika1004
Marika1004

22 abonnés 193 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 avril 2021
Bien sûr la photographie est magique et les acteurs jouent extrêmement bien. Mais l'histoire est tellement intéressante. Quel ennui...
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 831 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 avril 2021
C’est un peu le comble de constater que le film de David Fincher, qui est un hommage au cinéma dans la forme comme sur le fond, aura été privé du grand écran et n’est disponible qu’en streaming. Il n’est en revanche, pas privé de nominations aux Oscar et je comprends pourquoi, le cinéma américain adore s’auto célébrer ! Fincher se fait plaisir avec « Mank », il réalise un film à l’ancienne dans tous les sens du terme. Filmé intégralement en noir et blanc, avec un générique de début digne des années 40, un grain tout à fait comparable aux grands classiques avant la couleur et même, ultime coquetterie, les petits ronds blancs qui apparaissent furtivement pour signaler qu’il faut changer les bobines ! Il est difficile de ne pas penser à « The Artist » quand on regarde « Mank », pas seulement à cause du noir et blanc, mais aussi parce la toile de fond est la même : les années 30-40, la toute puissance des studios, la crise économique de 1929 qui change la donne du cinéma, le passage du muet au parlant, et la difficulté d’être « hors des clous » dans une industrie qui s’uniformise. Fincher est un grand réalisateur, il nous offre un film vraiment différent à l’époque du tout numérique, et on peut le remercier pour cela. Seulement, le souci c’est que « Mank » est long, presque 2h15, et il y a des moments où franchement, on relâche notre attention parce que telle scène dure trop longtemps, telle scène est trop bavarde, telle autre n’apporte pas grand-chose. Si l’action principale se situe en 1940 en petit comité, le film est rythmé par les flash back (clairement identifié comme tel, là encore une petite coquetterie) entre 1930 et 1940. Ces flash back sont censés montrer comment Mank s’est peu à peu mis à l’écart du système, s’est mis à dos pas mal de monde, s’est aussi interrogé sur le pouvoir de nuisance du cinéma, notamment dans le domaine de la politique. Gary Oldman, qui tient le rôle titre, offre à Fincher un Mankiewicz un peu pathétique par moment. Bouffi et bedonnant sur son lit de convalescence, luttant sans grande conviction contre la bouteille, dictant un chef d’œuvre à sa secrétaire sur un ton neutre, il n’est pas particulièrement impressionnant, ni même sympathique. Le « Mank » des années 30, lui, est plus mordant, plus incisif, plus idéaliste peut-être. Mais malgré tous les efforts de Gary Oldman, et aussi son talent, on n’arrive pas bien à cerner ce personnage, il ne nous apparait jamais clairement. En plus, les scènes où il est aviné, particulièrement celle du repas costumé, sont contre productives. Tout ce qu’il essaie d’expliquer, sur Don Quichotte et ce qui deviendra « Citizen Kane » est confus et complètement éclipsé par le délire alcoolique : on devrait être fasciné, on est seulement mal à l’aise ! Le reste du casting est un peu transparent, Amanda Seyfried en tête, mais je souligne quand même la performance toute en retenue, dans un rôle très intéressant, de Jamie Mc Shane. Son personnage, Shelly Metcalf, au chômage et prêt à tout pour retravailler, spoiler: se fait manipuler dans un film de propagande pro-républicain, il ne s’en remettra pa
s. Toute cette partie du scénario sur les élections de 1934 est personnellement celle qui m’a parue la plus réussie, la plus pertinente, la plus incisive. Mais pris dans son ensemble, le film n’a pas eu sur moi l’effet escompté. Jusqu’ici, je n’avais jamais été vraiment déçue par David Fincher, au contraire, Mais avec « Mank », il m’a laissé sur le bord de la route. Ca vient peut-être un peu de moi, je n’ai peut-être pas toutes les références cinématographiques pour bien tout comprendre. J’ai vu « Citizen Kane » mais il y a longtemps (je devrais peut-être le revoir après « Mank », ce serait surement une expérience intéressante), je ne connais sans doute pas assez bien l’histoire du cinéma US de cette époque, il y a sans doute beaucoup de choses qui m’ont échappé. C’est probablement le principal défaut du film, il s’adresse à des cinéphiles. Le grand public, dans lequel je m’inclus, assiste à la genèse de « Citizen Kane » sans bien tout comprendre, et quand on en comprend pas, et bien on trouve le temps long. On peut peut-être tenter (prudemment) une comparaison avec « Dalton Trumbo », qui évoquait une autre époque, celle du Maccarthysme. Si sa réalisation était plus conventionnelle, le scénario rendait en revanche parfaitement intelligible la personnalité du Trumbo, les enjeux politiques et personnels de sa « dissidence », le sens symbolique de ses scenarii, l’ingratitude du travail de l’ombre et le poids écrasant des studios. Sur tous ces sujets, « Mank » nous perd en route, et le film terminé on sent bien qu’on est passé à coté de quelque chose qui aurait pu être magique. « Mank » est sans doute un peu la preuve que quand Hollywood se regarde le nombril, il oublie que le cinéma ne se cantonne pas à ceux qui le font.
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