J'ai le droit de vivre
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NicoMyers
NicoMyers

71 abonnés 302 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 juillet 2009
Magnifique film de Fritz Lang, son deuxième réalisé aux Etats-Unis. Le réalisateur livre son ultime version de sa vision de la société, "hobbesienne", selon laquelle l'homme est un loup pour l'homme. On retrouve dans ces gérants d'hôtels, puis dans ce garagiste, la même agressivité que celle des citoyens qui s'accusent entre eux dans M le Maudit ou celle, frénétique, des villageois dans Furie, prêts à lyncher un innocent. Dans J'ai le droit de vivre, nous voyons l'étau de la société se reserrer autour d'Eddie qui, une fois entré dans un cercle vicieux, ne peux en réchapper. On pourrait croire que cet homme est né "en frappant à la porte de la chaise électrique" ; Lang répond par une accusation féroce de la méchanceté humaine, de la bassesse des hommes prêts à frapper un homme à terre, à l'éxecuter froidement. Si Eddie est condamné à "finir mal", c'est bien à cause de ses concitoyens qui le poussent dans la tombe à coup de pioche. Dans un monde si cruel, comment, alors, croire en la bonté d'une grâce, et ne pas y voir là un piège de plus ? La vie, dans J'ai le droit de vivre, semble être un enfer de chaque instant, une course effrénée vers un espoir qu'on n'atteindra jamais. Cette vision cauchemardesque du monde est accentuée par le fait que les deux héros sont jeunes, naïfs, sans défenses ; Joan est une petite femme frêle, Eddie un garçon sans le sous, instinctif et pas très futé. Deux victimes faciles pour les chacals - on notera d'ailleurs l'allusion à Roméo et Juliette, de la bouche de Joan. Les références à cette pièce me semblent nombreuses et évidentes, or, cela ne semble n'avoir jamais été relevé. Comme dans la pièce, le héros sombre et mélancolique embarque la fille heureuse et solaire (Juliette, fille de juillet) dans son monde de ténèbres. Sauf que les amants ne sont pas les victimes de la haine de deux familles, mais bien de la haine ancrée en chaque être humain, prêt à condamner son prochain sans procès. (...)
Caine78

7 757 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 février 2008
Fritz Lang période chefs d'oeuvres : mais c'était quand déja? C'est pendant si longtemps qu'on a en effet du mal à situer l'age d'or de Lang. La preuve en est avec ce superbe "J'ai le droit de vivre", film intense au message d'une grande puissance. Lang s'appuie dès le départ sur une très forte connotation sociale, un message de paix désespéré, tant l'univers qui entoure les deux héros est sombre et sans espoir. C'est justement cette photo très ombre que l'on retrouve, collant parfaitement à l'ambiance lugubre qu'a cherché à créer Lang. Mais il n'en oublie pas pour autant de s'intéresser à ses personnages, des marginaux (notamment celui d'Henry Fonda), qui n'ont pas vraiment leur place dans cette société, mais qui sont sans doute pourtant les plus purs... De plus, le film peut s'appuyer sur un scénario remarquablement écrit et construit, avec des détails particulièrement bien choisis le plus souvent. Bref, ce "J'ai le droit de vivre" est un véritable chef d'oeuvre, une oeuvre incontournable marquante et particulièrement poignante. Un sommet.
Anaxagore
Anaxagore

150 abonnés 135 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 28 juin 2007
Autant je suis un inconditionnel de la période allemande de Lang, autant je dois avouer avoir des problèmes avec sa période américaine! À la différence de celui de Murnau, on ne peut pas dire que le style du grand réalisateur autrichien soit demeuré totalement intègre, contraint et forcé qu'il fut de s'accommoder des diktats commerciaux des studios américains. «You Only Live Once» (1937) illustre bien le problème. La manière propre de Lang doit ici se marier avec la guimauve hollywoodienne, tant sur le plan du jeu épouvantablement convenu des acteurs que de celui des décors, ici particulièrement «kitsch», ou que de celui de la musique doucereuse, assommante et bien sûr omniprésente jusqu'à provoquer l'écoeurement. Mais, en outre, il faut bien reconnaître que le réalisateur n'est pas ici au meilleur de son inspiration. Le scénario de son film est caricatural avec une victime (un Henry Fonda pas très convaincant qui se coltine une Sylvia Sidney particulièrement «cruche») vraiment très, très persécutée par une société vraiment très, très injuste et méchante. Le tout culmine sur un final en forme de climax pathetico-sirupeux où les deux époux maudits sont abattus par la police. En bref, je ne suis pas un seul instant parvenu à croire à leur triste histoire! Il ne me reste qu'à détourner pudiquement le regard!
Jean-François S
Jean-François S

59 abonnés 671 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 septembre 2006
Deuxième film américain de Lang suite à sa fuite du régime nazi. Alors qu'il était le plus reconnu des réalisateurs en Allemagne, Lang doit à nouveau faire ses preuves dans ce nouveau pays d'exil. "J'ai le droit de vivre" est donc un petit film au budget limité. Le cinéaste s'en sort bien de ce film qui manque toutefois d'ambition.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 2 novembre 2012
Le plan (fixe) final du film est certainement l'un des plus beaux de l'histoire du cinema, un cri sourd de l'homme qui traduit l'idee langienne a la perfection sur une condition humaine rendue pessimiste par la culpabilite ( reelle ou non ) que lui inflige la societe.
Vladimir.Potsch
Vladimir.Potsch

23 abonnés 389 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 septembre 2006
C'est une des rares déceptions que j'ai connues en visionnant un Fritz Lang. Poussif, celui ci décrit sans subtilité le sort qui s'acharne sur un ancien condamné en ces temps de dépression. Rien ne nous est épargné pour fustiger l'injustice des forces de l'ordre, des médias, des foules... Cela devient une démonstration de force assez désagréable. Dans un même genre à forte consonnance sociale, Lang a mieux réussi Fury l'année précédente.
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