Qu’est-ce qui vaut à une telle proposition de cinéma de se faire descendre de la sorte dans les médias ?
S’il n’est certes pas exempt d’excès visuels, Babylon n’en reste pas moins un film exceptionnel au format démesuré, mais qui correspond à l’ampleur de ce qu’il raconte. Ce que Damien CHAZELLE propose dans ce film est tout bonnement incroyable : la reconstitution du vieil Hollywood, les mouvements de caméra, les (nombreuses) références. On regarde une « machine de guerre » en marche que rien ne semble pouvoir arrêter, si ce n’est le terme de sa propre histoire, qui est un vaste hommage à tout un pan du cinéma, qui a amené à ce film, justement.
Peut-être que, finalement, le plus gros reproche qui lui est implicitement fait est d’avoir démarré trop fort sa carrière. Whiplash, son premier film est un chef-d’œuvre autant qu’une énorme claque visuelle, thématique, sans parler de la direction d’acteurs. Même si je suis moins client de ses films suivants, je reconnais le talent de mise en images et de mise en scène systématiques. Sa scène d’introduction à Babylon, qui est tout à fait surprenante, était peut-être une façon de l’auteur de s’adresser aux critiques en leur disant « je vous emmerde », c’est le cas de le dire.
Ce qui est certain, en tous cas, c’est que la façon dont il présente ses personnages, ainsi que leur évolution, n’est pas toujours glamour, ni flatteuse. Il s’applique à démonter des mythes autour des stars et/ou producteurs. Mais cela ne rend-il pas l’histoire réaliste, tout en suscitant notre empathie pour ses héros ?
On peut lui reprocher sa durée fleuve et la richesse de ses décors qui nous obligent à être attentifs du début à la fin, nous font réfléchir pour nous laisser presque épuisés. Mais il s’agit bien là d’un cinéma total, comme il en est peu.
Ceci dit, entre nous, si de telles stars répondent favorablement aux demandes de Chazelle, c’est qu’il y a une raison et qu’à mon avis, ce sont les critiques qui se trompent.