Babylon
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Cadreum
Cadreum

60 abonnés 780 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 novembre 2025
Qui est le film ?
Si Chazelle avait jusqu’ici filmé la discipline, la trajectoire héroïque ou l’effort intime, il choisit ici la démesure, la coulée de boue et d’or. Il convoque l’âge d’or d’Hollywood pour la célébrer, autant que l’éprouver. Babylon est un film qui regarde la naissance du cinéma parlant, son système de valeurs, ses cadavres lumineux et ses survivants cabossés. Le spectateur n’y trouvera pas l’histoire du cinéma mais l’histoire chorégraphiée et extrapolée des corps qui l’ont alimenté.

Que cherche-t-il à dire ?
Chazelle semble poursuivre une intuition qu'Hollywood est une machine à fabriquer des rêves qui broient ceux qui les produisent. Le film, dans son chaos assumé, tente de cerner cette contradiction essentielle. La fête et son lendemain se confondent, l’ascension et l’effondrement partagent le même mouvement, comme si toute gloire contenait déjà sa chute. Le projet n’est donc pas de réhabiliter ou de condamner. Il est d’observer comment l’industrie du spectacle fait naître un monde en même temps qu’elle le dévore, comment elle transforme l’humain en icône, puis l’icône en oubli.

Par quels moyens ?
Après les premières séquences burlesques du transport de l'éléphant, le film s’ouvre dans une transe visuelle et sonore : foule, musique, sueur, drogue et folie. Ce déluge n’est pas une simple entrée tonitruante. Il fixe la grammaire du film. Babylon adopte une logique sensorielle qui dépasse la reconstitution historique pour toucher à une pulsation collective. En saturant l’image, il donne accès à ce que les archives n’expriment pas : le vertige, la puanteur, la chaleur, la confusion. Elle est la vérité nue d’un système où l’euphorie dévoile la hiérarchie, la compétition, la solitude. Les corps s'y consument dans un ballet où chacun tente de survivre symboliquement.

La fragmentation renforce l’idée d’une industrie qui avance par convulsions, jamais par logique continue. Le film refuse la progression classique. Il construit des micro-arches autour de personnages symboliques (acteurs montants, stars déclinantes, producteurs voraces, techniciens anonymes) et les met en miroir. Les personnages du film sont des figures-signes. La star déclinante, le jeune ambitieux, le musicien migrant, la comédienne autodidacte. Chazelle ne cherche pas la biographie complète. Il cherche le symbole incarné, le type humain qui condense un moment de l’histoire du cinéma. Ces figures permettent une lecture plus large : au-delà de leurs trajectoires individuelles, elles incarnent les forces qui traversent Hollywood, entre désir, opportunisme et effacement. Le récit s’orchestre en vignettes, fêtes et chutes, avec des ellipses qui tranchent l’histoire en événements-séquences. Cette structure reflète l’éphémérité même des succès : tout est acte, instant, headline. Chaque personnage existe comme une variation autour d’une même question : que reste-t-il de moi lorsque les projecteurs s’éteignent ou s'allument ?

La réussite la plus visible de Babylon est musicale : Hurwitz et Chazelle font de la bande sonore une colonne vertébrale (percussions, jazz, frénésie orchestrale) qui dicte le montage et la frénésie des acteurs. La caméra est chorégraphe, corps d’acolyte de la musique : travellings hédonistes, plans rapprochés qui claquent, inserts sur détails. Le son est souvent mixé en saturation volontaire : rires, claquements de verre, musique de fanfare se chevauchent pour produire une sensation de fête qui devient oppressante. Le montage, rapide et parfois brutal, crée des ruptures qui fonctionnent comme des saignées émotionnelles. La musique devient l’énergie qui fait tourner la machine Hollywood, comme si le cinéma se nourrissait du tempo qu’il impose.

Chazelle glisse régulièrement vers un registre grotesque, parfois burlesque, pour décrire la mécanique hollywoodienne. Un tournage dans le désert et le transport d'une bête tournent à la catastrophe, une scène de tournage se transforme en enfer sonore, un studio devient piège absurde. Cette comédie grinçante expose le décalage entre la production d’un rêve et la réalité de sa fabrication : un chaos perpétuel, parfois risible, parfois pathétique.

Babylon interroge frontalement la mémoire du cinéma. Les personnages qui ne passent pas au parlant disparaissent, ceux qui n’accèdent pas à la presse sont effacés, ceux qui perdent la faveur du public sont renvoyés dans les marges. Chazelle filme l’histoire comme une fabrique d’oublis. Les grands films sont célébrés mais leurs faiseurs sont oubliés. Le film montre clairement que la fête hollywoodienne s’appuie sur des mécanismes d’exploitation : corps vendus, carrières instrumentalises, humiliations déguisées en opportunités. La sexualité est marchandise et mise en spectacle.

Où me situer ?
Babylon fait partie de ces œuvres dont la profusion déborde toute tentative de commentaire. Son architecture semble prise d’un vertige permanent, un tourbillon de sons, de corps et d’images qui dépasse les mots et les rend presque insuffisants. On pourra certes lui reprocher la surenchère, l’essoufflement, l’ivresse forcée, mais cette démesure n’est pas un défaut capricieux : c’est le prix d’entrée pour éprouver cette sidération que le film recherche, cette sensation d’être emporté par un monde qui ne connaît ni pause ni pudeur.

Ce qui me touche surtout, c’est la manière dont Chazelle fuit le confort du jugement moral. Il ne sanctifie pas Hollywood, il ne le crucifie pas non plus. Il observe, avec une curiosité, la manière dont cette industrie avale, transforme, régurgite les vies qu’elle magnifie un instant. Le film me paraît d’autant plus fort qu’il ose une forme qui déborde de tous côtés, consciente de ses risques, mais convaincue qu’aucune vérité sur ce milieu ne pouvait surgir autrement que par l’excès même qui le définit.

Quelle lecture en tirer ?
Babylon laisse une impression d’éblouissement fatigué. On sort du film comme d’une fête trop longue, conscient que ce qui fascinait contenait déjà les germes de son écœurement. Il unit l’humain et le détruit, il le magnifie et le consume. Babylon ne se contente pas de raconter l’âge d’or ; il invite à réfléchir au prix réel de toute image, à ce qu’elle exige, à ce qu’elle efface.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 novembre 2025
C’est une fresque aussi éblouissante qu’exténuante que livre le réalisateur Damien Chazelle évoquant la fin du cinéma muet et début du parlant au travers la trajectoire d’un acteur confirmé et d’une jeune actrice débutante dans le milieu. Sa réalisation étincelle, faisant tout feu tout bois au point de parfois saturer la rétine du spectateur par cette explosion kaléidoscopique de lumière et de son. Pour autant, le soin apporté à la photographie, le détail de la reconstitution et surtout l’hommage rendu aux créateurs et faiseurs d’histoires est tel que l’on pardonne les imperfections et les errances d’un récit fleuve de 3 heures un peu trop long. Excessif à l’image de sa folle première heure faisant vibrer ce vieil Hollywood, puits de décadence autant qu’ode à la créativité débordante. Enfin, il faut évoquer la qualité de l’interprétation, porté par les compositions décalées de Margot Robbie et de Brad Pitt dans des trajectoires opposées mais qui se rejoignent dans leur quête de jeu.
Maryse Mest
Maryse Mest

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5,0
Publiée le 6 novembre 2025
Babylon...
Alors moi, j'ai beaucoup aimé (quelques horreurs un peu inutiles...).
Mais...
Des acteurs magnifiques, notamment Brad Pitt avec un rôle en or...
Une fresque exubérante du Hollywood de l'Histoire parfaitement restitué...
Cécile H.
Cécile H.

5 abonnés 147 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2025
Une fresque totalement déjantée, véritable feu d’artifice qui part dans tous les sens. La réalisation est éblouissante et l’interprétation, géniale : Margot Robbie y est tout simplement fabuleuse.
Khora
Khora

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 octobre 2025
Ce film est une véritable déclaration d’amour au septième art.
Chazelle plonge le spectateur dans un tourbillon de folie, de bruit et d’excès, où chaque plan transpire la passion du cinéma.
Entre euphorie et désillusion, Babylon capture la naissance et la chute d’Hollywood avec une énergie débordante et une mise en scène vertigineuse.
Margot Robbie, sûrement dans sa meilleure prestation, incarne à la perfection cette démesure : flamboyante, fragile et tragique à la fois.
Trois heures de cinéma pur, démentiel, parfois épuisant, mais terriblement sincère.
cedric L.
cedric L.

19 abonnés 42 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 octobre 2025
Si certains spectateurs y voient un chef-d’œuvre flamboyant sur l’excès d’Hollywood, d’autres le trouvent justement… trop excessif, presque hystérique.
Le jeu d’acteur (notamment Margot Robbie et Diego Calva) est volontairement poussé vers l’extravagance, tout comme la mise en scène, saturée de bruit, de mouvement et d’images chocs. Pour beaucoup, ça illustre l’idée que le cinéma naît du chaos et du démesuré.
Mais pour d’autres (dont je fais partie), même s’ils reconnaissent les nombreuses qualités de l’œuvre, ça tourne à la démonstration un peu arrogante, où Chazelle semble vouloir constamment prouver son talent.
Michanthrope
Michanthrope

5 abonnés 95 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 septembre 2025
bien évidemment excellent film margot robbie méconnaissable Brad Pitt coiffer a l ancienne bonne ambiance mais particuliere. film un peu théâtrale des longueurs parfois. bien aimé j hésiterai pas a le revoir une deuxième fois
Alex
Alex

17 abonnés 403 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 août 2025
Une épopée frénétique et harassante qui retrace en trois heures l'ascension cataclysmique du cinéma hollywoodien des années 20 aux années 30, à travers le parcours chaotique de trois personnages : une super-star du cinéma muet qui peine à s'adapter à l'arrivée des films sonores, et deux jeunes prodiges aux dents longues déterminés à avoir eux aussi leur heure de gloire, l'une sur scène et l'autre dans les coulisses. La soirée d'ouverture nous immerge violemment dans un océan de débauche sans limite que l'esprit humain ne pourrait même pas imaginer, et le film tout entier nous entraine avec virtuosité dans une aventure vertigineuse et flamboyante dont on ressort en état de sidération, témoin du meilleur comme de pire de ce que la nature humaine peut offrir.
CloakBack
CloakBack

6 abonnés 348 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 août 2025
Une industrie qui dévore ses enfants, un rêve qui coûte tout, et une dernière danse au bord du gouffre. Babylon est une fresque baroque, excessive et tragique, sur la naissance du cinéma moderne et les âmes qu’il a brûlées.

Dès ses premières minutes, Babylon annonce la couleur : ce ne sera ni sobre, ni propre, ni retenu. Damien Chazelle choisit le chaos comme point de départ, et il l’assume jusqu’au bout. Le cinéma muet, dans sa version la plus orgiaque et primitive, est ici un monde sans règles, vibrant de désirs, de corps, d’ambition brute. Avant les mythes, il y avait la sueur, la poussière, le bruit des machines et les cris hors champ. Et cette démesure n’est pas gratuite : elle est la métaphore d’un art divin qui n’a jamais cessé de vouloir tout avaler.

À travers quelques figures emblématiques, Chazelle interroge la naissance d’Hollywood comme mythe cannibale. Il ne filme pas une industrie, mais une divinité païenne, assoiffée de beauté, de scandale, de dépassement. Ceux qui montent trop vite chutent plus violemment. Ceux qui rêvent trop grand flirtent avec l’abîme. Et pourtant, tous courent vers la lumière, persuadés qu’une étincelle d’eux survivra à l’oubli.

Dans cette tornade, Margot Robbie irradie l’écran. Chazelle la sublime, lui donne une ampleur rare, physique, vibrante. Mais ce qui frappe, c’est aussi le soin apporté aux personnages secondaires, tous finement dessinés, porteurs d’un point de vue, d’une douleur, d’un rêve propre. On sent un monde vivant autour des figures centrales, comme si chaque silhouette à l’écran méritait son propre film.

Le cœur de Babylon bat dans une question obsédante : le cinéma peut-il rendre éternel ce qu’il consume ? Chacun des protagonistes incarne un rapport différent à cette illusion. Certains y cherchent la reconnaissance, d’autres l’oubli de soi, d’autres encore une forme de transcendance. Chazelle montre cette mécanique avec une fascination mêlée de tendresse et de douleur.

Esthétiquement, le film impressionne. La caméra s’agite sans relâche, le montage est ample, la bande originale de Justin Hurwitz déploie une fièvre singulière. C’est une expérience sensorielle étourdissante, parfois excessive, mais toujours soutenue par une vision claire et assumée.

Babylon est imparfait, parfois inégal, long, et son dernier acte a tendance à s’essouffler. Certains passages s’étirent, d’autres semblent répéter une idée déjà bien installée. Ces faiblesses sont le prix à payer pour un film qui déborde et qui préfère l’élan à la mesure. Car Babylon ne cherche pas la maîtrise froide, il vise l’émotion brute. Et dans ses moments les plus inspirés, il montre la beauté tragique de ceux qui sacrifient tout pour une image.

Ce n’est pas un film nostalgique. C’est une tragédie flamboyante sur la mémoire, l’art, et l’impossible besoin de durer, malgré les critiques. Le cinéma est une illusion magnifique, faite de sacrifices, d’oublis, de douleurs. Il n’est ni juste, ni loyal. Mais parfois, il transforme une vie minuscule en fragment d’éternité.
Lucas Bachelier
Lucas Bachelier

4 abonnés 1 352 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 juillet 2025
Babylon est une plongée hallucinée dans le Hollywood des années 20, portée par une mise en scène démente et un casting en feu (Margot Robbie, Brad Pitt). C’est excessif, bruyant, parfois chaotique — mais aussi grandiose, audacieux et bouleversant. Un tour de force cinématographique.
Agnès
Agnès

9 abonnés 28 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juillet 2025
Waow la claque. C’était incroyable. Tout amoureux du cinéma se doit de voir ce film. Je n’arrive même pas à trouver mes mots.
Mcbmcb18
Mcbmcb18

2 abonnés 37 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 mai 2025
Grandeurs et décadences du Hollywood du début du siècle dernier.

Comédiens TOP
Mise en scène TOP
Musique TOP

Un grand moment de cinéma. J’adore!
Adrien Garcia
Adrien Garcia

5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 mai 2025
ce film pour les amoureux du cinéma est un coup de coeur monumental !
Pour ma part ce film est important car il résume parfaitement ce que doit être un grand film de cinéma, de la musique a la lumière a lacting tout est sublime ! Le propos du film toucherons forcément les amoureux du cinéma
Jerican
Jerican

14 abonnés 113 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 avril 2025
Un film d'une ampleur folle. J'étais réticent à l'idée d'aller le voir, échaudé par les mauvaises critiques et par l'aura négative du film et la durée, heureusement que j'y suis allé, un enchantement de mise en scène, de flamboyance, de joie et d'émotions tristes et dures mêlées. Et une narration menée tambour battant, et une musique dingue. Une énergie dingue émane de ce film portée par une très grande Margot Robbie. Décidément ce Damien Chazelle est un cinéaste d'une jeunesse et maturité folles. Merci à lui pour ces films qui donnent du plaisir aussi fin que spectaculaire. Un vrai cinéaste populaire.
Timëo
Timëo

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 avril 2025
Babylon est une déclaration d’amour totale au cinéma. Ce film capte l’essence même de ce qu’est le cinéma : l’excès, la grandeur, la chute. Chazelle te plonge dans une époque où tout était possible, où les rêves et les démons se mêlaient. Ce n’est pas juste une histoire, c’est une expérience. Chaque scène est une claque, chaque plan est une œuvre d’art. Le film ne te laisse pas le choix, il te montre ce que le cinéma peut offrir de plus brut et authentique. Babylon, c’est l’énergie pure du cinéma, sans compromis, et c’est pour ça que c’est un chef-d’œuvre
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