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Arthur Debussy
189 abonnés
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3,5
Publiée le 23 avril 2017
«L'Intendant Sansho» est sans conteste l'un des films les plus désespérés qui soient sur la noirceur de l'âme humaine. Le poids terrible de la société japonaise féodale est une fois de plus dénoncé par Mizoguchi, brisant les hommes et les familles, étouffant toute tentative d'émancipation. Les abus de position semblent inévitables tant l'humanité refuse l'idée d'égalité entre les hommes. La preuve nous en est d'ailleurs donnée (pour un temps) avec Zushio : n'importe qui peut devenir un tyran, il suffit de laisser faire le temps et les rancoeurs. Comme si chaque despote qui disparaissait laissait sa place à un autre. Avec «L'Intendant Sansho» Kenji Mizoguchi a donc réalisé un mélodrame poignant, même s'il manque parfois un peu de recul et paraît aujourd'hui relativement désuet. Attention, sur le plan narratif uniquement! Car pour ce qui est de l'esthétique, elle est en tous points admirable. La mise en scène relève de la perfection et une fois de plus l'on ne peut que saluer le talent du maître japonais à créer des oeuvres fortes et d'une grande beauté. Pas grand chose à dire de plus, sinon qu'il s'agit d'un film incontournable dans la carrière de Mizoguchi, et donc dans l'histoire du cinéma mondial. Chef-d'oeuvre, cela va de soit. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Cruel et sans aucun chichi, très japonais dans son rythme et sa réalisation. Un vrai classique asiatique, en somme. Et ce qui est fou, c'est de traiter avec tant de calme et de simplicité la violence et la cruauté "naturelle", inhérente à une certaine démonstration du pouvoir à une certaine époque. Musique assez irritante quand on ne baigne pas dans la culture japonaise, une sobriété qu'un occidental doit apprendre à apprivoiser, mais le résultat, c'est un chef-d’œuvre du cinéma asiatique des années 50.
Magnifique film historique traitant de l'esclavage et de la famille. Extrêmement bien maîtrise que ce soit au niveau du scénario que de la mise en scène, le film brille par des séquence absolument magnifique visuellement. Un chef d'oeuvre du cinéma japonais du maître Mizoguchi.
La beauté des plans, la musique filmée comme le cri du coeur, une dialectique interessante sur le monde et un scénario très bien écris, que demander de plus ?
Mizoguchi s'y entend plutôt bien pour retranscrire des oeuvres littéraires en film et "L'intendant Sansho" donne envie de lire le livre d'Ogai Mori. D'autant plus que la fin du livre est moins tragique que le film.
Si « Les amants crucifiés » paraissaient comme assez lourds, ce Mizoguchi subjugue par son incroyable justesse : autant dans ce qu'il a de tragique et romanesque que dans ce qu'il a de plus métaphysique et mystique. Mais c'est surtout une œuvre de pure poésie, construite essentiellement sur les sentiments de ses protagonistes et offrant des moments absolument sidérants de beauté (ah, le chant cette voix intérieure semblant surgir du lointain, ou encore le suicide de Anju …). Grandiose tableau épique et intimiste, magnifique médiation sur la conservation de ses valeurs éthiques et humanistes, « L'intendant Sansho » est un chef-d'œuvre. Kenji Mizoguchi, par une esthétique d'un éclat hallucinant, transcende l'aventure intérieure de ses personnages en une quête universelle profondément spirituelle, évoquant l'œuvre de Tarkovski (lequel était un grand admirateur du cinéaste japonais). Tout simplement l'un des plus beaux films de tous les temps.
Mizogushi signe ici la fresque épique d'une famille décomposée et soumise à la cruauté des puissants. On parle bien ici d'un film de réalisateur, qui vaut moins par son scénario que par l'incroyable force poétique qui ressort de ce drame. Toutes les scènes sont travaillées et certaines sont absolument magnifiques, alternant les allégories et les prises de vues formidables, devant lesquelles on se dit: "si seulement c'était en couleur".
Un des plus grands chef-d'oeuvre du cinéma japonais et un des meilleurs films de Kenji Mizogushi. Le film, un peu plus long qu'à l'accoutumée, suit un personnage masculin qui est le principal protagoniste, fait assez rare chez Mizogushi plus habitué aux portraits de femmes. Bien que profondément pessimiste sur la nature humaine, l'Intendant Sansho n'est pas pour autant dénué d'un certain espoir quand bien même le titre est tiré du nom du personnage secondaire le moins humaniste, propriétaire d'esclaves sans scrupules et sadique, et qui semble être l'opposé du père du héros, dont l'humanité et la bienveillance à l'égard des paysans a causé la déchéance. Formellement, la qualité des images du cinéaste est d'une richesse folle et d'une pertinence totale. Sa façon d'utiliser le hors-champ est ainsi exemplaire, en parliculier lors de la scène du suicide d'Anju. La scène finale, lorsque Zushiô retrouve sa mère au terme de dix années d'épreuves, d'humiliations et de souffrances, est un des plus belles qui soient.
Mon premier Mizoguchi, et je sais pas pourquoi je m'attendais à m'ennuyer. Et bien je suis heureux de m'être totalement planté sur ce point. Car "L'Intendant Sansho" est une oeuvre intense, profonde, humaniste mais toujours réaliste pour ne pas dire cruelle, qui s'avère être un film extrêmement dense. Ce qui étonne au premier abord, c'est la maîtrise totale de Kenji Mizoguchi pour sa mise en scène. Chaque cadrage est très judicieusement choisi, chaque mouvement de caméra composé avec un très grand soin et l'interprétation très juste qu'il arrive à tirer de ses comédiens ne peut que forcer l'admiration. L'esthétisme du film est très beau et certaines scènes sont de très grands moments de cinéma. Une oeuvre très émouvante qui fait parfaitement comprendre la haute estime qu'on porte à ce grand cinéaste.
Très bon film, bien que j'ai eu du mal à accrocher tout de suite, ce film s'il n'est pas parfait, a des qualités indéniables et des scènes de toute beauté rattrapant bien volontiers ses défauts. Tout le milieu du film est beau à en pleurer. Le noir et blanc est magnifique ici, vraiment. Même si le début du dernier tiers du film m'a un peu moins intéressé, le résultat global est très bon. Un film riche en émotions.
Une musique qui raisonne comme le tintement de l'âme et un souffle inspiré qui parcourent le film de tout son long. Le film dure deux heures tout de même mais c'est "indolore" tellement on se laisse porter dans cette fable sociale intemporelle . Des problématiques "occidentales " ( lutte des classes, libération des masses, démocratie ... ) croisées avec des idéaux extrêmes orientaux ( boudhisme, shintoisme, réincarnation,...) font de ce film une subtile réalisation qui est aussi bien transposable dans un contexte occidental que dans un contexte japonais. Un maître assurément !
que c'est beau ! J'ai pleuré comme une madelaine devant ce chef d'oeuvre. C'est peut-être le film qui m'a le plus ému au monde. J'ai du mal à trouver les mots qui pourraient exprimer tout ce que ce fil m'a procuré.
Bouleversant! La vision de l’homme que propose Mizoguchi me parait opposée à celle de Kurosawa. Là où l’un projette toute sa foi en la bonté intrinsèque de l’homme dans des personnages capable d’influer sur le cours des choses, des hommes comme Kanji Watanabe et Barberousse qui illuminent leur entourage, apportant leur pierre à un édifice qui s’écroulent sans cesse sous le poids de la misère ; l’autre fait preuve d’un pessimisme absolu. Il dépeint un monde où le bonheur n’a pas sa place, ce n’est pas la bonté de qq’uns qui déteint sur les autres mais la méchanceté. L’homme est faible, peu importe les valeurs qu’on lui a inculquées, confronté aux pires travers de la société, ici l’esclavagisme, son égoisme prend le dessus. Et lorsque enfin il se révolte contre ce qu’il est devenu, il demeure impuissant face à une société indifférente aux malheurs d’autrui. Dans cette vision très sombre de la condition humaine, la place accordée aux femmes tranche avec la bassesse de l’intendant. Elles seules conservent leur humanité et sont capables de sauver l’homme de sa propre déchéance, y compris par leur sacrifice. Très très beau film !