"L'Etrange Noël de M. Jack" fait partie des grands classiques des années 90 que je n'ai jamais voulu visionner. La raison est simple : je ne suis absolument pas fan de l'univers de Tim Burton. Je sais bien qu'il ne réalise pas ce projet, le film étant une réalisation d'Henry Selick, mais il faudrait être fou pour ne pas ressentir l'influence de ce dernier dans chaque élément de ce long-métrage. Officiellement, il est d'ailleurs à l'origine du projet, il écrit le scénario, il le produit et il travaille sur celui-ci en tant que directeur artistique. Et personnellement, n'étant pas fan de son cinéma et au vu des images que je voyais dans les bandes-annonces, où chaque plan semblait transpirer son univers, je n'avais aucune envie de voir ce film. Et finalement, mon visionnage a totalement confirmé ce que je m'attendais à voir. Ce projet a de grosses qualités, mais il ne m'intéresse à aucun moment. Très clairement, pour ceux qui sont fans de l'univers de ce réalisateur, je pense que le visionnage a dû être orgasmique. Dans les décors, dans les costumes, dans la musique, dans l'univers et dans l'histoire, tout transpire son style. On est sur un ensemble gothique et sombre, mélangé à un ton plus humoristique. Et ce qui transpire le plus de ce projet, c'est que c'est probablement le film le plus révélateur de sa créativité artistique. Comme celui-ci est réalisé en stop-motion, il n'y avait aucune limite pour exprimer les envies de ce dernier. Et clairement, c'est la grosse force du projet, le résultat étant extrêmement impressionnant pour l'époque. Les rendus sont particulièrement réussis et la mise en scène parvient totalement à donner vie à cet ensemble. Par conséquent, le film est vraiment joli à regarder et il est l'exemple parfait pour faire découvrir l'univers de ce cinéaste. Maintenant, en ce qui me concerne, je n'ai pas réussi à aller plus loin que cela. Comme pour toutes les œuvres de Tim Burton, je trouve que c'est toujours extrêmement beau, mais cela n'arrive jamais à me toucher dans ce que cela raconte. Ici, le principal intérêt vient du personnage de Jack, qui amène une thématique assez intéressante sur l'identité. Malheureusement, je n'ai jamais réussi à m'attacher à lui, son développement étant très superficiel et balayé en une seule petite scène musicale. On arrive trop rapidement dans ce passage où notre personnage veut de la nouveauté, sans vraiment davantage creuser ses soucis intérieurs. Et globalement, je trouve que l'évolution de ce héros sera assez décevante. À ce niveau-là, le problème vient principalement de la manière d'aborder la thématique, qui m'a complètement laissé sur le carreau.
Globalement, la conclusion est assez négative, amenant une sorte de constat sur l'impossibilité d'aller contre sa nature. En soi, l'idée n'est pas mauvaise, et c'est même assez osé d'aller vers une fin aussi peu positive. Je crois même que c'est la conclusion la plus sombre que Tim Burton nous ait jamais proposée. Mais cette dernière partie paraît tellement forcée, comme une sorte de cahier des charges pour éviter que le film se termine bien, qu'elle n'amène aucune autre plus-value. Il aurait été intéressant de réellement réfléchir à cette fin, d'aller vers quelque chose de vraiment très sombre pour cette fin, mais avec quand même une petite dose d'espoir. Mais ici, la fin a beau être négative, tout le monde est heureux et tout se termine parfaitement bien. Dans l'ensemble, cela m'a donc déçu.
Finalement, ce projet m'a donc vraiment laissé sur le carreau. Je me suis profondément ennuyé pendant le visionnage, et même si la direction artistique est de qualité, cela n'a pas suffi à m'intéresser. Pour conclure, un film qui m'a complètement laissé en dehors de son délire.