Un fils
Note moyenne
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Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mars 2020
L’Etat, la corruption, la place de la femme tunisienne, la famille et le couple à son fondement …Il faut avoir beaucoup de talent pour brasser autant de thèmes, les aborder chaque fois dans leur composante respective et en venir à ne former qu’une histoire unique, et ici tragique dans la révélation de faits plus inattendus les uns que les autres. Un couple aisé s’entend à merveille jusqu’à ce que la vie de leur enfant unique devienne problématique. Pour le sauver plusieurs alternatives, mais les choix sont difficiles, et compliqués par les aléas des uns et des autres. Mehdi M. Barsaoui brasse avec talent le bien et le mal d’une société aux imbrications délétères. Au propre comme au figuré il donne à voir l’état clinique d’un pays corrompu au point de piétiner ses fondements et trafiquer ses enfants. Le suspense est quasiment de tous les instants, mais de film policier, pas question. Un film sociétal qui date dans son histoire ( Kadhafi le voisin est en train de chanceler ) mais demeure d’une extrême acuité. Voire gravité !
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mars 2020
Décidément, à l’heure actuelle, ce sont des réalisateurs issus de pays de tradition musulmane qui abordent avec le plus de savoir-faire et d’intelligence du propos les questions morales et les dilemmes qui en découlent. Après l’iranien Asghar Farhadi et le turc Nuri Bilge Ceylan, voici un jeune cinéaste tunisien qui signe là un premier long-métrage remarquable à tout point de vue.
À vrai dire, on peut émettre un petit bémol au sujet de la scène d’ouverture du film, la caméra ayant une fâcheuse tendance à bouger sans arrêt. Mais, dès qu’on entre dans le vif du sujet, ce désagrément non seulement n’est plus de mise mais on est saisi par la qualité des images et de la mise en scène. Le réalisateur a choisi, il faut le préciser, un couple d’acteurs incarnant leurs personnages respectifs avec une justesse et une intensité qui ne peuvent laisser de marbre.
Nous sommes en 2011 et Fares (Sami Bouajila) et Meriem (Najla Ben Abdallah) forment ce couple de parents modernes séjournant dans le sud de la Tunisie avec leur garçon de 10 ans prénommé Aziz. Or, au cours d’une escapade en voiture, tous trois sont les cibles d’une attaque terroriste au cours de laquelle Aziz est grièvement blessé. Amené à l’hôpital, le garçon est sauvé, mais doit bénéficier au plus tôt d’une greffe de foie, sans quoi il ne pourra survivre.
Bien sûr, ses parents se portent volontaires. spoiler: Mais les analyses effectuées sur chacun d’eux ne donnent pas les résultats escomptés. Le film propose dès lors une succession quasi ininterrompue de dilemmes moraux qui en disent long non seulement sur les personnages directement impliqués, mais aussi sur la société tunisienne dans son ensemble. Car Mehdi M. Barsaoui ne craint pas d’aborder de front des sujets qui restent plus ou moins tabous dans un pays encore fortement régi par des traditions et des lois résultant de la religion musulmane. C’est le cas, en particulier, dans le film, de l’adultère (toujours passible d’une peine de prison en Tunisie) mais aussi du don d’organes, une pratique qui reste occultée dans les conversations et les discours tout en donnant lieu à des trafics sordides dont profitent des gens peu scrupuleux qui opèrent là où se déroulent des conflits armés (en l’occurrence à la frontière libyenne).

Le film propose aussi une réflexion des plus intéressantes sur la question de la paternité. Qu’est-ce qu’un père ? Qui est le vrai père, lorsque celui qui élève un enfant n’est pas le père biologique ? Dans le film, Sami Bouajila incarne à merveille ce père blessé dans son orgueil et cependant capable de tous les dévouements pour l’enfant qui risque de perdre la vie. Entre l’homme à la fierté rabaissée et sa femme peu encline à fouler aux pieds sa dignité tout en étant, elle aussi, apte à tous les sacrifices pour le salut de son enfant, les regards importent plus que les paroles. spoiler: Ils ouvrent, semble-t-il, en fin de compte, sur un nouveau départ.
Ufuk K

617 abonnés 1 723 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2020
" un fils" présente l'an dernier à la mostra de Venise démontre la bonne santé du cinéma tunisien. En effet le réalisateur du film poursuit à décrypter la société tunisienne dans une histoire qui dénonce le fanatisme religieux et la corruption qui y règne avec des moments émouvant et un Sami Bouajila très habite dans son rôle qui a lui valut un prix au festival de Venise.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 mars 2020
Un authentique thriller fondé sur l'interprétation viscérale des deux acteurs principaux, Sami Bouajila et Najla Ben Abdallah, un couple pris dans la tourmente, frappé en plein cœur par un ennemi invisible, et qui va de mal en pis. Une belle claque.
Voir ma critique complète sur mon site : http://www.placeducinema.com/2020/03/10/dans-un-fils-sami-bouajila-au-bord-de-la-crise-de-nerfs/
velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mars 2020
"Un fils" est le premier long métrage du jeune réalisateur tunisien Mehdi M. Barsaoui, né en 1984. Sélectionné au 76e Festival international de Venise dans la section Orizzonti, ce film a permis à Sami Bouajila de remporter le prix du meilleur acteur.
Il suffit souvent d’un événement totalement inattendu pour bouleverser la vie d’une famille. Ce qui se passe en septembre 2011 pour le couple formé par Meriem et Farès, et Aziz, leur fils de 11 ans, découle directement, tout en étant totalement inattendu, de la période particulièrement agitée que vit alors cette région du monde : on est en Tunisie, quelques mois après la révolution et la chute de Ben Ali, deux mois avant la mort de Kadhafi ; après une fête champêtre organisée à l’occasion de la promotion de Meriem, Meriem, Farès et Aziz partent passer un week-end à Tataouine dans leur Range Rover ; dans le désert, une embuscade menée par un groupe armé ; Aziz est grièvement blessé, seule une greffe du foie peut le sauver ; il est difficile d’obtenir une greffe en Tunisie et Aziz n’est que 19ème sur la liste d’attente ; Farès serait bien un donneur tout désigné. Sauf que les analyses montrent qu’il n’est pas le père biologique !

De toute évidence, le couple formé par Meriem et Farès fait partie des couches favorisées de la Tunisie : tout le monde ne peut pas s’offrir une Range Rover dans ce pays ! Avec ce couple, Mehdi M. Barsaoui va se livrer avec finesse à un exercice auquel le cinéma iranien et, tout particulièrement, Asghar Farhadi, nous ont habitué depuis plusieurs années : les tourments d’un couple pris comme métaphore des problèmes que connait un pays. Le couple est résolument moderne, le mari et sa femme semblent vivre sur un pied d’égalité, comment ce couple va-t-il se comporter face à cet épisode d’adultère sans lendemain ? Le couple, à l’image du pays, va être amené à se poser des questions quant à son futur : le fait de revenir sur un passé problématique peut-il nuire à la construction d’un meilleur avenir ? Le libéralisme affiché peut-il être, ou non, facilement affecté ? Le système patriarcal est-il réellement susceptible d’être aboli ?
C’est avec plaisir et intérêt qu’on enregistre l’arrivée d’un jeune réalisateur tunisien dans le cinéma international. Un cinéaste qui s’inspire de ce que le cinéma iranien nous propose de meilleur depuis des années. Un cinéaste qui fait des choix judicieux dans sa conduite d’un récit et dans son choix des interprètes.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 7 mars 2020
Très bon film, à ne surtout pas manquer, pour l'histoire et son contexte tunisien, pour les acteurs, leurs silences, leurs regards.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mars 2020
Le cinéma tunisien témoigne d'une excellente forme ces temps-ci avec Noura rêve (intimiste), Un divan à Tunis (désopilant) et Un fils (stressant). Trois manières de sonder l'état des lieux du pays, même si, dans le cas du dernier, l'année où l'action se passe est 2011, alors que le voisin libyen est à feu et à sang (cela a son importance dans l'intrigue). Si le réalisateur, Mehdi M. Boursaoui, se défend d'avoir voulu faire un film à suspense, c'est pourtant bien son aspect de thriller qui rive le spectateur à son siège spoiler: dans le dilemme qui se pose à un couple, alors que leur fils a été grièvement blessé dans un attentat terroriste et a besoin d'une transplantation d'urgence
. Une situation gravissime qui fait ressortir un secret familial bien gardé et qui permet au récit de jouer sur plusieurs tableaux : intime, social, politique et sentimental. spoiler: Il y est question notamment de trafic d'organes, de foies en l'occurrence, sujet épineux traité de manière directe
. Le scénario a été peaufiné pendant 6 à 7 années et cela se voit tant son écriture est brillante, dans une ambiance ouvertement stressante et donnant du grain à moudre à ses deux interprètes principaux qui livrent une performance impressionnante. Cela n'étonne pas du toujours remarquable Sami Bouajila, au côté duquel la peu connue Najla Ben Abdallah, qui a surtout joué pour la télévision, se hisse largement à son (haut) niveau.
apyrogier
apyrogier

8 abonnés 29 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 février 2020
scénario parfait, acteurs très justes, brassage de thématiques fortes avec subtilité, suspens trzbuen tenu, un grand bravo à ce film d'exception
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 novembre 2019
Un magnifique film : un scénario bien construit, des acteurs fantastiques de justesse. un film qui traite de sujets actuels et multiples: la place de la femme, la famille, le rôle de l'Etat, la corruption, le couple.....bravo à toutes lééquipe et merci pour cet excellent moment.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 septembre 2019
J’adore j’adore j’adore!! Un film qui m’a émue jusqu’aux larmes! Un jeu d’acteurs merveilleux et juste et une mise en scène maitrisée. Je ne vous en dirai pas plus: il faut le voire!
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