encore 1 horror-gothic de cette fameuse maison Hammer ou les scènes de nuit sont les + réussis, ainsi que les portraits pas inintéressants de ce fameux jeune docteur et son double féminin monstrueux (les séquences de "branchements" étants proprement renversantes); le film jouissant donc d'une base réaliste lui apportant une aura étrange, quoique le tout souffre hélas de cette lenteur barbare propre à toutes les sequels.
Légendaire studio anglais qui a marqué l’histoire du cinéma d’horreur de son empreinte si particulière dans les années 50 et 60 (et 70 dans une bien moindre mesure), la Hammer est responsable de quelques petites pépites… parmi lesquelles on retient essentiellement les "Dracula" avec Christopher Lee et les "Frankenstein" avec Peter Cushing. Et c’est avec grand plaisir qu’on retrouve les deux têtes d’affiche stars du studio réunies dans ce "Frankenstein s’est échappé" (titre français pas forcément heureux, qui reprend la confusion habituelle entre le créateur et sa créature… contrairement au titre anglais "The Curse of Frankenstein"), premier opus de la série du monstre créé par Mary Shelley et véritable réussite qui a su se démarquer des légendaires films d’Universal (avec Boris Karloff). On retrouve, ainsi, ses couleurs si marquées (qui tranchent avec le noir et blanc stylé des productions Universal), ses décors à la fois extraordinaires et cheaps, sa représentation frontale de l’horreur (le sang n’est pas dissimulé comme chez Universal) et sa sexualité (certes, à peine effleurée ici mais qui constituera une vraie marque de fabrique pour les films à venir). Le film est, ainsi, plus charnel que ces prédécesseurs (plus classieux). Regarder un film de la Hammer, c’est un peu comme entrer dans une maison hantée : on sait que ce qu’on voit n’est pas réel mais on ne peut s’empêcher de se laisser porter par l’univers proposé. Ainsi, bien qu’il traite d’une histoire qu’on croit connaître par coeur, "Frankenstein s’est échappé" propose quelque chose de vraiment différent sur le plan visuel mais, également, sur le plan scénaristique. Ainsi, le réalisateur Terence Fisher (l’autre star du studio) fait du Baron Frankenstein le véritable héros de son film. Interprété par le fantastique Peter Cushing, le personnage est bien moins sympathique qu’à l’accoutumée puisque sa folie destructrice s’explique toujours par la cause scientifique mais va, ici, beaucoup plus loin. Victor Frankenstein a toujours été dépeint comme un jusqu’au-boutiste aveuglé par sa soif de découverte. Il est, désormais, fou à lier et totalement amoral spoiler: (il n'hésite pas à tuer lui-même ce qui se dresse entre lui et son projet) … ce qui est une vrai plus-value pour le film et vient brouiller les frontières habituellement tracées entre lui et son monstre. La Créature est d’ailleurs, incarnée par Christopher Lee (difficilement reconnaissable avec cette tronche rapiécée et cet œil flippant) et prend ses distances avec l’aspect habituel du monstre personnifié par Boris Karloff (un crâne disproportionné, le teint qu’on imagine vert, des écrous dans le cou…). Il s’agit, une nouvelle fois, d’une excellente chose (justifiée par un problème de droits) puisque ce nouveau look propose un vrai renouveau et se montre plus crédible et, surtout, plus effrayant que son homologue des années 30. Le seul véritable point commun entre les deux interprétations du monstre est l’aspect terriblement pathétique de cette créature, que Christophe Lee parvient parfaitement à retranscrire. Ces deux personnages sont d’une telle force visuelle et scénaristiques qu’ils ont tendance à éclipser le reste du casting, dont on retient tout juste Robert Urquhart en complice malgré lui (et accessoirement archétype de la Cassandre qui prévoit la catastrophe mais qu’on écoute pas) et sûrement pas Hazel Court en ravissante nunuche. On peut, cependant, reprocher au scénario d’être parfois un peu trop ronronnant ou d’utiliser beaucoup de grosses ficelles spoiler: (la bonne qui menace de tout révéler et qui va connaître un sort funeste, la chute finale du monstre dans l’eau qui est censée l’avoir totalement détruit…) mais le charme opère incontestablement. Et puis, Terence Fisher a eu la bonne idée de raconter son histoire sous la forme d’un récit délivré par un Frankenstein captif en attente de son exécution… ce qui permet de faire passer le spectateur, (en empathie avec le personnage au début du film) de revoir son jugement au fur et à mesure que l’intrigue avance, jusqu’à l’implacable final (qui sera remis en question par les nombreuses suites). "Frankenstein s’est échappé" est, donc une véritable bouffée de nostalgie pour tous les amoureux de l’horreur à l’ancienne et marque une véritable évolution du genre. J'ai, tout de même, préféré le "Frankenstein" produit par Universal dont l'élégance et la poésie n'est pas dépassée ici.
Voici la version Hammmer du mythe de Frankenstein. Si ce n'est pas fidèle, c'est une bonne adaptation du mythe de Frankenstein. Peter Cushing est andoissant à souhait !