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    Rendre la justice
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Rendre la justice" et de son tournage !

    Un constat simple mais implacable

    Rendre la justice est un projet né à partir d’une constatation toute simple faite par Robert Salis : celle que chacun d’entre nous peut devenir un justiciable potentiel, qu’il le veuille ou non, volontairement ou à son corps défendant. Le réalisateur confie : "Chacun peut subitement être accusé à tort ou à raison, être la victime ou le responsable d’un conflit, d’un délit ou d’un crime et se retrouver aussitôt happé par la « machine judiciaire ». Et quand cela arrive, si ça arrive, on le vit comme une déflagration devant laquelle on se sent complètement désarmé. A moins d’être initié ou de s’être intéressé en détail aux nombreux mécanismes de l’institution judiciaire, on se retrouve infiniment démuni et perdu. La justice s’entend alors comme une langue étrangère que l’on n’a pas apprise et qu’il faut décrypter sans en avoir les codes. Même en ayant à ses côtés un avocat qui devient le vecteur de ses angoisses, de ses espoirs ou de ses craintes, le justiciable n’est pas forcément au courant des arcanes et des éventuelles chausse-trappes de toute procédure."

    Implication d'un magistrat

    L’élément déclencheur de la naissance du film a été la rencontre de Robert Salis avec le magistrat Jean-Christophe Hullin (Rendre la justice marque l'un des rares cas où un magistrat en exercice s’est impliqué dans la conception et l’écriture d’un documentaire sur un sujet qui lui est cher puisque, de par sa fonction, il est immergé dans le processus judiciaire). Le cinéaste explique :

    "Aussi nous avons défini d’emblée le film comme une réflexion sur l’acte de juger à travers le regard, le vécu, les expériences et les témoignages de ceux qui ont la lourde responsabilité de juger leurs semblables et qui ont prêté serment pour le faire. Serment que l’on entend d’ailleurs au début du film. C’est pourquoi il n’y a pas d’avocats, ni d’auxiliaires de justice mais uniquement des magistrats qui sont les seuls à disposer d’autant de pouvoirs. Ceux de soulager par fragments le cours d’une vie ou d’en mettre une partie entre parenthèses en la faisant basculer de tel ou tel côté de la balance. C’est la volonté de tenter de savoir qui sont vraiment les juges qui nous a motivés. Comment jugent-t-ils ? Ont-ils des réflexes de jugement, des critères établis, des techniques précises, des arguments déjà très bien rôdés ? Jugent-ils dans la stricte application de la loi ou peuvent-ils être tentés de l’interpréter ?"

    Temps de tournage

    Le tournage de Rendre la justice s’est déroulé pendant deux ans avec des périodes d’interruption en fonction de la disponibilité des magistrats qui ont des agendas très chargés. Robert Salis voulait avoir du temps pour filmer leurs entretiens dans les meilleures conditions et faire en sorte qu’une proximité s’installe. "Ce qui a été souvent le cas et a permis d’obtenir des témoignages d’une grande sincérité et sans « langue de bois » pour des femmes et des hommes qui sont astreints pourtant à un devoir de réserve. Nous les avons conduits ensemble, Jean-Christophe Hullin et moi-même, et quand il n’était pas disponible, car lui aussi a un emploi du temps chargé, je les ai conduits seul. D’emblée s’est posée la question de comment filmer", se rappelle le metteur en scène.

    Dispositif

    Pour recueillir au plus près l’authenticité des témoignages, Robert Salis a opté pour le dispositif le mieux adapté pour le faire : celui du face-à-face en assumant cette forme classique, mais qui, avec des magistrats lui semblait amplement justifiée car elle est celle à laquelle on s’expose lors d’une audience. Il raconte : "On est face à son juge. Dans une audience civile, notamment en matière familiale, tenue le plus souvent par un seul juge qui n’est pas sur une estrade, ni vêtu de sa robe, il y a ce face à face qui s’impose inévitablement et auquel vous ne pouvez pas échapper, ni détourner le regard. Si vous répondez en regardant votre avocat ou en baissant les yeux, il vous rappelle souvent à l’ordre en vous intimant de le regarder en face. D’ailleurs, pendant très longtemps les salles d’audience ont été conçues, dans les cours d’assises par exemple, en fonction de ce regard. Le box des accusés était situé face aux fenêtres pour que le prévenu soit à la fois face au procureur, nommé autrefois accusateur public, et face à la lumière extérieure, comme aveuglé, résurgence de la lumière divine, justice divine. Cette disposition existe encore dans de nombreux tribunaux."

    Montage

    Dès le départ, les 37 magistrats qui ont témoigné dans le film ont été prévenus par rapport à l'éventualité que certains d’entre eux ne figureraient pas dans le montage final. Néanmoins, ils se sont prêtés au jeu de bonne grâce et au final, ils sont 23 à se retrouver dans le film terminé : "Non pas que les témoignages des autres étaient moins bons ou moins pertinents mais surtout parce qu’ils s’avéraient plus techniques et demandaient davantage de temps pour être clairement exposés et compris, comme les différents rôles du JLD, le juge de la liberté ou de la détention, ou du JAP, le juge d’application des peines, qui sont pourtant hyper intéressants, car on ne sait pas forcément qu’une fois la décision rendue, ce n’est plus le juge qui l’a prononcée qui est chargé de son suivi ou de la faire appliquer. Idem pour le juge d’instruction, ce n’est pas lui qui va juger l’affaire qu’il a instruite", précise Robert Salis.

    La séquence d'incarcération

    La séquence consacrée à l’incarcération est celle qui a le plus marqué Robert Salis. Le metteur en scène se rappelle : "Même si vous êtes censés vous sentir libres, vous éprouvez avec votre équipe la sidération qui vous assomme en se retrouvant dans de tels lieux. Tous vos sens sont à l’affut. D’abord l’ouïe, tellement il y a un vacarme assourdissant et ce qu’on entend dans le film n’est nullement exagéré, c’est le son direct avec tous ces cris, ces coups frappés aux portes des cellules, puis visuellement c’est très éprouvant par la sensation de fatalité impuissante qui vous étreint et la violence en jachère qui y règne. La séquence mêle en fait différents dépôts, ceux du TGI de Bordeaux, de Bobigny et de Paris, Ile de la Cité. Il est important de rappeler que le Dépôt d’un Palais de Justice est le lieu où l’on enferme dans des cellules des individus en attente de passer devant leur juge. Soit ils ont été transférés de leurs centres de détention provisoire pour passer en jugement, soit ils ont été arrêtés quelques heures avant pour être jugés en comparution immédiate. Ces dépôts sont à mon sens l’antichambre de la prison et amplifient les travers que l’on y retrouve. A de rares exceptions près, les cellules n’ont aucune fenêtre, ni vue sur l’extérieur."

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