Sorti en 2006, Silent Hill fait incontestablement parti du haut du panier des adaptations de jeux vidéo, même si elle n'est pas exempt de défauts. Le film de Christophe Gans avait en son temps récolté environ 100 millions de dollars au BO, pour une mise d'environ 45-50 millions $. Un joli petit succès, à défaut d'être un triomphe. Et c'est précisément 20 ans après son premier volet que Gans s'est offert un Retour à Silent Hill, qui est en réalité une adaptation du second opus de cette extraordinaire saga vidéoludique, d'une richesse thématique folle.
Malheureusement, ce retour tant attendu ne s'est pas exactement déroulé sous les meilleures auspices : le film n'a même pas rapporté 50 millions de dollars, tandis que son budget était de 23 millions $. Toujours est-il qu'il peut avoir une deuxième chance, puisqu'il sort en Blu-ray, en attendant l'encore lointaine édition 4k chez nous, annoncée pour la fin du mois d'octobre 2026, qui devrait comporter la version director's cut du cinéaste.
Centralia, la vraie Silent Hill
Dans l'univers vidéoludique comme ceux des films, la ville fantomatique de Silent Hill fonctionne comme l'antichambre de l'enfer.
Vous l'ignorez peut-être, mais parmi les nombreuses influences qui ont irrigué la création de cette ville iconique qu'est Silent Hill se trouve une ville bien réelle, du nom de Centralia, située en Pennsylvanie. Enfin, à une subtile nuance près... Masahiro Itō, directeur artistique de la saga, avait démenti cette idée.
En revanche, le scénariste de l’adaptation cinématographique sortie en 2006 avait confirmé s’être documenté sur le drame de cette ancienne ville minière. Et son histoire est absolument incroyable : elle est abandonnée, depuis qu'un feu situé dans une mine de charbon sous la ville s'est déclenché et brûle encore... depuis 64 ans.
En 1962, le maire ordonna de brûler la décharge locale dans une opération de nettoyage. Mais le feu se propagea, et un énorme incendie se déclencha dans la mine de charbon située sous la ville. Pendant 16 ans, les pompiers ont tenté d’éteindre l’incendie, sans succès. Aujourd’hui encore, les flammes continuent de dévorer le sous-sol de la ville.
À cause du monoxyde de carbone, du dioxyde de soufre et du méthane qui émanent du sol, l’air de Centralia est devenu irrespirable. Les températures à la surface du sol, qui a parfois des ouvertures béantes, peuvent dépasser les 80 °C. Les habitants furent contraints de quitter leur domicile, laissant la ville à l’abandon.
Wikimedia Commons
L’un des seuls bâtiments encore debout est l’église de la ville, comme dans le film de 2006. Dans le premier film de Gans, on y apprenait aussi que Silent Hill avait été abandonnée 30 ans auparavant à cause d’un feu de charbon. C’est exactement ce qui a provoqué l’évacuation et la destruction de Centralia.
Sa population est passée de 999 habitants en 1981, année où fut donné l'ordre d'évacuer, à 12 en 2005, à 9 en 2007, et 5 en 2020, faisant de la ville la municipalité la moins peuplée de Pennsylvanie. Tous les biens fonciers de la ville ont fait l'objet d'une procédure d'expropriation lancée en 1999; année où le code postal de la ville a carrément été supprimé. Depuis le début de la destruction de la ville en 1981, il ne reste à Centralia qu'une église, quatre cimetières, six maisons et un local municipal abritant un camion de pompier.
Tant qu'à parler de l'église d'ailleurs, c'est une propriété privée. Pas de quoi dissuader certains amateurs d'urbex (mais pas que...) de s'y introduire pour tenter d'accéder au sous-sol à la recherche des portes de l'enfer, comme le racontait Joseph Sapienza et Allyson Kircher, auteurs d'un documentaire consacré à Centralia, dans un entretien accordé au site Horror Geek Life en 2017.
Une dernière anecdote qui fait frémir : les spécialistes estiment que le feu va continuer de brûler encore durant 250 ans, jusqu'à ce que les réserves de charbon soient totalement consumées. Vous avez bien lu...
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