À vouloir en faire trop dans la caricature, à surjouer à l'excès, cela tombe complètement à plat. Le seul dialogue articulé "Je vous aime tous" est si poncif qu'il n'émeut même pas. L'une des critiques spectateurs mentionne le film "Affreux, sales et méchants" et j'ai aussi songé à ce film en m'ennuyant à regarder celui-là, alors si j'ai un conseil à donner, c'est de fuir "Les Sans-dents" et d'aller plutôt admirer Affreux, sales et méchants. Il serait dommage de passer à côté de ce bijou parce que ce film a déçu. Le réalisateur explique que s'ils ne se parlent pas, c'est parce qu'ils ont des origines différentes, venant de différents pays, ce qui invraisemblable comme explication. Le seul rictus de sourire que j'ai eu, c'est quand François Morel sort de sa bouche sa touillette, comprenant qu'il ne la quitte jamais bien longtemps. Cette touillette est peut-être la seule bouée de sauvetage que l'acteur a trouvé pour donner une particularité à son rôle inconsistant. J'ai voulu voir ce film en voyant les noms de Yolande Moreau, Gustave Kervern et François Morel, mais au vu de leurs talents, je me serai attendu à plus de subtilité. Petites mentions à ceux qui ne l'auraient pas compris, la statue de la grosse tête noire à côté du grand canard, c'est je crois la tête de Karl Marx, figure du communisme. Une autre image, c'est que l'on voit dessiné un bébé sur la femme gonflable à la fin du film quand le couple se tient la main, laissant songer qu'un bébé est en route. Il doit il y avoir d'autres clins d'oeil, mais je ne le visionnerai pas une deuxième fois. Mais passons aux choses sérieuses aux conséquences potentiellement beaucoup plus graves, et c'est la raison pour laquelle je fais une critique. Il y a une scène qui me semble particulièrement dangereuse, c'est lorsque l'on voit le chariot élévateur porter une vache morte (est-elle réelle est c'est encore plus grave avec le poids d'environ 700 kilos d'une vache, et quelle pitoyable image qu'est montrée à l'écran) en hauteur, sur un terrain instable avec l'acteur David Salles, apparemment non sécurisé (mais même attaché le risque reste entier), se trouvant lui aussi en hauteur et qui n'est pas un cascadeur. J'ignore ce qui c'est passé dans la tête du réalisateur, du ou des producteurs, de l'acteur David Salles, qui a aussi été réalisateur, et de celui qui conduit l'engin (qui est responsable de ce qui se passe sur le chariot élévateur), mais si le chariot aurait basculé et qu'un accident aurait eu lieu, laissant l'un des acteurs mort ou tétraplégique, pour le coup, avec les frais de justice et des frais médicaux à rembourser pour fautes graves, ils se seraient tous retrouvés avec de telles dettes qu'ils seraient peut-être, de fil en aiguille, devenus de véritables sans-dents. Je songe à Alec Baldwin avec l'accident de tir du film Rust ayant entrainé la mort de Joel Souza, de Brandon Lee mort sur le tournage de The Crow, ou Jean-Paul Belmondo dans le film Hold-up qui a échappé à la mort de près dans la scène de la course poursuite avec le bras articulé. Même sans accident, j'ignore comment une telle scène a pu être montré à l'image auprès du grand public et que l'État n'a pas poursuivi en justice l'équipe du film. Sauf erreur, j'ai l'impression que cette scène a été tourné sans aucune mesure de sécurité. Il faudrait demander au réalisateur comment cette scène a été tournée, et si ses propos seraient confirmés par l'équipe de tournage. Si des ahuris voulaient reproduire une telle scène et qu'un véritable accident ait lieu... Il y a des règles de sécurité extrêmement strictes pour conduire des chariots élévateurs, qui nécessite d'ailleurs un permis de conduire spécifique. La réalité de l'humanité, c'est qu'on peut devenir des sans-dents, donc des personnes qui n'ont pas ou plus les moyens de se payer le dentiste pour se soigner les dents, non pas seulement à cause du méchant système, mais aussi par sa propre bêtise ou inconscience. Émile Zola en a fait une saisissante démonstration dans son roman L'Assommoir il y a 150 ans, et l'histoire se répète malgré tous les messages de prévention. Est-ce que pour un film qui se veut "hors système", les règles de sécurité sur ce tournage ont été, à force de s'amuser sur le tournage, de tout prendre à la légère, mis de côté, consciemment on inconsciemment, c'est ce que je me demande. Peut-être que ce n'était même pas une demande du réalisateur que David Salles monte sur le chariot élévateur, il y est monté tout seul dans l'euphorie du tournage. Ou que la vache a été portée à une telle hauteur sur ce terrain instable avec le chariot élévateur en mouvement, c'est hallucinant.