Je ne suis pas fan de slashers ou film d’horreur en dehors de la saga Scream, mais la bande-annonce décalée et pleine de références cinéphiles donnait plus qu’envie.
Et c’est encore le bon Christopher Landon, déjà derrière le jouissif Manuel de survie à l’apocalypse zombie (2015), qui livre une version second degré et un hommage aux films slashers sauce Vendredi 13.
Ici, le concept de la jolie colombe Millie échange son corps avec un tueur en série notoire qui s’en prends aux ados décomplexés et transgressifs américains.
Le scénario reprends tous les clichés, idem pour la mise en scène au plan de caméra près, à ceci près que le réalisateur insuffle des clins d’œils, et dialogues absurdes et situations sitcomesque régulièrement.
Loin de son précédent film, il sait éviter la beauferie ultime ou le vulgaire facile, pour rendre à minima sérieux les face-à-face avec le tueur et fuite dans le lycée ou la maison.
On découvre l’excellente Kathryn Newton, déjà remarquée dans la série Society (2019), qui interprète à merveille aussi bien le tueur à visage de bambi (Murder Barbie) que la lycéenne timide et rose bonbon à l’excès.
On retrouve Vince Vaughn dans un rôle à contre-emploi total, qui marche tant l’absurdité de la situation sied à l’acteur. Un petit rôle du professeur de bricolage est joué par l’éternel second rôle Alan Ruck.
Si ce petit film est un hommage appuyé et bienveillant aux slashers qui ont écumé les années 80-90, il apporte par petites touches d’humour et de second degré, ce plaisir coupable qui nous laisse le voir sans cynisme ni arrière-pensée, mais qui ne marque pas le cinéma pour autant.
Un petit divertissement qui s’assume comme tel, dont le contrat moral avec le spectateur est tenu.
Avec le postulat de la comédie et les scènes habituelles du genre, on esquisse quelques sourires principalement grâce au concours de circonstances, et c'est réussi sur ce point. Egalement aux bonnes interprétations. 3/5 !!!
Si le dispositif temporel qui jouait sur la chronologie à la manière de Groundhog Day (Harold Ramis, 1993) fonctionnait assez bien dans Happy Death Day et sa suite, il faut bien reconnaître que celui mis en place dans Freaky, par le même réalisateur, peine à convaincre et donne lieu à une montée en puissance du n’importe quoi proche du ridicule. Ce transfert d’identités, le meurtrier et sa victime échangeant leurs corps, n’est pas sans rappeler bon nombre de comédies américaines – notamment Freaky Friday (Mark Waters, 2003), auquel le présent film rend hommage dès son titre, ou encore The Change-Up (David Dobkin, 2011) – ainsi que la saga Chucky dans laquelle un criminel se réincarnait en poupée ; le souci, c’est que ce canevas s’ajoute à tout un arrière-plan mystique que le long métrage refuse d’installer, lui donnant des airs de deus ex machina des plus désagréables proches de la série Z. Nous pourrions aisément dire que ces effets discordants sont recherchés pour eux-mêmes et que Christopher Landon s’amuse à pasticher les genres dans le but de produire un nanar jouissif. Pourtant, les intentions n’équivalent pas à leur concrétisation artistique, les ambitions du réalisateur accouchent d’une forme bâtarde et stérile aux allures de clips compilés les uns à la suite des autres avec moult ralentis inutiles et chansons décalées. Dit autrement, la transgression reste en surface là où elle aurait dû creuser les références cinématographiques convoquées afin de miner, par le rire, leurs fondations. En lieu et place, un déluge de bêtise et d’idées farfelues qui ne vaut que pour l’inventivité de certaines scènes de gore, et pour sa partition musicale que signe l’excellent compositeur Bear McCreary. Un petit ratage qui prouve que tous les dispositifs, aussi ingénieux puissent-ils paraître sur le papier, ne se valent ni ne se suffisent pour prétendre faire du cinéma.
Faute d'une imagination assez fertile pour créer des slashers originaux, Christopher Landon a trouvé la parade parfaite : ressortir des concepts de films cultes du grenier et les passer au mixeur avec ce sous-genre horrifique dans le but de donner l'illusion d'un résultat inédit ! Après "Un Jour sans fin" avec ses deux "Happy Birthdead", le nouveau petit chouchou de chez Blumhouse s'attaque donc au fameux body swap de "Freaky Friday" et de ses nombreux remakes (le plus connu étant celui de 2003 avec Jamie Lee Curtis et Lindsay Lohan) pour le mêler aux codes du slasher dans ce "Freaky". Point de simple échange corporel mère-fille ici mais celui bien plus dangereux entre un tueur type Jason Vorhees et une de ses victimes Millie, une jeune lycéenne introvertie. La manœuvre a beau être facile, il faut bien avouer que l'argument de ce mélange des genres a un potentiel très amusant... même s'il est déjà contrecarré par le souvenir du ton très aseptisé de "Happy Birthdead" sur le terrain du pur slasher, sans parler de sa suite qui préférait carrément mettre cet aspect-là de côté.
Bonne nouvelle, ces premières craintes sont assez vite balayées tant Christopher Landon cherche visiblement à montrer qu'il a eu les coudées franches pour faire jaillir un peu plus de sang à l'écran dès le joyeux massacre inaugural du film ! Après tout, avec un tueur masqué et monolithique agissant un "Vendredi 13" comme son plus illustre confrère, il était cette fois bien plus difficile d'éluder la promesse d'exécutions plus démonstratives et, autant dire, qu'elle sera bien tenue tout au long de "Freaky" qui réserve mêmes quelques jolies fulgurances à ce niveau. Passé les présentations de slasher sommaire entre les points de vue de l'héroïne et du meurtrier, l'échange corporel va évidemment bouleverser les enjeux habituels en mettant le serial killer en jolie petite tête blonde capable désormais de se fondre parmi ses futures victimes et Millie en colosse mal rasé poursuivi par tous. À ce jeu, on peut dire que "Freaky" s'en sort bien, créant son lot généreux de situations saugrenues, certes toujours un peu prévisibles mais qui, dans ce contexte meurtrier, ménagent quelques effets comiques plutôt efficaces. À l'instar de la belle énergie fournie par Jessica Rothe dans les "Happy Birthdead", ce sont d'ailleurs encore une fois les très bons numéros de ses acteurs principaux, Vince Vaughn génial en adolescente et Kathryn Newton ("Big Little Lies") en tueur déterminé, qui arrivent à transcender les péripéties les plus attendues, sans compter les seconds couteaux plutôt efficaces dans leur genre. Mieux, Christopher Landon s'amuse même à appliquer cette inversion de rôles à certains clichés du slasher, plus très raccords avec notre époque, pour leur tordre le cou et en tirer de nouvelles variantes très drôles (le rapport de force d'un couple au début ou le coming-out par exemple). Bref, bien rythmé, gentillement gore et prêtant souvent à sourire, "Freaky" aurait tout d'un divertissement horrifique plus que sympathique... s'il ne se prenait pas les pieds dans le tapis des tenants et aboutissants moralisateurs de son intrigue.
Comme dans tous bons "Freaky Friday", le body swap est en effet un prétexte pour faire évoluer la petite vie "douloureuse" de ceux qui en sont victimes. Bon, en ce qui concerne un tueur assoiffé de sang en permanence, le problème ne se pose pas (le film a heureusement la bonne idée de ne pas essayer de le changer) mais, tous les actes de Millie dans ce nouveau corps et les meurtres vont n'avoir finalement que pour but de corriger les aléas de l'existence de cette lycéenne. Et c'est sans doute là que "Freaky" pêche le plus par manque d'inventivité, allant même jusqu'à désamorcer certains de ses moments les plus réussis pour sans cesse souligner l'inévitable affirmation de cette jeune fille vis-à-vis de son entourage, de ses amours, etc. De plus, en privilégiant principalement cet axe, le film laisse trop souvent sur le bas-côté toute son intrigue sur la correction de cet échange corporel pour la réduire à ses contours les plus schématiques, celle-ci devient ainsi bêtement (et littéralement) une course contre la montre aux rebondissements et aux réactions de personnages qui ne font que perdre en crédibilité jusqu'à une résolution pas si maligne que voulue.
Néanmoins, difficile de nier qu'avec "Freaky", bien meilleur que les "Happy Birthdead", Christopher Langdon est sur la bonne voie du divertissement horrifique. Quelques erreurs majeures de parcours restent clairement à corriger pour en livrer un qui comblerait toutes nos attentes mais "Freaky" est un palier intermédiaire prometteur pour l'avenir. Qui sait, peut-être qu'une idée totalement originale de sa part pourrait aboutir sur la meilleure oeuvre de sa jeune filmographie...
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3,0
Publiée le 4 décembre 2020
Millie, une lycéenne, est attaquée par un tueur en série qui s'en est pris à des camarades de classe avant elle. Alors qu'elle a plus de chances que les victimes de ce dernier puisqu'elle survit, elle n'est pas tirée d'affaire pour autant puisqu'elle se réveille dans le corps de son assaillant et lui dans le sien. Et pour ne rien arranger, elle a 24 heures pour remettre les choses dans l'ordre sous peine que cela devienne définitif. "Freaky" est le nouveau film de Christopher Landon, un habitué du genre qui a écrit et réalisé de nombreux films d'horreur notamment les récents "Happy Birthdead". Le réalisateur ne change pas sa façon de faire avec un film décalé qui détourne les codes du genre. Ici, on a affaire à un slasher, mais avec des rôles inversés et c'est ce qui fait toute l'originalité du film avec le tueur qui à l'apparence d'une adolescente inoffensive. Le réalisateur joue avec ses personnages qui sont à contre-emploi, mais pas suffisamment à mon gout notamment quand Kathryn Newton joue le tueur et qu'elle est comme un loup dans une bergerie. Par contre, Vince Vaughn est vraiment génial en tant qu'adolescente, ce qui donne lieu à quelques scènes très amusantes. Au final, "Freaky" est une comédie horrifique sympathique, originale, distrayante et sanglante bien que son potentiel ne soit pas totalement exploité.
Un freaky friday à la sauce Jason.. ça aurait pu s'appeler un vendredi 13 dingue, dingue, dingue... les meurtres sont originaux, l'interprétation réussie (surtout Vince)... un divertissement fun dans la veine de happy birthdeath
Freaky est dans la droite lignée de Happy Birthdead. Un divertissement calibré mais sympathique, qui doit beaucoup à son concept. Christopher Landon capitalise davantage sur la comédie que ses précédents films. Quant à Vince Vaughn, il est tout simplement hilarant.