Les intranquilles nous depeint un portrait fort et concret sur la biporalité. Le tandem Bonnard/Bekhti fonctionne bien, et meme s’il y a quelques longueurs, dans l’ensemble, c’est prenant et percutant.
Un film qui traite de façon assez sobre du trouble bipolaire. Il est peintre, il est malade, souvent exalté, hyperactif et de temps à autres, il part en vrille gravement. Elle est solide, elle l'aime, elle tente de gérer, mais arrive souvent aux limites de ce qu'elle peut faire. Ils ont un jeune garçon, ils l'aiment, il les aime mais ne comprend pas tout. Le film nous fait vivre les hauts et bas de cette maladie et des situations délicates qu'elle engendre et comprendre que quoi qu'on fasse, on n'en guérit pas. C'est factuel, sans jugement, sans avis médical, plutôt bien interprété, mais pas folichon
Sujet délicat dont le nom de la maladie n’est dévoilé qu’à la fin du film. Joachim Lafosse nous épargne, dans ce sujet, l’hôpital ou l’hospitalisation. Tout juste un couloir, une chambre. Il n’alourdit pas son propos. Tout passe par ses personnages Leïla, (Leïla Bekhti), Damien (Damien Bonnard) et Amine (Gabriel Merz Chammah) leur fils.
Joachim Lafosse à travers ses deux personnages nous offre deux points de vue : celui de Damien, celui de Leïla. L’intranquillité de Damien, hyperactif, est aussi l’intranquillité de Leïla. Celle-ci n’a plus le temps de penser à elle car sans cesse en alerte. Elle est aussi intranquille que Damien.
A la fin du récit, le spectateur que je suis, se demande qui de Damien qui de Leïla est le plus agité ?! Un récit déstabilisant par l’ambiguïté et le doute qu’il dégagent. Intéressant.
Le résultat est paradoxal en voyant le film de Lafosse qui pourtant nous avait bien parlé de l'économie du couple. Comme on dit, on n'a pas deux fois l'occasion de faire une bonne première impression, et c'est un peu cela avec la limite avec les belles images du démarrage en mer des Intranquilles. N'accrochant que moyennement aux aventures nautiques de Damien, on se demande en quoi les loufoqueries de Bonnard sont intéressantes. Puis petit à petit, on se dit qu'il y a peut-être un rapport avec le peintre Garrouste - oui mais, tout le monde ne connait pas la vie de ce peintre!- et que au final Damien Bonnard joue de façon très crédible le bipolaire, et aidé par l'interprétation aimante de Leila, la compagne jouée par Bekthi et du fils, on rentre dans la réalité de cette intranquillité permanente que le personnage distille quotidiennement à son entourage. Au final, on se dit que ce n'est pas mal vu, et surtout bien joué, mais dommage le film était déjà fini. DVD1- septembre 22
La réalisation est brillante au point d'être un genre d'exercice de style, il s'agit de montrer l'évolution lente (un peu trop lente et trop scolaire au point qu'on voit trop les ficelles) de l'union vers la séparation. L'interprétation de Leïla Bekhti n'est pas terrible, trop dramatique et lourde avec trop de pathos et des éclats de voix inutiles - on sait qu'elle sait jouer la comédie, inutile d'en faire des tonnes. En revanche le scénario est vraiment peu intéressant. On souhaite à Joachim Lafosse qu'il trouve un meilleur scénario.
J'adore les films dont les sujets sont la psychologie et les défaillances de l'esprit (donc l'humain). Sauf qu'ici, le sujet est traité trop superficiellement. C'est très lent et les situations trop basiques pour en faire le sujet du film. C'est correctement joué mais trop fade. 2,8/5
Filmant le quotidien de la vie d’un artiste peintre atteint de troubles bipolaires dont le comportement affecte sa femme et son fils « Les Intranquilles » a su parfaitement retranscrire avec justesse la difficulté de vivre dans une instabilité mentale chronique à la fois pour la personne concernée et pour ses proches. Le réalisateur Joachim Lafosse de cela un long-métrage puissant loin de tout cliché et d’effets pompeux et s’appuie sur une formidable interprétation de Didier Bonnard et Leïla Bekhti.
je suis mitigé quant à ce film... d'un coté pas grand chose à lui reprocher car il traite d'un sujet fort & triste et certaines scenes sont vraiment insoutenables à regarder tant la détresse de l'épouse fait mal au coeur ! En plus Leila Bekhti tire son épingle du jeu dans ce film et franchement j'aurais aimé adhérer pour tout ça mais d'un autre coté, il faut l'avouer on s'ennuie un peu ! Déjà l'histoire est super longue à décoller et les grandes scènes sans intérêt au départ minent un peu l'enthousiasme ! Pis le scénario a beau se mettre en place, le rythme est vraiment vraiment lent et franchement c'est un peu pénible dans l'ensemble... dommage !
Présentation intelligente et sans fausse pudeur d'une maladie trop méconnue et le plus souvent caricaturée, les Intranquilles donne autant à voir les affres de la bipolarité (avec un très bon Damien Bonnard) que le désarroi des proches confrontés à l'ingérable (Leïla Bekhti très juste dans l'intériorisation des sentiments). Le récit, bien que prévisible dans ses grandes lignes, donne des séquences par moments très profondes d'humanité, dans une démarche artistique typique du cinéma français ou en tout cas francophone.
Ce film sur la bipolarité m’attirait mais je ne l’ai trouvé si bon que ça. Le titre est bien choisi mais l’histoire tourne en rond même si la performance de Damien Bonnard est incroyable. De plus, j’ai été dérangé par le fait que l’alchimie du couple que ce dernier forme avec Leïla Bekhti ne fonctionnait pas à mes yeux. Par contre, les réactions de leur fils, joué par le jeune Gabriel Merz Chammah, m’ont semblé assez plausibles.
"J'peux te promettre d'être vigilant, j'peux te promettre de faire gaffe, mais j'peux pas te promettre de guérir". Ceci est la dernière réplique de Damien Bonnard, aka Damien, dans le film. Je pense qu'elle résume parfaitement l'angle choisit par Joachim Lafosse. Intranquille et inconstant, cette relation vacille depuis déjà un bout de temps. La passion de Damien est en quelque sorte sa prison, sa drogue, son poison. Le cheminement mental qui l'emmène dans des trans passagères le rend vulnérable auprès des autres. Et sans être dans le jugement, la vraie force du film, sa femme accuse le coup et est poussée à bout par le délitement de sa moitié. Le film est dans son ensemble un peu brouillon, mais se règle et devient un message reçu 5/5 dans son dernier tiers.
Un propos original et courageux remarquablement servi par des acteurs talentueux . On peut déplorer certaines longueurs, des défaillances narratives, des facilités de mise en scène, mais au bout du compte on ressort de la salle avec le sentiment d'avoir vu un bon film, riche en humanité.
Joachim Lafosse l’a prouvé par le passé, il sait parfaitement ausculter et expliquer comment un couple ou une famille peut se désintégrer petit à petit. Dans l’économie du couple, il racontait admirablement comment l’argent avait détruit l’amour d’un homme et une femme. Avec Les Intranquilles il montre comment la maladie mentale d’un père va peu à peu désagréger la vie d’une famille simple et heureuse.
Avec la distance nécessaire, tout en filmant ses personnages au plus près, le réalisateur belge pose sa caméra au cœur de la cellule familiale pour mieux la décrypter et montrer comment la bipolarité du père, à travers ses crises, à travers ses délires presque sans limite, va ronger tout doucement les liens familiaux. Sans aucune démonstration médicale ou psychologique, le réalisateur filme à travers de longues séquences des moments de vie très compliqués, tendus et parfois totalement absurdes mais avec toujours beaucoup de justesse.
Damien Bonnard est époustouflant dans le rôle du père artiste peintre et dont le métier est nourri par sa maladie. Quant à Leila Bekhti, elle l’incarne avec une détermination là aussi saisissante le rôle de l’épouse aimante et protectrice acculée face a la maladie de plus en plus envahissante de son homme. Mention particulière également ou petit garçon Amin (Gabriel Merz Chammah) dans le rôle du fils auquel Lafosse accorde une place également très importante dans son histoire. Un film dur, saisissant, parfois peut-être un peu long sur certaines séquences, mais empreint d’un réalisme absolu.
Les Intranquilles déserte le milieu médical, qu’il s’agisse des hôpitaux ou des cabinets spécialisés, pour traiter la bipolarité sous la forme d’une chronique familiale : le cadre estival de vacances passées à la mer offre un espace d’observation « au grand air », où les crises surgissent par signes avant-coureurs avant d’éclater véritablement. L’intelligence du film tient alors au choix d’un personnage peintre, pour lequel les troubles motivent une exploration de soi qui s’exprime par l’art : le contact avec la toile permet à Damien de figurer des mouvements intérieurs qu’il ne parvient sinon à contrôler et qui déconcertent son entourage. Nous, spectateurs, sommes rangés aux côtés de Leïla, d’Amine et de leurs amis, témoins d’un changement soudain de comportement, d’une envie irrépressible et déraisonnable voire dangereuse. Là réside cependant la principale limite du long métrage, soit le systématisme avec lequel il compose ses séquences, chacune porteuse d’un dysfonctionnement à venir que nous attendons un compte à rebours en tête. Cette mécanique retranscrit certes l’intranquillité des personnages, mais réduit finalement le récit à une simple étude scientifique, invalidant en partie le postulat d’une tranche de vie captée loin des cliniques ainsi que la beauté ou l’effroi d’un surgissement, programmé, répété et donc dépourvu de naturel et d’authenticité.