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Paul O.
7 critiques
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3,5
Publiée le 27 octobre 2021
Vu « Les intranquilles » de Joachim Lafosse. Plongée dans les tourments d’une famille nucléaire centrée autour d’un père souffrant de bipolarité. Dans un décor rural sublime, on vit aux rythmes des crises d’un père dont le mal délabre ses proches autant que lui-même. Ce n’est pas le Joachim Lafosse le plus stressant mais il reste dans ce registre de film psychologique focalisé sur les relations familiales et la destruction. Il confirme être un réalisateur intéressant, qui se renouvelle dans ce créneau qu’il a fait sien. On regrettera tout de même la rondeur relative de cet opus, bien moins déflagrant, stressant, haletant. Reste que les acteurs de ses films excellent comme toujours, Leila Bekhti particulièrement, Damien Bonnard aussi. Et le petit garçon, qui joue le fils, témoin résistant de cette situation n’est pas sans émouvoir. A voir si l’on aime ce type de film éreintant mais talentueux. Un regret toutefois, la plongée n’est pas aussi asphyxiante que prévue.
Joachim Lafosse évite tous les pièges du genre avec un grand talent. S'écartant de l'analyse médicale de la maladie, évitant les longues explications, il parvient à mettre le spectateur en position d'observateur de l'histoire qui peut un temps rire du comportement aberrant de Damien avant d'être pris par l'émotion puis l'effroi. Car, Les intranquilles ne sont pas seulement la famille mais le cinéphile qui est pris par le suspens d'un film qui évoque Alfred Hitchcock pour le malaise généré et Maurice Pialat pour le côté picturaliste (les cadres bucoliques sont bien rendus, grâce à la superbe photographie) et l'observation d'un couple et leur enfant soudés et solidaires mais qui plie sans rompre totalement. Ce qui intéresse est la façon dont la mère et le fils sont affectés par la psychose de leur père. Joachim Lafosse s'est cependant très bien documenté sur les signes de la maladie. Porté par un Damien Bonnard dans son meilleur rôle, le film parvient à susciter tour à tour toutes les émotions, humour, peine et crainte de fait du scénario très bien travaillé et des autres acteurs dont le garçon est sublime dans un rôle délicat. Son personnage porte ainsi le rôle paradoxal du surmoi de la cellule familiale. Ainsi, à certains instants il régule les excès de son père. La musique et les chansons sont bien choisies. Notons aussi le trouble suscité par le port du masque, évoquant un tournage qui s'est déroulé lors de la crise sanitaire. Cependant, on peut se poser alors la question de la contamination de la psychose et du covid mises en corrélation. Enfin, l'ultime scène, remarquablement filmée en travelling arrière, garde toute son ambiguîté. Les Intranquilles est parfois un peu répétitif mais reste en nous comme une maladie en rémission.
Un film très bien joué que j'ai regardé avec "la boule au ventre" et qui permet de comprendre presque de l'intérieur la complexité de cette maladie qu'est la bi-polarité.
Leïla Bekhti sous son meilleur angle, une actrice incroyable, pour un rôle extraordinaire, pour un film très bien réalisé ! L'émotion est si bien apportée qu'on est plongé dans l'histoire. un film à voir, je recommande ! Je ne peu pas mettre 5 étoiles car la fin du film laisse à désirer contrairement à ce voyage qu'on m'a proposé durant la séance !
Je me suis très vite attaché au couple formé par Damien Bonnard et Leïla Bekhti. Cette dernière est comme toujours exceptionnelle. On voit détresse de cette femme face à son mari sans jamais pouvoir la résoudre. Puis à peu, on se rend compte qu'elle tombe dans la paranoïa et dans une spirale sans espoir. Le film ne tombe jamais dans le pathos et ça c'est déjà une belle performance.
Un sujet rare au cinéma. Damien Bonnard est correct, sans plus, dans ce rôle en fait assez facile. Par contre, Leïla Bekhti est magistrale dans un rôle compliquée d'une femme amoureuse qui ne peut se résoudre à abandonner son mari mais qui doit aussi protéger leur fils quand le comportement de ce père malade crée des problèmes.
De Joachim Lafosse (2021). un film intimiste sur un couple à la fois fort ou la profondeur des sentiments est immense et fragilisé par une pathologie qui met à mal une relation puissante. C'est avant tout un film d'amour, de celui qui peut faire bouger des montagnes . Même si un peu long , le film dévoile peu à peu la force incroyable qui lie les deux protagonistes. D'ailleurs la longueur sinon la langueur du début est elle essentielle à poser tous les éléments de cette histoire incroyable. Le film et c'est certainement sa grande qualité est porté par deux grands comédiens. Damien Bonnard incroyable de vérité en homme fort et fragile à la fois qui se bat contre lui même . Et donnant une prestation incroyable de force et de vérité. Et Leïla Bekhti en femme épuisée, au bord du précipice qui résiste de toutes ses forces .
Damien est peintre, mais il est atteint de troubles bipolaires. Sa femme Leïla et son fils Amine tente de supporter au mieux le quotidien avec ce père maniaco-dépressif parfois totalement ingérable sans une aide médicamenteuse ou hospitalière. Ce trouble de l'humeur psychiatrique, terrible pour la personne qui le vit et pour l'entourage qui le subit, est remarquablement dépeint dans ce drame porté par l'excellent duo Damien Bonnard / Leïla Bekthi. On aurait apprécié une fin plus construite, il faut finalement prendre ce film comme une tranche de vie très compliquée pour une famille vivant avec cette maladie. Tragique et assez touchant. Site CINEMADOURG.free.fr
Film assez dur et intense sur un homme bipolaire et la réaction de ses proches, impuissants, qui ne savent comment réagir lorsqu'il oublie de prendre ses médicaments. Leila, très calme au début, arrive à bout à la fin du film, anticipant déjà le pire (la rechute). L'enfant doit agir comme un adulte devant un père qui perd la notion du rationnel. Bernard Lavilliers chante à un moment dans le film "je veux partir quand tu es près de moi" et cela résume peut-être tout le film. Très fort
J'attendais beaucoup de ce film étant parent d'un fils bipolaire mais j'ai été globalement déçu : beaucoup d'excès et d'exagération ( c'est vraiment trop condensé ) ; le point positif c'est l'analyse des sentiments de l'entourage , leur ressenti , leur galère
Beau film sur un sujet particulièrement difficile. Le début est un peu déroutant (voir parfois un peu ennuyeux) puis on perçoit petit à petit la montée inexorable du trouble qui conduit inexorablement a l'impasse dans laquelle se retrouve ce couple. Le film traduit bien profond désarroi auquel peut conduire cette maladie pour les proches et pour le malade lui même quand il en prend conscience. Les comédiens jouent juste, la musique accompagne bien le sujet.
Ai vu "Les intranquilles" film de Joachim Lafosse. Suites aux critiques très élogieuses du Masque et la Plume, je suis allé voir ce long métrage que je n'avais pas prévu de voir et suis très heureux de ne pas avoir laissé passer l'occasion de découvrir enfin un très bon film, après une série assez longues de navets très médiocres, inutiles et dispensables. Ce film repose entièrement sur un trio, un couple et leur fils de 8 ans. Tout pourrait aller pour le mieux pour cette petite famille qui vit dans une magnifique maison en province entre la mère qui réfectionne des meubles de brocante et le père artiste peintre, si ce n'est que ce dernier est atteint de bipolarité. Nous suivons avec une tension de plus en plus prégnante jusqu'à devenir insupportable le quotidien de ces trois personnages pendant une saison. Le père tel l'Etna est près à entrer en fusion d'un instant à l'autre tout en minimisant son état en permanence, la mère tel une habitante de Catane, vit dans la crainte permanente de la prochaine crise et le petit garçon Amine tel un vulcanologue regarde la situation se dégrader de jour en jour. Le film est toujours très juste et plus que la maladie du père, c'est la situation familiale qui se détériore après des petits riens quotidiens qui est le sujet principal. Ici aucune hystérie, aucune outrance, tout est mesuré et certainement très documenté. Le film et le propos sont servis par un trio d'acteurs époustouflants. Tout d'abord Damien Bonnard est hallucinant de vérité tant dans les moments d'exaltations loufoques, dans la déprime végétative que dans les grandes scènes de création picturale. Le comédien vit avec intensité et introversion les troubles et les émotions puissantes de son personnage (parait il inspiré de Gérard Garouste). Leïla Bekhti propose une vraie évolution à son personnage très riche en nuance dont la situation inextricable transforme peu à peu cette femme aimante en mère castratrice qui perd pied. Et enfin l'incroyable Gabriel Merz Chammah (petit fils d'Isabelle Huppert) à la présence saisissante et dont les grands yeux noirs sont d'une expressivité folle. On voit rarement enfant acteur aussi juste au cinéma. Rien de spectaculaire, rien d'outrancier dans ce long métrage qui prend son temps pour filmer jour après jour un quotidien banal qui se dérègle et s'accélère de plus en plus. La caméra suit au plus près les acteurs et s'attarde sur les regards lourds de sens. La tension est palpable dans la salle où le spectateur à lui aussi en permanence peur de ce qui va se passer dans la scène suivante... il y a cent fois plus de suspens et de vie dans "Les intranquilles" que dans le dernier James Bond.
Un quasi-documentaire sur la bipolarité (maniaco-dépressivité), plein de retenue et de justesse, sans pathos ni dramatisation. On a parfois l’impression d’être Leïla tellement elle est criante de vérité – tout comme son époux et son fils. Il est évident que le réalisateur a vécu ce drame qu’il conclut par un constat d’impuissance : « Je peux te promettre de faire attention, mais pas de guérir. »
Un film qui n'a jamais aussi bien porté son titre "les intranquilles" La folie qui transcende l'art mais surtout La folie au quotidien qui envahit, qui déséquilibre... l'amour peut il survivre ? Un début de film un peu poussif ... on ne sait pas trop où on va ... On sent pourtant qu'il y a une inquiétude, une tension... tellement d'incertitude. On sent le malaise croître. On se sent en déséquilibre. On pressent les failles . Le jeu des acteurs est tout en nuance et monte cresendo vers les excès. Qui finira par se perdre ? Ils sont vraiment : excellents adultes et enfant. On sort déstabilisé, indécis avec l'envie d'oublier, de passer à quelque chose de plus léger mais cette histoire va sans doute me hanter encore quelque temps .