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Un visiteur
3,5
Publiée le 12 octobre 2021
Un quasi-documentaire sur la bipolarité (maniaco-dépressivité), plein de retenue et de justesse, sans pathos ni dramatisation. On a parfois l’impression d’être Leïla tellement elle est criante de vérité – tout comme son époux et son fils. Il est évident que le réalisateur a vécu ce drame qu’il conclut par un constat d’impuissance : « Je peux te promettre de faire attention, mais pas de guérir. »
pour tous ceux qui ont "fréquenté" ou fréquentent la "bipolarité", le film va surement les émouvoir, ou au moins leur suggérer , un certain mal être, ( plutôt que mal psychique)....Chapeau d'abord, à Leila Bekhti et Damien Bonnard;...L'actrice , elle le dit elle même dans le film, a pris 15 kilos pour ce film.....Le jeu des acteurs permet vraiment de mesurer les enjeux auxquels sont confrontés certaines personnes psychotiques ...Le film nous met en immersion, en émotion, petit à petit et je dois avouer que l'heure centrale du film, entre la trentième, et la quatre-vingt dixième minutes, est à la limite bouleversante....Comme toujours avec Joachim Lafosse, les sentiments sont justes, sont même explorés et la mise en scène minutieuse, à tel point qu'on se surprend soi même à comprendre ce peut être psychotique....Le film nous explore, il nous met en abime, et finalement nous émeut, plus ou moins profondément ????? Bravo aussi à l'aspect formel, images, cadres, contre jours, travellings, musique, qui nous permettent cette immersion peu probable à priori...Je suis sorti convaincu du film, me suis presque vu dans la peau d'un psychopathe, même si la fin du film suggèrent une autre problématique, celle du couple ...Je conseille ce film, sans insister, si vous avez certains troubles, cela pourrait vous heurter.....
Avec Les Intranquilles, Joachim Lafosse poursuit le sillon de L'économie du couple et À perdre la raison. Le film se présente comme une chronique d'une famille dont le père a un trouble psychiatrique intermittent. Le choix de la forme "chronique" induit un type de scénario très spécifique dont l'intrigue n'est pas une construction narrative structurée tenue de durer deux heures. Au contraire, c'est une coupe dans le temps dans un continuum qui existe bien avant le début du récit et se poursuivra au-delà. Dans cette forme spécifique, le spectateur n'est soumis à aucune force transformatrice, aucune force équilibrante, aucune résolution finale : il est témoin de moments d'une vie. Un tel film, fondé sur le témoignage concret et réaliste d'une pathologie, repose beaucoup sur les comédiens, qui ici sont parfaits du début à la fin. Il s'enrichit aussi du lien entre trouble mental et création artistique, en de longues scènes d'atelier où l'on découvre les coulisses d'une production picturale assez intéressante. L'idée est d'autant plus pertinente qu'on croit dans un premier temps que la peinture canalise la pathologie (ce qu'elle fait en grande partie d'ailleurs) pour ensuite saisir qu'elle perd totalement le malade qui s'épuise et sombre. Loin d'une restitution froide et distanciée d'un trouble psychique, le film vaut aussi par la qualité de sa mise en scène et le choix d'une musique soulignant les émotions. Bref, un beau film dans son genre particulier, porté par des comédiens hyper-impliqués.
C'est un beau tour de force que réalise Joachim Lafosse. Et c'est sans doute son meilleur film depuis "À perdre la raison" qui m'avait mis au tapis, glacé le sang. Avec "Les Intranquilles", le réalisateur ne raconte rien mais traverse le quotidien d'une famille pas comme les autres, où le père est atteint de bipolarité. Tout en nuances et sans céder aux facilités larmoyantes, le film part à la chasse des invisibles failles humaines, d'une insondable tension provoquée par une maladie mentale répandue, mais rarement filmée au cinéma. Comment filmer cette inquiétude si particulière ? L'instabilité ? La perte de contrôle ? Les crises ? Damien Bonnard et Leila Bekhti portent ce sujet très fort avec une exigence de jeu très complexe. On sent qu'ils se sont fabriqué un passif solide et perceptible, où le feu de leur amour s'est déjà consumé en amont de ce qui est raconté. Au début, sans savoir de quoi le film relate, tout semble normal. Mais petit à petit, la souffrance et la douleur réveillent des cicatrices difficiles à panser, à l'idée d'une rechute imprévisible. Surviennent alors des éléments qui nous semblent anodins mais qui font l'effet d'une bourrasque. Sous les sourires se cache une crainte, sous chaque mot se cache la peur d'une déchirure, sous le drame se profile un thriller psychologique. En plus de réussir à percer cette intimité, le metteur en scène parvient à mettre en exergue la contradiction de l'artiste tourmenté qui ne peut créer qu'en état de crise. J'ai trouvé cette phase très intéressante, notamment pour la présence de l'entourage qui porte à la réflexion de l'engagement amoureux ou filial. "Les Intranquilles" perturbe, secoue, questionne. J'aurai peut-être aimé que ça aille plus loin. J'avoue être un peu resté sur ma faim avec le jeu de Leïla Bekhti. On l'a voit beaucoup ces derniers temps et j'aurai aimé plus de prise de risques de sa part. Là, son jeu est parfaitement maitrisé et calibré, j'ai eu l'impression qu'elle la jouait "safe", en se préservant plus qu'en se lâchant totalement... Pareil pour la scène finale que je n'attendais absolument pas ainsi. Sans doute est-ce pour traduire le cercle vicieux, sans fin... Moi, ça m'a coupé net dans mon investissement émotionnel procuré par le film. Cela dit, on a sûrement là l'interprétation masculine de l'année pour Damien Bonnard !
Le jeu des acteurs est excellent, d'un rare naturel. Sujet assez dur mais on s'y plonge et on est envoûté par l'histoire tellement bien amenée et racontée. A voir sans hésitation.
Grosse déception que ce film de joachim Lafosse. Intéressé par la problématique des intranquilles, un de mes proches étant atteint de psychose maniaco dépressive, rebaptisée depuis quelques années par "troubles bipolaires ", je me suis rendu à la projection avec enthousiasme. Bien que Lafosse ait connu son père atteint de cette affection, le film déçoit. Une bonne idée ne fait pas forcément un bon film. Quels sont les défauts des intranquilles ? Tout d'abord sa longueur injustifiée au regard du scénario très léger et de l'indigence des dialogues. Le film de deux heures aurait pu être monté pour une version de 80 minutes. Le casting n'est pas très réussi, quand aux acteurs, ils ne sont pas exceptionnels. Je pense surtout à Leila Bekthi, qui n'est pas dans le rôle et à l'enfant qui lui non plus n'est pas à. la hauteur. La première partie n'est pas réussie du tout. Manque de rythme, manque d'inventivité des plans et surtout rien à dire. Je pense que la première heure aurait pu être résumée en 10 minutes par un grand réalisateur. C'est dire.Le meilleur survient dans les dernières vingt minutes, moment ou le film décolle vraiment. On rêve du même sujet traité par Pialat. Ceci dit le film n'est pas mauvais non plus. Ce n'est pas un navet, non, juste raté. Dommage.
Lafosse prouve encore une fois qu'il ne sait pas écrire et faire du cinéma. Ce scénario ne raconte rien, il n'y aucune histoire. Ce film n'a pas de fin... il laisse dans le vent les spectateurs. Heureusement, les comédiens sont prodigieux et ils se dirigent seuls... Lafosse tente de se faire passer pour un réalisateur intelligent mais c'est surtout un créateur de chimères.. Il vend du vide et la presse acclame.
Depuis Nue propriété toujours beaucoup aimé les films de Joachim Lafosse (dont le sommet reste A perdre la raison), à part le dernier, Continuer, très en dessous. Celui-ci est en demi-teinte. Je me suis bien ennuyé la première demi-heure, puis j’ai commencé à rentrer dedans. Quelques scènes très fortes font alors monter l’émotion. Malheureusement, cela ne dure pas vraiment. L’interprétation est irréprochable, Leila Bekhti très bien, juste et touchante, et Damien Bonnard parfait, aussi déroutant que surprenant. Malgré une absence de jugement et une écriture fine, le tout est assez inégal à mon goût, manquant de puissance et de fièvre. Dommage, il y avait matière à un grand film d’amour plombé par la maladie.
Un drame intéressant qui nous montre un artiste atteint d'une maladie mentale, et ce que son hyperactivité impacte sur son entourage, notamment sa femme et son fils. Ses crises et les moments de paniques de sa femme sont très bien faits, ainsi que les réactions du fils. On est très inquiet et mal à l'aise quand il le faut. Le problème du film, c'est le reste, notamment la première heure. On n'y développe pas tant que ça les personnages, et il ne s'y passe pas grand-chose, ce qui rend le film très long. Certains plans et scènes n'apportent pas beaucoup à l'histoire, ce qui rallonge le tout. Un drame sur un sujet original qui aurait donc pu être mieux traité, mais c'est tout de même très correct.
Film ennuyeux, réalisation nul, mauvais jeu d' interprétations des acteurs(sauf le petit garcon). Le film nous touche pas malgré le sujet sérieux. Raté.
Comme l'ont remarqué quelques critiques pros, impression d'illustration, non réussie, répétitive et sommaire , d'un cas clinique précis .. Celui du père du réalisateur sans doute. Si on peut comprendre qu'il ait eu besoin de déverser son vécu quelque part, ceci ne fait justement pas œuvre cinématographique, réalisation artistique . On dirait 1 petit docu fiction qui dure des plombes, étiré à donf ... Le jeu de la mère est outré, l'actrice ne sait pas exprimer de la colère sans hurler, sorte de mater dolorosa permanente sans la moindre nuance , et il aurait fallu peut-être aborder différents temps de la maladie, son apparition avant tout diagnostic, la question de l'ignorance, du déni total... puis des épisodes ultérieurs, pour éviter ce récit sur 6 mois sans grand intérêt où les dialogues se limitent à "Amin, Damien, Leila, x 40, tu as pris ton valium ? , on va au lac ? , arrêtes ! , va te reposer !, le trajet prévisible maison hôpital séparation". Avec des personnages qu'on ne représentent que dans l'exaspération outrée. L'acteur est certes l'incarnation même d'un homme exubérant, extraverti, agité, adulescent aussi que son môme aime, avec son côté fonceur de l'extrême ... On ne voit que le versant maniaque, excite, épuisant, et ce à haute dose , sans versant dépressif réel (à ne pas confondre avec l'abattement du fait du traitement), ce qui correspond probablement au tableau clinique du père de l'auteur ? Or il existe bien d'autres tableaux possibles. Du coup, le film ne m'a rien apporté, rien appris, n'a rien interrogé vraiment de cette pathologie aux contrastes qui peuvent être saisissants, d'autant plus déstabilisante pour l'entourage qu'elle n'a pas été dépistée par exemple, les manies et activisme ne sont pas forcément le sur voltage ici montré, et les phases dépressives génèrent d'autres problématiques à gérer ... Seul le personnage du petit garçon, avec sa bouille ronde, sa fraîcheur, et son interprétation aussi , me sont apparus justes, plutôt impartiales, avec relief et nuance . Vraiment déçue car sur ce sujet, j'attendais 1 film intéressant au moins, et certainement pas ennuyeux.
Je suis un peu mitigé sur ce film qui avait pas mal de potentiel. Bon comme à son habitude, Leïla Bekhti est vraiment au dessus, il n'y a même pas de débat selon moi. Le petit est aussi vraiment impressionnant surtout pour son âge. Mais je suis désolé de le dire, Damien Bonnard est loin d'être au niveau, voire même un peu navrant par moment. J'en ai marre de voir toujours des prestations surcôtées lorsqu'il s'agit de drames, ce n'est pas légitime. Si ça avait été une comédie, on aurait pu le descendre sans gêne. Alors par moments, il est bon mais à d'autres ... c'est d'un bas niveau. Concernant l'histoire, c'est assez touchant, on peut même s'y retrouver car on peut s'identifier à ses problèmes de familles et de couples. D'un autre côté, j'ai trouvé "Les Intranquilles" un peu longuet et répétitif. Idem pour la fin qui est un peu vide mais bon c'est peut-être une volonté du réalisateur. La bande originale est mi-figue, mi-raisin. Dans l'ensemble, je m'attendais à bien mieux mais bon, je suis persuadé qu'il plaira à une partie du public. Il en faut pour tous les goûts. A vous de juger maintenant. 10/20.
Film très ennuyeux avec beaucoup de longueurs et réalisation prétentieuse, mais la performance des acteurs est malgré tout très bonne. La caméra à l'épaule et ces plans très serrés qui tremblent tout le long pour bien nous rappeler le titre du film, ça va 5 minutes, mais au bout d'un moment ça fait mal aux yeux...Peut-être qu'un documentaire sur ce sujet aurait été plus interessant qu'une fiction ?