Knock at the Cabin
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446 critiques spectateurs

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Fêtons le cinéma

857 abonnés 3 693 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 février 2023
Knock at the cabin prolonge la réflexion menée par M. Night Shyamalan sur l’héroïsme, notion complexe qu’il fait peser sur des individus ordinaires subitement projetés dans une destinée collective qui les submerge. Le cas présent en constitue peut-être la pièce la plus radicale et pertinente : en jouant sans cesse avec nos attentes de spectateurs, en désamorçant une situation initiale qui s’apparente à un home invasion, en détournant les préjugés qu’incarnent chacun des personnages – Leonard apparaît telle une armoire à glace mais est en réalité un instituteur calme et soucieux de bien faire, Sabrina ressemble à une fervente adoratrice du Christ alors qu’elle se déclare athée etc. –, le cinéaste nous invite à regarder ailleurs : les antagonistes ne sont pas ceux que l’on croit, voire n’existent pas, voire glissent depuis le quatuor armé vers une famille tiraillée entre égoïsme éclairé et altruisme.
Ainsi, le long métrage postule pour une défiance à l’égard des images, ou plutôt nous convie à reconquérir leur sens. Les reportages en immersion dans des zones dévastées suivent des programmes commerciaux où deux bonimenteurs vous poussent à acheter un appareil ménager pour paner votre poulet, ainsi que des séries animées candides à destination des plus jeunes. Cette invitation à la critique des images vise l’accès à la vérité, présente mais enfouie sous des couches de divertissement régressif et soumise à l’interruption lorsque l’écran est éteint. Ce n’est pas parce qu’on ne le voit pas que cela n’existe pas, adage bien connu qui prend ici une signification particulière puisqu’il associe les théories du complot – par exemple, celle du platisme selon laquelle notre planète est plate sous prétexte qu’elle ne l’a pas vue ronde – véhiculées par les nouvelles technologies à la croyance religieuse vers laquelle tend le long métrage. La clausule insiste sur ce point : ce n’est pas parce que l’on coupe la radio que la chanson favorite du couple n’est pas diffusée. Aussi est-il plus difficile de vivre avec la vérité que dans son ignorance ou dans l’apparence de vérité : le vraisemblable.
Knock at the cabin repose donc sur une entrée en croyance de personnages sceptiques, comme souvent chez Shyamalan, sur leur accès aux coulisses derrière lesquels suivre le fonctionnement caché du monde et y prendre part. Le culot du cinéaste tient alors au choix d’un couple homosexuel, qui d’ordinaire subit l’égoïsme extérieur – les flashbacks le rappellent : parents incapables de comprendre leurs fils, mensonges à l’orphelinat, violences endurées dans les espaces publics –, comme cellule soumise à un dilemme individuel aux retombées collectives. L’héroïsme ne ressemble plus à ces fantoches numériquement retouchés que déversent les productions Marvel ou DC, il se fait souffrance, malédiction, peuplé de visions cauchemardesques auxquelles nous avons accès d’abord par le récit qu’en font les cavaliers de l’Apocalypse, ensuite par le téléviseur qui les confirme. Nous retrouvons le David Dunn d’Unbreakable (2000), seul rescapé d’un accident ferroviaire qui le conduit à se reconnaître super-héros et à accepter son destin.
Shyamalan rend légitimes et réalistes tout un panel de figures aussi variées que Jeanne d’Arc, guidée par des voix ; il confond les influences esthétiques et les religions pour aboutir à la célébration du sacrifice ordinaire et anonyme, ce même sacrifice qu’acceptent non sans lutte, jour après jour, des familles pour permettre au monde de tourner et aux autres de vivre. Il le fait toutefois, comme à son habitude, avec une pesanteur théorique qui plombe la dernière partie : le cinéaste a systématiquement ce besoin de tout expliquer, de lever le mystère au nom du tout-puissant « twist ». Pourquoi expliciter les cavaliers de l’Apocalypse ? pourquoi filmer les documents d’identité de chacun ? Aucune confiance n’est placée en un spectateur guidé par un gourou omnipotent, qui devrait apprendre à laisser les portes de son univers ouvertes à l’interprétation plutôt que de les fermer toutes à double tour. Reste une œuvre originale et intelligente, portée par une mise en scène soignée et des acteurs convaincants.
Florent T
Florent T

1 abonné 43 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 février 2023
Film vraiment sympathique qui ressemble beaucoup au film la petite cabane dans les bois qui était sympa à voir, différent des films à gros budget pour changer j'ai vraiment bien aimé ! 
Louis M.
Louis M.

10 abonnés 77 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 février 2023
Qu'elle audace Night Shyamalan ! Dave Bautista en acteur principal, laisser une chance à Rupert Grint afin de retrouver un peu de lumière. Le tout qu'est ce que cela donne ? Un film incroyable comme d'habitude. Cette ambiance à huit clos est prenante et ne vous lâcheras pas tout le long de ce long métrage apocalyptique !
Yannick Dessenante
Yannick Dessenante

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 14 février 2023
Déçu perte de temps autant rester chez soi je ne sais pas comme il peut atteindre 3 étoiles.
Difficile de savoir où il veut en venir à part une pseudo moral.Je vous conseille de passer votre chemin
Bromston
Bromston

5 abonnés 24 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 février 2023
Un film qui scotche (vraiment) du début à la fin, c'est rare et ça mérite la note maximale ! Clairement, un des meilleurs Shyamalan. Pour les cinéfiles, on dira que c'est le "Sacrifice" (Tarkovski) revu en mode thriller : à la fin, il y a même une référence directe avec une maison qui brûle :)
Mork Dark
Mork Dark

6 abonnés 132 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 février 2023
Knock at the Cabin de M. Night Shyamalan confirme que même le génie si on ne le travail pas se perd.

Il est loin le temps de sixième sens, même l’excellente prestation Ben Aldridge dont c’est le seul à avoir un personnage bien écrit avec du bon sens et des réactions logique, à l’opposé de ce que l’on voit dans 90% des films, ne parvient pas à sauver le celui-ci d’un scénario paresseux.

M.Night Shyamalan reproduit ce qu’il a su faire mais sans y mettre du cœur et de l’inspiration. Résultat on s’y ennuie, on voit les choses arrivé à des Km.

Pourtant spoiler: j’ai espéré un twist inattendu à la fin, guettant les moindres signes tout du long. Mais non,
ce ne sera au final qu’un film paresseux qui sera vite oublié.
Marie Dusserre
Marie Dusserre

7 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 14 février 2023
je n'ai pas du tout aimé. le scénario est bidon, dénué de sens, voire grotesque. On a du mal à croire à cette farce.
FaRem

10 595 abonnés 11 630 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 février 2023
Folie ou prophétie ? Alors qu'ils se détendent dans un chalet isolé, un couple et leur fille voient débarquer quatre personnes qui se présentent en déclarant qu'ils ont le travail le plus important de l'histoire de l'humanité à faire. Ils sont plutôt courtois, mais ils sont surtout armés... Le couple est alors confronté à un dilemme impossible qui les force à être soit égoïstes soit altruistes, mais encore faut-il qu'ils croient aux raisons de ce choix. "Knock at the Cabin" commence comme un home-invasion avant d'évoluer en un huis clos avec des personnages confrontés à leurs propres convictions. En ce sens, ça m'a fait penser à d'autres films du réalisateur comme "The Happening" et surtout "Signs" pour la réflexion sur ce qu'il faut croire ou non. On ne peut pas trop en dire, mais j'ai vraiment aimé l'évolution de l'histoire et surtout ce qu'elle évoque, car on peut se mettre à leur place et surtout faire le parallèle avec des choses actuelles par rapport à ce que certains sont prêts à faire pour leurs croyances. En ce sens, je pense que j'aurais été satisfait, peu importe la conclusion. Au final, un bon M. Night Shyamalan avec une histoire prenante et intéressante et un huis clos qui monte tout doucement en puissance.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 février 2023
M. Night Shyamalan poursuit sa renaissance artistique avec ses œuvres à petits budgets lui permettant de nous offrir des séries B de luxe malignes et passionnantes. Certes, elles sont peut-être d’intérêt variable mais elles demeurent toujours originales, hors des carcans et des sentiers battus du tout venant de la production cinématographique actuelle. Et nous concernant c’est un sans-faute, du terrifiant et amusant à la fois « The Visit » en passant par la continuité de sa trilogie sur les super-humains avec le chef-d’œuvre « Split » et la conclusion un peu moins réussie mais tout de même jouissive « Glass » ou encore son récent et mystérieux « Old », sa filmographie est vraiment excitante. Avec « Knock at the cabin », il nous offre encore une petite bombe de suspense qui nous colle à notre siège durant une heure et demie en plus de nous faire passer par toute une gamme d’émotions, de la peur à l’incrédulité en passant par la tristesse.

Néanmoins, avec une histoire pareille, pourtant adaptée d’un roman (ce qui ne veut pas dire que ça passe forcément à l’image), on était en droit d’avoir un peu peur. C’est intrigant de prime abord mais quelque peu hasardeux et risqué : une famille heureuse qui passe un weekend dans un chalet isolé voit sa quiétude perturbée par l’arrivée de quatre individus dissemblables et à priori normaux qui vont les obliger à faire un choix cornélien soi-disant pour éviter l’Apocalypse. Un postulat qui pourrait prêter à rire ou qui ne tiendrait pas le temps d’un long-métrage. Mais Shyamalan et sa maîtrise de la science cinématographique nous offre un huis-clos à la lisière du fantastique et de l’étrange. Une œuvre spatialement immobile mais ô combien haletante et hypnotique en plus d’être pleine de tension et, étonnamment, d’émotion. On ne voit pas le temps passer et plus les minutes passent plus on est captivé par cette histoire à savoir si ces étrangers sont des fanatiques ou que leurs dires sont vrais et font alors entrer cette histoire anecdotique dans quelque chose de beaucoup plus grand. Shyamalan réussit même à nous scotcher à notre siège avec des bribes de nouvelles télévisées inventées, dont l’une d’entre elles restera marquée dans les mémoires par la sidération et le choc qu’elle provoque. Sa mise en scène à la précision chirurgicale fait encore une fois des merveilles grâce à chaque plan minutieusement confectionné.

Si les quelques flashbacks apparaissent quelque peu inutiles et font un tantinet baisser la tension du huis-clos, l’interprétation des sept comédiens est magistrale. Ils sont tous bons, mais on retiendra surtout Dave Bautista qui développe des qualités d’acteurs de plus en plus indéniables et parvient à s’ôter ici l’étiquette d’un simple monsieur muscle qui fait du cinéma. Il est intense, touchant et incroyable. Le couple gay formé par Jonathan Groff et Ben Altridge est également d’une justesse et d’une finesse autorisant une représentation adroite et sans cliché d’un couple du même sexe. D’ailleurs pour un tel film, il fallait que le jeu des comédiens soit sans failles sous peine de ne pas y croire. Enfin, pour une fois, tout le film du cinéaste ne repose pas sur un twist incroyable dont il a le secret. Fait rare et donc à souligner. Le dénouement n’est certes pas tracé et on est surpris mais il ne remet pas tout le film en cause. En revanche, il est rempli d’émotion et s’avère d’une force de frappe d’une amplitude incroyable. C’est à la fois triste et beau. Ou comment revisiter la légende des Cavaliers de l’Apocalypse en mode intime sur la forme et les prémices pour au final livrer un grand film sur l’état de notre monde qui périclite, mais avec un beau message d’espoir derrière. Clairement l’un des meilleurs films du réalisateur.

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Nicothrash

468 abonnés 3 309 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 mai 2023
Encore une fois cette sortie de Shyamalan est autant difficile à aborder qu'à critiquer. Ses thèmes on les connaît par cœur et son dernier métrage n'y coupe pas, enfance, famille, surnaturel et bondieuseries, tout y est. Le casting est solide et la tension palpable tout du long, puis l'idée de base est sacrément intéressante, en outre le choix du huit clos décuple l'ambiance pesante. Oui mais voilà, c'est long et très lent et on peut facilement trouver le temps long justement. En revanche comme souvent il montre peu et il y a beaucoup de suggestion, il aurait néanmoins pu plus laisser place au doute sur le final. L'essai n'est pas tout à fait transformé mais cela fait toujours plaisir de voir débarquer Shyamalan avec de nouveaux concepts, pourvu qu'il continue encore longtemps.
2985

317 abonnés 1 282 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 mars 2023
Comme souvent avec Night Shyamalan il y a toujours une sorte d'attente, souvent des idées et concepts originaux, astucieux, mais qui retombent vite comme un soufflet, Le village, Phénomène, Old, sa série The servant et aujourd'hui Knock at the cabin. Dès le début, une sorte d'aura oppressante se fait ressentir, une sensation de danger, et plus le scénario se découvre plus celui-ci s'étiole dans sa crédibilité et pertinence, on attend et on attend en vain, une quelconque fulgurance qui va amener le récit à un niveau supérieure sur lequel il s'est engouffré. De plus le film paraît trop long pour le maigre sujet qu'il développe du coup on se retrouve avec quelques longueurs, la tv servant à prouver les catastrophes n'es pas assez exploité, on 2-3 JT montrant quelques drames et basta, et la résolution de tout cela ne tient guère la route, on n'a pas vraiment l'impression d'être passé près d'une extinction. La révélation finale, si l'on peut appeler cela ainsi, est téléphoné, et on es loin du twist du 6ieme sens. Côté acting Dave Batista tient bien la route et étoffe sa palette de jeu. Dommage le film reste globalement intéressant, mais on reste une fois de plus sur notre faim avec un sentiment mitigé au vue du potentiel.
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2023
La dernière image ? La scène emblématique de la douche qui désamorce les rouages du genre, ou celle de la petite qui essaye d'échapper en vain aux griffes de l'"ogre" reprenant les codes familiers du conte...

Les grands films de huis-clos qui m'ont marqué reviennent facilement. La Corde et son couple homosexuel à l'honneur déjà, Evil Dead et sa cabane dans les bois, Les Oiseaux et sa maison calfeutrée, La nuit des morts vivants et sa cave irrespirable.

S'agissant de M Night Shymalan, je me rappelle évidemment de Signs. Mais je retiens surtout Le Sixième sens, j'y reviendrai.

Dans l'ensemble et pour commencer, je trouve difficile de critiquer un film qui contient plus de cinéma que tout se qui sort sur les écrans depuis belle lurette...

Côté mise en scène, science du hors champ, travail sur l'image, maîtrise formelle, inventivité visuelle, sens du rythme, infernal, nerveux, étouffant, alors que le réalisateur s'entête à contourner tous les "attendus" de ce genre de film, le revisitant de fond en comble en cela, le révolutionnant pour ainsi dire. Des personnages menaçants forcent l'entrée d'une maison, c'est pour mieux entourer les 3 héros de toute leur prévenance (pansement, conseil, pédagogie). Un sacrifice doit advenir c'est l'un des 4 qui trinque... Les codes semblent inversés et l'égoïsme supposé de la petite famille prend une dimension de plus en plus criante à mesure que le monde autour part en fumée. En cela, le film a déjà quelque chose de singulier à nous donner. Et tout don est par définition précieux. A chérir.

Côté acteurs, brochette franchement fantastique avec une mention spéciale pour Jonathan Groff cet acteur (déjà vu dans Mindhunter) qui va finir par y laisser sa vie en sacrifice :"Donne-moi la mort et je vous laisse la vie !"

Mais je veux en venir au plus important. La thèse du film qui ferait la part belle aux illuminés de tout poil, nous expliquant que la fin du monde qui est là donnerait raison à ces "fous de Dieu" auxquels il manquerait une case ou deux... Je n'ai pas compris le film comme cela.

Reprenons les choses depuis leur commencement... La scène d'introduction. On est comme dans un rêve, au ralenti, dans les hautes herbes... Des gros plans, une lumière verticale mais diffuse. Quelque chose déjà nous dit que la réalité n'est pas forcément de ce monde.

Avez-vous par ailleurs entendu parler de cette cabane vers laquelle on retourne en fermant les yeux lorsqu'il faut se retrouver ? S'échapper du réel ? Nous y voilà... La maison dans la forêt c’est le lieu où l’on se retrouve en pensée… Fermez les yeux et retournez dans cet endroit où vous vous sentez bien… La maison, le lac, les champs de fleurs, les sous-bois odorants, la route qui y mène est réchauffée par les rayons du soleil, on y chante à tue-tête. Mais les sauterelles du printemps ? Prisonnières d’une paroi de verre… En apparence elles sont en prise avec l’extérieur… Pourtant… Elles sont bien prisonnières du verre de ces bouteilles… Comme le spectateur que je suis.

Je parlais en préambule du Sixième sens (alors qu'on évoque souvent Signs comme référence principale, ce qui se justifie aussi) parce que le point de départ c'est évidemment l'agression (fatale) du psychologue divinement incarné par Bruce Willis. Ici il est également question d'une agression extrême dans le passé des deux personnages principaux ? Lequel d'ailleurs ? Eric ? Andrew ? Sont-ils interchangeables ? Le personnage victime des coups dans le passé survit-il ? En a-t-on la preuve ? La certitude ? Rien n'est moins sûr... Si l'on repense au Sixième sens, le parallèle est éloquent, amène à s'interroger sur ce qui nous est donné à voir de ce monde étriqué, de ces personnages sortis de nulle part.

Alors quoi ? Une agression qui passe par des coups répétés sur le haut du crâne ? Comme dans le "présent", le personnage incarné par Eric lorsqu'il a ses difficultés à affronter la lumière vive ? Des séquelles déjà de coups violents reçus sur la tête... L'histoire se répèterait-elle ? Et pourquoi donc ces 4 cavaliers de l'apocalypse bienveillants se sacrifieraient-ils via des coups de boutoir assénés au même endroit, sur la tête, tout en haut ? Et quel heureux hasard ferait que l'un des illuminés soit justement l'agresseur surgi d'un passé traumatisant ? Une coïncidence ?

Quant à ces instruments de torture ne sont-ils dès lors pas une vision déformée de l'attirail du dentiste ou du chirurgien qui trifouille la matière grise de l'homme plongé dans un coma ? Tout ce qui permet d'opérer et d'ouvrir la boîte crânienne…

Les métiers des cavaliers (évoqués par chacun avec empathie) peuvent aussi évoquer le personnel intervenant autour d'un malade cloué sur un lit dans un coma profond depuis 13 longues années... Une femme qui nourrit (aide qui apporte les repas), une autre qui soigne (infirmière qui prodigue les soins), le troisième, Leonard, qui peut incarner le docteur référent, le professeur… Celui qui peut décider de débrancher le patient avec l'accord du conjoint… Celui qui annonce à l'enfant qu'il "n'aime pas avoir à annoncer ce qui va arriver"... Discours typique du docteur annonçant à la famille une décision importante du corps médical. Je pourrais pousser le bouchon un peu plus loin (c'est mon côté obsessionnel) en rappelant que Léonard a l Envers donne "Dr Anoel". Doctor en abréviation. On extrait aussi aisément de son patronyme les lettres formant "Noah/Noé" le guide d'avant l'apocalypse celui qui sélectionne et sauve des espèces, des vies,... La métaphore filée du médecin ?Mais oui ! En filigrane ce dernier peut comparer ses patients à des élèves dont il aurait la responsabilité... "Certains ont réussi nous dit-il , d'autres on échoué"... Entre les lignes certains sont en rémission d'autres n'ont pas survécu...

Andrew rappelle à Éric qu'il n'a plus les idées claires. Qu'il est fragilisé, qu'il mélange des choses. Qu'il est manipulé. Au point qu'Eric puisse imaginer par exemple Andrew victime dO'Bannon dans le passé a sa place ? Possible. Il se projette ainsi en lui pour mieux revivre la scène comme spectateur. Faisant face à Andrew. Au restaurant. Comme lorsque Leonard les installe ainsi dans la cabane. Face à face... Eric est naturellement ce patient possiblement cloué sur un lit comme on l'est sur une chaise et ligoté... Immobilisé ? L'engourdissement des jambes d'Andrew plus tard lorsqu'il se libère de ses liens fait écho à ce souvenir diffus d'un homme paralysé qui retrouverait brièvement les sensations vives de l'usage de ses jambes. Les distances sont d'ailleurs toutes courtes ici, l'univers clos. On ne voit jamais l'intérieur des chambres. On ne peut que deviner des choses, comme depuis un lit d'hôpital où le seul univers est sa petite chambre aux draps blancs immaculés. Ceux qu'on glisse sur sa tête avant de tirer sa révérence. Logique un malade ne connait vraiment de sa chambre que le lit et la salle de bains (on la découvre bien ici dans une scène emblématique).

Evidemment dès lors ce qui revient en flashes back ce sont uniquement les moments les plus marquants de sa vie dans le positif (rencontre entre eux, avec leur fille adoptive) comme dans le négatif (Agression dans le café, premier repas avec les parents de l’un d’eux et la cruelle désillusion qui en découle).

Il faudrait nous dit-on sacrifier quelqu'un dant le "réel" du film... Or il est rapidement clair que le seul personnage autour duquel le destin du film se joue, celui dont il faudra faire le deuil pour les deux survivants (Wen et Andrew) c'est Éric et personne d'autre... C'est lui qui est assommé au début, qui a des migraines, qui souffre dans la lumière qui pénètre de l'extérieur, qui comprend progressivement quelque chose d'essentiel... Que c'est en partant qu'il permettra à ceux qui lui survivent de reprendre le cours d'une vie plus normale. Une vie nouvelle. New (Wen a l envers, trois lettres bien présentes aussi dans le prénom Andrew),

On pourrait même penser que le revolver a vraiment été acheté par Andrew dans le passé pour assouvir une vengeance contre l'auteur du crime (O'Bannon) mais que symboliquement en ne l'utilisant finalement pas contre autrui, en ne me retournant que que contre sa famille, contre Eric (on ne voit jamais le moment du coup de feu), Andrew s'est libéré métaphoriquement de sa rage, de sa haine, de sa soif de vengeance, pour mieux pouvoir tourner la page.

Le film n'est qu'un long apprentissage du deuil. Treize ans de coma peut-être et la décision prise ce fameux jour de débrancher Eric ? Peu importe, ce qui marque c'est l'intuition qu'Eric le comprend subtilement par étapes malgré la résistance d'Andrew qui lui répète "tu n'as pas les idées claires, tu as reçu un choc, ne les écoute pas, reste avec nous". C'est Eric qui prenant conscience d'être le frein à la marche de "leur monde" pousse finalement Andrew à le "tuer", le débrancher, Andrew qui symboliquement accepte de lui dire au revoir, Eric acceptant finalement son sort. Partir, se faire oublier, pour les laisser vivre.

La dernière scène est bien celle d'une famille recomposée : Andrew et Wen au volant d'une voiture, recréant la scène de la chanson à trois, du bonheur arraché qu'on est prêt à revivre à deux (tentative répétée de refaire partir la musique du poste comme à la grande époque), qui plus est dans la voiture du responsable de leur malheur (O'Bannon), façon de laisser comprendre que le pardon est accordé, que le deuil est assumé, que la vie va pouvoir reprendre, que le monde en somme est sauvé.

Un bien beau film.
ATON2512
ATON2512

76 abonnés 1 317 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 février 2023
De M. Night Shyamalan (2023).
Angoissant ! Comme souvent le réalisateur nous emmène subrepticement là où il veut nous emmener . En ce sens le film est très réussi puisque dès les premières scènes , on sens le malaise s'instaurer . Le contraste est bien rendu entre les images d'un lieu plus tôt idyllique (un chalet au bord d'un lac magnifique) et le propos apocalyptique .
Même si ce n'est pas nécessairement le propos , l'idée de nous montrer une famille aimante et moderne (au sens non conventionnel) est une avancée . Sachant même que le couple formé par les deux hommes et joué par des personnes gay dans la vraie vie . Le propos du film est à la fois passionnant autant que déroutant puisqu'il parle de l'apocalypse, du bien et du mal ou plus tôt de l'idée subjective que tout un chacun s'en fait . Et du choix ! Jusqu'au dénouement particulier. D'emblée le film tiré du roman de Paul Tremblay '' The Cabin at the End of the World'' instille un malaise qui perdure tout le long du film . D'ailleurs en ce sens le choix d'un couple estampillé de moderne n'est certainement pas neutre . L'effet aurait il été le même si le couple aurait été plus conventionnel ? Les tenants de l'apocalypse, du survivor, de la décadence supposée de la société humaine seront aux anges . Les autres resteront interrogatifs quand au message moraliste assez dérangeant même sans sa conclusion . Le sacrifice d'un couple jugé par les religieux et moralistes certainement déviant voire même impur . C'est l'aspect du propos du film qui me déplait le plus, ce quelques jours même après l'avoir vu . En effet le propos se veut salvateur avec le fameux thème de la rédemption par l'amour, ce jusqu'au sacrifice . Thème chers à de nombreux ouvrages et opéras . Pour sauver ce que l'on aime, pour sauver les siens voire l'humanité que serions nous capable de sacrifier ? Pourtant au delà du sacrifice demandé, le réalisateur semble plus répondre à une injonction morale que phylosophique . C'est dommage car même si M. Night Shyamalan aurait pu nous éviter certaines scènes limite soutenables, la réalisation fonctionne parfaitement . Comme les effets spéciaux . Les acteurs sont bons notamment Jonathan Groff (II), Ben Aldridge, et Dave Bautista assez effrayant . Sans oublier la très bonne interprétation de la très jeune (et pleine d'avenir) Kristen Cui .
Cathpout14
Cathpout14

38 abonnés 116 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 février 2023
Quelle belle surprise ! j'avais un peu peur d'avoir peur, et puis non, le thriller prend largement le dessus de l'horreur, l'idée est fort originale, le jeu des acteurs et tout ce qui est dit de notre monde, c'est du très bien vu !
liamsi
liamsi

26 abonnés 475 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2023
Réalisation impeccable de M. Night Shyamalan, on sent la grande maîtrise derrière,
et niveau acteurs mention spéciale à Dave Bautista charismatique dans son rôle.
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