Un drame dressant le portrait d’une femme profitant de son activité professionnelle pour mener une double vie dont les mensonges inlassables vont finir par effriter sa mécanique pourtant bien huilée. Le récit confronte la déliquescence d’une vie coincée entre deux identités du personnage principal campé par une remarquable Virginie Efira dont la confusion identitaire se fait de plus en plus sentir à l’écran au fur et à mesure de l’écoulement du récit faisant oublier la faiblesse d’une réalisation peu marquante.
Judith (Virginie Efira) mène une double vie entre la Suisse et la France. Mariée en France à Melvil Fauchet (Bruno Salomone), un célèbre chef d'orchestre, et mère de deux adolescents, elle prend prétexte de son métier d'interprète pour passer la moitié de la semaine en Suisse auprès d'Abdel (Quim Gutiérrez) et de sa fille Ninon. Mais Judith est bientôt débordée par la somme de mensonges et de secrets dont sa vie est lestée.
"Madeleine Collins" repose sur deux atouts.
Le premier est son actrice principale. On dirait que la France compte désormais deux moitiés : l'une qui adore Virginie Efira (j'en suis !) et l'autre qui, tout en reconnaissant son charme et son talent, considère qu'on commence à l'avoir trop vue (j'en serai sans doute bientôt). Il est vrai qu'on l'a beaucoup (trop ?) vue ces temps derniers : "Lui", "Benedetta", "Adieu les cons", "Police", sans compter "En attendant Bojangles" qui sortira dans deux semaines. Elle est à chaque fois parfaite dans des rôles de femme puissante aux fêlures bravement affichées. Et "Madeleine Collins" repose, plus encore que les films précédemment cités, sur ses (graciles) épaules. Bref, selon que vous aimez V.E. ou pas, courez voir ce film ou abstenez-vous.
Mais "Madeleine Collins" a un second atout et non des moindres : l'épais mystère sur lequel il est construit. Jetez un œil à sa bande annonce, remarquablement construite, qui a l'intelligence de nous mettre l'eau à la bouche sans trop en dire. Pendant une heure, le film nous tient en haleine autour de ce suspense. Son élucidation s'avère un peu décevante. "Tout ça pour ça" a-t-on envie de dire, comme souvent d'ailleurs on se le dit en refermant un polar.
Pour autant, ne soyons pas bégueule et saluons le plaisir pris durant la première heure de "Madeleine Collins". Sans oublier le charme et le talent de Virginie Efira qu'on courra revoir dans deux semaines dans "En attendant Bojangles" sans crier à l'overdose.
Un film dans lequel les défauts sont nombreux, mais qui paradoxalement s'avère très prenant. En effet, on veut à tout prix connaître le fin mot de cette histoire. Alors on met de côté le négatif et on garde ce qui fonctionne.
Le casting, emmené par une excellente Virginie Efira, est hétéroclite. La mise en scène de certains moments clés n’est probablement pas à la hauteur du scénario. Mais l’ensemble est captivant, dans un registre mystérieux bien entretenu, tout en clins d’œil hitchcockiens. La présentation de la double vie et du double jeu de l’héroïne est intéressante. L’effritement de cette construction, aussi, avec à la clé un twist vraiment surprenant. C’est un beau film de décomposition. Décomposition progressive d’un personnage qui laisse apparaître une confusion identitaire, une folie. Décomposition troublante.
Le moins qu'on puisse dire est que ce film n'est ni hitchcockien (comme l'a affirmé une partie de la critique), ni à la hauteur des meilleurs films de double vie, comme Bigamie de Ida Lupino. Certes, comme cela a été unanimement constaté, Virginie Efira est excellente, mais ça ne suffit pas à faire un bon film. Le scénario est confus et se traîne par moments. Il devient même parfois incompréhensible. On aurait aimé que le sujet soit traité avec parfois davantage de légèreté et d'humour, alors qu'on baigne en permanence dans une atmosphère dramatique un peu lourde.
La double vie au cinéma est assez anodine. Du prisme d'un personnage féminin, çà l'est d'un coup beaucoup moins. L'ampleur du jeu de Virginie Efira se déploie ici avec brio. Elle arrive à se faire passer victime d'une situation qu'elle a monté de toute pièce. A la lisière entre folie et démence, elle réussit à garder le cap d'une vie menée sur deux fronts avec équilibre et finesse. Du trouble, elle en fait sa force, même quand ses proches vacillent. L'engrenage du film est happant, et on a très vite envie de croire que son quotidien va partir en éclat. Pertinent et entraînant.
Porté par une Virginie Efira magistrale – comme à son habitude – Madeleine Collins nous embarque dans la vie mouvementée de Judith, superbe quadragénaire menant une double vie entre la France et la Suisse, où elle se partage entre deux familles et trois enfants, profitant de son métier de traductrice pour justifier ses absences prolongées. Mystérieux et passionnant, ce film qui recèle un lourd secret prend la forme d’un récit sur l’identité et l’hypocrisie, suggérant que la culpabilité est bien souvent plus partagée que ce que l’on croit. Un long-métrage très honnête, qui distille une ambiance singulière, et qui s’avère prenant de la première à dernière minute.
Ça frôle le chef-d'œuvre !!!! COUREZ VOIR CE FILM !!!! Virginie Efira excelle, double nomination aux Césars avec Benedetta ??? La mise en scène est sublime !!!
C'est un bon film français avec une V. Efira afficace dans son rôle. Le scénario original est simple, mais la mise en scène est un peu alambiqué. Mais c'est ce qui fait le charme du film. Il faut du temps au spectateur pour comprendre qui est qui. Cela fonctionne donc assez bien.
un trés beau film ou Virginie Effira excelle dans son rôle. C'est vraiment une excellente actrice avec des choix de films judicieux . ce film est particulièrement réussi et nous emmène tout du long dans un climat obscurci par un deuil qui a entrainé des conséquences impensables.
Belle performance de V.Efira, indéniablement. Elle s'avance vers l'impasse et se décompose sous nos yeux lentement, jusqu'à un final un peu télescopé, voire bâclé à mon avis...
Le scénario est brillant bien qu'assez peu vraisemblable pour être tout à fait honnête.. L'actrice joue avec talent et subtilité et nous livre une performance incroyable !!! Ne lisez plus rien sur ce film pour ne oas être spoilé et régalez vous !!!
Y a de l'idée. Ça aurait pu être plus angoissant ou en format thriller ou plutôt psychologique. L'idée est intéressante mais pas assez développée. C'est moyen.
Voilà un film qui m'aura laissé une impression mitigée. Virginie Efira survole un casting pour le moins insipide excepté Quim Gutierrez seul apte à lui donner vraiment la réplique. Ca devient même cabotin parfois (le fils qui veut faire croire qu'il va sauter de la voiture en marche, la scène avec les parents d'Abdel...). Le scénario décrit une situation intéressante mais qui n'est pas tenable sur le long terme (relationellement parlant) ni crédible à court terme (quotidiennement parlant). Il est même étonnant que les policiers suisses se contentent d'une carte de bibliothèque comme justificatif identitaire alors que nous subissons un système dans lequel il faut un justificatif pour justifier un justificatif. Alors certes la Suisse n'est pas la France. Seraient-ils maladivement moins tatillons? L'histoire peut s'interpréter à deux niveaux mais ne prend pas le risque de se commettre dans le second qui est à mon sens beaucoup plus important, celui d'avoir un nom complet en accord avec son individualité. Un droit fondamental qui devrait être part de toute constitution pour ses citoyens. Mais l'Europe n'étant pas aussi évoluée que l'Angleterre, il n'en sera fait nullement mention ici, l'histoire se situant entre la Suisse et la France. Reste le coté 'terre à terre' de la double vie pour des raisons très particulières qui peuvent se défendre mais le pire, c'est qu'elle en choisit un troisième - d'où le titre du film - pour s'embrouiller plus encore, ou pour taire ses deux vies précédentes... Judith aurait du être anglaise où elle aurait pu s'appeler Madeleine Collins car dans la trop vieille Europe on ne s'appelle pas même s'il est commun de le dire, on est juste appelé et c'est bien ce qui est déplorable. Une parenthèse pour remettre le thème en perspective. Virginie Efira s'investit pour rendre son personnage attachant, mais sans vraiment y parvenir à mon sens parce qu'elle parait porter le film seule. Les seules scènes qui offrent un peu d'émotion sont celles tournées avec le faiseur de 'faux-papiers'. Et puis franchement les rapports familiaux même s'ils sont à la ramasse pour cause d'absentéisme insistant, sont biaisée par une approche édulcorée de la réalité. Exemple frappant, comment une mère peut s'étonner que son fils de seize ans fume alors qu'elle même est une tabagiste émérite? Les tares aussi se transmettent éducativement. Alors, puisqu'imprégnés de ces modèles socio-culturels qu'ils exposent à l'écran, les dialoguistes pourraient s'abstenir de faire dire de telles inepties à leurs interprètes. A partir de la même situation le scénario aurait être écrit totalement différemment, insistant sur les vraies déconvenues que le port de deux noms différents impose, faisant de cette personne une paria de la rigidité sociale et sociétale et non une femme bien intégrée qui n'a que des problèmes d'ordre familial au final. Ah, la seule phrase qui m'aura marquée cependant au détour d'un dialogue est la suivante:"Qui a envie de savoir à quoi ressemble Varsovie?" Désolé sombre crétin mais il y a des gens qui en ont encore moins à faire de Paris.