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5,0
Publiée le 6 mars 2022
Des 3 derniers films de Guiraudie c'est pour moi le meilleur, aussi osé que les autres et qu'est-ce que ça fait du bien ce vent de liberté, cette originalité. C'est drôle, politiquement incorrect, d'actualité mais avec un traitement totalement singulier propre à cet auteur et à nul autre. Noémie Lvovsky est géniale, Renaud Rutten a une présence et une gueule qui fait que je me demande comment je ne l'avais jamais remarqué.
Ce n'est pas nul, c'est archi nul... Rien à sauver, les acteurs sont mauvais, le scénario apocalyptique... Quant au ton libertaire, c'est à mourir de rire tellement ça sonne faux.... Il y a plus de provocations dans "Les galettes de Pont-Aven" ou "Et la tendresse bordel".... Et surtout il n'y a pas dans ces deux films de scènes de sexe grotesques et inutiles.... Ici ça sert vaguement à masquer l'absence de tout dans ce film qui ressemble plus à un long, très long court métrage... ça tombe bien, il a été tourné à Clermont-Ferrand. Bouh, quel ennui....
Un film qui pourrait être une comédie de boulevard si on n'y ajoutait les discours sur la xénophobie, le racisme, les femmes battues, l'image que l'on donne. Le réalisateur aurait gagné à faire plusieurs films.
Dans un climat de tension dû à un attentat, le métrage interroge sur le rapport à l'autre, à l'inconnu, dans une société de défiance. Le personnage de Médéric apporte un côté décalé et humoristique et voit sa vie basculer avec deux rencontres qui s'entrechoquent. Un étrange mélange d'absurde et de thèmes actuels qui peut décontenancer.
un film qui évoque avec efficacité les sujets, peurs et phobies du moment : terrorisme, immigration deal, sexualité, machisme, liberté, le tout vu par les yeux d'un personnage un peu effacé et indécis qui tombe amoureux d'une prostituée quinquagénaire. Evidemment, un tel cumul d'évènements est invraisemblable, mais le metteur en scène réussit à nous embarquer dans cette histoire rythmée, avec ses personnage bien campés : la prostituée, son mari amoureux, macho et jaloux, le jeune arabe à la rue, les voisins beaufs ou généreux, le tenancier d'hôtel adipeux et faussement aimable, la stagiaire de 3ème faussement ingénue, la collègue de travail frustrée, etc. En arrière-plan, une ville moyenne (Clermont-Ferrand) et un quartier populaire, mais ce pourrait être n'importe où en France
La transgression de Viens je t’emmène, si elle passe par une mise à nu des acteurs comme souvent dans le cinéma d’Alain Guiraudie, réside ici dans ses libertés de ton : sur des sujets qui appelleraient davantage un traitement sérieux, le cinéaste impose une fantaisie faite d’un décalage entre l’urgence et la paranoïa des situations et leur prise en charge par des personnages hésitants, à la fois remplis de préjugés et pour autant capables de les dépasser. C’est l’humain dans sa complexité physique et morale qui point, l’individu que l’on scrute d’abord dans son environnement – le footing de l’un, la mosquée de l’autre, la réception d’un hôtel pour l’une, la maison pavillonnaire pour la seconde – pour mieux recomposer un collectif à partir de l’hétéroclite, confusion des sexes et des genres, transformation des classes sociales, mutation des croyances en une compénétration générale. L’humour repose essentiellement sur le contraste, sur l’antithèse entre, par exemple, un album Astérix et les vidéos militarisées visionnées ; il sert de tremplin à un déboulonnage des idées reçues tel Maupassant dans sa Maison Tellier (1981), sans pourtant inscrire ses protagonistes dans le jeu de stéréotypes qui aussitôt les affadirait, animés au contraire par une attraction vers autrui synonyme de différence. Une belle et puissante réussite qui prend le contrepied des représentations jusqu’alors de rigueur sur spoiler: l’insécurité contemporaine et de la prostitution , en s’emparant de l’imagerie de Clermont-Ferrand, une ville sinon peu montrée au cinéma.
Comme de coutume, Alain Guiraudie se déploie sans retenue, offrant une comédie qui flirte audacieusement avec le terrorisme, la xénophobie et la violence domestique.
En filmant cette France contemporaine à fleur de peau, il rend le trivial étonnamment complexe. Son approche franche et généreuse embrasse un éventail de peurs fantasmées, déconstruites par l’ironie et l’humour.
Dans cet univers, les personnages frôlent la caricature, mais ce sont des figures finement agencées, un jeu de miroirs aux dimensions politiques bien campées. Avec empathie, il met en scène les prolétaires et les corps atypiques, avec une alacrité qui déstabilise.
Guiraudie use de la légèreté pour sonder la gravité, maniant l’ambiguïté et détournant l’attendu ; il explore, sans détours, les maux qui marquent notre société.
"Viens je t'emmène", c'est un portrait loufoque de la vie humaine dans ce qu'elle a de plus médiocre mais aussi de plus sensible. Toute cette étrangeté vise à faire rire évidemment mais permet aussi et surtout de mettre en évidence la symbolique des actes qui ne perdent pas leur sens mais dont la signification et les effets en sont au contraire renforcés.
"Viens je t’emmène" semble hésiter dans son propos comme dans sa forme. La finalité n'est pas très claire et il n'y a en sans doute même pas, si ce n'est cet improbable mélange entre terrorisme, sexualité et préjugés. Néanmoins le film se laisse agréablement regarder grâce à son rythme pas ennuyeux, quelques moments drôles et une certaine légèreté. Bref une espèce de vaudeville divertissant mais pas marquant.
Dans un Clermont-Ferrand froid et brumeux, un florilège de phobies et autres petites folies très humaines traité à la Guiraudie. Troublant et dérangeant comme d'hab.
Faire une comédie sur fond d'acte de terrorisme, de racisme et de prostitution, il n'y a pas grand monde dans le cinéma français pour en prendre le risque. Si, il y a le réalisateur aveyronnais Alain Guiraudie et le résultat est plutôt réussi. Dans "Viens je t'emmène", il nous emmène à Clermont-Ferrand, au cœur d'une France qui vit au rythme des chaines d'information en continu et il lui est d'autant facile de se moquer des informations qu'elles diffusent que tous les personnages de son film sont à double visage, chaque visage étant plus ou moins le contraire de l'autre. Dans cette France aux aguets, dans cette France qui a peur, parfois à juste titre, parfois pas, les liens de voisinage ont plus tendance à se faire contre d'autres personnes que par sympathie mutuelle. En tête d'affiche du film, on trouve Jean-Charles Clichet qui fait beaucoup penser à Vincent Macaigne dans le rôle d'un homosexuel amoureux d'une prostituée plus âgée que lui et Noémie Lvovsky, bien meilleure que d'habitude, dans le rôle de la prostituée. Il est certain que celles et ceux qui n'ont jamais vu de film de Guiraudie seront peut-être dérouté.e.s alors que celles et ceux qui apprécient sa liberté de ton et son cinéma foutraque le verront avec le sourire aux lèvres.
Comédie qui fonce dans l'absurde et le décalé. L'histoire démarre bien mais s'éteint petit à petit : l'intrigue manque de précision, beaucoup d'idées se bousculent sans qu'une direction plus claire ne vienne les encadrer. Jean-Charles Clichet démontre une nouvelle fois tout son potentiel comique. Clermond-Ferrand devrait être plus souvent utilisée comme décor tant elle est cinématographique.
Alors, c’est l’histoire d’un mec qui cherche les em… brouilles et qui finit par les trouver. Il trouve aussi des apôtres ou complices ou adeptes dans cette vaste recherche d’interactions sociales où tout le monde s’y met. Une sorte de démonstration que le « chacun chez soi » des grands ensemble, ça n’existe pas. Qu’on aime les étrangers et qu’on leur cède volontiers l’appart. Que dire d’autre ? Un film qui part dans tous les sens, bourré de contradictions (mais c’est humain, n’est-ce pas ?) et peu cohérent (mais… etc.). Ça distrait, c’est déjà ça.