"Viens je t'emmène", c'est un portrait loufoque de la vie humaine dans ce qu'elle a de plus médiocre mais aussi de plus sensible. Toute cette étrangeté vise à faire rire évidemment mais permet aussi et surtout de mettre en évidence la symbolique des actes qui ne perdent pas leur sens mais dont la signification et les effets en sont au contraire renforcés.
Un film qui pourrait être une comédie de boulevard si on n'y ajoutait les discours sur la xénophobie, le racisme, les femmes battues, l'image que l'on donne. Le réalisateur aurait gagné à faire plusieurs films.
Pas grand chose à dire de ce film où la fantasmatique du réalisateur est dévoilée en choisissant d'exposer sous tous les angles une actrice mature dans des scènes de sexe dignes du porno, notamment celle du cunnilingus. Il n'y a même pas d'histoire à ressortir de cet opus que certains sont suceptibles d'apprécier, tout dépend d'où on met le curseur dédié à la sensation de la pudeur. J'ai juste une question : Noémie Lvovsky est-elle mariée ou en couple ?
Réussite absolue, à tous les niveaux. C'est d'abord une merveille dans le jeu des acteurs, qui à travers leurs différences et leurs singularités forment comme une troupe, un collectif. Et le film prend de front les impensés et refoulés des gentils bobos, dans une forme de vaudeville super rythmé et très drôle. Le tout est énergisant, et la réunion finale des protagonistes est super réussie. Pour moi, et de loin, le meilleur Guiraudie.
Mitigé. Du Guiraudie qui se veut léger en abordant son récit sous le signe de la comédie. Il faut le dire vite, ce n’est pas parce qu’il y a quelques séquences qui prêtent à sourire que c’est une comédie. Guiraudie se veut léger avec des propos qui relèvent de la conversation de comptoir.
Certes, il a raison, il ne faut pas mettre dans le même panier les arabes avec les djihadistes ou les radicaux musulmans ; certes, la prostitution est un noble métier, les femmes qui la pratiquent sont aussi des femmes recommandables. Mais tous ça c’est convenu, c’est presque enfoncer des portes ouvertes. Avec des convaincus comme moi, il prêche dans le désert. Toutefois il est bon de le rappeler pour les esprits obtus.
A vouloir combattre les clichés, son film coche toutes les cases des clichés. C'est sans doute pour dénoncer justement... les clichés ! Guiraudie m’a habitué à mieux en terme de propos tenus et soutenus. Seulement, s’il veut que son discours sur les arabes, la xénophobie, le vivre ensemble soit bien gobé par le spectateur, quid de la violence faite aux femmes ? Je croyais Guiraudie tolérant et grand combattant de toutes les causes. Les propos tenus par le mari d’Isadora prêtent à l’indignation. Evidemment, ce n’est pas Guiraudie qui parle, c’est le mari ! C’est un personnage qui ne s'embarrasse pas de scrupules, il est violent parce qu’il aime sa femme, voilà sa justification. En retour Médéric ne semble pas convaincu ; et là c’est du Guiraudie qui s’exprime et me voilà rassuré. Mais est-ce pour jouer l’apaisement ?
Après tout, Jean Guiraudie a le droit de brosser des personnages qui ne correspondent pas toujours à un esprit #MeToo. Et tant mieux. Seulement, ce qui vaut pour la xénophobie vaut pour la violence faite aux femmes.
Ça partait bien avec la rencontre Médéric - Isadora, le récit semblait s’amuser avec l’absurdité mais très vite le film s’installe dans du conventionnel avec un message social assez primaire. La situation de Selim (Iliès Kadri), sdf, est assez prévisible. Seule la scène du cauchemar de Médéric qu’il provoque en dormant chez ce dernier traduit l’angoisse que peut ressentir toute personne lambda qui aurait tendance à tout amalgamer.
Voilà pourquoi je trouve ce « Viens, je t’emmène» un peu timide, paresseux avec des propos passe-partout. Comme à l’image de Médéric (Jean Charles Clichet), ça manque un peu de relief. Quant à Doria Tillier, (que apprécie beaucoup) je me pose encore la question de sa présence. Elle travaille, c’est l’essentiel…
Je salue la prestation courageuse de Noémie Lvovski (Isadora) qui se met nue. Il me semble que c’est la première fois que je la vois jouer nue. A travers elle, je salue Jean Guiraudie qui sait mettre en valeur des corps nus qui correspondent à une réalité. Des corps fatigués, des corps qui ne correspondent pas à des critères de minceur, de jeune âge. Des corps vrais qui ne sont pas retapés par photoshop.
Joli navet dans lequel on se demande encore comment des acteurs aussi talentueux ont pu se fourvoyer. Rien ne nous est épargné, de la scène limite porno en ouverture , en passant par le monde des méchants habitants de cité homophobes, les pauvres Djihadistes à qui on cherche des excuses, spoiler: sans oublier le thème de la prostituée nymphomane et battue par son mari … On aborde mille autres thèmes aussi rapidement que l’on mange un tic-tac , et on en sort avec la désagréable impression d avoir regardé une chaine Info sous Acides
Un Guiraudie riche en rebondissements et dont le mélange des histoires est bien maîtrisé. L'humour trouve sa place de manière subtile. Jean-Charles Clichet a quelque chose dans le jeu qui rappelle Vincent Macaigne, dans la sensibilité et la candeur offertes au personnage.
Alain Guiraudie, que l’on pourrait qualifier au risque d’une fatale réduction de radical et de libertaire, a confessé pour Viens je t’emmène vouloir « revenir à la comédie tout en restant ancré dans la réalité et l’actualité sociale ». Il ajoutera également avoir en tête « l’esprit du théâtre de Boulevard » pour ce film ». Incontestablement, il y a dans Viens je t’emmène comme un vaudeville prolifique avec un foisonnement idéologique multiple. Le film recèle en effet tout ce que l’on sait de la pensée Guiraudienne, à l’aune d’un cinéma militant, provocateur et bousculant avec un plaisir non dissimulé les codes de la bienséance. Il peut dire qu’il cherche à « dégager des horizons pour la collectivité ». Cette aspiration est très présente dans Viens je t’emmène, tant il semble vouloir déconstruire les clichés et stéréotypes, et se pose en défricheur anthropologue d’une utopie perdue… Il montre énormément en peu de temps.
Le film aborde pêle-mêle la prostitution, le terrorisme, le racisme, l’exclusion, à travers une galerie de personnages et de situations hautes en couleurs, et en effet toute vaudevillesques. Il en ressort parfois un aspect foutraque total, mais l’ensemble se tient avec force, à travers notamment le personnage de Médéric, qui fait lien. Nous sommes ici dans une folie farandolesque, une exacerbation des névroses. C’est un film de superpositions permanentes et d’accumulation de bizarreries.
Viens je t’emmène, à la sauce vitriolée nous parle tragi-comiquement de nous-mêmes… C’est parfois gracieux, parfois atrocement consternant, mais toujours pertinent dans son impertinence. Un type de cinéma émancipateur qu’il est bon de défendre et de soutenir.
Guiraudie s'affranchit avec bonheur des canons de la comédie sentimentale et dresse le portrait déconcertant, glaçant d'une France de défiance et de division. On se dit dans un premier temps que tout semble absurde puis, à la réflexion, qu'on a rarement vu une oeuvre aussi réaliste. Un film qui nous fait sortir de la caverne, et surtout nous encourage à penser en dehors de nos préconceptions.
Comédie qui fonce dans l'absurde et le décalé. L'histoire démarre bien mais s'éteint petit à petit : l'intrigue manque de précision, beaucoup d'idées se bousculent sans qu'une direction plus claire ne vienne les encadrer. Jean-Charles Clichet démontre une nouvelle fois tout son potentiel comique. Clermond-Ferrand devrait être plus souvent utilisée comme décor tant elle est cinématographique.
Médric est un homme banal, un peu monsieur tout le monde, alors quand il tombe amoureux d'une prostituée, sa vie change, comme cela n'est pas tout, il aide également au meme moment un musulman Selim, celui ci n'a rien pour donner confiance surtout après les attentats dans le quartier ou Médéric pense qu'il pourrait y etre impliqué. Peureux celui ci appelle la police , comme toujours il fuit par peur mais cette fois ci il pourra pas fuir. J'ai mis 3/5
On ne peut pas vraiment parler de comédie pour résumer ce joyeux bordel qu'est ce film tant il aborde une multitude de sujets. Médéric est amoureux d'une prostituée, Isadora, dont le mari est jaloux, et pour couronner le tout, le jeune Selim qui traîne en bas de l'immeuble de Médéric est soupçonné d'avoir commis des attentats. Bref, c'est complétement foutraque! Et pourtant, Noémie Lvosky n'hésite pas à se mettre à nu dans ce film situé à Clermont-Ferrand. Franchement, c'est vraiment trop confus pour accrocher aux idées que veut véhiculer le cinéaste, Alain Guiraudie. L'absurdité de l'histoire donne un résultat raté à mon goût.
Un garde-fou s'érige face cette cruauté de notre société en manque de repères : "Viens je t'emmène". Une lecture pas si loufoque, qu'elle ne le laisse pourtant à première vu transparaître : nous sommes des êtres sociaux, unis dans le meilleur comme dans le pire. Dommage que cette approche subtile soit "maltraitée" par une mise en scène frôlant l'amateurisme, des acteurs à la post production.