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Claude DL
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2,0
Publiée le 16 juillet 2019
J'ai été attiré par ce film, en raison des acteurs, Nathalie Baye et Benoit Magimel, que j'apprécie, et du lieu de l'intrigue que je connais bien. Et bien ça ne suffit franchement pas. D'abord le propos gauchiste pénible (les patrons voyous, les pauvres ouvriers...), ensuite le montage, avec beaucoup trop de passages à vide, puis la morale de l'histoire, totalement absente, enfin le dénouement qui ne rattrape rien du reste. Vraiment évitable.
A mon sens, peut-être le meilleur film de Xavier Beauvois, en tout le plus personnel, qui permet au réalisateur du "Petit Lieutenant" de renouer avec son milieu ouvrier. Beauvois emprunte à Sautet la justesse de ton et parvient comme son aîné à magnifier une histoire simple, d'en faire subitement une tragédie grecque et universelle. "Selon Matthieu" n'échappe pas à cette règle et offre à Benoît Magimel l'un de ses plus beaux rôles. Une oeuvre forte et douée de sensibilité. Comme un coup de poing dans le ventre.
L'histoire d'un mec qui va apprendre que la cigarette tue effectivement. Tout y est, de bons acteurs, une histoire mélodramatique dans l'air du temps des délocalisations, un bon gars qui en veut à la terre entière, des pauvres ouvriers montrés sans humour et sans fard, et les bourges biens croqués qui s'en foutent d'autant plus que les blaireaux sont biens beaufs et sont bien incapables de se révolter. Hélas, le rythme, l'absence totale d'imagination dans la mise en scène, dans la volonté d'effets et simplement dans l'histoire font que rien ne fonctionne. On s'ennuie carrément ferme. Le seul intérêt est peut-être le personnage de Magimel, qui a les moyens de sortir de sa condition de prolo par son intelligence et son exigence, mais le film passe son temps à rendre son comportement irréaliste et contradictoire. Le pire, c'est que tout se tient si l'on part du postulat que c'était foutu d'avance vues les positions sociales et culturelles des personnages, mais un film ne doit pas être une explication de texte, surtout d'une telle lenteur. La faute aussi à une succession de coupes qui ne permettent pas de vibrer pour l'histoire. Un ratage complet, qui englue des acteurs parfaitement capables. L'autre problème est aussi la caméra, désespérément fixe et captant chaque jour de mauvais temps, jusqu'à en sortir une atmosphère faussement glauque à côté de la plaque quand on connaît le bord de mer normand.
Un film vraiment à coté de la plaque. Il se veut réaliste à la manière de Ken Loach, mais n'est pas cohérent. Des pseudos tirades sur la mondialisation , imbriquées au milieu d'un intrigue sentimentale.Pourquoi l'ouvrier humilié irait-il séduire la grande bourgeoise , responsable indirecte, de la mort de son père ??? . Est-ce cela sa conception la lutte sociale ? , la seule chance de vengeance. Cela n'a aucun sens..C'est un peu comme ci Besancenot tombait amoureux de Parisot..De plus c'est très lent et les plans n'en finissent pas. Le mieux est la scène d'ouverture à la chasse , très bien filmée.;Une des rares fois où la chasse est montrée de manière réaliste au cinéma . Et Nathalie Baye qui est plutôt bien..je ne comprend pas bien les si bonnes critiques, Probablement parce que le thème est très "politiquement correct" et anti- mondialisation..
Beauvois commence à se faire un nom doucement mais surement, et s'impose comme l'un des acteurs/réalisateurs les plus inspirés de sa génération. Magimel fait merveille dans ce film peut être trop ambitieux scénaristiquement.
Cette relation restera terne et peu sulfureuse. La vengeance n'y prend jamais sa place et on est forcément déçu par cette mise en scène où d'évidence rien ne fonctionne. Seule reste une relation père-fils gâchée et une amourette peu trépidante, mais rendue sincère par ses seuls interprètes.
Film plutot sympa, bien portés par les acteurs et actrices du film. Benoit Magimel en révolté, pour aider, puis venger son père. Prechant seul dans le désert contre vents et marées.
Comment on peut faire tout un film réaliste sur une sujet sérieux avec une hypothèse de départ totalement impossible ? Impossible de virer ainsi du jour au lendemain quelqu'un pour un motif aussi futile.
Un beau film de X. Beauvois avec B. Magimel et N. Baye dans les rôles principaux. On est presque dans un film de Chabrol avec une mise en situation dans la province normande. Pourtant au début on pourrait penser à un film social. C'est un peu des deux...sur fond social on est plongé dans le contraste ouvrier-bourgeoisie. Qui piège l'autre? Au final c'est toujours le même gagnant.
Un film noir et âpre. Le chemin de la vengeance froide et amère. L’amour est un moyen de détruire même si la fin n’est pas celle qu’on attend. Comme un combat inégal…
Matthieu est ouvrier dans une usine de Normandie. Traumatisé par le licenciement de son père pour faute grave (il a fumé dans les ateliers), puis par la mort de ce dernier, Matthieu décide de se venger en séduisant la femme du patron... "Selon Matthieu" bénéficie en premier lieu de ses très bons interprètes. Dont Benoît Magimel en beau prolétaire au coeur noir et aux intentions troubles. Que veut-il au juste, se payer la tête du patron, ou a-t-il un plan plus sournois ? Face à lui, Nathalie Baye en épouse oisive qui a tendance à flirter avec l'égoïsme. Il y a également de bonnes idées. Dans la relation entre deux personnes issues de catégorie sociales opposées. Dans la peinture de l'industrie de la fin des années 90. Où les délocalisations ont commencé, et s'apprêtent à déferler. Et où les règles de sécurité paraissent bien laxistes : tout le monde travaille dans l'atelier en T-shirt, sans gants ni lunettes, et l'on se plaint de l'interdiction récente de fumer ! Xavier Beauvois ancre par ailleurs son portrait dans la Normandie, mettant à l'honneur Etretat à plusieurs reprises. Sa mise en scène reste toutefois sage, à part peut-être une séquence amusante de rêve de chasse (la meilleure du film ?). Je serai en revanche davantage mesuré sur le scénario. Le trouble autour des intentions de Matthieu semble surtout servir à éviter d'avoir à les développer (que voulait-il au juste ?). Jusqu'à un final pas très convaincant.
L'idée de cette vengeance ouvrière met un certain temps à se dessiner, Beauvois faisant traîner l'affaire sans que l'on sache toujours bien quelle sera la destination. Appuyé sur un casting sérieux où Benoît Magimel prend quand même le dessus, le film explore une question sensible avec un certain doigté, même s'il n'est pas exempt de caricatures.
Pas inintéressant mais, malgré un scénario co-signé par Catherine Breillat, insuffisamment osé pour emporter l'adhésion. De fait, on a l'impression d'avoir été confronté de nombreuses fois à un tel sujet, que Beauvois traite de manière superficielle, en usant de certains poncifs et d'une fin cousue de fil blanc. De même, certains personnages ne trouvent jamais vraiment leur place (par exemple, Eric, interprété par le trop rare Antoine Chappey). Si Magimel et Baye sont convaincants, Matthieu et Claire manquent du venin dont Chabrol les aurait affublés. En effet, on ne peut s'empêcher de penser à ce que le réalisateur de "La Fleur du Mal" aurait fait d'une telle histoire...
Film ennuyeux au rythme mou, avec de nombreuses séquences sans intérêt, malgré la présence de Nathalie Baye et de Benoît Magimel. L’approche de la lutte des classes est infantile, sans argumentaire et invraisemblable. N’est pas Ken Loach qui veut !