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Tumtumtree
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4,5
Publiée le 21 juin 2021
Très beau film, porté par un Vincent Macaigne inattendu et vraiment exceptionnel. La bande-annonce, haletante, correspond bien à la réalité de ce film qui s'apparente à une tragédie grecque se jouant en une nuit. Le film s'ouvre avec une belle séquence de dialogues sur l'importance des sentiments dans la vie, rappelant les premières minutes si intenses de De battre mon cœur s'est arrêté de Jacques Audiard. Rapidement la situation est posée : les mauvais deals de substituts, l'épouse qui menace de mettre un terme à la relation, la maîtresse qui fait mine de ne pas tenir à son amant, le cousin pharmacien et ses combines louches, etc. Tout va se décider en une nuit, la nuit du film. Le corps à corps permanent de la caméra, qui peut paraître un peu oppressant au début, s'avère en fait un choix de mise en scène idéal pour suivre au plus près ce médecin de nuit mobilisé sur tous les fronts. La musique est très réussie et accompagne parfaitement les revirements de l'intrigue. Tous les comédiens jouent juste et incarnent des situations d'une grande véracité relationnelle et émotionnelle. Les courtes scènes de consultation nocturnes fonctionnent particulièrement bien, notamment car les auteurs ont compris qu'il était plus pertinent de laisser le sort de tous ces patients en hors-champ et de ne pas tout dire. Au bout d'1h ou 1h10, la machine se dérègle un peu, cependant. Quelques scènes n'ont plus du tout le niveau des premières. Mais la toute fin sauve l'ensemble par ses beaux effets de mise en scène, et toujours cette subtilité du non-dit et du hors-champ. Une grande réussite (malgré quelques petits défauts...) !
Médecin de nuit compte deux personnages particulièrement marquants : le praticien qui se bat pour venir en aide à ceux que l'on ne veut pas voir (les toxicomanes) au cœur de longues nuits sans sommeil et l'indispensable Carte Vitale, sésame pour accéder au Subutex, médicament dont le nom est prononcé au moins deux fois par minute. Après Les Anarchistes, qui malgré son style peinait dans sa narration, le troisième long-métrage de Elie Wajeman confirme le talent du réalisateur à créer des ambiances mais aussi le manque d'aboutissement de ses scénarios, somme toute "légers" eu égard à l'ambition des projets. On est quand même assez loin d'un Scorsese, Friedkin ou Gray et les scènes de baston ne semblent avoir été écrites que pour essayer de donner du rythme à l'intrigue qui manque d'épaisseur. Même constat pour les seconds rôles qui n'interagissent que sporadiquement avec le héros et d'une manière que l'on peut juger un tantinet artificielle. Le film devrait prendre davantage aux tripes, ce qui est rarement le cas, il s'agit plutôt de stress et de hausse de tension. Médecin de nuit vaut surtout pour la prestation de Vincent Macaigne, remarquable de bout en bout, sur le fil du rasoir des émotions, capable de passer de la douceur à la violence en quelques minutes, donnant le sentiment que la tragédie surviendra avant l'aube et que, peut-être, il la souhaite intérieurement. Tout cela et bien d'autres sentiments, l'acteur le sublime sans surjouer un seul instant.
Le film nous embarque dans une souricière névrotique dès les premières minutes. Elie wajeman a su utiliser les potentialités dramaturgiques d'une barbe Macaigne filmée en très gros plan dans les lumières de la nuit parisienne. Il a su surtout découvrir que le corps bouillonant de notre icone romantique parisien était aussi un grand vaisseau pour un thriller à la new-yorkaise. Cette immersion entre toxicos et médecins dealeurs mets efficacement tout le monde sur un même plan psychologique. L'addiction comme le deal sont pour chacun une seule et même fuite en avant. C'est peut être dans l'hésitation entre le mordoré d'une nuit existentialiste à la James gray et une véritable plongée trash dans l'enfer des addicts à la Mad love in new york que le film patine un peu. Ainsi la psychose et le sale semble être mis hors champ pour éviter de nuir au monde de la misère sociale. Enfin la virilité de Mikael le médecin vient le sauver de tout les guépiers qu'il avait lui même créé. À un détail final près, tout se résout à coup de tatane comme si ni la réalité sociale ni sa psychée n'était finalement de grandes entraves.
Ce film décrit très bien le travail quotidien d'un médecin de nuit joué magistralement par Vincent MACAIGNE. On suit avec beaucoup d'intérêt l'histoire finalement très mouvementée de ce médecin qui se trouve pris dans un engrenage dangereux. La réalisation est très efficace et bien rythmée durant toute la durée de la projection.