Médecin de nuit
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Yves G.

1 897 abonnés 4 148 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 juin 2021
Mikaël (Vincent Macaigne) est médecin de nuit à Paris. Chaque nuit, à bord de sa Volvo hors d'âge, sa lourde sacoche vissée au bras, il sillonne les rues de Paris pour soigner les malades et apaiser les crises d'angoisse.
Mais Mikaël est un homme divisé, moins lisse qu'il n'y paraît. S'il chérit ses deux fillettes et reste attaché à Sacha, leur mère (Sarah Le Picard), il entretient une liaison fusionnelle avec Sofia (Sara Giraudeau), une jeune doctorante en pharmacie dont son bouillonnant cousin Dimitri (Pio Marmaï), avec qui Mikaël a grandi, va pourtant demander la main. 
Plus grave : à la demande de Dimitri, Mikaël a accepté de participer à un trafic de fausses ordonnances qui risque de mal tourner.
Une nuit vient où Mikaël, sentant la catastrophe approcher, décide de remettre de l'ordre dans sa vie.

Elie Wajeman est un jeune réalisateur français que j'ai eu la chance d'écouter brillamment présenter son film. "Médecin de nuit" est sa troisième réalisation après "Alyah" en 2012 (où Pio Marmaï - déjà - interprétait un personnage qui, comme Vincent Macaigne devait, l'espace d'une nuit, trancher un choix cornélien) et "Les Anarchistes" en 2015. L'intelligence avec laquelle il en parle, les détails qu'il fournit sur son inspiration et sur les questions qu'il s'est posées durant le tournage et la façon dont il y a répondu, m'ont conduit à reconsidérer mon opinion sur un film auquel je n'aurais peut-être pas spontanément accordé trois étoiles.

Elie Wajeman reconnaît volontiers les dettes nombreuses que son cinéma a contractées. Des dettes à l'égard du cinéma noir américain du Nouvel Hollywood : "Mean Streets" de Martin Scorsese, "La nuit nous appartient" de James Gray. Mais des dettes aussi à un cinéma français plus ancien : celui qui, dans les années cinquante, filmait Pigalle et sa pègre ("Touchez pas au grisbi" de Jacques Becker, "Du rififi chez les hommes" de Jules Dassin, "Bob le flambeur" de Jean-Pierre Melville). À ce cinéma, il a emprunté ses galeries de personnages archétypaux, ses ambiances nocturnes, son unité de temps et son sens du tragique.

Le cinéma de Elie Wajeman n'en demeure pas moins profondément contemporain. C'est avec un amour palpable le Paris du dix-neuvième arrondissement qu'il filme, ses longues avenues sans âmes qui scintillent sous la pluie froide d'un hiver rigoureux, sa faune interlope.

Le film est porté à bout de bras par Vincent Macaigne. Elie Wajeman raconte qu'il avait été écrit pour un autre acteur - dont il ne dévoile pas le nom. On peine à le croire tant son interprète s'est glissé à la perfection dans le rôle.
On le connaissait pour ses interprétations, un brin répétitives, de quarantenaires barbus et gentiment paumés, dans des comédies françaises d'avant-garde, plus ou moins réussies.
Son potentiel dramatique éclate avec ce film noir, minéral, sans humour. Il joue, avec une subtilité qu'on ne lui imaginait pas, un personnage sur la brèche, hésitant face à plusieurs choix, professionnels et familiaux. Le scénario laisse ouvert plusieurs perspectives. Sa conclusion est un modèle du genre, offrant l'occasion de débats enflammés à la sortie de la salle. On a demandé à Elie Wajeman le sens de ce dernier plan. Il nous a répondus. Sa réponse en mp.....
saharasha
saharasha

12 abonnés 7 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 juin 2021
Excellent film. Très jolie réalisation, une performance magistrale de Vincent Macaigne, un film rythmé qui a gardé mon attention du début à la fin
Tumtumtree
Tumtumtree

206 abonnés 589 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 juin 2021
Très beau film, porté par un Vincent Macaigne inattendu et vraiment exceptionnel. La bande-annonce, haletante, correspond bien à la réalité de ce film qui s'apparente à une tragédie grecque se jouant en une nuit. Le film s'ouvre avec une belle séquence de dialogues sur l'importance des sentiments dans la vie, rappelant les premières minutes si intenses de De battre mon cœur s'est arrêté de Jacques Audiard. Rapidement la situation est posée : les mauvais deals de substituts, l'épouse qui menace de mettre un terme à la relation, la maîtresse qui fait mine de ne pas tenir à son amant, le cousin pharmacien et ses combines louches, etc. Tout va se décider en une nuit, la nuit du film. Le corps à corps permanent de la caméra, qui peut paraître un peu oppressant au début, s'avère en fait un choix de mise en scène idéal pour suivre au plus près ce médecin de nuit mobilisé sur tous les fronts. La musique est très réussie et accompagne parfaitement les revirements de l'intrigue. Tous les comédiens jouent juste et incarnent des situations d'une grande véracité relationnelle et émotionnelle. Les courtes scènes de consultation nocturnes fonctionnent particulièrement bien, notamment car les auteurs ont compris qu'il était plus pertinent de laisser le sort de tous ces patients en hors-champ et de ne pas tout dire. Au bout d'1h ou 1h10, la machine se dérègle un peu, cependant. Quelques scènes n'ont plus du tout le niveau des premières. Mais la toute fin sauve l'ensemble par ses beaux effets de mise en scène, et toujours cette subtilité du non-dit et du hors-champ. Une grande réussite (malgré quelques petits défauts...) !
traversay1

4 552 abonnés 5 503 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 juin 2021
Médecin de nuit compte deux personnages particulièrement marquants : le praticien qui se bat pour venir en aide à ceux que l'on ne veut pas voir (les toxicomanes) au cœur de longues nuits sans sommeil et l'indispensable Carte Vitale, sésame pour accéder au Subutex, médicament dont le nom est prononcé au moins deux fois par minute. Après Les Anarchistes, qui malgré son style peinait dans sa narration, le troisième long-métrage de Elie Wajeman confirme le talent du réalisateur à créer des ambiances mais aussi le manque d'aboutissement de ses scénarios, somme toute "légers" eu égard à l'ambition des projets. On est quand même assez loin d'un Scorsese, Friedkin ou Gray et les scènes de baston ne semblent avoir été écrites que pour essayer de donner du rythme à l'intrigue qui manque d'épaisseur. Même constat pour les seconds rôles qui n'interagissent que sporadiquement avec le héros et d'une manière que l'on peut juger un tantinet artificielle. Le film devrait prendre davantage aux tripes, ce qui est rarement le cas, il s'agit plutôt de stress et de hausse de tension. Médecin de nuit vaut surtout pour la prestation de Vincent Macaigne, remarquable de bout en bout, sur le fil du rasoir des émotions, capable de passer de la douceur à la violence en quelques minutes, donnant le sentiment que la tragédie surviendra avant l'aube et que, peut-être, il la souhaite intérieurement. Tout cela et bien d'autres sentiments, l'acteur le sublime sans surjouer un seul instant.
Joce2012
Joce2012

269 abonnés 789 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juin 2021
Bon film, bien interprété, l'engrenage des gens trop gentils qui ne savent pas dire stop ... l'argent, la drogue, la dérive. ..tout y est !
Eliane Chantreau
Eliane Chantreau

1 abonné 1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 16 juin 2021
Mediocre, vide, ce film ne m'a fait ressentir aucune émotions, la seule scène à la limite digne d'un thriller est à la fin, vraiment décevant.
alexandre r.
alexandre r.

2 abonnés 10 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juin 2021
Le film nous embarque dans une souricière névrotique dès les premières minutes. Elie wajeman a su utiliser les potentialités dramaturgiques d'une barbe Macaigne filmée en très gros plan dans les lumières de la nuit parisienne. Il a su surtout découvrir que le corps bouillonant de notre icone romantique parisien était aussi un grand vaisseau pour un thriller à la new-yorkaise.
Cette immersion entre toxicos et médecins dealeurs mets efficacement tout le monde sur un même plan psychologique. L'addiction comme le deal sont pour chacun une seule et même fuite en avant.
C'est peut être dans l'hésitation entre le mordoré d'une nuit existentialiste à la James gray et une véritable plongée trash dans l'enfer des addicts à la Mad love in new york que le film patine un peu. Ainsi la psychose et le sale semble être mis hors champ pour éviter de nuir au monde de la misère sociale.
Enfin la virilité de Mikael le médecin vient le sauver de tout les guépiers qu'il avait lui même créé. À un détail final près, tout se résout à coup de tatane comme si ni la réalité sociale ni sa psychée n'était finalement de grandes entraves.
Coric Bernard

463 abonnés 881 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 septembre 2020
Ce film décrit très bien le travail quotidien d'un médecin de nuit joué magistralement par
Vincent MACAIGNE. On suit avec beaucoup d'intérêt l'histoire finalement très mouvementée de ce médecin qui se trouve pris dans un engrenage dangereux.
La réalisation est très efficace et bien rythmée durant toute la durée de la projection.

Bernard CORIC
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