Un autre monde
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SansCrierArt
SansCrierArt

58 abonnés 432 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 février 2022
Philippe dirige une des cinq usines françaises du groupe mondial Elson. Ordre est donné à toutes les usines européennes de baisser de 10% les effectifs.

Brizé présente le 3ième volet de sa série sur le monde du travail. Après avoir incarné l'employé modèle (La loi du marché) puis le syndicaliste (En guerre) Vincent Lindon endosse ici le costume du dirigeant. Un directeur d´usine auquel on demande d´appliquer des directives que sa conscience sociale et son bon sens ne parviennent plus à assumer.

Un dirigeant dévoué qui a sacrifié sa vie de famille à son travail sera t-il prêt à piétiner tous ses principes sous les ordres des actionnaires ?

En positionnant sa caméra du côté du dirigeant, Brizé pointe le doigt sur un système capitaliste qui dans sa quête absolue de profit, au détriment de toute considération pour l´humain et pour les limites de la production, broie de l'ouvrier jusqu´aux cadres dirigeants. Le réalisateur met en images, comme il sait si bien le faire, au plus près du réel dans les joutes verbales, séquences longues qui laissent la complexité ou l'incongruité des débats apparaître, au plus près des visages, s´accordant de longs plans pour laisser l'émotion prendre sa juste place.

Sandrine Kiberlain, ici en épouse éplorée, est comme toujours bluffante. Le jeu sensible et précis d'Anthony Bajon, dans le rôle du fils étudiant qui, poussé par la pression de la réussite à tous prix, a déjà basculé dans un autre monde, émeut. Vincent Lindon, qui a participé à l'écriture du scénario, est, comme il est chaque fois, tout simplement magistral. Un immense comédien qui, rôle après rôle, n´a de cesse de nous cueillir.
Coric Bernard

455 abonnés 851 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 décembre 2021
Ce nouveau film de Stéphane BRIZE est tout à fait dans la lignée de ces précédentes réalisations. Là encore, c’est le thème du travail avec le monde de l’entreprise et ses problèmes humains qui est évoqué. Dans ce film très réussi, on y trouve un Vincent LINDON en chef d’entreprise bouleversant de sincérité face à sa propre hiérarchie impitoyable. Le monde de l’entreprise traité dans ce film est en effet d’une cruelle réalité avec les conséquences humaines qui en découlent et c’est fort bien démontré dans ce film.

Bernard CORIC
jroux86
jroux86

17 abonnés 47 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juillet 2022
De remarquables dialogues, encore une fois. Dont la mise en scène est peut-être moins axée sur le choc entre les différents discours - il faut rappeler que, dans En guerre, il s’agissait de dialogue social ; ici les discussions se tiennent presque exclusivement entre dirigeants. Dans Un autre monde, Brizé semble davantage s’attacher à la sémantique, et parvient très bien à faire percevoir le travestissement du langage et du sens des mots, par une caste de décideurs dont il fait un portrait peu reluisant - avec, sous le coude de chacun d’entre eux, cette "loi du marché" qui serait la norme linguistique (le "dictionnaire" serait-on tenté de dire) et incontestable.
Ainsi peut-on entendre, entre autres exemples, de la bouche de Lindon (qui joue cette fois le rôle du chef d’entreprise), s’adressant à son DRH qui vient de lui expliquer qu’il sait très bien, lui, pour les recevoir chaque jour dans son bureau, l’usure et la fatigue des employés dus aux cadences infernales et à la succession des plans sociaux : "Oui mais tu me parles de nos collaborateurs les plus fragiles...". Réponse du DRH : "Mais c’est l’entreprise qui les a fragilisés !". Les mêmes mots, utilisés à des fins toutes différentes...
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 février 2022
Stéphane Brizé conclut avec Un autre monde sa trilogie commencée par La loi du marché, puis poursuivie par En guerre, et le moins que l'on puisse dire, c'est que la finesse et la profondeur du propos s'est dégradée au fil des trois films.

Dans son dernier opus, Brizé dresse le tableau d'un patron d'usine obligé par son méchant actionnaire américain de licencier 10% de ses effectifs. Et c'est pratiquement tout.

Evidemment, cela ne suffit pas à remplir tout un film. Il faut donc ajouter un peu de drama familial à travers le tableau touchant (même si pas très bien dessiné) d'un fils qui pète les plombs sous la pression d'une école de commerce.

Si les acteurs sont formidables (Lindon, Kiberlain, Bajon) et certaines situations criantes de vérité (la scène formidable du divorce), le film pêche tout de même par un manque de densité et de vraisemblance. Les passages en entreprise sont particulièrement peu convaincants. Un seul exemple : le travail du personnage joué par Lindon semble consister à annoter des papiers devant un ordinateur allumé. Une petite dizaine de plans de ce genre ponctuent le film, comme si Brizé était incapable d'inventer une autre activité pour un directeur d'usine.

Quant à la fin pontifiante et sentimentale, elle couronne le contenu programmatique d'un film malheureusement très balisé.
Olivier Gallais
Olivier Gallais

45 abonnés 86 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 février 2022
Un film aux sujets durs, bouleversants, qui vous remue. Des acteurs épatants. Un film brillant et intelligent. Du grand Stéphane Brizé !!!
Aubert T.
Aubert T.

143 abonnés 159 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 février 2022
Concision, intensité, le cinéma de Brizé arrive à rendre ici limpide cette question ultra contemporaine : que pèsent nos valeurs morales face aux stratégies du grand groupe international qui nous donne le beefsteak ?
On pourrait reprocher au film un certain manichéisme à la Ken Loach. Mais la réalité de la vie en entreprise est souvent bien pire que ce que ce film nous montre, bien pire que ces dialogues où un plan de licenciement est qualifié de "management courageux".
Ajoutons au scénario très documenté l'excellence du jeu des acteurs. Si Lindon et Kiberlain n'ont certes plus rien à prouver, on est en revanche vraiment étonné par Marie Drucker (incroyable en femme de fer dans un gant de velours) et par Anthony Bajon (ahurissante première scène où il apparaît à l'écran.)
Tout ceci participe à la justesse de ce film qui atteint le cœur de sa cible.
petitbandit
petitbandit

117 abonnés 679 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 février 2022
Si certains doutaient du virage à gauche toute pris par V Lindon en matière cinématographique, le doute n'est à présent plus permis. 1h30 d'un film tourné comme un documentaire ou cadres, employés, syndicats et direction parlent tour à tour pour expliquer et démêler l'inévitable plan social. S Kiberlain a un rôle à minima elle qui ne veut pas d'argent mais qui veut quoi alors, lol... Une vision bien trop caricaturale d'un grand groupe qui fait face au capitalisme mondial, ben oui on l'a voulu cette Europe ultra-libérale donc le réalisateur même s'il dénonce le cynisme des actionnaires au dépend de l'humain, les actualités nous montrent ce type de situations de façon régulière. La fin vaut aussi le détour avec le responsable qui se transforme en Don Quichotte. Des dialogues creux, aucun personnage n'est sympathique, peu d'émotion me concernant. Décevant...
GilJan
GilJan

6 abonnés 12 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 février 2022
Stéphane Brize fait encore plus fort que La loi du marché avec Un autre monde. Scénario palpitant, dialogues d'une grande précision et dévoilant très efficacement la problématique des enjeux d'une entreprise multinationale et de chacun des acteurs de cette entreprise, du haut de pyramide jusqu'aux ouvriers. Et une description clinique des dégâts humains que produit la logique capitaliste sur les êtres et leur famille. Un film qui dresse un constat terrible sur le monde du travail laissé au libéralisme sauvage. Une tragédie, un film démonstratif sans être partial ni militant. Des acteurs à leur sommet. Bravo !
lionelb30

535 abonnés 2 904 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 mars 2022
Une démonstration efficace du capitalisme mondialisé et de la recherche du profit quoi qu'il en coûte. L'histoire parallèle de la vie familiale se veut un peu émouvante mais n'apporte pas grand chose au sujet principal. Les acteurs principaux sont pas mal mais des acteurs moins connus aurait était plus fort.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 février 2022
Stéphane Brizé se montre magistral dans "Un autre monde", un film qui nous amène aux côtés de Philippe Lemesle, le Directeur d’un site industriel installé dans le Lot-et-Garonne et qui doit procéder à un énième dégraissage dans son personnel, un dégraissage exigé par la direction américaine du groupe Elsonn dont cette usine fait partie. Oui, cette fois ci, la victime du système économique délirant qui règne sur la planète, basé sur les exigences du marché et la compétitivité, ce n’est pas un ouvrier, ce n’est pas un chômeur, c’est un cadre de haut niveau ! Un homme certes très bien payé, un homme dont tout le monde reconnait les qualités humaines mais qui fait partie de ce qu’on peut appeler le prolétariat managérial, un homme pris entre le marteau et l’enclume à qui on demande avant tout d’obéir, et, éventuellement, d’avancer quelques idées innovantes à condition qu’elles n’aillent pas à l’encontre des exigences venant du sommet de la pyramide. Lequel sommet, le big boss américain, avoue lui-même qu’il a, lui aussi, un chef : Wall Street. Par cet aveu, tout est dit !
kpuccino1
kpuccino1

2 abonnés 22 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 février 2022
Bonne claque. Quels acteurs, tout en finesse, subtilité et réalisme. Excellent scénario. Des plans séquences bien filmés et avec de vrais dialogues. Une vision (hélas) bien réaliste des impacts de la gestion purement financière des entreprises, aux dépens de ceux qui la font vivre, donc à ses dépens aussi à un moment donné.
Danielle KASSABIAN
Danielle KASSABIAN

9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 février 2022
Excellent , sujet du film passionnant et pour une fois le point de vu des cadres dirigeants d'une entreprise,les acteurs formidables ainsi que la mise en scène , très bonne idée de représenter une femme comme la patronne autoritaire, Marie Drucker est parfaite
AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 20 février 2022
Depuis 20 ans, à chacun de mes anniversaires, ma femme m'offre une paire de chaussettes. C'est un rituel. Sans même avoir ouvert le paquet, je sais ce qu'il y a dedans. Stéphane Brizé est la chaussette du cinéma français : on connait le contenu sans même avoir vu le film. C'est toujours le même propos, la même histoire, la même vision caricaturale du monde de l'entreprise : celle des salauds de patrons et d'actionnaires qui pressurent jusqu'à la mort les pauvres ouvriers. Un manichéisme poussé à son paroxysme.
Ma critique est téméraire car je devine déjà les objections : "Mais pas du tout, ce monde existe, ces entreprises qui ferment, qui délocalisent, ces plans de restructuration, cette souffrance des salariés, tout cela est une réalité". Et c'est vrai. Mais le problème n'est pas là.
Le problème de Stéphane Brizé c'est qu'il déforme la réalité à des fins idéologiques. Il porte la lumière de son projecteur sur la partie qui l'arrange, occultant l'amont et l'aval de la question sociale qu'il prétend traiter. Imagine-t-on un film pleurant les morts allemands à Dresde en 1945, dénonçant des bombardement alliés assassins, sans mettre l'événement en perspective ? C'est pourtant ce que fait Stéphane Brizé pour parler de la société capitaliste.
L'entreprise industrielle est au coeur d'un ensemble "conception - production - distribution". La mondialisation a mis sous concurrence la partie productive et fortement accru le processus d'externalisation. Les ouvriers occidentaux en sont les victimes directes (et tout le monde a de l'empathie pour ces salariés) MAIS ce processus économique de mise en concurrence n'a pas que des conséquences néfastes : dans les pays où la main d'oeuvre est à moindre coût il permet la croissance et l'essor de la consommation (osons comparer le niveau de vie des Chinois sous Mao avec celui de leurs petits-enfants) et, dans les pays développés, il participe à la satisfaction des besoins des populations par des prix moins élevés et, surtout, génère des millions d'emplois dans la conception, le transport, le marketing, la distribution et bien d'autres secteurs, grâce à l'accroissement de la productivité et des échanges. Pour preuve, rappelons que plus de 80 % des actifs français oeuvrent dans le secteur tertiaire.
Soit Stéphane Brizé occulte volontairement cet aspect ce qui serait intellectuellement malhonnête, soit il ignore les ressorts de l'économie capitaliste dont il dénonce les méfaits. L'irréalisme de nombreuses scènes (les rencontres avec la Direction, le plan d'économie, la procédure de licenciement) incite fortement à croire qu'il ne maitrise pas son sujet. Au lieu d'un film subtil sur notre rapport schizophrénique à la mondialisation, le spectateur a droit à un épisode de Oui-Oui, celui où il découvre le monde de l'entreprise avec ses gentils ouvriers et ses méchants actionnaires ! Et si la réalité était plus complexe ? Et si nous étions également responsables de ce que nous dénonçons ?
Si Stéphane Brizé veut sortir du monde binaire où ses certitudes l'ont enfermé, je lui recommande de voir l'excellent "Ceux qui travaillent" d'Antoine Russbach, qui traite du même sujet avec beaucoup plus de subtilité et, puisqu'il aime dénoncer les affres du capitalisme et de la mondialisation, je l'invite à ouvrir un manuel d'histoire de lycée pour constater ce à quoi ont abouti les nombreux systèmes économiques alternatifs qui, au XXe siècle, ont refusé la loi du marché.
Capcorbirdy
Capcorbirdy

12 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2022
Vu au ciné "UN AUTRE MONDE" de Stéphane Brizé, après "La loi du marché" et "En guerre" le cinéaste clôt un tryptique social qui résonne si fort avec notre monde du travail actuel et dénonce les travers et les dérives du capitalisme et toujours avec son acteur fétiche, Vincent Lindon, ici un cadre supérieur, directeur régional, à qui on demande de procéder à un plan social, en renvoyant 10% de l'effectif.En même temps que cette "séparation" professionnelle qu'il va devoir assumer, le quinquagénaire, à un tournant décisif de sa vie, doit faire face à une vraie séparation intime avec sa femme, la mère de ses deux enfants, qui lui reproche de l'avoir sacrifiée au profit de son travail, trop invasif, d'ailleurs le film commence par un panoramique sur les photos des meilleurs moments en famille puis bascule sur une réunion juridique avec les deux membres du couple et leurs avocats.Mais le gros du film est cette gestion du plan social que cet homme considéré comme humain par ses employés va devoir expliquer et faire passer...ou détourner, coincé entre sa directrice générale et ses employés, entre le capitalisme forcené et inhumain, prêt à tout pour enrichir les fonctionnaires, et la réalité du terrain, comme broyé par le système. Dans ce thriller autant intimiste que social, le cinéaste filme cette vie qui se brise et ces doutes qui rongent cet homme, un vrai dilemme moral qui lui est imposé et qu'il doit assumer.C'est à la fois cliniquement froid et humainement déchirant, cruel et révoltant aussi.Stéphane Brizé, une nouvelle fois, réussit à nous captiver par la justesse et la vérité de sa mise en scène, filmant au plus près les visages et les silences si parlants.Vincent Lindon est une nouvelle fois exceptionnel de justesse et d'intensité, ici dans le rôle d'un cadre en perte de repères, plus intériorisé mais aux silences si expressifs, comme dans cette séquence de visite de la maison, uniquement filmée à travers son regard, l'acteur dévore le film, Sandrine Kiberlain étant plus en retrait, mais encore parfaite, car même si ici elle pleure beaucoup elle le fait si bien, avec une touchante fragilité, plus Anthony Bajon, dans le rôle du fils en plein "burn-out" étudiant, qui confirme, malgré le trop peu de scènes, son talent particulier.Une mention aussi particulière pour Marie Drucker, excellente en directrice, dame de fer dans un gant de fer, imperturbable.Du cinéma vérité implacable qui n'oublie pas d'être profondément humaniste, nécessaire et réussi.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 19 février 2022
note élevée incompréhensible de la presse, ce film est lourd, empli de longueurs, ennuyeux, caricatural, plan interminable sur des photos de famille au début puis longue scène tendue du divorce avec gros plans sur les visages larmoyants de Lindon et Kimberlain, tout le film met en avant Lindon, scènes réalistes sur les discussions entre managers, avec les équipes des employés et la hiérarchie, style documentaire. scènes de famille trop longues, le fils en Burn out et ses calculs fous, jouant au football et animant lentement une marionnette ... et la mise en vente de l'appartement avec encore gros plan du visage de Lindon ravagé, sans paroles, très long encore ... à éviter, allez voir plutôt les jeunes amants !
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