3340 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
319 critiques spectateurs
5
55 critiques
4
140 critiques
3
75 critiques
2
33 critiques
1
12 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Andre Patain
1 abonné
6 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 15 février 2022
Percutant !! la démonstration est éloquente sur le malaise des grands patrons pris entre leur désir de réussite personnelle et leur engagement professionnel . Les problèmes familiaux liés à cette situation sont bien évoqués ... L'ensemble est bien enlevé et on ne voit pas le temps passer ... Vincent Lindon est parfait dans le personnage et complète ainsi la trilogie débuté avec les films précédents sur un thème similaire : "la loi du marché" et "En guerre". Un cinéma intelligent et engagé .
Un beau portrait d'un chef d'entreprise tiraillé, on le savait déjà Vincent Lindon est un grand acteur, ça se confirme vraiment : on ressent à chaque moment la pression de l'homme qu'il interprète ce qui en fait un film assez fort ! Ça aurai pu être encore mieux peut être, l'impact de sa vie pro dans son couple Avec Sandrine Kimberlain n'est pas bien exploité : du coup elle passe au second plan !
Stéphanie Brizé ressasse une nouvelle fois ses thématiques favorites, et plus les films passent et moins il semble inspiré. Ici, le scénario est cousu de fil blanc et aucun élément, même infinitésimal, ne vient contrarier un déroulement ultra prévisible. L'absence de finesse dans l'écriture rend l'ensemble terriblement grossier, en témoigne la métaphore finale du pantin. Même la forme est bancale, particulièrement le montage avec certaines scènes, par exemple celle à l'hôpital, anormalement étirées. Vincent Lindon, acteur fétiche de Brizé, est comme souvent impeccable et porte ce drame à la frontière du documentaire.
Je suis déçu d'avoir été déçu . Trop de clichés dans ce film qui accumule tous les maux de notre société en 1h30. Ce qui fait la qualité d'un film est la nuance, celui-ci en manque totalement. Dommage.
Ce film a ni queue, ni tête. Il reflète un pan de la vie d'un couple qui est en pleine séparation avec tous ses problèmes, tant sur le plan personnel que professionnel. Vincent Lyndon joue admirablement bien mais le film est vraiment creux et sans intérêt ! A éviter pour ne pas perdre son temps.
Ce qu'il y a de fort dans ce film c'est l'intégrité que finit par gagner le personnage de Vincent Lindon à force de petits renoncements et de petites lâchetés - passées, présentes - qui le tourmentent. La casuistique dont il fait l'objet va crescendo dans des efforts sincères d'engagement transcendés par une humanité éprouvante. Saluons la performance éblouissante de Marie Drucker emprunte de probité et de générosité. peq
Le titre prête à confusion, des gens ordinaires dans une famille ordinaire qui gèrent des situations ordinaires dans notre monde mais avec des acteurs extraordinaires de vérité.
C'est bien dommage le film a paru très lent par contre le sujet était vraiment très prenant on est tous au courant de ce genre de chose mais malgré tout les plans sociaux son terrifiant ou dans leur jeu de cadre chaque personne n'est qu'une ligne a rayer. À part la lenteur la fin est un peu abrupte cependant il faut voir ce film pour l'intensité des pourparlers entre cadres
16 189 abonnés
13 142 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 14 septembre 2023
On plonge coeur battant dans ce drame social ètouffant brillamment mis en scène par Stèphane Brizè et magnifiquement interprètè par son acteur fètiche, Vincent Lindon, qui joue ici un directeur d'usine confrontè à un plan de restructuration! En gros, on va lui demander d'être un sale type! Une oeuvre nècessaire et très stylisèe sur le monde du travail dans lequel Brizè arrive à donner beaucoup d'authenticitè et de sincèritè dans ce qu'il dèmontre! On a parlè à juste titre de la performance de Lindon, mais Sandrine Kiberlain est ègalement à la hauteur en èpouse usèe! C'est cela aussi qui fait l'intèrêt de "Un autre monde (2022), la tension dramatique, les exigences des supèrieurs (Marie Drucker, impitoyable et sans scrupule). Et des instants de bonheur en famille, car de brefs moments d'apaisement viennent suspendre le cours des problèmes professionnels que connait Philippe Lemesle dont la vie s'ècroule devant nous...
Troisième long métrage sur le monde du travail pour le cinéaste Stéphane Brizé et son acteur principal mais aussi producteur Vincent Lindon et les deux font la paire pour nous sensibiliser !! Après avoir joué un chomeur et un syndicaliste, Vincent Lindon endosse le costume de patron d'usine en plein divorce avec sa femme qui n'en pouvait plus de la situation de son mari qui ne vivait que pour le travail, son fils qui a des problèmes psychiques et son entreprise dont le groupe demande des licenciements auquel il va se battre contre en trouvant des solutions, c'est un homme entre deux murs, la conscience ou les ordres. Comme souvent, Stéphane Brizé fait un travail honorable et humble qui nous décrit la société du monde féroce des grands groupes d'entreprises. J'ai été très touché par la performance de Vincent Lindon remarquable, Sandrine Kiberlain à fleur de peau comme il faut et le jeune Anthony Bajon une fois de plus excellent. Il y a Marie Drucker impeccable en PDG du groupe froide dans ses bottes. J'ai bien aimé les caméras fixes sur les visages des comédiens sur certains plans ou l'on voit qu'ils dégagent de l'expressivités qu'ils jouent bien. Un très bon long métrage sur le réel de nos quotidiens.
Un film choc qui ne peut laisser indifférent, la présence et l'intensité que porte Vincent Lindon pour ce rôle y est pour beaucoup, a lui seul toutes les émotions exultent et sont palpables , les dialogues sont impressionnants et la maîtrise de l'écriture est exaltante. Le film peut sembler effrayant et pourtant si réaliste qu'on ne peut que parfois s'identifier et se dire que l'expression "prendre du recul " prend tous son sens. Magnifique et indispensable.
Vincent Lindon, en début de film, court sur son tapis de salle de sport. Il fait tout pour rester dans la course. Il court, il court au point de passer à côté de sa vie de famille. Une vie de professionnelle de fou que l'on ne souhaite à personne... "Un autre monde" raconte finalement sa sortie de route, alors même qu'il est un bon petit soldat au service de sa boite, filiale d'une boite américaine sans âme. Voilà un récit poignant qui est très français dans sa trame, avec la dénonciation du sur-travail et des dérives du capitalisme. Une dénonciation très juste, au demeurant, dans le ton et dans la forme, mais qui rend un peu mal à l'aise au pays des 35 h et des vacances multiples. Ce film ne réconciliera pas, c'est sûr, les Français avec le monde de l'entreprise et de l'industrie. Une industrie qui n'existe quasiment plus chez nous, mais ça est une autre histoire qui mériterait un film à part entière. Pour revenir à ce beau film, il faut reconnaître au réalisateur un vrai talent à tricoter une histoire. La scène première de conciliation en vue du divorce des deux protagonistes est décapante par son intensité. Le spectateur est tout de suite immergé dans la tension. Il n'en sortira pas durant tout le film, avant le coup de pirouette finale d'un homme blessé qui se cabre face à l'obstacle. Du cinéma très puissant au service de la cause qu'il veut défendre. Bravo !... Vincent Lindon est étonnant dans un rôle de cadre loyal qui essaye de composer entre la dictature de la hiérarchie et ce qu'il lui reste de sens moral. Sandrine Kiberlain a un petit rôle, mais tellement poignant qu'il marque les esprits. Le patron US est plus vrai que nature, avec un discours univoque qui met son auditoire français dans un état de totale sidération. Marie Drucker excelle dans un rôle de caporal-chef qui avance sans état d'âme. Assurément, cet univers professionnel, âpre et glaçant, ne nous est pas totalement inconnu. Ce film est décidément très juste. Hélas, je n'ai pas totalement adhéré, car je crains que beaucoup chez nous ne retiennent que des idées simplistes : Wall Street est le mal absolu; il faut renverser la table; il faut s'orienter vers je ne sais quel fantasme collectif qui n'a jamais marché nulle part. Alors que la solution est peut être plus proche. Remettre l'humain au centre, partager le succès, favoriser l'emploi chez nous et arrêter d'être libéral dans nos emplettes et dans nos achats de tous les jours. Empêcher le rachat de nos boites pour imposer un modèle qui n'est pas le nôtre. Bref, une autre vision de l'entreprise dont on attend l'épopée, avec le même talent que celui de Stéphane Brisé, le réalisateur d'un "Autre Monde".
Commençons par un petit (le seul?) bémol, le titre du film ne percute pas comme son sujet, et résonne trop banalement. Peu importe, Brizé continue l'investigation des vies brisées par le travail. Non pas qu'il faille généraliser la fiction qu'il nous propose à toutes les entreprises. Cela serait manichéen et militant. En revanche, ce qu'il nous propose existe dans certains groupes, et parlera aux tripes des cadres qui y travaillent. Et au-delà, sans atteindre l'absurdité d'une politique de rentabilité hors-sol et à court terme, le propos n'est pas sans rappeler la position d'un encadrement pris en tenaille, proche de ses équipes, mais rattrapé par la concurrence mondiale. Le film ne retentira pas de la même façon vu par des yeux américains, et pourtant, la confcall avec le big boss est un climax d'un réalisme confondant. Quand on connait les milieux anglo-saxons, on connait et on attend le "but"… qui a mettre à terre l'interlocuteur. Un must! Lindon et Kiberlain expriment avec peu de mots - quasiment rien pour lui en dehors des réunions dans l'entreprise- le carambolage entre pression professionnelle et vie personnelle. Quelle présence physique du premier, à l'instar de Gourmet dans certains films des Dardenne, et en plus sans pathos facile. Et pourtant, la confrontation avec le burnout du fils aurait pu donné lieu à un traitement mélodramatique surligné. La musique est discrète mais bien écrite, pour apporter une coloration répétitive et oppressante au sentiment d'abattement et d'impasse auquel se confronte le cadre sincère et humain. Une bonne partie du casting vient d'acteurs non-professionnels - y compris l'un des producteurs du film!- et tous sont parfaitement crédible, y compris la "débutante" Marie Drucker. Au final, c'est un cocktail réussi que nous a préparé Brizé, l'un des meilleurs depuis Mademoiselle Chambon. Rendons hommage au passage au premier assistant réalisateur Emile Louis, fidèle collaborateur depuis six films, et venu présenter cette première à Lyon. Il a participé lui-aussi à la réussite du cocktail. cinéma- février 2022
Pour sa cinquième collaboration avec le réalisateur Stéphane Brizé rencontré en 2009 (« Mademoiselle Chambon »), Vincent Lindon démontre une nouvelle fois sa capacité à transporter l’humanité qui émane de sa personne et par ricochet de son jeu à travers toutes les couches de la société et tous les drames qui les traversent. Un peu à la manière de Jean Gabin dans sa deuxième partie de carrière. Dans « Un autre monde », il revêt le costume du cadre dirigeant surmené qui voit sa vie lui échapper à force d’avoir usé de compromission avec tout le monde. Sa femme (Sandrine Kiberlain) qui n’a pas pu le suivre jusqu’au bout de son acharnement à vouloir réussir, son fils déstabilisé pour qui le modèle à suivre est trop élevé mais surtout bien trop absent et enfin ses salariés à qui il a voulu faire croire le plus longtemps possible grâce à son charisme fait d’empathie qu’il était du même côté de la barrière qu’eux. Mais il a aussi bénéficié de tous les avantages que lui confère sa position sociale comme le rappelle l’avocat de sa femme épelant son patrimoine alors que celle-ci demande le divorce. Le film de Stéphane Brizé montre bien comment de nos jours vouloir tenir les deux bouts de l’omelette relève de l’illusion. Le « en même temps » politique n’est qu’un mirage médiatique qui ne résiste pas très longtemps aux exigences du quotidien de la vie de chacun. De ce point de vue le film frappe juste et encore une fois Vincent Lindon est au diapason de son réalisateur. Mais lui et Stéphane Brizé doivent veiller désormais à ne pas se laisser prendre à leur propre piège. Car l’humanité qui transpire de la personne de Vincent Lindon n’est pas toujours transposable dans la vraie vie. Le cadre qui nous est présenté dans « Un autre monde » n'est qu’une construction fantasmatique et ses collègues directeurs de site d’un grand groupe sont bien plus concrets que Philippe Lemesle (Vincent Lindon) que peu de ce qui connaissent la réalité de l’entreprise mondialisée (ou pas) ont rencontré. Jean Gabin lui aussi gambadait sans difficulté sur l’échelle sociale mais à chaque fois Michel Audiard veillait au grain qui mettait dans la bouche du plus grand acteur français les mots correspondant aux us et coutumes du milieu dans lequel évoluait son personnage. Stéphane Brizé, peut-être à son insu, nous dessine au fil des films le portrait d’un héros de notre temps qui aurait en réalité pour nom Vincent Lindon, une sorte d’ « homo lindonus » rebelle qui quel que soit la situation, finit toujours par s’extraire de sa condition. Le grand acteur qu’est Vincent Lindon sait pourtant à travers ses quelques aventures citoyennes peu couronnées de succès que l’on est toujours rattrapé par son milieu ou ses origines. Stéphane Brize devrait finir par faire endosser à son acteur tous les attributs des rôles qu’il lui propose en mettant enfin Jean Valjean (comme dénominatif de la taxe covid proposée par l’acteur) de côté. Les directeurs d’usine comme Philippe Lemesle, dopés aux bonus, sont comme les poissons volants chers à Michel Audiard : « ils existent mais ils ne sont pas la majorité de l’espèce ». Fasse que les deux hommes se souviennent de cette maxime du grand scénariste. Dans cette fable sociale tout de même très touchante, il ne faut pas oublier Sandrine Kiberlain dont le jeu est comme toujours rempli de sincérité.