Un sabotage totalement incompréhensible. Comment est-il possible de passer d'un film bien écrit, judicieusement réalisé, avec un rôle principal magistralement joué à ce navet sans le moindre intérêt artistique ni même scénaristique ? On s'attendait à une suite digne du premier avec un joker qui va commencer à émerger, à avoir des plans, des idées, à gagner en influence voire même en popularité. On s'attendait à une réalisation digne de ce nom, à une image sublime, à un jeu d'acteurs épatant, à un peu de fantaisie, quoi. On a finalement droit à quoi ? Une comédie musicale vraiiiiiiiment pénible, dans une ambiance triste, dépressive, sombre dans des endroits clos et insipides, le tout pour vivre une histoire qui ne va nulle part. C'est un film désagréable à suivre !
Les personnages ont un visage fermé, ont tout le temps l'air trop sérieux même quand ils doivent faire preuve de folie et d'extravagance, et surtout, ce qui est extrêmement agaçant passent leur temps à fumer, fumer et encore fumer ! On a l'impression de tourner en rond autour de pauses cigarettes répétitives entrelacées de chansons bidons, si l'on devait résumer le film ce serait ainsi, sans aucune intention sarcastique. Car le pire dans tout ça c'est ce fameux scénario qui n'en n'est pas un (crise de grève de scénaristes de Hollywood ? ). L'histoire d'amour entre nos deux héros ne colle pas, ne décolle pas non plus, n'a rien de fou, rien de fascinant ni même rien qui suscite le moindre émoi. C'est juste bidon. Le choix de la chanteuse Lady Gaga apprentie actrice est loin, très loin de donner la dimension qu'une Harley Quinn devrait mériter. Le contraste avec Joaquin Phénix est cruel, il ne méritait pas cet amateurisme. Pire, elle précipite dans sa chute l'acteur oscarisé rendant sa prestation tout aussi fade. Quant au fameux asile d'Arkham, pourtant lieu emblématique, réputé pour son extravagance, se contente d'être un simple lieu de regroupement de malades mentaux, sans plus. Normalement c'est LE lieu de Gotham tout le temps agité, où toutes sortes de détraqués sont enfermés, où les esprits tordus se déchaînent, et où on peut imaginer toutes sortes d'événements qui sortent de l'ordinaire. Mais dans cette version c'est bien au contraire un simple hôpital de tout ce qu'il y a de banal, de monotone, tellement les patients sont des simples patients lambda, et ça je trouve que c'est mal respecter la franchise. Pas un seul personnage secondaire qui va nous amuser par sa folie, pas un petit clin d'œil autour de futurs vilains, même pas ça qui vienne enfin nous sortir de la platitude de ce scénario laborieux. Le débat autour du personnage du joker est lui-même lent, a une construction argumentaire décousue et manque terriblement de profondeur psychologique, de finesse. Même le peu d'intérêt qu'on peut trouver aux événements est cassé par les interruptions musicales intempestives, tellement lourdes qu'elles ralentissent un rythme déjà pas du tout emballant.
Bref, tout est raté. Non pas que je veuille faire le procès à une proposition qui se revendique originale, mais c'est une succession de fausses notes qui finit par exaspérer. Après un premier volet grandiose on espérait un agréable moment d'évasion avec cette suite, mais la désillusion est totale, vraiment pas de quoi mettre le feu dans les salles de Cinéma, la faute à des choix techniques aussi audacieux que contreproductifs de Todd Philips, à se demander ce qu'il a bien pu fumer pour tomber aussi bas.