Je rejoins l'avis général, c'était moyen. Pourquoi ? En vrac :
• Parce que Joker premier du nom nous faisait descendre dans la folie d'Arthur Fleck pour qu'il devienne le Joker, et la fin était assez choquante et nous tenait en haleine, là où Joker 2 voit Arthur Fleck refaire surface, avec ce que ça implique en termes de déconstruction de son propre mythe, et finalement, de sentiment de déception (tout ça pour ça ?). D'autant qu'il n'y aura pas de troisième film, sans spoiler.
• Les chansons s'intègrent mal au récit, et sont souvent très courtes. Trop courtes et aléatoirement placées pour être appréciables. Un comble puisque Lady Gaga est une chanteuse professionnelle et que Joaquin Phoenix a livré une performance vocale et scénique hallucinante dans le biopic Walk The Line dédié à Johnny Cash de James Mangold. J'en conclue donc qu'ils ont été très mal dirigés puisque les deux acteurs sont capables de faire bien mieux.
• En fait, l'idée de faire une comédie musicale de ce Joker 2 n'était pas mauvaise, puisque l'ambiance jazzy colle parfaitement au personnage, que l'on a déjà vu exister sur du Frank Sinatra, entre autres, dans les différents médias. D'une certaine manière, le Joker de Joaquin Phoenix aurait pu être l'itération live la plus fidèle au portrait conventionnel du Joker des comics. Mais c'est complètement raté.
• Je n'ai pas vraiment compris ce qu'apporte Harley Quinn dans le récit alors qu'elle était supposée être le point central du film, me semble-t-il. À une époque, il était question de faire un film Joker et Harley. J'aurais rêvé d'un film à la Ballade Sauvage, à la True Romance, ou mieux, à la Natural Born Killers, dans lequel on suivrait un couple déluré de criminels façon Mickey et Mallory. C'est ce film là qu'il aurait fallu faire pour voir ce couple exister sur grand écran. Dans Joker 2, la "folie à deux" mentionnée dans le titre est inexistante. On ne voit jamais le couple s'embourber dans la folie de l'un et de l'autre.
• Les décors sont très peu variés, on passe de la prison, au tribunal, à la prison etc. C'est quasi un huis clos.
• Enfin, je rajoute que les séquences au tribunal sont très mal écrites.
Reste une qualité au film : sa photographie, qui est très jolie, notamment durant les séquences au tribunal. Mais avec ce budget là, pour un film comme celui-ci, j'ai envie de dire que c'était le minimum syndical, et une belle photo, sur un film qui comporte autant de défauts, ce n'est pas ça qui va le sauver.