J’étais très curieux de découvrir Joker : Folie à Deux, surtout après avoir été marqué par le premier opus, aussi dérangeant que fascinant. L’idée d’une suite musicale m’intriguait autant qu’elle me faisait peur. Finalement, je sors de la salle avec des sentiments mitigés. Le film ne manque pas d’ambition, mais toutes ses tentatives ne m’ont pas convaincu.
Joaquin Phoenix est, sans surprise, toujours aussi habité par son rôle d’Arthur Fleck. Il livre une performance intense, fragile, qui donne au personnage une complexité bouleversante. L’arrivée de Lady Gaga en Harley Quinn est probablement l’un des gros points forts du film. Elle surprend, elle ose, et elle apporte une vraie énergie dans ce duo tragique. Leur alchimie fonctionne, bien que certains passages tombent parfois dans l’excès ou le too much, notamment à travers certaines séquences musicales.
Justement, parlons-en, de ces numéros chantés. Ils sont bien réalisés, parfois très beaux visuellement, mais j’ai eu du mal à toujours comprendre leur utilité dans le récit. Par moments, ils m’ont sorti de l’histoire plus qu’ils ne m’y ont plongé. On sent que Todd Phillips a voulu créer une œuvre à la frontière de plusieurs genres, mais ce flou stylistique m’a parfois laissé en retrait. L’univers reste sombre, psychotique, presque oppressant, mais il m’a moins saisi que dans le premier film.
En somme, Folie à Deux est un film audacieux, unique en son genre, et qui mérite d’être vu rien que pour l’expérience qu’il propose. Mais malgré ses qualités, je n’ai pas été totalement embarqué. Peut-être trop conceptuel par moments, trop démonstratif. J’en ressors avec de l’admiration, mais aussi un léger goût d’inachevé. Un 3/5 honnête, pour une œuvre qui divise, mais ne laisse pas indifférent.