The Devil’s Hour est un sympathique petit film d’horreur qui sur le papier ne paye pas de mine. Faut être franc, je lance le film je m’attends à un truc foireux. Le titre est ringard, le casting n’a aucune tête d’affiche, le réalisateur n’a pas fait grand-chose et le sujet c’est l’exorcisme, un truc rebattu à mort. Puis le film commence, et c’est pas super enthousiasmant. La photographie est assez moche, grisâtre, sans grande profondeur dans les contrastes, on sent aussi qu’en dépit des ambitions du film ça va pas trop décrocher du petit studio miteux du héros. Cependant, le film avance, et dès qu’il rentre dans le vif du sujet il surprend agréablement. D’abord par ses acteurs, tous très convaincants, avec une mention spéciale pour Alix Angelis, qui joue la possédée, et qui est très solide dans un rôle compliqué, d’autant que L’Exorciste a carrément imposé un style dans le genre. Elle fait face à un Ryan Guzman parfaitement à la hauteur dans le rôle du prêtre pas vraiment prêtre, et un Kyle Gallner qui, même s’il en fait un peu des caisses par moment, s’avère néanmoins pas mauvais. Bref, le casting tient plutôt bien la route dans un film au scénario malin. Oui, il est question d’exorcisme, et oui on a déjà vu pas mal de trucs à l’écran, mais le film amène des choses nouvelles. Par exemple, le recours aux nouvelles technologies, l’implication forte des réseaux sociaux, le fait que le prêtre exorciste est un charlatan, ce qui génère des maladresses. Le scénario est astucieux, et il y a même tout un fil autour des spectateurs du show à travers le monde, qui sur le moment amène un humour noir très cool, mais qui sert surtout une fin assez inattendue et franchement bien trouvée, qui change carrément des autres films d’exorcisme. Le tout servi par un rythme entrainant et un montage aux petits oignons. Bref, on se laisse embarqué dans ce récit sans souci. Pour ma part, le moins bon du film reste les flashbacks et le secret qui se révèle, secret peu crédible, qui semble greffé maladroitement à l’histoire. Là-dessus je ne suis pas le métrage qui se loupe par paresse d’écriture.
Formellement, oui, la photo et les décors ne sont pas très fouillés, ça manque de personnalité à l’image, mais le film peut compter sur les qualités de monteur du réalisateur qui s’avère redoutable dans les scènes d’action. On peut d’ailleurs noter que ces mêmes scènes sont particulièrement réussies grâce à des effets visuels de fort belle tenue pour ce genre de film. Les créatures sont toutes bien faites et assez effrayantes, avec une mention spéciale pour celle de la fin qui se manifeste d’ailleurs dans la scène gore du métrage qui joue plus la carte de l’épouvante que de l’horreur choc. Celle-ci apparaît assez peu, le film se concentre sur l’atmosphère, et en cela d’ailleurs le film ressemble beaucoup à l’horreur hispanique. Le travail sur l’esthétique, le look de l’acteur principal, les bizarreries comme le pote travesti, la nonne, tout est assez hispanisant de mon point de vue, ce qui n’est pas une critique.
En somme, The Devil’s Hour n’est pas un chef-d’œuvre, mais dans le genre exorcisme je pense que c’est l’une des productions les plus cool de ces dernières années. Il offre pas mal d’originalité, il est bien campé, bien réalisé, c’est une honnête série B horrifique réhaussée par ailleurs par sa fin originale. 3.5