Au royaume des cieux
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Caine78

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3,0
Publiée le 2 septembre 2017
Ah, Julien Duvivier : il a beau être inégal, souvent de belles choses sont à retenir. « Au royaume des cieux » ne fait pas exception : les scènes de groupe sont très réussies, la sensibilité du réalisateur se ressent à de nombreuses reprises dans la relation que peuvent avoir les différentes jeunes femmes entre elles, et surtout Henri Jeanson démontre comme souvent son immense talent pour les mots à travers des dialogues de grande qualité. Une fois écrit cela, je regrette que l'histoire d'amour soit à la limite du crispant, loin de la poésie manifestement recherchée, la prestation de Serge Reggiani ne m'ayant d'ailleurs guère convaincu. L'opposition entre Suzy Prim et les héroïnes paraît également excessive, ne faisant pas évoluer suffisamment la première, ce qui n'empêche pas l'efficacité et permet aussi d'assumer un certain pessimisme vis-à-vis des rapports humains. Et puis ce dénouement qui se veut bouleversant m'a surtout paru longuet, l'émotion recherchée n'étant pas au rendez-vous. Reste que des images subsistent, que les actrices, remarquablement dirigées, font preuve d'une belle personnalité et que Duvivier avait peu d'équivalents pour raconter une belle histoire : pour toutes ces raisons, la découverte de cette œuvre relativement méconnue se justifie amplement.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 octobre 2006
Bien supérieur à ce qui est dit sur lui par les critiques. C'est un film très agréable à regarder, avec de bons acteurs, une histoire interessante et un grand metteur en scène. Bien sur, ce film à des défauts, notamment celui d'etre dialogué par Henri Jeanson, qui ralenti le rythme. Malgré cela, meme si c'est loin d'etre le meilleur Duvivier, certaines scènes sont assez poignantes. Il mérite d'etre reconnu.
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 186 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 mai 2020
Le film date un peu, mais le sujet est original, faire prendre conscience des conditions de vie de jeunes femmes placées en maison de redressement. L'intrigue narrative est simple : une douce jeune fille issue de l'assistance publique est placée dans une maison de redressement situées dans un vieux château, tenu par une femme acariâtre et frustrée sexuellement, son amoureux va tout faire pour qu'elle s'évade. La première partie est plutôt gnangnan, on y découvre la vie quotidienne des jeunes femmes ; taches ménagères, disputes, bagarres, clans, sous l’œil plus ou moins tolérant des surveillantes. la rage monte contre la nouvelle directrice et ses méthodes autoritaires. La deuxième partie, celle de l'inondation, de l'évasion, de la fuite, de la révolte est beaucoup mieux traitées, plus dynamique, plus dramatique et plus intéressante avec de superbes images, le tout en N&B
brianpatrick
brianpatrick

116 abonnés 1 861 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 avril 2020
Au royaume des cieux, c'est un film d'après guerre. L'histoire se passe dans une maison de redressement pour femmes. La distribution, il n'y a que des jeunes actrices qui vont toutes avoir du succès plus tard. Dont Juliette Greco par exemple. Les femmes viennent de la comédie française, elles parlent forts pour se faire entendre. L'histoire est bien ficelée, c'est devenu un classique du cinéma.
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 avril 2020
Les films de Duvivier ont toujours un intérêt même si celui-ci a bien vieilli. Le jeu des actrices principales, Suzy Prim en tête, passe aujourd'hui difficilement la rampe mais le duo formé par les jeunes Reggiani et Suzanne Cloutier reste touchant. Certaines scènes ont néanmoins conservé beaucoup de force, comme, dans le dernier tiers, le face à face entre Maria et la directrice et la fuite des amants dans un paysage apocalyptique, bravant la noyade et les forces de l'ordre à leurs trousses.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 121 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 avril 2020
Dans "Au royaume des cieux", Julien Duvivier se penche sur l'enfance malheureuse auquel le film est dèdiè! Une maison d'èducation surveillèe pour jeunes filles! Les journèes vieillissent et grisonnent dans ce pènitencier de la Loire-Atlantique! Le repas fini, c'est de nouveau le lâchè des filles, la rèvolte un peu partout, la haine, les vantardises, le franc parler d'après-guerre (« Ferme tes ècluses ! ») : la rècrèation...quand elle n'est pas supprimèe par Mlle Chamblas alias Suzy Prim, une directrice sans scrupules! C'est pas la joie pour ces dètenues d'autant plus que les inondations dans la règion se font de plus en plus menaçantes [...] C'est un très beau film bien ancrè dans son èpoque! On nous signale dans le gènèrique que l'oeuvre est interprètèe par dix futures vedettes du cinèma français! Peu ont rèellement percè hormis Serge Reggiani, Suzanne Cloutier (èmouvante), Nadine Basile et Juliette Grèco dans un petit rôle! La noirceur est comme souvent un des intèrêts majeurs du cinèaste, mais il convient d'y ajouter la justesse des actrices et une fin rèussie! Merci Patrick Brion...
Bruno François-Boucher
Bruno François-Boucher

125 abonnés 164 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 septembre 2020
Un film incroyablement audacieux, noir, lyrique et poétique, réalisé de main de maître. Dans ce drame enfiévré, pas moins de 30 actrices (on y reconnaît au passage la très jeune Juliette Gréco) nous emportent dans un tourbillon de passions au cœur d'une maison de redressement dont les protagonistes se déchirent autant qu'elles s'entraident avec une humanité bouleversante. De mémorables séquences (la grève de la faim, l'inondation dans l'église...) placent Duvivier pour ceux qui en douteraient encore comme l'un des très grands cinéastes de cette époque. Quant à la force des personnages féminins, ce n'est pas parce que c'était avant qu'ils sont pour autant minimisés. Au contraire! C'est bien plus moderne et dense que bien des films d'aujourd'hui pour ce qui est de la place donnée aux femmes. Un film coup de poing dont la dernière image est confondante de beauté.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 mars 2025
Evoquer l'enfance malheureuse, jusqu'à lui dédier le film, donne des responsabilités. Julien Duvivier filme des jeunes filles détenues dans une maison de correction. Et le premier constat qui s'impose, hélas, c'est que ces demoiselles, délinquantes, criminelles ou cas sociaux, ne sont pas réalistes. Il ne suffit pas de leur prêter un langage rude ou argotique, de l'insolence, pour restituer l'existence sordide qu'on leur imagine ou que Duvivier suggère. Les adolescentes du film ne sont visiblement pas marquées par la vie ni par les conditions de détention; elles présentent le plus souvent un visage angélique (et maquillé) qui ne renvoie à aucune souffrance, ni vice, ni perversité.
Certes, on verra que le cinéaste, éclectique, ne revendique pas d'être dans le réalisme pur et dur. Son "roman cinématographique", pour reprendre ses termes, est édulcoré, volontairement ou pas. La dernière partie du film, lorsque Duvivier filme le village spoiler: sous des inondations
qui redoublent d'intensité, nous ne sommes pas davantage dans le réalisme. La submersion est comme le symbole de la colère de Dieu, qui fait écho au titre du film, ou bien celui des turpitudes humaines qui entrainent la jeunesse et desquelles il lui faut s'échapper, par l'amour probablement.
Le réalisateur donne dans la noirceur, qui est au coeur de son cinéma, et dans une dramatisation entre métaphores et théâtralité. Le style et l'esprit sont singuliers mais ils ont vieilli. Et je pense qu'il commet l'erreur de créer ce rôle de spoiler: directrice tortionnaire, une vieille fille névrosée et méchante,
tout juste nommée (dans une scène initiale assez grossière) et qui est comme une double peine pour des jeunes filles déjà accablées par la vie.
Duvivier dénonce les mauvais traitements et l'absence d'humanité de l'institution; mais, ce faisant, il s'éloigne du problème et de la cause plus fondamentaux que sont la misère sociale et humaine, qu'on ne perçoit jamais dans ce film...sauf chez la directrice.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 février 2021
Maria, fleur bleue de 17 ans, arrive entre deux gendarmes à la maison de redressement pour jeunes filles ; belle ambiance : grande bâtisse perdue au milieu de la campagne, chapelle, corbeaux, et Goliath le chien de garde. Ce lieu n'est pas une prison, les portes restent grandes ouvertes mais l'évasion est interdite ! Tel est le sujet de cette Comédie dramatique en N&B réalisée par Julien Duvivier en 1949.
Il nous raconte une histoire, certes un peu mélodramatique, un drame humain exprimé par les excellents dialogues d'Henri Jeanson. Outre la participation de Juliette Gréco dans le rôle de Rachel, l'affiche nous offre une belle prestation de Suzy Prim et un magnifique Serge Reggiani âgé alors de 27 ans.
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