Smashing Machine
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Cadreum
Cadreum

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3,0
Publiée le 8 novembre 2025
Qui est le film ?
Smashing Machine, premier film solo de Benny Safdie, s’inscrit dans une continuité et une rupture. Continuité, parce qu’il retrouve la matière fétiche du duo Safdie : des corps usés, des existences happées par la performance et la dépendance. Rupture, parce que Benny isole ici cette énergie dans un cadre plus froid, plus étiré. Inspiré du documentaire de John Hyams consacré au combattant de MMA Mark Kerr, le film s’écarte du récit sportif pour scruter une autre arène : celle où le corps cesse d’être un instrument de victoire.

Que cherche-t-il à dire ?
Smashing Machine cherche à éprouver la texture même du mythe américain (celui du self-made man, du corps performant, du héros rédempteur) pour en mesurer l’épuisement. Safdie s’interroge sur ce qu’il reste d’un homme lorsqu’il rejoue sa propre légende, lorsque la répétition de soi devient la forme la plus contemporaine d'être. Mais cette exploration demeure à l’état d’ébauche : le film ne filme ni la gloire ni la chute, ni la légende ni l’anonymat. Il observe simplement un corps en transit.

Par quels moyens ?
Dans la tradition du biopic sportif, le récit suit d’ordinaire la logique de l’ascension, de la chute et de la rédemption. C’est le cycle pavlovien du mythe américain : Raging Bull, The Wrestler, The Fighter. Safdie, lui, déjoue ces attentes en vidant la structure de son carburant dramatique. Smashing Machine semble constamment à contretemps : chaque séquence de combat est filmée à distance, souvent à travers les cordes du ring ou en surplomb, brisant toute immersion et soulignant le dispositif cinématographique lui-même. Safdie refuse le plaisir scopique de la violence, refuse la fusion du spectateur et du combattant, refuse l’idée même de la performance comme transcendance.

Le film devient dès lors un anti-biopic : il ne cherche ni à “rendre hommage” ni à “réhabiliter” Mark Kerr. Il le recompose comme un objet de fiction, comme un double de Dwayne Johnson. La mise en abyme est vertigineuse : The Rock joue The Machine. L’homme réel rejoue son propre effacement dans une boucle de représentation où le cinéma n’est plus le miroir d’une vie, mais la scène où le simulacre achève d’absorber le vivant.

Le corps de Kerr (et donc celui de Johnson) est au centre du dispositif, mais traité non plus comme un vecteur de puissance, plutôt comme une ruine habitée. Safdie filme la chair comme un territoire de contradiction : dure, gonflée, spectaculaire dans la lumière du ring, mais poreuse, tremblante, presque féminine dans les scènes domestiques. Ce contraste, entre la brutalité de la performance et la vulnérabilité de l’intime, traduit l’ambivalence fondamentale du film : l’homme est littéralement dévoré par son propre corps, instrumentalisé par le spectacle sportif et par les attentes du public.

Il y a dans Smashing Machine un faux naturalisme, une manière de singer le documentaire tout en en sapant les fondations. Maceo Bishop, chef opérateur, filme souvent à la manière d’un caméraman improvisé : angles étroits, cadre instable, lumière crue. Mais cette apparente “prise sur le vif” est un artifice savamment calculé.

La présence d’authentiques figures du MMA dans la distribution, tout comme l’insertion finale d’images du vrai Mark Kerr, ne visent pas à légitimer la fiction, mais à en troubler la consistance. En faisant dialoguer l’archive et la reconstitution, Safdie crée une tension entre réel et simulacre qu’il ne semble pas entièrement assumer. Ce frottement, pourtant fécond, demeure à la surface : le film constate le vertige de la représentation sans jamais s’y abandonner. L’archive devient un signe parmi d’autres, un effet de réel plus qu’un outil de pensée.

Ce que le film raconte, au fond, c’est la mélancolie du héros. Kerr n’est pas un champion déchu, mais un enfant qui ne sait pas grandir, un homme qui s’effondre sous le poids de son propre mythe. Safdie construit un contraste bouleversant entre la brutalité de ses accès de rage et la candeur presque naïve de ses confidences. Cette ambivalence est l’une des plus belles trouvailles du film : la force devient ici le masque de la fragilité, le muscle la métaphore d’un déficit affectif.

Dwayne Johnson, par son jeu minimaliste, fait de Kerr une figure tragique : un corps surdimensionné qui n’abrite plus rien. La caméra s’attarde sur les silences, les gestes quotidiens, les routines dérisoires, les smoothies préparés avec application ; autant de détails qui traduisent un rapport pathologique au contrôle. L’homme qui détruit des adversaires dans l’octogone ne maîtrise plus sa propre vie.

Où me situer ?
Le film effleure des idées puissantes sans toujours parvenir à les incarner. Dwayne Johnson, pourtant, maintient une présence magnétique : il impose une gravité sourde, une sorte de vulnérabilité paradoxale qui dit plus que le film n’ose formuler. Mais je reste en marge de ce cinéma, tenu à distance par son dispositif. Smashing Machine pense puissamment, mais il ne puise pas : il observe sans s’immerger. Je perçois la beauté du geste, la rigueur du cadre, la cohérence de la démarche, mais je sens aussi ses limites. Un film du creux peut devenir un film du vide.

Quelle lecture en tirer ?
Smashing Machine apparaît comme le constat d’un effondrement : celui d’un corps qui ne croit plus en sa force, d’un cinéma qui ne croit plus à ses mythes. Le film ne célèbre rien, il enregistre la fin d’un cycle, celui du héros rédempteur, du biopic inspirant, du récit de dépassement. À mesure que le bruit s’éteint, il reste un homme vidé de sa légende, et un réalisateur qui contemple cette vacuité comme un fait.
Gab
Gab

11 abonnés 128 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2025
La dure réalité des hommes. La société les pousse à s'endurcir constamment ; ce qui n'est pas un défaut en soit; seulement admettre qu'un homme puisse tomber et ait besoin d'aide pour se relever est une aberration : " Soit un homme " ils disent.
À l'image d' "Iron Claw ", l'homme fort, bien qu'il se doit de l'être, dispose aussi de faiblesses qui, parfois, le mène au désespoir.
Lecinedebibi
Lecinedebibi

12 abonnés 131 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 octobre 2025
Voilà, typiquement, le film du dernier trimestre survendu par la Mostra.
J'avoue que j'y allais très confiant de part le sujet et aussi par les retours que j'avais lu ici et là depuis début septembre et sa diffusion au festival venitien.
Mais le constat est tout autre. Pour commencer c'est encore un biopic et celui-ci est filmé de façon très intimiste façon documentaire caméra à l'épaule et je n'ai pas adhéré à cette mise en scène.
Je trouve qu'elle ne correspondait pas du tout au propos du film. On parle de MMA, de combats fort de roquefort et là il manque la brutalité des coups et le rythme des fights dans l'octogone
De ce côté là, je suis vraiment resté sur ma faim. Si je peux tempérer un peu ma déception c'est juste pour l'interprétation de Dwayne Johnson et Emily Blunt. Le premier tient là, il est vrai, son meilleur rôle mais je ne suis pas certain qu'il décroche une statuette dorée non plus.
La seconde dans le rôle de la compagne bimbo du combattant tient aussi son rang de bonne actrice mais ça ne sort pas non plus le film de son rythme léthargique.
J'ai d'ailleurs failli m'endormir et ça je n'étais pas prêt.
Pour ma part il s'agit là d'une grosse déception.
FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 novembre 2025
Pour son premier film sans son frère, Benny Safdie s'intéresse à l'histoire de Mark Kerr, un pionnier du MMA qui n'était pas encore le sport qu'il est aujourd'hui. À travers son histoire, c'est également celle de cette discipline qui est racontée. Une industrie qui a changé et s'est façonnée avec les années et parfois au détriment des athlètes. Mark Kerr est un indestructible jusqu'à la première fissure... On découvre un homme poli et respectueux dans la vie et destructeur sur un ring qui est confronté à ses démons et pris dans une relation tumultueuse avec Dawn. Du classique pour un drame sportif avec les hauts et les bas d'une carrière. Même s'il a été l'une des premières stars de ce sport de combat, son histoire ne me semble pas majeure pour forcément mériter une adaptation sur grand écran même s'il y a eu des biopics bien plus dispensables. Ce qui est surprenant, c'est qu'il s'agit d'une copie du documentaire existant avec des scènes reproduites à l'identique. Ce n'est pas que la narration qui est reprise, mais aussi le style puisqu'on a l'impression de voir un documentaire reconstitué. Bref, c'est quand même pas mal, mais je m'attendais à mieux.
norman06

425 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 novembre 2025
Un biopic sportif agréable, plus proche du ton du cinéma indépendant que du produit à Oscars. Interprétation convaincante. Une bonne surprise même si cela reste un film mineur.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 novembre 2025
Mark Kerr est un lutteur américain qui, à la fin des années 90, fut l’un des pionniers des MMA ("mixed martial arts", anciennement appelés combat libre ou "free-fight"). Après deux défaites, sa carrière connut une longue éclipse. Accro aux antalgiques, Mark Kerr dut subir une cure de désintoxication. Il ne réussit jamais à revenir au top niveau.

Benny Safdie, qui tournait jusqu’à présent toujours avec son frère Josh ("Good Time", "Uncut Gems"), s’est lancé en solo dans un biopic, celui d’une ancienne star des MMA. Il s’est adjoint un atout de poids, Dwayne Johnson, alias The Rock, et son hallucinante musculature.

C’est là que réside le principal intérêt du film et la curiosité qu’il suscite : cette montagne de muscles hypertestostéronés et luisants d’huile, l’ambiance électrisante des arènes de MMA avec ce mélange dérangeant de la plus abjecte violence et du kitsch d’un spectacle hollywoodien.

Le problème de "Smashing machine" est qu’il ne nous propose pas grand chose de plus. Il voudrait, comme de bien entendu, souligner les failles d’un homme, coincé entre l’image de toute-puissance et d’hypervirilité qu’il projette et ses blessures intérieures. Le personnage de sa femme, remarquablement interprétée par Emily Blunt, qui joue à la perfection un rôle difficile de bimbo vulgaire et provocante, est convoquée à cette fin. Mais ce pan-là de la vie de Mark Kerr ne s’avère pas très intéressant, comparé à ce qu’il vit sur le ring.

Le cinéma américain a fait du boxeur/catcheur/lutteur une de ses figures emblématiques – alors que le cinéma français ne s’y est guère intéressé : "Raging Bull", "Rocky", "Million Dollar Baby", "The Wrestler", "Fighter", "Foxcatcher", "Iron Claw"… Je ne suis pas certain que "Smashing Machine" trouve sa place dans ce glorieux lignage.
Paul B
Paul B

89 abonnés 1 506 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 novembre 2025
Sans doute l'un des meilleurs films avec Dwayne Johnson (alias The Rock) au casting.

L'écriture est soignée, les thèmes comme la gloire, les valeurs du sport, l'addiction, l'amitié et l'amour sont ici traités avec beaucoup de justice.

Mais - hélas - comme dans tous les films américains des trente-cinq dernières années les dialogues sont d'une grande pauvreté. À base de fuck et de shit sans grande variété.

Et c'est fort dommage car sans ça me film aurait clairement pu obtenir ses cinq étoiles.
samisan
samisan

36 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 octobre 2025
L’histoire vrai d’un wrestler américain, le film visualise les difficultés vécues par cette star avec un fond musical et de prise de vue splendide
1000gr2Sci
1000gr2Sci

23 abonnés 264 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 novembre 2025
Smashing Machine est une descente aux enfers filmée sans casque, sans gants, sans musique pour adoucir les coups — juste la chair, la sueur, et l’orgueil broyé sous les projecteurs. Mark Kerr, titan vacillant, incarne la brutalité nue d’un sport qui détruit ses champions avec la lenteur d’un poison sans nom. Ce n’est pas un documentaire, c’est un uppercut existentiel, une confession filmée à la lisière du ring et du néant. Un chef-d’œuvre tragique, où chaque victoire sonne comme une excuse pour ne pas s’effondrer.
Yetcha

1 081 abonnés 4 735 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 novembre 2025
Je ne connaissais pas du tout ce sportif qui a joué un rôle dans l'émergence de l'UFC qui souffrait à l'époque du manque de considération et du manque de règles claires. Attention ce film n'est pas un "Rocky like" avec des combats cinématographiques, ici les combats sont très bruts et réalistes et peuvent en décevoir certains. L'essentiel du film est basé sur les difficultés sociales, sportives et le côté souffrances physiques. C'est un rôle fort pour Dwayne Johnson et la découverte d'un personnage à la vie teintée de souffrance et de difficultés.
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 avril 2026
Si vous venez chercher un film de baston, faites de suite demi-tour : Smashing Machine, c'est surtout un film de déclin amoureux dans un couple qui va mal (des disputes, et encore des disputes) et une critique à rallonge des stupéfiants que prennent les sportifs pour améliorer leur masse corporelle. La partie "combat" est très réduite, et franchement peu impressionnante, sur l'ensemble du film (ce n'est pas le propos du film, d'accord, mais la campagne marketing qui vendait le film sur les perf' musclées de Dwayne Johnson a été d'une malhonnêteté sans nom). N'en reste pas moins que ledit Johnson est très crédible dans la peau du lutteur de MMA (forcément, le métier lui colle à la peau) et qu'il est rassurant de voir qu'il s'autorise des sorties de route en-dehors de Disney et des Fast and Furious (l'audace de s'essayer à du ciné d'auteur, pour un tel acteur mainstream, est déjà un gros effort et risque à saluer). On regrette juste la durée très longue de ce biopic, malgré ses intentions louables de nous faire découvrir le destin de ce lutteur, embourbé dans des disputes conjugales à rallonge, au détriment de la partie spectaculaire, quasi inexistante (alors que le film se vendait ainsi). Loin d'être mauvais, mais décevant vu ses capacités. Sinon, allez voir Queen of the Ring, c'est un biopic, c'est progressiste pour les femmes, et il y'a (beaucoup) de castagne. Oui, on fait de la pub éhontée, en mode girl entre les cordes, avec le panneau au-dessus de la tête : à la cloche, c'est vous qui choisissez quel angle de ring (film) rejoindre. Bon round.
lionelb30

535 abonnés 2 904 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 novembre 2025
Moyen. Acteurs sans plus , combat pas très réaliste , bande son pas terrible et filmé parfois style camera a l’épaule et tremblement énervant.
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 novembre 2025
Le premier long-métrage solo de Benny Safdie nous dépeint le parcours de Mark "The Smashing Machine" Kerr, l'un des pionniers de la MMA, et ses combats sur le ring comme en-dehors.

Illustré par une réalisation proche du reportage (récompensée par le Prix de la Mise en scène à la dernière Mostra de Venise), un film un peu plus intéressant de par les coulisses du monde sportif qu'il dépeint (avec ses séquences de lutte plutôt bien retranscrites, malgré un montage parfois haché) que de par la vie privée de Kerr et notamment ses rapports, tantôt tendus tantôt tendres, avec son épouse Dawn.
Malgré l'alchimie qu'il peut y avoir entre ses interprètes, Dwayne Johnson et Emily Blunt (qui se redonnent ici la réplique 4 ans après «Jungle Cruise»), j'ai eu l'impression d'avoir vu ce genre de scènes beaucoup trop de fois (et parfois en mieux) ces dernières années.

Incarnant un combattant pour qui perdre n'est pas envisageable (jusqu'à ce qu'il y soit confronté) et devant combattre ses peurs et ses addictions (une figure ultra-éprouvée du genre du biopic), Dwayne Johnson, investi physiquement, s'en sort bien dans ce rôle plus sérieux, plus sobre, même si j'ai pu retrouver ici ou là certaines mimiques de jeu propres à The Rock.

Abordant des thématiques intéressantes (garder le contrôle, accepter la défaite pour aller de l'avant, l'amitié dans un milieu compétitif), ce drame sportif déroule un récit malheureusement trop balisé, répétant des séquences qui finissent par tourner en rond et viennent progressivement impacter l'intérêt que je peux avoir pour le film.

Bref, un biopic sportif finalement assez basique, un peu trop long pour ce qu'il a à nous raconter (qui n'est pas vraiment passionnant) et manquant d'une véritable incarnation, malgré l'investissement de sa distribution.

Dans un genre similaire, je vous recommanderai plutôt des œuvres comme «The Wrestler», «The Fighter» ou encore «Warrior», plus habitées, et bien sûr la saga «Rocky», sans aucun doute l'une des sources d'inspiration de ce «Smashing Machine».
2985

316 abonnés 1 257 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 novembre 2025
Les acteurs sont plutôt bons, il n'ont pas grand-chose a se reprocher, malheureusement le film est d'un classicisme assez pauvre. La vie de Mark Kerr est ici résumé à quelques années, mais en réalité le scénario se focalise plus sur les addictions et la relations de couple que sur le caractère, personnalité du principal intéressé, même les combats sont mis en scène assez tristement. Sorte de The Wrestler en peut-être même moins touchant. C'est pas spécialement mauvaise, mais ça ne laisse aucun souvenir impérissables
Vador Mir

304 abonnés 999 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 novembre 2025
L'une des meilleure performances de Dwayne Johnson, méconnaissable. Un petit air de "The Wrestler" de Darren Aronofsky. Un film assez bon.
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