Dès les premières minutes, je suis entré dans l’univers de ce biopic sportif avec une curiosité réelle : suivre le parcours de Mark Kerr, pionnier des arts martiaux mixtes, incarné ici par Dwayne Johnson. Le réalisateur, Benny Safdie, change ici radicalement de ton par rapport à ses films plus frénétiques, et cela lui fait grand bien. L’atmosphère est plus posée, presque intimiste : on ne cherche pas tant à impressionner que à faire ressentir la lutte intérieure. C’est une très bonne chose.
J’ai apprécié surtout la performance de Johnson : sans renier sa stature de star, il incarne un homme au corps d’acier et aux démons intérieurs bien visibles. Les combats, la gloire, la chute… tout est là, mais ce qui m’a touché, c’est ce qu’il se passe après le ring. Le film explore l’addiction aux antidouleurs, la relation compliquée avec la compagne Dawn Staples (jouée par Emily Blunt) et la fatigue de celui qui a longtemps été "le champion". Ces moments de vulnérabilité sont les plus forts de l’œuvre.
Cependant, malgré ces nombreux bons points, mon sentiment reste mitigé. Le film déploie un soin évident dans sa photo, son ambiance, son casting (mais je l’ai trouvé parfois un peu trop assis, comme hésitant à aller jusqu’au bout du bouleversement). Il y a des séquences puissantes, certains instants où j’ai ressenti un vrai frisson, mais j’ai aussi ressenti un manque de montée en tension, ou de résolution pleine pour certains axes dramatiques. Pour un combat intérieur aussi violent que celui-là, j’aurais attendu un peu plus de "clinch", de gravité ou d’ampleur. D’où ma note de 3,5/5 : c’est un film très bon, mais pas totalement dans le haut du panier.
Enfin, je recommande ce film sans hésitation, mais avec un avertissement : si vous cherchez un biopic sportif explosif et spectaculaire, vous pourriez être un peu déçu. En revanche, si vous êtes sensibles aux films qui traitent de l’usure, de la performance et des conséquences humaines, alors celui-ci mérite d’être vu. En sortant de la salle, j’avais envie de réfléchir davantage à ce que coûte d’être "le meilleur", à ce qu’on sacrifie, à ce qu’on devient… Et ça, pour moi, c’est un signe qu’on est bien devant un film qui, même sans être parfait, porte quelque chose de vrai.