Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait
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351 critiques spectateurs

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FlecheDeFer ..
FlecheDeFer ..

50 abonnés 383 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 11 mars 2021
Enfin un chef-d'œuvre à la française ! Quand on pense au nombre de navets que produit le cinéma de l'entre-soi parisien, on ne peut que s'émouvoir de ce geste cinématographique majeur qui transcende les frontières de l'excellence et de la subversion. Reprenons. Dans le navet à la française, le sujet n'a ni originalité ni intérêt : que nous en sommes loin ici ! Partant d'une thématique forte et majestueuse organisée autour de trois questions majeures ("Qui a couché, qui couche, qui couchera?") le Cinéaste (comment omettre la majuscule?!) ouvre les champs du possible et s'affranchit des limites du corpus filmis en osant l'extension du débat à des hauteurs que l'on pourrait qualifier d'Everestesques ("Avec qui, en trompant qui, en pensant à qui?") le tout ouvrant d'ahurissantes perspectives de réflexion, nous explorons dès lors les tréfonds de l'âme humaine dans un déferlement d'émotions toutes plus sincères que les autres que l'on pourrait qualifier de jubilatoire, et qui évoque ce grand classique intellectualiste-naturiviste qu'est "Le doutage" par Les Inconnus. Evidemment dans le navet à la française les meilleures intentions sont généralement noyées sous des dialogues dont la pédanterie la dispute à la futilité, mais heureusement foin de tout ceci ici : grâce à des dialogues puissants, ciselés, passionnants (me préférence à ce "Daphné, Daphné, oh Daphné ? … Daphné ! … Daphné, oh… Oh, Daphné… Oui, Daphné… Non… Daphné?" déclamé avec emphase par un Macaigne prodigieusement concerné par son texte qui a visiblement pris comme source d'inspiration le lyrique film d'art et d'essai "Theresa" par Les Inconnus, encore une fois), textes parfaitement déclamés par des acteurs et actrices investis à 100% et qui non seulement ne donnent à aucun moment l'impression de réciter un texte appris par cœur tout en se demandant ce qu'il/elle fait là, mais surtout parlent de façon aussi crédible que naturelle, prenant bien soin de ne pas donner l'impression de forcer la prononciation à chaque mot pour sonner comme au théatre de la cour de Louis XIV. Evidemment, dans les navets à la française, le point de vue est systématiquement celui du réalisateur généralement masculin, et le film tire vite donc vers une représentation plus que complaisante de l'amour, où l'amour n'est que physique, où les femmes sont toutes des chaudasses pour ne pas dire des professionnelles qui s'ignorent, et où la tromperie est justifiée par de grandes principes moraux qui le rendent merveilleux et intellectuel, fort et beau, le tout pour éviter de dire simplement: "Je trompe car je pense avec ma b..." ce qui ne serait pas séant pour un parterre d'intellectuels mâles parisiens bobos. Heureusement, ici le réalisateur ne tombe aucunement dans ce travers, magnifiant au contraire l'amour courtois et le sentiment aux dépens de la simple b... qui finirait par apparaître dégradante hors salon feutré parisien bobo-isé. On ne saurait aussi oublier de mentionner le fait que le navet à la française présente des personnages caricaturaux, toujours les mêmes, par exemple un personnage écrivain (de préférence ne pouvant pas écrire dont on notera le message puissant de métaphore sexuelle, idée d'une originalité telle que personne ne se doutera que la relation charnelle conditionnera en définitive la verg… verve artistique!), une femme prétendant ne pas être amoureuse mais tout de même soumise à l'homme par le déni de son désir même, une relation entre un homme mûr et une jeunette exprimant le fantasme du réalisateur lui-même, le mariage vu comme chose dont il faut se gausser et s'affranchir en vue d'exprimer une rébellion de bon aloi (on est un intellectuel de gauche subversif ou on ne l'est pas, Que Diable), enfin bref, une galerie de personnages que l'on ne risque pas de retrouver ici, dans ce grand œuvre dont les cop… critiques des Césars ont fort judicieusement reconnu la qualité et le rang de chef-d'œuvre.
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2021
Dans la lancée de « Mademoiselle de Joncquières », Emmanuel Mouret troque le drame d’époque avec le conflit des sentiments. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il y a une différence notable sur la durée ou en transposant le romanesque à des désirs plus concrets. C’est là qu’est tout l’embarras. Le cinéaste s’amuse à parfaire un décalage de ton et vient rythmer le tout dans le tourment et le suspense. Les interactions ne rendent pourtant pas les situations plus confortables et c’est dans ce pilier que la narration aime se perdre et aimer abonner ses personnages dans leur confusion. En construisant sa boîte à secrets, on invite le spectateur dans le cercle vicieux de la contradiction et de l’incertitude, qu’empoignent les protagonistes, à chaque instant où ils tentent de se réinventer auprès d’autrui.

La facilité de lecture est aussi séduisante qu’enivrante, car les détours ne manqueront pas dans ce choc de récits, régis par les séparations et les retrouvailles. Les hommes et les femmes errent dans un cadre qui les contraint à isoler ce qu’ils ressentent, au nom de la politesse, à ne pas confondre avec lâcheté. Et c’est de là que l’œuvre puise tout son élan et le fantasme d’espérer, un jour de plus ou un instant de plus, évoquer une sorte d’éternité ou de stabilité. L’observation a beau être vieux comme le monde, mais la rivalité mimétique est bien présente, au cœur même de la lutte intérieure de personnages, envieux, désireux et authentiques. La tendresse s’invite tout autant dans ces ballades, jamais trop longues, ou ces repas, jamais trop banales pour que l’on tourne le dos à la passion qui se dégage. L’efficacité du montage influe directement ou indirectement dans l’esprit. De même, les dialogues stimulent un enthousiasme qui ne fait pas défaut à la réaction du récit, en phase avec la fatalité des sensations. De cette manière, les actes prennent plus d’ampleur, dans l’espoir de prolonger une satisfaction, éphémère et discrète.

Dans la retenue de Maxime (Niels Schneider), on y trouve une grande sensibilité, mise à l’épreuve du temps et du hasard, conséquent dans le deuil qu’il porte en permanence. Mais il ne dévie pas de sa trajectoire de vie, car il avance dans une crainte que l’on connaît que trop bien, ou que l’on soupçonne avec une souplesse des plus intelligente. Du côté de chez Daphné (Camélia Jordana), ce n’est pas aussi simple, c’est même plus subtil dans les déceptions et les désillusions qu’elle tutoie. Pourtant, leur parcours respectif suggère de l’intensité et révèle les cicatrices d’une grande aventure. Autour de cette rencontre, le couple de François et Louise (Vincent Macaigne et Emilie Dequenne), ainsi que Sandra (Jenna Thiam), gravitent autant dans les chutes que les ascensions des deux individus. Ce qui tient donc de l’anecdote n’en est pas vraiment une, car chaque étape est instructive et jouissive, si bien qu’elle s’inscrive dans la construction pertinente d’un amour sincère et définitif. Mais hors de question de mettre un point final dans la ronde des sentiments, où les erreurs se répètent, dans l’intérêt une suspension intemporelle, celle qui nous comble, celle qui nous convient et celle qui nous accorde sa bénédiction.

Mouret insiste lui-même là-dessus, car il faut une certaine touche d’ironie afin d’apaiser la conscience. « Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait » n’est pas une exception et toute la structure qu’elle évoque, à commencer par les multiples parenthèses qui s’entremêlent, convoque des pulsions d’une nature plus délicate et qui ne mentent jamais sur l’expression des comédiens. Il y a une origine à tout dans le théâtre de notre vie, mais à mi-chemin des concessions de Shakepeare, nous offrons avant tout l’opportunité d’ébruiter le souffle de notre âme, comme si les partitions de Mozart et de Tchaïkovski venant nous encourager. L’analogie est sans doute facile, mais l’œil et le cœur ne peuvent plus triompher du silence. C’est dans la précision que le film apprécie de jongler avec les pièces qu’on lui propose.
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 mars 2021
Rapidement passé au cinéma, cette comédie au titre improbable a trouvé son public, même si ce dernier est assez "choisi" : à voir ce scénario de badinages légers accompagné par des dialogues en français soutenu, on sait bien que les amateurs de théâtre et belle littérature s'y retrouveront mieux. Ces beaux dialogues nous font rêver d'une autre époque, d'une poésie des mots devenue si rare, mais finissent par nous perdre un peu lorsqu'il s'agit d'y croire vraiment (personne ne parle comme cela dans la rue, au bureau...), difficile de ne pas remarquer les belles tournures plutôt que de s'intéresser à ce qui a été dit, un duel de fond et de forme qui nous subjugue sur le second au détriment du premier. Mais l'interprétation, tout en douceur, reste l'un des points forts de cette comédie, car les personnages se construisent peu à peu, ne nous force pas la main et certains sont même plutôt attachants (Vincent Macaigne campe un bonhomme gentil, docile, tendrement naïf, un personnage qu'on aime suivre, et Camelia Jordana se défend bien dans ce registre de la douceur). Visuellement, on s'ennuie un peu (les plans ne sont pas très variés), et le scénario n'a absolument rien d'original ni de palpitant (tout le monde se trompe, se quitte et se met ensemble, le B.A-BA de très nombreuses comédies dramatiques), aussi pour l'apprécier il vaut mieux être sensible à la poésie des dialogues et aux personnages réalistes. Mention au titre saugrenu qui nous aura offert quelques belles perles de déformations au cinéma ("Y'a ce qu'on dit, et puis y'a ce qu'on fait..."), les spectateurs sont formidables.
Clément R
Clément R

20 abonnés 411 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2021
Très bon film sur les désirs amoureux et les pulsions du quotidien de différents parisiens. La complexité des sentiments amoureux est mise en évidence par un enchaînement de scènes de vie touchantes et parfois même drôles. On se laisse facilement bercer par ce film léger. On bon moment
aldelannoy
aldelannoy

53 abonnés 374 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 7 mars 2021
À peu près tous les personnages du film devraient consulter un psychiatre de toute urgence. Le jeune homme au centre du film joue mal. Les autres récitent correctement leur texte. Le réalisateur devrait penser à faire du théâtre et à laisser tomber le cinéma pour lequel il n'a aucun talent. Le plus inquiétant est que tant de gens ne se rendent pas compte de combien ce film est médiocre...
TrufosLover
TrufosLover

3 abonnés 116 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mars 2021
Un film anachronique et qui peut paraître à beaucoup désuet voire passéiste mais qui detient un charme certain, sublimé par une bande originale parfaite et un jeu d'acteurs formidable, en tête Camelia Jordana que je ne porte pourtant pas dans mon cœur par rapport à ses prises de position douteuses et ses talents supposés de chanteuse. Le film a l'atout de dépeindre assez justement la complexité des sentiments amoureux. Assurément le meilleur film de Mouret, le plus abouti. Après l'on peut entendre les critiques sur le jeu et les situations ampoulés mais qui connaît Mouret ne sera pas surpris.
Dora M.
Dora M.

78 abonnés 543 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 mars 2021
Daphné (Camélia Jordana) est en couple avec François (Vincent Macaigne). Alors que ce dernier est parti en RDV professionnel pour plusieurs jours, son cousin Maxime (Niels Schneider) vient passer quelques jours dans la maison de campagne où se trouve Daphné. C’est l’occasion pour eux de faire connaissance et de se confier sur leurs histoires amoureuses.
A première vue, ce film n’est qu’une succession de couples qui se font et se défont. Pour autant, le propos est plus profond que cette première apparence.
Je pense en fait que ce film est une étude du désir amoureux sous toutes ses formes : le fait de céder à son désir, de vivre avec, l’amour désintéressé, le mimétisme amoureux (désirer la personne qu’on sait être désirée).
Selon moi, le personnage joué par Emilie Dequenne (l’ex femme de François) apporte une des clés du film, elle est très touchante et donne au film toute sa profondeur. C’est en l’entendant raconter l’histoire depuis son point de vue que j’ai compris que le film était comme un laboratoire des sentiments amoureux, un prétexte pour montrer toutes les possibilités du désir et illustrer de manière pratique les théories philosophiques existantes.
Ce qui m’a dérangé malgré tout, c’est que le film donne l’impression que l’amour unique et la fidélité n’existent pas, ce qui n’est pas réel et ne prend en compte qu’une partie de ce qui existe dans la vraie vie.
streetplane
streetplane

1 abonné 16 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 février 2021
L'idée est bonne, marivaudage, chassé-croisé amoureux où chacun se demande s'il aime untel ou pas plutôt une telle? Mais les dialogues ne sont pas des plus subtils, sinon très plats par moments, les poncifs ne manquent pas, les situations parfois trop attendues, de même que la musique, quoique très belle, où il ne manque aucun 'classique' et où se demande sans arrêt qu'est-ce qu'on va bien nous 'sortir' maintenant.
Le personnage principal (Niels Schneider) n'a pas du tout la carrure, il est pour moi très creux et ne correspond en rien au personnage complexe, rêvant d'être écrivain, partagé entre plusieurs amours. Très bonne prestation par contre d'E.Dequenne.
Un film pas honteux, loin de là, mais très loin des louanges dithyrambiques d'une certaine critique dont on se demande si elle a déjà vu à quoi ressemble un chef d'œuvre.
Olivier Grignard
Olivier Grignard

27 abonnés 11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 février 2021
Comme toujours, Emmanuel Mouret nous emmène avec finesse dans son thème favori, la confusion des sentiments. Tout est subtil, fin, parfois drôle ou absurde, terriblement romanesque et romantique. La mise en scène est belle et épurée, Camélia Jordana vraiment étonnante, émouvante et très bonne actrice, est une vraie bonne surprise : elle tient le film avec le beau Nils Schneider, entourés de comédiens et comédiennes de haut vol. Mouret continue de construire une œuvre de vrai cinéaste, sans se soucier des modes qui passent. Il frôle le chef d'œuvre.
Jean-Paul Godeau
Jean-Paul Godeau

14 abonnés 2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 février 2021
Parfois on pense avoir tout vu et tout entendu en matière d'histoire d'amour,j'hésitais à louer le film après avoir lu quelques critiques et puis la phrase de Camelia dans la bande annonce m'a persuadé..... Les histoires d' amour des autres j'adore çà.... çà rappelle les siennes , celles qu'on a vécues, celles qu'on n'a pas vécues.... c'est tout à fait ce que j'ai ressenti durant tout le film , en ayant encore envie d'en vivre d'autres d'ailleurs ....
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 février 2021
J’ai beaucoup aimé surtout la deuxième heure. Car le film tarde quand même à trouver son rythme. Ou plutôt, il tarde à nous livrer autre chose que ce qu’on a déjà vu chez MOURET. Ces longs dialogues sur l’amour et le désir, parfois très complexes…véritable diatribe propre à son auteur. Surtout que la dernière fois, nous avions été gâtés : « Mademoiselle de Jonquières » fut un délice de style car les dialogues au cordeau nous avaient laissé dans l’impossibilité de connaître mieux. Et c’est cela, je pense qui m’a dérangé au départ. Cette impression aussi de déjà entendu dans d’autres films de lui. Avec en plus, l’humour en moins. Il faut donc être patient et tomber dans le piège comme tombent Daphné et Maxime. Emmanuel MOURET, l’éternel désir ou l’impossible amour ! Comment il force ses personnages à se tromper à ce point dans ce chassé-croisé amoureux ! Personne n’est à sa place et voudrait être ailleurs ! La musique est excellente aussi ! Elle accompagne parfaitement le jeu subtil des images lorsque justement les dialogues s’effacent sur les décors.
Sildenafil
Sildenafil

87 abonnés 1 029 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 17 février 2021
Si le film ne révèle absolument rien sur la complexité des relations amoureuses, il dit en revanche beaucoup sur l’entre soi d’un certain cinéma français. Des réalisateurs fats aux thuriféraires de la critique, tous sont coupables de consanguinité de la pensée, n’enfantant que laideur et veulerie. Car oui, il faut être aveugle ou complice pour ne pas voir que tout sonne faux dans ce film, des aberrations scénaristiques (trois étudiants sans travail dans un 200m² en plein Paris, pour ne citer que ça) à l’exécrable jeux des acteurs en passant par la cuistrerie totale des dialogues.
sulon
sulon

2 abonnés 11 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 février 2021
Tout simplement magnifique. À la fois fort, tendre, tragique, léger. Beau. L'amour et ses méandres. J'y suis allé sans y croire...Je l'ai vu 2 fois d'affilée. à voir sans hésiter pour ceux que le sujet intéresse.
ecrans
ecrans

29 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 février 2021
Encore un excellent film d'Emmanuel Mouret qui excelle dans l'analyse des sentiments amoureux, les chassés-croisés des couples.
Image soignée, musique classique parfaitement adaptée aux situations et interprétation de grande qualité de la part de tous les acteurs avec des dialogues ciselés. Du très grand cinéma français !!! Vivement le prochain film ....
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 novembre 2021
A un moment donné, au début du film, Maxime (Niels Schneider), interrogé par Daphné (Camélia Jordana), lui répond qu’il ne veut pas écrire des histoires d’amour mais de sentiments. Le film d’Emmanuel Mouret, c’est exactement ça, une valse de sentiments, conduite par une jolie brochette d’acteurs. J’ai bien aimé même si j’ai tardé à rentrer dans la ronde.
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