Il y a Kick-Ass, Mandy ou un petit rôle dans le Snowden d'Oliver Stone, mais paumés au milieu d'une trentaine de productions anonymes enchaînées à un rythme stakhanoviste par Nicolas Cage. L'arithmétique est sans appel pour l'artiste : le ratio sur la décennie 2010 n'est pas fameux. Comme si ça ne suffisait pas, le comédien s'est retrouvé au centre d'un phénomène culturel typique d'une ère où la moindre bizarrerie est détournée en mèmes/gifs jusqu'à ce que la source originale soit réduite à une blague. Et le truc avec les réseaux sociaux, c'est que les plus courtes ont tendance à vous coller aux basques pendant longtemps. Pour Cage, c'est regarder sa carrière restreinte à une poignée de moments excités alors qu'il s'efforce d'éponger ses dettes. 2020, décennie de la mise au point ? Après l'étonnant Pig, l'acteur a déniché le projet idéal pour remettre les points sur les i avec Un talent en or massif. Il joue son propre rôle, Nick Cage, has-been à en pleurer, tellement à la rue question boulot qu'il doit se résoudre à jouer les invités prestigieux pour un admirateur fortuné et impliqué dans un enlèvement. On la sent bien, cette odeur de gros délire ? Juste de loin.
Désolé de jouer les trouble-fête mais Tom Gormican et Kevin Etten n'avaient manifestement pas grand chose à faire de Nicolas Cage. Ceux qui s'attendent à un film juste méta devraient s'en contenter. Pour ceux qui s'attendaient à plus, il faudra se contenter d'une comédie dont le résumé est dix fois plus excitant que le déroulé. En fin de compte, l'intrigue ne s'aventurera pas hors du simple barouf référentiel afin de brocarder cette culture du vide en boucle. Tout au plus effleurera t-il la ligne jaune le temps de moments où Cage tente de rejouer (pathétiquement) certaines envolées lyriques en famille. On ne croit pas plus à cette histoire d'infiltration chez le cartel qu'à cette fausse mise à nu, tellement surfaite qu'elle finit pas devenir ennuyeuse. Heureusement, quelques petites idées éparses font mouche : le double survolté, ce final en mode Michael Bay aussi ridicule que l'original.
Un talent en or massif avait un potentiel fou, le genre de propositions qu'on signe des deux mains. Qu'en reste t-il ? Sans surprise, un Nicolas Cage charmant et drôle, inspiré dans l'exercice maso. Au delà, Pedro Pascal remonte légèrement la pente après la cataclysmique Bulle signée Apatow (qui porte très bien son nom). Et puis ? Rien. Mise en scène approximative, montage au hachoir, gags répétitifs, seconds-rôles globalement insipides. En somme, un moment qu'on oubliera bien plus vite que les mèmes dont l'acteur est devenu l'un des emblèmes mondial.