Jean-Pierre Jeunet est un réalisateur au talent créatif qui n'est plus à prouver. Cependant, cela faisait déjà de nombreuses années que le metteur en scène était absent des salles de cinéma. Et c'est encore plus triste de savoir que quand il décide de revenir, son style si particulier empêche les producteurs français de miser sur lui. "BigBug" est donc une production signée Netflix. Un mal pour un bien, car, autant, je dénonce très régulièrement le modèle économique de cette plateforme, autant son regard plus léger sur ce qu'elle produit va permettre à ce genre de productions de voir le jour. En effet, ce nouveau long-métrage est donc un nouveau gros délire personnel du réalisateur. Pourtant, le style abordé aurait pu surprendre. Lui qui est habitué des décors un peu anciens par exemple, le voir proposer sa vision du futur était assez surprenant. Mais globalement, même avec cette idée de départ, on retrouve ce qui fait la force du bonhomme. Si je prends le cas des décors par exemple, on y voit forcément des décors futuristes, mais avec un style qui continue de faire écho à son cinéma. Son futur semble très particulier et rappelle beaucoup la façon dont la science-fiction était imaginée dans les années 70 par exemple. J'apprécie donc globalement l'idée et je trouve que cela amène un peu de fraîcheur. Et étant donné que le film se déroule dans un huis clos, il était primordial de réussir à rendre ces décors intéressants. Ce huis clos est, d'ailleurs, certainement dû au manque de moyens fournis par Netflix, même si cela n'a pas empêché le réalisateur de se lâcher. Sa mise en scène est particulièrement étudiée, et ne va jamais se limiter à ces espaces réduits. La caméra va être très souvent en mouvement, au sein de plans qui durent. Le film est donc plutôt réussi d'un point de vue artistique même s'il faut quand même souligner que cela n'en fait pas un excellent long-métrage, principalement pour des problèmes d'écritures. J'aime la façon dont ce futur est présenté, mais il faut dire qu'il sonne aussi comme très clichés. Cette vision est assez classique et n'apporte rien de vraiment nouveau au genre. On essaye de l'aborder d'une manière assez légère et cela fonctionne via un humour assez bien gérer et efficace. Mais ça fonctionne moins bien quand il s'agit de rendre le tout crédible. Les personnages, par exemple, manquent de réels développements, ils ne semblent être là que pour créer des situations comiques. Il n'y a qu'à voir le nombre de scènes démontrant leurs pulsions sexuelles pour s'en rendre compte. Le retour de Jean-Pierre Jeunet est donc agréable et il offre un film plutôt correct. Je n'adhère pas forcément à ce style d'écriture, mais je dois dire que l'on passe quand même un bon moment face à l'œuvre. Pour conclure, un retour appréciable tout de même.