Fan de films sur les usurpations d'identité, celui-ci, qui lorgne entre "j'ai épousé une ombre" et "le retour de martin guerre" m'a particulièrement déçu. C'est surtout ses nombreuses invraisemblances qui m'ont sauté aux yeux. Je ne suis pas scénariste mais j'ai l'impression que les deux scénaristes de ce film ne se sont pas embarrassés et ont joué la facilité. Or pour me convaincre il en faut plus. ll me faut de la crédibilité. ébut ennuyeux, Dans le premier quart d'heure tout ce qui devait se produire se produit, on a toujours une longueur d'avance sur l'héroïne. personne ne pose des questions personnelles à la fausse rose sur son père (même pas le curé qui a des doutes) Or vu que la fausse Rosse ne connaissait rien du père de la vraie, il aurait été facile de la confondre. interrogée sur la Suisse, et le fleuve (le Rhin) elle récite des phrases qui n'ont absolument rien de naturelles car apprises par coeur d'un guide de voyage et personne ne s'en étonne… Quand Sabine Azema reçoit une lettre que l'héroïne doit intercepter pour savoir ce qu'il y a dedans, comme par hasard, l'héroïne en embuscade, voit la servante qui porte la lettre être appelée par sa supérieure, elle laisse la lettre sur un meuble, pile le temps que l'héroïne puisse la subtiliser… Vraiment comme par hasard!!! De plus, comme c'est bien prtaituqe, on rentre dans cette maison comme dans un moulin : la vraie Rose débarque dans le salon sans aucun problème, malgré les nombreux domestiques qui ouvrent quand on sonne à la porte et alors qu'il y a un petit concert de piano entre gens de la bonne société. Puis quand elle s'enfuit de l'asile, pareil, il suffit de tourner le dos aux infirmiers pour arriver à sortir. Puis devant la maison, elle passe en pleine nuit par la cuisine, c'est ouvert!! Quelle chance!!! (alors qu'on a vu les domestiques fermer les volets partout ailleurs) La vraie Rose n'est jamais venue dans la maison de sa tante mais elle trouve sans problème la salle de bain où se trouve la fausse Rose !!! Comme par hasard, la porte est entrouverte avec la fausse Rose nue dans le bac à eau. Comme si la fausse Rose, surtout à cette époque, se lavait avec la porte entrouverte!!!! Toutes ces invraisemblances m'ont fait sortir du film ,je n'ai adhéré à rien !! D'autre part, je trouve malhonnête d'avoir pris une actrice qui la joue antipathique afin que le spectateur s'attache à l'usurpatrice. Bref j'ai passé un sale moment.
Le film aborde avec délicatesse la question de l'identité et du transfert de classe dans un contexte où la guerre de 14-18 n'est finalement pas le combat principal. L'interprétation des actrices, déterminées à survivre chacune à leur manière donne toute sa profondeur à un film qui rappelle la difficulté de faire le bon choix, si tant est qu'une telle option existe.
J'ai aimé ce film que j'ai trouvé d'une grande délicatesse. La restitution de l'ambiance des maisons de grands bourrgeois de province du début 20ème y est parfaite. Où le pouvoir de l'argent et la supériorité incontestée de la classe supérieure permet d'imposer à tous la volonté des maîtres. Mais pas d'empêcher l'expression du trouble de leurs sentiments.
Nelie Lagarde saisit l'occasion d'échapper à sa triste condition en prenant l'identité d'une jeune femme qu'elle croit morte. Elle se présente alors chez une riche veuve pour devenir sa lectrice en se faisant passer pour Rose Juillet avec la lettre de recommandation de son père. Le mensonge marche fort bien et la veuve s'entiche de la personnalité attachante de sa lectrice. Mais tout vole en éclats le jour où Rose Juillet fait irruption pour dénoncer cette usurpation d'identité. Quelle voie choisira Nélie? Celle de la survie à tout prix ou bien celle de la moralité et de la rectitude?
C'est un film tout en nuance, très beau, le rôle de Sabine Azéma nous surprend jusqu'à la fin, Lyna Khoudri a un rôle tout en finesse, avec plein de sentiments contradictoires.
Ce film est magnifique. Tout en retenue, il évoque différents thèmes : la guerre, la condition des femmes, les classes sociales, l'amour qui peut parvenir -difficilement - à les transcender ("les choses sont trop fragiles pour vouloir les détruire" est la dernière phrase du film), l'enfermement psychiatrique. La photo est magnifique et les actrices remarquables. Qu'importe que le thème de la substitution ait été souvent traité : n'en est il pas de même pour 99% des films, lesquels traitent presque toujours des travers de l'humain? A inscrire dans son panthéon cinématographique !