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Pierre Kuzor
182 abonnés
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4,0
Publiée le 29 mai 2026
Ai vu "Julie (en 12 chapitres) du réalisateur norvégien Joachim Trier, qui a valu le Prix d'interprétation féminine à l'actrice solaire Renate Reinsve. Très beau film découpé en un prologue, 12 chapitres et un épilogue, "Julie..." est un portrait très précis, subtil, bienveillant et surtout particulièrement émouvant d'une jeune femme d'Oslo pendant une petite dizaine d'années, mais c'est également une photographie de toute une génération. Julia commence des études pour être chirurgienne, puis abandonne pour être psy, puis réalise qu'elle veut faire de la photographie. Julie veut vivre pleinement et assumer ses choix c'est le privilège de son âge. Pour ses amours Julie agit de même... Julie rencontre Aksel, un dessinateur de BD de 45 ans et s'installe avec lui dans une vie beaucoup plus conformiste qu'elle ne le voudrait, où le regard des autres et celui de son partenaire tout à coup devient pesant, oppressant... elle ne peut répondre aux questions incessantes et insolentes "Voulez-vous des enfants ?" "Quel métier faites vous ?"... Julie se trouve en décalage et fuit. Julie se carapate devant le conformisme des générations rangées qui la devance. Pourquoi suivre un seul chemin ? Julie se sauve également devant la difficulté, devant les choix à faire... Pour aller où ? Julie n'est jamais dans le bon timing imposé par la société. Le film à la construction très littéraire passe de la légèreté "La fellation à l'ère metoo", au malaise, "les autres", à une des plus belles scène de "drague" du cinéma lors d'une soirée où Julie s'invite sans y connaitre qui que ce soit, à une réelle mélancolie "Tout à une fin". Est-ce que les épreuves auront raison de la pétillante Julie et la feront rentrer finalement dans le rang ? La mise en scène de Joachim Trier est à l'avenant de la construction du long métrage, très élégante, étudiée, souple, à la bonne distance sans aucun jugement, la caméra est totalement à l'écoute des sentiments ambivalents et des états d'âmes subtiles des personnages. Renate Reinsve illumine le film par sa présence, sa qualité de jeu, sa façon de se mouvoir, de danser, de se poser, de regarder le monde... Les portraits des personnages masculins sont eux aussi nuancés et Anders Danielsen Lie et Herbert Nerdrum sont des acteurs sensibles. Le film parle à tous, quelque soit notre génération, notre sexe... nous avons tous été un jour cette Julie entière et absolue, volcanique et en plein doute excessif à ne pas savoir déguster le présent car la peur de l'avenir et la pression des autres étant trop grande. Alors on (re)-vit avec Julie pleinement ces 12 chapitres qui nous font frissonner de plaisir et de nostalgie. Un subtil état de grâce.
Du ciné danois, ça ne se refuse pas. Qui plus est signé par Joachim Trier auquel on doit entre autres Back Home et le formidable Oslo, 31 août. Julie, bientôt 30 ans, n’arrive pas à se fixer dans la vie. Alors qu’elle pense avoir trouvé une certaine stabilité auprès d’Aksel, 45 ans, auteur à succès, elle rencontre le jeune et séduisant Eivind. 128 minutes, sans doute un peu longues, mais originales pour dessiner le portrait d’une jeune femme en proie à une instabilité émotionnelle et affective somme toute assez banale. J’ai beaucoup aimé et pourtant, à la sortie de la salle, je me suis posé une question gênante : « oui, bien, mais encore ??? » Après son superbe et effrayant Thelma en 2017, notre réalisateur norvégien revient à un univers plus familier et des situations proches du vécu… peut-être trop pour passionner vraiment. Mais voilà, il y a l’habileté du scénario, la superbe mise en scène, un montage virtuose et une jeune interprète qui crève l’écran. Beaucoup d’atouts pour une histoire qui aurait pu passer inaperçue chez un autre cinéaste. Le film évoque des questions existentielles communes aux hommes et aux femmes. Trier sait éviter l’écueil du film sur « LA femme de notre temps » et se contente bien au contraire de se focaliser sur Julie, personnage sympathique, solaire, bien qu’en proie à des conflits intérieurs et, parfois, à des échecs. Le cinéaste dit d’elle qu’elle est une imperfectionniste. La ville d’Oslo, avec ses ambiances et ses lumières si spéciales sert d’écrin à cette belle histoire simple, magnifiquement – je le répète -, filmée et interprétée. Une petite perle. Renate Reinsve, pour son 1er grand rôle, est de tous les plans et, entre légèreté et profondeur, sait nous séduire jusque dans ses côtés les plus irritants. On espère la revoir rapidement. Les hommes, Anders Danielsen Lie, Herbert Nordrum, Hans Olaf Brenner, tous impeccables, tournent autour d’elle comme autant de satellites autour de leur étoile. Un superbe portrait, tout en délicatesse, d’une trentenaire qui, avec ses faux airs de comédie romantique, parvient à remettre en cause toutes les certitudes qu’on aurait pu se forger sur l’amour, la vie de couple, dans une valse-hésitation pleine d’esprit. Le cinéma de la Nouvelle Vague revisité.
Chouette, tonique, sensible, joyeux, juste, intelligent, riche, stimulant : les questions de la vie, quelques-unes (pas mal), à 30 et quelques années (ou autre), quand on est une femme (ou autre). Les « choix », les bons choix, les mauvais, les expériences, les conséquences … Tout un film, toute une vie.
Un film tendre, inventif, drôle, bouleversant, déchirant. C'est délicat dans les mots comme dans les silences. La comédienne est incroyable. Un sans-faute !
Attention commentaire sexiste: film pour les femmes. Histoires d'amour comme il en existe des centaines. En tant qu'homme, aucune empathie pour la protagoniste, aucune émotion ressentie. Les thèmes abordés sont lisses et ne sont que survolés. Quelques scènes qu'on ne voit que dans les films du genre meuf qui court au milieu de la rue parce qu'elle est amoureuse ou la meuf qui partage ses secrets intimes les plus fous sur les toilettes face à un mec qu'elle vient de rencontrer. Film sans intérêt...
Le belle surprise que voila. Joachim Trier nous avait habitué à de beaux films graves qui baignaient dans la tristesse ou la dépression. Celui ci est plus contrasté . Il trace le portrait d’une trentenaire à la fois audacieuse et hésitante, déterminée et fragile. Mais toujours pleine de grâce et de fantaisie, à l’image du film lui même. On se ballade parfois du côté de Woody Allen ( son chef d’œuvre Annie Hall) mais la plupart on est dans un univers très singulier et très personnels. La construction rigoureuse du film et l’enchaînement de ses chapitres sont parfaitement orchestrés, et malgré la grande diversité des situations, des émotions et de la mise en scène, on ne tombe jamais dans la faiblesse du film à sketchs. La scène de la rencontre lors de la soirée, d’une originalité et d’un érotisme rares, restera dans les mémoires Au centre du film, saluons sa magnifique interprète qui nous séduit et nous émeut, sans que jamais le regard du metteur en scène sur ses deux personnages masculins n’en souffre. Ils sont magnifiquement écrits et interprétés, à l’instar de Jules et Jim
Études, avenir professionnel, relations amoureuses... Julie se cherche. Des moments bouleversants font à eux seuls l'intérêt du film, même pour qui n'est pas a-priori passionné par les chroniques intimes. Mention spéciale au personnage d'Aksel, le compagnon si attentif, qu'on voit défendre âprement sur un plateau télé la liberté du créateur.
12 chapitres, plus un prologue et un épilogue, ça fait penser à un style « nouvelle vague » et surtout à Eric Rohmer même s’il faisait nettement moins découpé. Nous voici donc en compagnie d’une charmante trentenaire en Norvège (dialogues en version originale, il faut être courageux) qui, dans ce pays sans aspérité sociale, ne sait pas trop ce qu’elle veut pour être heureuse ni même (et le spectateur avec elle) s’il lui faut quelque chose. Elle est brillante, intelligente, elle réussit toutes ses études. Ce qui ne l’empêche pas de changer brutalement de voie en cours de route avec l’assentiment de sa mère qui n’y trouve rien à redire : « si c’est ce que tu veux », « si ça te rend heureuse ». C’est la Norvège on vous dit : paradis socialiste (social démocrate) pour les uns, société étouffante pour les autres. Dans une séquence annexe, une petite fille qui ne veut pas aller dormir s’entendra quand même dire de sa mère : « c’est moi qui décide ! ». Ah mais… Notre Julie s’épanouit donc, comme elle peut, comme elle veut, sans limites et dans l’éternelle interrogation. On ne se lasse pas de son sourire. Mais franchement, quelle casse bonbon !
Une œuvre moderne à la fois drôle, romantique, mélancolique et dramatique, qui scrute les travers ou les insatisfactions perpétuelles des trentenaires d’aujourd’hui, tout en évoquant une multitude de sujets de société. La révélation Renate Reinsve, justement primée à Cannes, est particulièrement attachante dans le rôle-titre de Julie et Anders Danielsen Lie, acteur fétiche du réalisateur Joachim Trier, toujours aussi subtil et intense dans son jeu. Une très belle réussite que cette virevoltante aventure à contre-courant, solide réflexion sur le temps qui passe, truffée de trouvailles visuelles et traitée avec une certaine finesse d’esprit.
Le genre de film ou l'on se dit avoir perdu 2 heures. Sans être mauvais avec en plus une bonne actrice , ce qui pêche c'est l'histoire. Les différentes histoire d'amour sont sans grand intérêt et cela tourne en rond.
Ce découpage en douze chapitre n'est pas du plus heureux. Cela ralentit le film et empêche le spectateur de rentrer d'être emporté dans cette l'histoire. Comme dans la vie , certaines situations sont plaisantes, d'autres embarrassantes et parfois très tristes. On aimerait du cinéma qui fasse rêver. Le scénario est plutôt bien écrit ainsi que les dialogues et les acteurs excellents.
Julie (en 12 chapitres) ou Oslo, 31 doutes. Les doutes, les joies, les amours d'une jeune trentenaire dans le Oslo d'aujourd'hui. On pense beaucoup à Frances Ha. Ce film est une merveille et son actrice est renversante.