" Julie (en 12 chapitres)" présenté cette année au festival de Cannes est un drame romantique qui finit par émouvoir . En effet même si une ambiance détendue est abordé une longue partie du film , le portrait de cette trentenaire norvégienne brillamment interprété par Renate Reinsve ( prix d'interprétation cette année au festival de Cannes) au fil du temps bouleverse par sa sincérité, simplicité et sa mélancolie représentant bien la femme moderne de notre époque occidentale .
Les palpitations du cœur d'une trentenaire vers l'épanouissement. Film tout en nuances de gris sans aucun manichéisme. L'actrice mérite amplement son prix d'interprétation féminine reçue à l'unanimité du jury de Cannes.
Ce film évoque les difficultés à trouver sa voie quand on est une jeune femme européenne dans un mode de vie qui s'est imposé un peu partout. Il faut être mince, sportif, branché. Les habitations doivent propres, rangées, épurées alors que les difficultés à gagner sa vie sont croissantes. Ici en l'occurrence, on finit serveur dans un café ou vendeuse en librairie malgré des années d'étude à décrocher un diplôme. Il y a une angoisse existentielle inavouée qui rend difficile tout projet familial s'imposant comme une évidence pour nos aînés et toute prise de risques. Dans ce contexte, vont s'affronter l'amour vécu comme salvateur surmontant tous les obstacles et la maladie destructrice. Au final comme un bateau après la tempête, on finit par trouver son chemin.
Assez circonspect sur l’intérêt d’un tel étalage pour un portrait de femme que Renate Reinsve assume joliment, avec talent, sur une palette de sentiments très large. Son prix d’interprétation à Cannes 2021 n’est pas usurpé , mais si l’auteur veut nous faire comprendre qu’un sujet usé jusqu’à la corde ( la quête amoureuse ) peut être transcendé par la magie de la mise en scène, c’est une réussite. Qui s’éternise … Le choix du sexe, du travail, de la responsabilité individuelle immanquablement liée un jour à celle de la collectivité, Joachim Trier nous fait une sorte de déclin de l’empire norvégien dans sa phase intermédiaire. Sur le terrain des sentiments diffus qui virevoltent au gré de ses humeurs, de ses sensations, de son cheminement personnel le film me parait tirer le meilleur parti d’un récit par ailleurs très classique. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
L'histoire de Julie, jeune norvégienne de presque 30 ans, indécise jusqu'au bout des doigts, préférant vivre le jour présent plutôt que se projeter dans un avenir qu'elle imagine flou, que ce soit professionnellement comme affectivement.
Fausse comédie romantique, le film nous parle des errances et des surprises de la vie, qu'elles soient positives ou négatives. Parfois drôle, jamais lourd. Parfois touchant, jamais tire-larmes. Parfois cru, jamais tape-à-l’œil.
Malgré des chapitres parfois un peu inégaux, une petite capsule de tendresse (souvent), de cruauté (parfois) et de liberté (toujours) qui n'en fait jamais trop, et ose quelques belles trouvailles de mise en scène au passage.
Et au milieu de ce récit à l'esprit mélancolique, la rayonnante Renate Reinsve qui irradie le film de par sa présence, ses doutes, ses coups de gueule et ses rires. Rêveuse, imprévisible, solaire, et très justement récompensée par le prix d'Interprétation Féminine au dernier Festival de Cannes. 7,5/10.
"Julie (en 12 chapitres)" fait partie de ces films dont je sais qu'ils ont tout pour que je les adore avant même de les voir. Au-delà des très bons retours critiques, la récompense cannoise louant l'interprétation de son actrice principale ou le fait que je suis client du cinéma de Joachim Trier, il y a ce pressentiment, ce petit truc indicible qui me fait dire par avance que ça sent bon l'entrée immédiate dans mon top ciné de l'année.
Et j'ai effectivement beaucoup aimé "Julie (en 12 chapitres)" (plus un prologue et un épilogue)... mais pendant seulement dix de ses chapitres.
D'abord, c'est incontestable, il y a la révélation Renate Reinsve, cette actrice absolument géniale et dont tout être humain se doit de tomber sous le charme dès les premières minutes en film (je vous mets au défi de lui résister). On en vient même à se demander qui d'autre qu'elle aurait pu si parfaitement incarner, et avec un naturel aussi incroyable, Julie, cette presque trentenaire poussée par le temps et certains diktats à s'enfermer dans un choix de vie prédéterminé là où elle se refuse à sacrifier sa soif intarrissable de liberté. Cela se traduit dans le film par une mosaïque de moments -de chapitres- où Julie tâtonne dans sa quête de soi, où elle n'est jamais dans le bon timing de la relation amoureuse adéquate vis-à-vis de ses aspirations sentimentales et où les premiers instants passionnés se transforment en prisons sur le long-terme appelant une nouvelle évasion de sa part pour espérer toujours mieux. Et, même si ces erreurs provoquent bien sûr une certaine détresse chez la jeune femme, elles sont sans cesse contrebalancées par la lumière qui irradie d'elle à chaque nouvel espoir d'épouser un bonheur inédit et peut-être enfin immuable. Cet alliage d'instants à forte variante émotionnelle permet à Joaquim Trier d'offrir un éventail de séquences dont on sort toujours avec un énorme sourire aux lèvres, comme cette "pause" romantique et un trip où la drôlerie se dispute à des images cauchemardesques, mais aussi lors de passages en apparence plus anodins, un week-end chez la belle-famille ou les simples échanges d'une nouvelle rencontre, des petits riens dont le réalisateur parvient à exalter l'importance capitale qu'ils représentent à travers les yeux de Julie. Bref, tout ce que j'attendais de solaire, d'irrésistible et d'intelligent sur le plan émotionnel dans ce portrait de femme moderne en pleine hésitation sur le cap à prendre m'a pleinement réjoui pendant les trois-quarts du film.
Et puis, lorsque est venu le temps de faire atteindre symboliquement l'âge de la raison à Julie, quelque chose s'est enrayé. Peut-être que cette dernière partie du film tombe dans l'excès à mes yeux ? Peut-être fait-elle appel à une concomitance d'événements trop faciles -scénaristiquement parlant- dans le simple but de faire gagner un énorme level-up de maturité à Julie ? Peut-être cela provient-il de ma propre personne en tant qu'éternel résistant à l'âge adulte ?... Mais, une chose est sûre, je suis resté étonnamment hermétique à ces deux derniers chapitres. Quelques dialogues m'ont touché subrepticement bien sûr, je ne le nie pas, et la fin du chemin est cohérente vis-à-vis de l'évolution de Julie et de ses relations mais, là où j'attendais d'être submergé par une vague d'émotion en forme de parfaite conclusion à tout ce que le film m'avait fait traversé auparavant, je suis resté de marbre, majoritairement impassible à ce qui se déroulait sur l'écran.
C'est donc sur une note un peu amère que j'ai quitté ces derniers chapitres passés avec Julie, les souvenirs du bonheur partagé avec les précédents l'emportent évidemment sur ces derniers instants mais, même si j'ai beaucoup aimé "Julie (en 12 chapitres)" globalement, il me restera toujours cette petite déception de ne pas l'avoir adoré autant que je l'avais présagé. En espérant qu'un deuxième visionnage dans quelques temps répare cela...
Encore une trentenaire égocentrique qui se cherche... et on est sensés s'émouvoir. C'est d'une platitude. Heureusement que cette longue actrice est jolie à regarder, mais 2 heures c'est bien trop long.
C'est dommage la mise en scène est belle et soignée et le récit singulier et bien mené mais on a l'impression que le sujet est plus centré sur l'amoureux de Julie (agaçant et problématique) que sur Julie. On ne sait jamais rien de son intériorité, ses désirs et ses envies, elle reste floue et mystérieuse. Seul l'épilogue est joli et nous dit quelque chose.
Pour ceux qui, comme moi, avaient été éblouis par Oslo 31 août, il avait été cruel de voir Joachim Trier se perdre au fil de ses films suivants, tous plus ou moins ratés.
Julie en 12 chapitres permet de retrouver le cinéaste norvégien dans ce qu'il a de meilleur : une grande sensibilité dans l'exploration des sentiments et des états d'âme, des idées de mises en scène renversantes (la merveilleuse scène dans laquelle le monde entier se fige) et une capacité à renouveler sans cesse l'intérêt du spectateur.
Il y a une forte probabilité pour que ce film devienne culte pour les spectateurs, et encore plus spectatrices, qui ont l'âge de Julie (en gros, les trentenaires). Il dessine en effet une sorte de Carte du Tendre de cette génération, entre hésitations, expérimentations et réalisation de soi-même. C'est souvent réussi (le chapitre "Infidélité") et aussi parfois un peu moins enlevé (les chapitres de la fin à propos d'Aksel).
On retrouve avec plaisir l'acteur d'Oslo, le magnétique Anders Danielsen Lie, et on découvre la pétillante Renate Reinsve, prix d'interprétation féminine à Cannes cette année. Cette dernière irradie le film comme rarement une actrice peut le faire.
Un film primesautier, bien qu'assez peu original, qui semble saisir l'essence même de la vie. A découvrir.
Film SANS GRACE, SANS JOIE et SANS HUMOUR ...! Sur le même thème "les errements amoureux d'une femme à l'âge auquel elle est sensée se fixer et enfanter", " les amours d'Anais" était un film beaucoup plus réussi : gai, bavard, attachant... un film du sud quoi...! Ce film d'Europe du Nord semble bien parti dans le premier quart d'heure (belle photographie, bande son terrible, rythme, tabous sans tabou...) puis ça devient froid et sans émotion... l'actrice est loin d'avoir le charme d'Anais Demoustier et ne suscite au final guère de sympathie ou d'admiration...
Une bonne surprise avec un film plutôt original. Alors déjà mention à l'actrice principale qui est tout bonnement exceptionnelle. Ça fait du bien de voir ça et en même temps, je ne suis même pas étonné car le milieu Scandinave a toujours été doué. Les autres acteurs le sont tout autant. J'ai bien aimé l'histoire car on peut tout à fait s'y identifier avec toutes ses périodes de la vie. Autre point sympa, les quelques scènes avec des effets visuels originaux, ça amène un petit plus clairement. La bande originale aussi est en adéquation parfaite mais en même temps un peu répétitive. Cependant, je reproche que ce "Julie (en 12 chapitres)" soit un peu trop long, ça traîne par moments hélas ... je regrette également que la chute soit un peu décevante même si on pouvait s'y attendre un peu. En fait, il manque un petit quelque chose pour ma part pour dire que c'est un long métrage très réussi mais dans l'ensemble j'ai bien aimé. Après comme on dit, personne n'est parfait mais j'ai vu que la critique a été assez unanime. 12/20.
Que faire de sa vie ? Quelle voie choisir ? Et si l'on s'était trompé ? L'amour serait-il salvateur ? Aimer avec sincérité, mais ne pas trouver sa place auprès de celui qui a une passion créative. Aimer, certes ; mais que faire quand la faille toujours là ? En aimer un autre ?Tout quitter dans un perpétuel mouvement conduit-il quelque part ? Faut-il une nouvelle fois franchir le pas pour le savoir ? Franchir le pas, jusqu'à ce chapitre où tout bascule vers l'irréversible. Le très beau film de Joachim Trier.