"HEE HEE...", ou plutôt "Oh-oh...". Ce biopic sur la légende du King of Pop se fait lacérer par la critique presse, et une partie des spectateurs. Qu'est-ce qu'il se passe avec ce biopic ? Eh bien, c'est un super vinyle "best-of", mais très artificiel et lisse, qui ne raconte pas grand-chose des créations des chansons (dommage, la plupart ont des histoires étonnantes, ne serait-ce que l'immense chanson We Are the World, qu'il a chapeauté en grande partie, et dont les coulisses sont fascinantes !). Pour une "Partie 1", en 2h10, pas un mot sur ce monument de la chanson engagée qu'est We Are the World, pas un mot sur sa comédie musicale The Wiz qui a été numéro 1 des charts pendant presque une année (avec Diana Ross, oui, "rien qu'elle", à la Motown, ce qui a boosté sa carrière à 19 ans...), pas un mot sur sa rivalité légendaire avec Prince (une blagounette dans une piscine et c'est expédié, alors que ça a littéralement nourrit la moitié de ses albums)... Lisse, le mot est faible. Ce biopic préfère répéter en boucle qu'il visitait les chambres d'hôpitaux et sauvait des animaux ("T'as vu, c'était un bon gars, hein..." : signé la famille Jackson, productrice du film). Pas un mot pour les néophytes, au profit des méga-fans : le film dit "Quincy" (pour Quincy Jones), "John" (pour John Landis), "..." (il n'est même pas nommé, malgré son statut de "rire le plus terrifiant" pour toute une génération, en plus de sa filmo bluffante), pour "Vincent Price"... Ce biopic survole tout avec nonchalance, et ne s'adresse qu'au public déjà converti de Michael. Alors, oui, c'est un super best-of des chansons qui, en IMAX sono à fond, a quelque chose en plus, une ambiance de concert (sans les téléphones actuels devant les yeux) qui ne se refuse pas quand on aime la musique de Michael Jackson. La BO ne s'arrête quasiment jamais, même si les sons ne sont pas tous de Michael (on reconnaît des classiques de la Motown pour varier un peu la playlist). Alors oui, sur le plan sonore, on fait le tour de notre "33T" (ou de votre playlist Spotify, peu importe) avec un plaisir non dissimulé, et on y ajoute les performances des acteurs, absolument incroyables. Oui, oui, Jafar Jackson est un bon sosie du Tonton (même si les chansons sont les enregistrements originaux, il fait l'effort de reproduire ses mimiques, sa voix, et ça fonctionne), mais vous avez vu Domingo Colman en odieux père violent ? Il est formidable, terrifiant, détestable, viscéral. On rêve de le terminer à coups de Grammy Award dans le (gros, d'après lui) pif. Et puis, dernier bon point (oui, c'était rapide) : les animaux utilisés pour le film sont en numérique (pas trop moche), cela fait toujours du bien à la cause animale. Dans ce marasme de best-of musical, on sent quand même que le film est malade, a un petit 42 de fièvre :
il se scinde en deux parties
(de plus de deux heures, chacun, donc), sans prévenir le public (pour mieux cachetonner ? Qui a dit ça ? Vous, au fond ? : vous avez raison.). Car les "Partie 1" marchent souvent moins bien, car les fans hardcores ne veulent pas entendre parler des accusations (on dit bien "accusations" : lâchez notre veste, et bonne journée) d'attouchements sur mineurs, et les autres (badauds) viennent pour un tour complet de manège, savoir qui c'était jusqu'au bout. Pourquoi avouer que vous n'aurez que la moitié du gâteau, quand vous pouvez bouffer dans la gueule en fin de projection un magnifique "Son histoire continue" assez vague, assez "on verra si on met les accusations", assez hypocrite, pour empocher le pactole sans forcer ? Un coup de pelle pour le curieux, un doudou pour les méga-fanatiques qui ne viendront (forcément) pas tenter cette deuxième partie plus polémique. Tout bénèf. Un peu comme Michael en 1984 qui vient à la soirée des Grammy Awards (vous ne savez pas de quoi on parle ? Normal : le film s'en fout) : ce biopic arrive, empoche, et se barre avec un sourire. Oh-oh.