Si c'est son premier film, Jaafar Jackson reste légitime pour incarner le King of Pop, à plus forte raison que c'est ... son neveu ! En effet, il est le fils de Jermaine Jackson, et ressemble beaucoup physiquement à son oncle. Pourtant, ce n'était pas une évidence de l'interpréter, ni pour lui, ni pour le réalisateur. D'ailleurs, il a passé des essais auprès d'Antoine Fuqua, et l'a rencontré, avant que la décision ne soit prise.
Jaafar Jackson n’a pas fait les choses à moitié : pendant deux ans, il s’est imposé une discipline quasi monastique. Danse quotidienne jusqu’à "se brûler les pieds", étude obsessionnelle d’archives, lecture d’écrits personnels… Il est même allé jusqu’à transformer une pièce entière sa demeure en salle de recherche, tapissant les murs de citations et de repères de vie de Michael Jackson. Le plus troublant ? Il a aussi vécu et répété dans la maison familiale de Hayvenhurst, dormant dans les mêmes murs que la star.
Contre toute logique, Antoine Fuqua a choisi de filmer les performances scéniques dès le début du tournage. Le but ? Plonger immédiatement Jaafar Jackson dans le grand bain et lui permettre de trouver sa légitimité dans le rôle. Une stratégie risquée — mais payante, car ces scènes ont servi de socle émotionnel pour tout le reste du film.
La reconstitution du concert de Wembley et son interprétation de "Bad", moment iconique de la carrière de Michael Jackson, a été la toute première grande scène tournée. Sur le plateau, la pression était immense : il fallait retrouver l’énergie d’un show devant 72 000 spectateurs… . Résultat : une journée de tournage décrite comme “électrique”, où les figurants ont même continué de hurler après le "Coupez !" d'Antoine Fuqua, tant ils avaient le sentiment d'avoir le King of Pop devant eux.
Pour la séquence des 25 ans de la Motown, l’équipe a tourné au Pasadena Civic Auditorium, dans la véritable salle où Michael Jackson a exécuté son tout premier moonwalk en 1983. Un choix hautement symbolique, qui a bouleversé les équipes techniques comme les acteurs, conscients de rejouer un moment entré dans l’Histoire.
Soucieuse d’authenticité, la production a intégré de véritables objets ayant appartenu à la star. Parmi eux : ses authentiques Grammy Awards, utilisés pour la première fois dans une fiction. Un détail discret, mais chargé d’émotion.
L’équipe est retournée sur les lieux exacts où a été tourné le célèbre clip de Thriller, à Union Pacific Avenue, à l’est de Los Angeles. Une ambiance bon enfant où toute l'équipe est venue masquée, pour l'occasion. Coïncidence troublante : une pleine lune était présente lors des deux jours de tournage de la scène, renforçant encore l’atmosphère presque irréelle de ces séquences devenues mythiques.
Marci Rodgers a choisi de reproduire les tenues iconiques en respectant les techniques d’origine, notamment pour la veste rouge vif du clip Thriller, initialement choisie par Deborah Nadoolman Landis, costumière du clip. Elle confie : " J’ai parlé directement avec Deborah de cette tenue. Elle m’a notamment appris que le pantalon rouge porté par Michael dans le clip était teint à la main, parce que Levi’s ne fabriquait pas de jeans rouges à l’époque. Elle a littéralement pris un jean blanc et l’a teint pour qu’il corresponde exactement à la veste. Peu de gens le savent."
La transformation de certains acteurs, notamment de Colman Domingo en Joseph Jackson, nécessitait des prothèses et 2h30 de maquillage ... par jour !
Une partie du film a été tournée dans la vraie maison d'enfance de Michael Jackson, Hayvenhurst. Jaafar Jackson lui-même y a vécu, et y est resté le temps du tournage. Pour recréer l'ambiance de l'époque, Barbara Ling, la décoratrice, a demandé à son équipe de chercher chaque relique, chaque objet, afin de "retrouver la maison dans l’état dans lequel elle se trouvait quand toute la famille", selon ses dires.
Le projet Michael a été chamboulé par de nombreux événements. D'abord, le tournage, initialement prévu en milieu d'année 2023, a été repoussé de plusieurs mois en raison de la grève SAG-AFRA. Les prises de vue ont finalement débuté en janvier 2024. En outre, le film devait sortir en octobre 2025, mais là encore, les choses ne se sont pas passées comme prévu. En effet, de son vivant, Michael Jackson avait fait rédiger un contrat stipulant l'interdiction à d'éventuels biopics sur sa vie de mentionner ses démêlées judiciaires et les accusations de pédophilie à son encontre. La dernière partie de Michael y faisant référence, Antoine Fuqua a dû re-tourner toutes les scènes finales et le film sort finalement en avril 2026.
Le budget de Michael s'élevait au départ à 150 millions de dollars mais les reshoots ont rallongé les frais de ... 50 millions de dollars ! Mais ce n'est pas Lionsgate, le producteur du film qui assumera les frais, mais John Brancha, le co-exécuteur testamentaire de Michael Jackson et le président de la Michael Jackson company, qui assumera ces frais…