Pas toujours évident de dire ce qui ne va pas dans un film.
Cigare au miel possède par exemple tous les ingrédients pour plaire : un portait a priori sympathique d'une jeune bourgeoise issue d'une famille laïque d'origine berbère, des péripéties dramatiques, des acteurs impliqués.
Pourtant rien ne va dans le film, qui cherche à embrasser trop de sujets : le plaisir féminin et l'émancipation sexuelle, le machisme traditionnel qui aboutit à un viol, les relations à l'Algérie pour les enfants d'immigrés, le terrorisme, une sociologie des écoles de commerce. Rien n'est habité, tout est esquissé.
Zoé Adjani (la nièce d'Isabelle) fait ce qu'elle peut, mais son personnage est trop faiblement écrit pour vraiment convaincre. Cigare au miel est peut-être tout simplement mal conçu (l'écriture part dans tous les sens et les situations semblent souvent artificielles) et mal réalisé (il manque de rythme et d'unité).
Une réalisation insipide au service d'enjeux insignifiants.
Film honteux, qui ne représente rien à part la médiocrité des acteurs. Sans parler des jeux d'acteurs pitoresques, le sujet est redondant et est toujours le même concentré sur la femme.
Demi-frère du réalisateur algéro-brésilien Karim Aïnouz, Prix Un Certain Regard 2019 avec "La Vie invisible d'Eurídice Gusmão", Kamir Aïnouz réalise son premier film avec "Cigare au miel". Un film sur une famille laïque, bourgeoise et algérienne d'origine kabyle dont l'histoire se déroule en 1993. Dans cette famille, Selma, une jeune fille de 17 ans face à des parents au comportement souvent incompréhensible, parfois très durs avec Selma et qui donnent l'impression de vouloir avant tout qu'elle trouve un mari. Selma, par réaction, en fait des tonnes tant en parole que dans son comportement, parfois soutenue par sa mère, parfois par son père. "Cigare au miel" est un film maladroitement réalisé, avec des dialogues très souvent incompréhensibles et beaucoup d'invraisemblances (Un petit exemple sympathique : on est en 1993 et, au cours d'une soirée, on entend la chanson "Say Yeah", sortie ... en 2011 !). Le film n'est que très partiellement "sauvé" par la prestation de Zoé Adjani, la nièce de sa tante, l'interprète de Selma, qui éclipse totalement le reste de la distribution, d'un niveau globalement médiocre.
Ce film qui est le premier long-métrage de cette réalisatrice qui en a également écrit le scénario, porte un regard intéressant sur la société algérienne à travers l'histoire de cette famille bourgeoise installée en France. Le film qui se situe au milieu des années 90, est centré sur la vie de leur fille au caractère bien affirmée et éprise de liberté qui se heurte à ses parents partagés entre l'attachement à leur fille dont ils souhaitent la réussite, et le poids de la tradition et le regard des autres. Tout cela est assez bien rendu dans la réalisation de ce film un peu trop long cependant. Il faut noter les belles images de la Kabylie dans la dernière partie du film.
Selma (Zoé Adjani, nièce de) a dix-huit ans. Elle a grandi à Neuilly dans une famille aisée originaire d’Algérie. Son père (Lyes Salem) est architecte, sa mère (Amira Casar) était gynécologue avant d’arrêter son travail pour se consacrer à l’éducation de sa fille. On est en 1993 et l’Algérie est en train de basculer dans la guerre civile. Aussi libéraux soient-ils, les parents de Selma entendent contrôler son éducation, lui interdire de fréquenter les garçons qui lui tournent autour dans l’école de commerce qu’elle vient d’intégrer et l’encourager à leur préférer ceux, bien nés, qu’ils lui présentent.
La bande-annonce de "Cigare au miel" est volontiers racoleuse. Elle nous montre Selma dans son lit de jeune fille, lisant les Mille et une nuits, intimement émue (c’est un euphémisme pour éviter d’écrire « en train de se masturber »). Scène suivante : dans les couloirs de son école, elle croise un garçon, beau et ténébreux, qui la drague sans détour. Scène d’après, Selma s’engueule avec sa mère et son père qui la privent de sortie. Tout est dit en trois plans : 1. L’éveil à la sensualité d’une jeune fille en fleurs 2. Les premières amours estudiantines 3. La brutale censure familiale et la difficulté de s’en dégager.
L’émancipation d’une jeune fille. Le sujet n’est pas nouveau. Il a été traité de tous les temps et sous toutes les latitudes : "Bonjour Tristesse", "À nos amours, "La Boum", "Mustang", "La Vie d’Adèle", "Divines" … et, plus près de nous, deux films récents qui m’ont bouleversé, "Papicha" et "Une histoire d’amour et de désir".
Le problème de "Cigare au miel" est de s’inscrire dans cette longue généalogie et de ne pas y apporter grand-chose de neuf ni de mieux. On a le droit à tous les poncifs attendus sur la perte de la virginité, la prédation masculine et les conflits père/mère-fille. Le tout est lesté d’un arrière-plan historique encombrant : l’action se déroule en 1993-1994 alors que l’Algérie bascule dans la guerre civile, ce qui nous vaut un retour au pays natal qui leste le film d’un quart d’heure supplémentaire et dispensable. Zoé Adjani, de tous les plans, sauve-t-elle la mise ? Même pas….
Cigare au miel, le premier long-métrage de Kamir-Aïnouz, nous plonge dans une famille aisée, d'origine Kabyle, habitant du côté de Neuilly, alors que l'Algérie traverse ses années de plomb. Le film n'est cependant pas une chronique historique à proprement parler, même si la toile de fond, éloignée, est importante. Cigare au miel est davantage une émancipation, celle d'une jeune femme qui touche du doigt les limites de l'ouverture de ses parents et le poids d'un héritage culturel quant à la place des femmes. Pour Selma, l'héroïne du film, la libération doit passer par celle du corps et par une sensualité forcément dérangeante pour sa famille mais aussi pour ses condisciples de son École de Commerce où les préjugés bourgeois et machistes continuent de prévaloir. Ce combat intime est bien rendu par le jeu tout en finesse de Zoé Adjani (la nièce de, très douée) mais un peu moins par la mise en scène qui a du mal à faire comprendre les méandres psychologiques de son interprète principale, le même constat s'appliquant aux parents de Selma dont on ne saisit pas toujours parfaitement la logique des comportements. Quant à la partie se déroulant en Kabylie, elle apporte certes une respiration bienvenue au film mais ne suscite pas autant d'émotion qu'espéré.
'Cigare au miel' est un excellent film ! Bon c'est vrai que le début est un peu lent à se mettre en place et j'ai bien cru que je n'allais pas trop adhérer mais en fait, très vite, Selma se met à flirter avec Julien et à partir de là, les scènes chocs s'enchainent et moi j'ai été terriblement émue par l'histoire de cette jeune fille ! C'est réaliste, c'est éprouvant, c'est choquant, parfois gênant et franchement on ne peut pas rester insensible aux malheurs qui lui arrivent (même si je l'ai trouvée particulièrement antipathique pour autant) En plus les paysages de la Kabylie sont super jolis à la fin du film et au final j'ai passé une bien belle soirée avec ce film choc !
Dommage qu’il n’y avait pas de proposition « archi-nul » cela aurait été parfait pour ce navet. Film cliché, avec actrice banale au possible, puis j’ai remarqué son nom de famille.. tout s’explique.
Très déçu, un sujet très inintéressant et on s’ennuie rapidement et on rabat sur un sujet ethnique sensible, l’histoire est finalement sans grand intérêt. Je suis sortie de la salle déprimé, une très grosse déception ressenti pour la première fois.
Pour sa première réalisation, la cinéaste dresse un beau portrait d'adolescente, dans une famille se voulant libérée, mais rattrapée par le poids des traditions et le début de la décennie noire en Algérie. Zoé Adjani (nièce de) s'inscrit dans sa tradition familiale en donnant à Selma toute la complexité voulue.
En multipliant les sujets (émancipation féminine, égalité homme / femme, intégration culturelle, etc.), "Cigare au Miel" n'en approfondit aucun, et le public se retrouve avec un patchwork de scènes dont le fil conducteur est tenu. Difficile donc d'éprouver de l'empathie pour cette héroïne en pleine recherche d'elle-même.