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Un visiteur
5,0
Publiée le 1 novembre 2008
Fresque grandiose de l'Italie de l'après guerre, classique de la comédie a l'italienne, Nous nous sommes tant aimées est un chef d'oeuvre énorme, qui fait autant rire qu'il ne touche... Mention aux acteurs superbes, en particulier la belle Stefania Sandrelli...
Un très beau film qui dépeint l’histoire personnelle de ces trois amis au sein de l’Histoire de leur pays et son évolution. De très belles scènes romantiques et douces qui évoquent le bonheur et la douleur.
Gianni (Vittorio Gassman), Antonio (Nino Manfredi) et Nicola (Stefano Satta Flores) ont combattu ensemble dans les rangs de la Résistance. À la Libération, leurs chemins divergent. Gianni met ses talents de juriste au service d'un entrepreneur véreux dont il épousera la fille. Antonio végète comme brancardier dans un hôpital. Nicola, fou de cinéma, enseigne un temps en province avant de revenir à Rome pour y être journaliste. Une femme, Luciana (Stefania Sandrelli) leur sert de trait d'union. Elle rencontre d'abord Antonio, tombe follement amoureuse de Gianni, manque se suicider quand elle le quitte, fréquente Nicola et finalement se marie avec Antonio.
"Nous nous sommes tant aimés" est un film de cinéphile, un hommage de Ettore Scola à ses maîtres, à Vittorio de Sica dont "Le Voleur de bicyclette" constitue l'un des fils rouges de l'histoire, à Federico Fellini dont la scène mythique du baiser de Marcello Mastroianni et de Anita Ekberg dans la fontaine de Trevi est reconstituée.
Mais "Nous nous sommes tant aimés" est surtout un film proustien sur le temps qui passe. C'est un film mélancolique sur les illusions perdues de trois cinquantenaires qui, chacun à leur façon, ont raté leur vie. Mais le regard qu'ils portent sur leur passé n'est jamais amer, jamais cynique. Le temps a passé. C'est ainsi. La vie des trois héros ne s'est peut-être pas aussi bien déroulée qu'ils l'auraient rêvé. Le temps a charrié pour chacun son lot de désillusions. Mais c'est la vie. Parfois comique, parfois tragique. Il n'y a pas à le regretter. Il faut simplement l'accepter.
Fresque douce amère sur l'Italie d'après guerre,regard nostalgique sur tout une génération qui a vécu avec ses illusions ... Des formidables numéros d'acteurs magnifiquement filmés par Scola. Un pur chef d'oeuvre !
Exemple incontournable de comédie douce-amère teintée de satire sociale, "Nous nous sommes tant aimés" est de ces films qui, quand bien même le temps les viellit, séduit toujours par une liberté de ton irréductible aux styles et tendances. Comme des yeux encore brillants sur un visage agé dont l'on devine la beauté passée.
Un film magnifique! L'histoire est belle, et les acteurs d'une justesse rarement atteinte. Au final, le spectateur ne peut être que bouleversé devant tant de féérie. Incontournable!
"Nous nous sommes tant aimés" sorti en 1974 relate l'amitié sur 30 ans entre Gianni, Antonio et Nicola. Ces trois hommes qui, pendant la guerre, étaient entrés en Résistance contre le nazisme, rêvaient de changer le monde... Mais au fil des années et des rencontres qu'ils vont faire, garderont-ils tous les convictions qui les animaient et pour lesquelles ils s'étaient battus ("Nous voulions changer le monde mais c'est le monde qui nous a changé") ? Une réalisation soignée et intéressante de Ettore Scola qui allie mélancolie et humour. Elle nous fait suivre le parcours de ces amis, de l'Italie d'après guerre aux années 70 (moment présent où se déroule le film), sur le plan personnel et professionnel, dans un contexte politique et économique compliqué. Les acteurs sont brillants, en particulier Vittorio Gassman et Nino Manfredi. Par moment, certaines scènes sont un peu longues mais rien de bien méchant. La photographie est réussit; elle se partage entre le noir et blanc pour les flash-backs et la couleur pour le retour au présent. "Nous nous sommes tant aimés" a été récompensé aux Césars de 1977 dans les catégories meilleur film étranger et meilleur réalisateur. Un film passionnant. 4/5.
Du « Guépard » à « 1900 », les Italiens aiment les fresques historiques, se déroulant sur plusieurs générations. En miroir, c’est un thème passionnant pour évoquer les générations, leurs idéaux, la transmission -et donc les ruptures et les permanences. En un mot, c’est une excellente occasion d’aborder la grande histoire, la conscience collective, par les petites intrigues du quotidien. Malheureusement, Ettore Scola le fait sous un angle esthétique et stylistique, avec quelques belles réussites (en particulier la manœuvre d’un des protagonistes pour se délester de sa femme et parler à son amour de jeunesse) et de beaux clins d’œil (Le Cuirassé Potemkine, La Dolce Vita, Le Voleur de Bicyclette et la polémique sur « le linge sale en famille ») mais sans réelle dynamique scénaristique. Qui plus est, il néglige l’apparence physique du temps qui passe (en 30 ans, les protagonistes vieillissent peu). En découle un effet bavard, accentué par la version VOST, qui nous use davantage qu’il nous happe. « Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changés ! », nous dit le réalisateur communiste. La formule est belle, mais facile, et surtout fausse : le consumérisme a peut-être gagné, mais les discours victimaires du marxisme ont plus que jamais le vent en poupe, avec tout son potentiel dé-constructeur sur la société, comme l’analysait déjà Vladimir Volkoff au sujet d'un URSS sur le déclin. La vraie question aurait dû être : une fois la Résistance passée, qu'ont-ils fait pour "changer le monde"? Et, au demeurant, pourquoi et en quoi fallait-il "le changer"?
Tout simplement magique. Apologie de la nostalgie et distinction faite sur deux catégories d'Hommes: ceux qui ne pourront que vivre pour leux idéaux et ceux qui apprennent, avec le temps à s'asseoir dessus...Le tout avec une tendresse infinie...Et si on y ajoute à ça le rythme enjoleur de la langue italienne on en sort retourné.
L’apothéose de la comédie à l’italienne qui réunit toutes les qualités du genre faites de dérision, de profonde humanité, de nostalgie et de critiques acerbes de la société à travers trois personnages vus sur plusieurs générations, Scola tente de nous montrer l’évolution de son pays après le choc de la seconde guerre mondiale quand l’Italie a dû se relever de vingt années de fascisme. Mais au-delà de cette peinture de la société italienne le film revêt une tonalité plus universelle centrée sur la comédie humaine qui engendre son lot de désillusions. Quand on regarde le parcours de ces trois copains de régiments que de regrets et de changements de cap avec l’usure du temps. Les grandes illusions de la jeunesse ne résistent pas aux épreuves de la vie qui conduisent souvent à l’embourgeoisement. Le meilleur exemple du renoncement est donné par Gassman qui non content d’avoir subtilisé la dulcinée de son meilleur ami, quittera celle-ci dès qu’il apercevra celle qui pourra lui faire gravir les échelons de l’échelle sociale. Corrompu il passera sa vie à tromper son entourage se donnant de lui-même une piètre image qui l’amènera à mentir sur son véritable statut quand il recroisera son copain au bout de 25 ans sur un parking. Il aura beau essayer de renouer avec son passé lors d’un repas de retrouvailles, le vers est dans le fruit et il tentera à nouveau de reprendre à son ami celle qui entre temps est devenue sa femme. Celui des trois qui avait choisi l’engagement politique à gauche n’aura pas beaucoup plus avancé ayant renoncé a sa femme et à ses enfants par entêtement et égoïsme pour finir comme critique de cinéma dans une gazette romaine. Seul le romantique joué par un magnifique Manfredi semble avoir trouvé un équilibre en ayant su attendre son amour de jeunesse. Une patience finalement récompensée. Un film tendre et dur à la fois qui nous montre tels que nous sommes, des pauvres bougres qui tentons de faire au mieux avec ce que nos parents nous ont laissé et ce que la vie nous offre. C’est la vie en somme avec tout son charme si bien rendu par Ettore Scola. A noter les clins d’œil du cinéastes à ses confrères tout au long du film (Fellini, De Sica).
Quelle émotion ! L'un des films majeurs du cinéma italien, d'une richesse, d'une densité rare...Nous nous sommes tant Aimés est un hommage au néoréalisme ( le film est au reste dédié à Vittorio De Sica ), mais aussi au cinéma en règle générale. Les citations sont nombreuses: on va de Renoir à Fellini en passant par Eisenstein ( la scène du Cuirassé Potemkine joué par le personnage de Nicola est sublime ). Mais le film d'Ettore Scola est également un film sur l'amour et l'amitié. L'amour entre Antonio ( excellent Manfredi ) et Luciana, qui a su résisté au temps qui passe. L'amitié entre trois résistants que la vie a séparé, puis réunit: Antonio ( un simple infirmier ), Gianni ( un avocat brillant qui finira gardien de parking ) et Nicola ( un cinéphile devenu critique suite à une séparation radicale avec sa femme et son fils ). Des moments bouleversants viennent ponctuer le film: la scène de l'hôpital dans laquelle Gianni vient rejoindre Luciana sous les yeux du pauvre Antonio exprime bien cette émotion. Un chef d'oeuvre probablement, qui touche au niveau de son sujet ( l'amitié peut elle survivre au temps qui passe ? ). Ettore Scola, grand cinéaste et cinéphile, nous offre l'une de ses plus belles leçons de cinéma. On pleure devant tant de beauté...
Nous l'avons tant aimé ce cinéma italien là, héritier du néoréalisme et de la comédie à l'italien, avec ses grands acteurs aux belles gueules et ses histoires ancrées dans le réel ! Un cinéma nourri de la générosité de De Sica et des audaces de Fellini, des introspections d'Antonioni et de l'humanisme de Rossellini ! Oui, nous l'avons tant aimé ce cinéma d'un autre temps, quand les blockbusters débilisant ne monopolisaient pas des cenatines de salles
3 gauchistes qui aiment la même femme, (qui représente peut-être l'Italie), s'engueulent, et ratent leur vie. Les hommages à de Sica, Fellini, Antonioni, n'ont aucun intérêt. Répéter 3 fois le même plan au début du film, non plus. Film bavard, mal post-synchronisé en VO, pessimiste, et très chiant.
Je suis encore tout retourné après avoir revu ce film, 40 ans après sa sortie ! Je n'ai pas grand chose à ajouter à tout ce qui a déjà été dit, et souvent très bien, sur ce chef-d'œuvre. Mais quand Gianni, à la fin, dit à Luciana qu'au fond il n'a jamais aimé qu'elle, lui qui a eu tout, sauf l'essentiel, je n'ai pu m'empêcher de penser à Kane, dans le Citizen de même nom, dont la dernière pensée, avant de mourir, va à Rosebud, son petit traîneau d'enfant. La nostalgie, ça fait souvent très mal...