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Nous nous sommes tant aimés !
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Tristan A.
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5,0
Publiée le 5 janvier 2023
Ce film est prodigieux à plus d’un titre. Il réussit en une seule œuvre à nous exprimer l’évolution des sentiments de trois hommes (tant amicaux qu’amoureux) avec celle de leurs idéaux politiques tout en rendant hommage au 7ème art. La phrase emblématique du film est sans aucun doute « On voulait changer le monde mais c’est le monde qui nous a changés ». Tout est résumé en ces mots. Ettore Scola, communiste, nous montre trois hommes résistants en 45 qui au fil des années ont pris des trajectoires totalement différentes. L’un allant du pragmatisme au reniement de ses idéaux de gauche (épousant même littéralement la mafia), l’autre se fanatisant dans sa pensée marxiste et systémique au point d’abandonner sa famille et le dernier qui bien que moins intellectuel réussira à conserver ses idées et même la femme de sa vie (cette scène est absolument superbe tant pas le jeu de Nino Manfredi que celui de Vittorio Gassman). Pourtant, ce film c’est aussi celui du temps qui passe, comme le dit Gianni joué par Gassman « le futur est passé, et on ne s’en est même pas aperçus ! ». La vie est faite de choix et une fois les décisions prises il est bien dur de revenir en arrière. En abandonnant Luciana à l’époque il ne se doutait pas qu’elle allait se mettre à passionnément aimer Antonio et ne plus penser à lui. Pour nous montrer ce temps qui passe et évolue chaque période a le droit à son film emblématique. Ainsi Nicola regarde au ciné club le voleur de bicyclette, en se déplaçant dans Rome on aperçoit Mastroianni et Fellini à la fontaine de Trevi, on comprend qu’on est devant le tournage de la Dolce Vita et donc en 1960. Alors par ces références mais aussi par l’humour qui est constamment utilisé on voit les personnages évolués sans jamais s’ennuyer et en se laissant porter. Enfin, que dire de la mise en scène qui parfois grossière en reprenant le procédé du théâtre vu dans une scène du début, ou par une rupture répété du 4eme mur par des apostrophes à la caméra, ou des dialogues superposés sur d’autres films par les personnages; on est surpris et l’on adhère. L’image n’est pas superbe mais la musique est splendide et accompagne ce film constamment avec bonheur.
pour les nostalgiques comme moi, du cinema franco italien des années 70, voici un exemplaire qui nous rappelle ce qu'etait le cinema italien de cette epoque.
Ettore Scola fait se croiser 3 parcours de vies différents, depuis la résistance durant la 2e guerre mondiale, jusqu'à l'évolution matérialiste et sociale de la seconde moitié du 20e siècle, avec ses désillusions et ses réussites apparentes, mais avec pour fil rouge (et quel fil rouge ! ) l'amour, et l'amour d'une femme en particulier, véritable recentrage du sens de la vie. Une ode moderne à l'amour, filmée avec subtilité et un montage en ellipse intelligent, se faisant chevaucher les périodes comme les souvenirs intérieurs, avec quelques clins d'oeil, comme la fameuse scène où deux personnages se revoient lors du tournage de la "Dolce Vita", avec en arrière-plan Mastroianni et le maitre Fellini. Un classique qui fait chaud au coeur.
Film realiste italien sur les 50s et 60s, sur l'amitié et les illusions trahies par les remous de la vie, et sur l'amour du cinéma. Long, très long, et très bavard mais recelant des scènes magiques ( le photomaton, le dessinateur de rue au carrefour, la casse de voitures) et des acteurs superbes. Très émouvant, très triste. Comme la vie. "L'avenir est passé et on ne s'en est pas aperçu".
Nous nous sommes tant aimés. C’est un film italien qui date de 1974. Un film en couleur. L’Italie des années septante. La ville de Rome. C’est l’histoire de deux hommes et d’une femme, qui vivent à Rome. L’histoire traverse trente ans de vie commune. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale aux années septante. Le film reste typiquement italien ; un film qui passe de la comédie au drame, ou du drame à la comédie. Le film reste long et compliqué. Mais ce film reste beau et intéressant. Il y a de très belles scènes. Rome et son cinéma.
Du « Guépard » à « 1900 », les Italiens aiment les fresques historiques, se déroulant sur plusieurs générations. En miroir, c’est un thème passionnant pour évoquer les générations, leurs idéaux, la transmission -et donc les ruptures et les permanences. En un mot, c’est une excellente occasion d’aborder la grande histoire, la conscience collective, par les petites intrigues du quotidien. Malheureusement, Ettore Scola le fait sous un angle esthétique et stylistique, avec quelques belles réussites (en particulier la manœuvre d’un des protagonistes pour se délester de sa femme et parler à son amour de jeunesse) et de beaux clins d’œil (Le Cuirassé Potemkine, La Dolce Vita, Le Voleur de Bicyclette et la polémique sur « le linge sale en famille ») mais sans réelle dynamique scénaristique. Qui plus est, il néglige l’apparence physique du temps qui passe (en 30 ans, les protagonistes vieillissent peu). En découle un effet bavard, accentué par la version VOST, qui nous use davantage qu’il nous happe. « Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changés ! », nous dit le réalisateur communiste. La formule est belle, mais facile, et surtout fausse : le consumérisme a peut-être gagné, mais les discours victimaires du marxisme ont plus que jamais le vent en poupe, avec tout son potentiel dé-constructeur sur la société, comme l’analysait déjà Vladimir Volkoff au sujet d'un URSS sur le déclin. La vraie question aurait dû être : une fois la Résistance passée, qu'ont-ils fait pour "changer le monde"? Et, au demeurant, pourquoi et en quoi fallait-il "le changer"?
Que reste-t-il de nos amours ? Le film d’Ettore Scola oscille entre la nostalgie et le rire, entre la mélancolie et la tendresse, il est devenu un classique du cinéma italien. Trois hommes, trois parcours – et, à travers eux, trente ans d’histoire italienne… dont, en premier lieu, trente ans de cinéma italien. Allusions, citations, références cinématographiques parsèment le film de manière flagrante. La présence constante, obsessionnelle, de souvenirs de cinéma constitue sans doute la puissante originalité du film – celle qui lui permet d’échapper à l’étiquette du « portrait de génération » pour proposer une réflexion riche et nuancée, qui exploite et interroge sans cesse ses propres moyens d’expression. Trois amis militants avec trois parcours différents et au milieu une femme dont ils tombent amoureux tour à tour au point de condamner leur amitié ; c’est une aussi une belle histoire humaine sur trois décennies. Suivre 4 vies sur 30 ans en 2h, sans raccourci, sans maladresse, avec des ellipses bien senties ; c’est une gageure qui lorsque l’exercice est réussi touche au cœur le public. Un classique à voir et à revoir par les amateurs de cinéma qui dans une séquence surprenante se retrouveront au beau milieu du tournage de « La dolce vita » en compagnie de Mastroianni et de Fellini…. Mais qui plaira aussi aux non amateurs avertis. tout-un-cinema.blogspot.com
« Nous nous sommes tant aimés ! » de Ettore Scola (1976) balaie en un peu moins de 2 h le destin de 3 copains réunis par la résistance contre les allemands : Antonio (Nino Manfredi) qui restera toujours brancardier dans un hôpital religieux du fait de ses opinions politiques ; Nicola (Stefano Satta Flores) professeur toujours marxiste dans un petit lycée et féru de cinéma et Gianni (Vittorio Gassman) qui lui a trahi ses idéaux et est devenu très riche en épousant la fille d’un profiteur de guerre. Ces 3 amis ne se sont pas revus depuis 1946 et c’est avec émotion que leurs destins vont se croiser autour de la belle Luciana (Stefania Sandrelli) dont le rêve est d’être actrice… ce qui nous conduit à l’évocation de très grands films : « Le cuirassé Potemkine » de Sergueï Eisenstein (1925) avec la scène du landau dans les escaliers d’Odessa ; « La Dolce Vita » de Federico Fellini (1960) avec la scène de la fontaine de Trevi ; « L'éclipse « de Michelangelo Antonioni (1962) … et surtout « Le voleur de bicyclette » de Vittorio De Sica (1949) - à qui le film est d’ailleurs dédié- avec la célèbre question sur l’astuce de De Sica pour arriver à faire pleurer le petit Bruno. Le film est souvent drôle mais aussi pathétique car comme dit par l’un des 3 amis, « Nous voulions changer le monde, mais le monde nous a changés ! ». Le film débute en noir et blanc avec surtout à son début des effets de lumière frappants et un jeu un peu théâtral et il est rythmé par un thème musical obsédant. Bref une excellente comédie douce-amère pour les nostalgiques du grand cinéma italien de l’après-guerre !
Nous voulions changer le monde et c’est le monde qui nous nous changé. Cette phrase tirée du film « nous nous sommes tant aimés » résume parfaitement ce qu’il est. Un film d’amitié qui se scelle dans le maquis de la deuxième guerre mondiale, des amis qui se perdent et se croisent au fil des époques. Le ton du film est assez unique à la fois nostalgique et assez acerbe avec ses personnages. C’est un film plein de verve, très drôle et plus profond que son côté farce peut laisser parfois penser. C’est le premier film d’Ettore Scola que je découvre, cela m’a vraiment donné envie d’en voir d’autres.
Malgré quelques maladresses et des élans baroques parfois déroutants, ce film construit un panorama de la vie des Italiens à travers le destin politique, social et amoureux de trois amis liés par une femme aussi idéalisée et faillible que leur pays. Une réflexion sociétale dénuée de didactisme et de manichéisme laissant toute leur humanité aux protagonistes et à leur(s) évolution(s). Ambitieux.
Un film entre rires et larmes qui témoignent d'une époque, dans un contexte d'après guerre. On en sort heureux et triste, entre nostalgie d'un temps passé et invitation à profiter du présent. Les acteurs, géniaux, arrivent à amener une autre dimension à l'oeuvre qui nous transporte et ne peut que nous toucher. Un bijou du cinéma italien.
Ma tradition l'oblige, un film Italien en Avril. Pourquoi en Avril ? A dire vrai je n'en sait rien et qu'importe ...
Après une trilogie sur Antonioni avec Le Cri, Blow-Up et Zabriskie Point en 2017, 2018 et 2019 c'est vers Ettore Scola que je me tourne en 2020. Le souvenir d'Une Journée Particulière vu sur Arte lors de l'hommage à ce dernier est encore très vivace et résonne encore très fort en moi. Une experience à part entière, un de mes plus grands bouleversement en terme de cinéma.
Nous nous sommes tant aimés que je découvre à l'instant m'a très vite ramené à ce que moi j'avais tant aimé lors de ma rencontre avec Scola. Il se sert une nouvelle fois de l'histoire pour raconter la vie de ses protagonistes. Nous sommes en pleine immersion dans l'Italie d'après-guerre et de l'impact des bouleversements engendrés sur le quotidien de nos personnages. Si le film est très drôle il est tout autant déchirants dans sa justesse et dans sa vérité historique. Les idéaux et belles idées sont très vites balayés au profit d'une tout autre cause moins rose. On se mange les déconvenues et les joies en leurs compagnies, à tous d'ailleurs. Le film est très beau à la fois dans ce qu'il raconte donc mais aussi dans la mise en scène de son créateur et que dire des comédiens à ravir !
J'avais très envie au cour de cette critique d'abordé un autre de mes enthousiasmes, la musique. L'Amour criant de cinéma d'Ettore Scola est flagrant dans ce film mais son idéal porte aussi dans la composition musicale tout aussi magique. Les notes entendus dans ce long métrage m'on complètement retourné et l’envoûtement continue une fois le générique achevé.
Une immense contribution et un amour du Cinéma tout à la fois beau à voir mais aussi à vivre. Un des derniers bastions de croyance de cette homme qui livre avec un pareille film une lettre aux siens à coups de " Vous Autres et Nous Autres " ... On quitte cette Oeuvre avec un immense sourire.
Copieux film d'Etorre Scola, ou la petite histoire et la grande sont mélées. Ou on y parle avec acuité des sentiments humains, de l'amour et de l'amitié, des séparations et des retrouvailles, sur ce qui change et ce qui ne changera jamais. C'est fait avec beaucoup de trouvailles dans la réalisation, comme ces moments suspendus ou ces flash-backs qui viennent éclairer une situation. Le film oscille entre joie profonde et mélancolie même si l'on sent que toute vie contient sa part de renoncement et que la tristesse s'empare petit à petit du cœur des hommes. Des trois hommes, entre l'arriviste, l'idéaliste et l'activiste, il semble que c'est l'idéaliste campé par un merveilleux Nino Manfredi qui s'en sort le mieux, comme si Ettore Scola voulait nous rappeler que c'est le cœur qui dirige l'être humain. Les trois acteurs sont formidables et il ne faut oublier de mentionner Stefania Sandrelli, qui irradie le film de sa beauté et de sa présence. En fin, tout cinéphile aura remarqué l'importance du cinéma dans la vie de ces compères, comme si le cinéma était au centre de tout. C'est un sentiment agréable, et malheuresement je ne suis pas sur que le cinéma ait une place aussi importante aujourd'hui. Film indémodable aux dialogues indémodables et aux situations universelles
On ne croit pas tellement à ces trois personnages qui ressemblent bien plus à des types (le bourgeois opportuniste, l'intellectuel velléitaire, le prolétaire valeureux) qu'à des êtres de chair, mais 'Nous nous sommes tant aimés' est tout de même un moment de cinéma plaisant, tantôt drôle, tantôt émouvant. C'est aussi un bel hommage au cinéma italien dont l'évolution inspire, en filigrane, celle des personnages à mesure que l'histoire avance dans le temps.