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    Louxor
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Louxor" et de son tournage !

    Naissance du projet

    Zeina Durra a commencé à réfléchir au film alors qu'elle était bloquée chez elle à cause d'une grippe. A ce moment, elle pensait aussi être enceinte d’un troisième enfant. La réalisatrice se rappelle : "Je venais aussi d’apprendre qu’un film sur lequel j’avais commencé à travailler et pour lequel j’attendais un feu vert n’allait pas se faire tout de suite, j’avais le moral au plus bas. Alitée, j’avais le temps de me pencher sur les choix que j’avais dû faire dans ma vie. Je me suis interrogée sur la vie que j’aurais pu avoir si j’avais emprunté d’autres chemins. Cette nuit-là, j’avais rêvé de Louxor et d’une femme qui arpentait les temples et les ruines de la cité. J’étais allée dans cette ville une seule fois, enfant. Toutes ces émotions, ces sentiments m’ont inspiré cette idée."

    Les choses se concrétisent

    Zeina Durra a alors appelé la directrice de la photographie Zelmira Gainza pour lui raconter ce rêve. En bavardant avec elle au téléphone, la cinéaste a fini par lui dire qu'elle avait envie de tourner un film en Egypte. "Je voulais qu’il y ait de la nostalgie pour s’opposer à cette période troublée que nous traversons. Il y serait aussi question de la maturité qu’on atteint en vieillissant. Je voulais qu’on s’y interroge sur ses choix de vie. Je lui ai demandé si elle voulait travailler sur ce film, elle a tout de suite accepté ma proposition. J’ai ensuite rédigé une première page de notes avant d’appeler Mohamed Hefzy, mon producteur égyptien, qui était justement de passage à Londres. On s’est réunis. Il a lu cette page et a tout de suite accepté de me suivre sur ce projet. C’est ainsi que tout a commencé."

    Un monde devenu fou !

    Au cours du développement du projet, Zeina Durra s'est aperçue que le film qu'elle était en train de préparer répondait à un questionnement inscrit dans l’inconscient collectif. La cinéaste voulait aborder cette question du sentiment de perte d’un monde devenu fou, avec l’arrivée des gouvernements populistes de droite. "Je voulais parler de toutes ces femmes autour de moi qui pensaient avoir le temps de faire des enfants et qui, finalement, s’aperçoivent que c’est bien plus difficile qu’elles ne l’avaient imaginé", précise-t-elle.

    Se documenter

    Zeina Durra avait déjà mené des recherches à Al-Ramtha en Jordanie (dans le cadre d’un autre projet), une ville située à la frontière syrienne où l’association Médecins Sans Frontières avait dépêché une unité spéciale pour soigner les victimes de guerre en Syrie. Elle se rappelle :

    "L’ONG m’a gentiment fait visiter cette unité et m’a permis d’interroger des médecins et des infirmières. J’ai beaucoup appris sur la réalité de leurs vies grâce à leurs témoignages. En outre, parce que je parle l’arabe, les infirmières se sont confiées à moi en me racontant les horreurs dont elles ont été témoins au quotidien. J’ai été profondément marquée par ce que ces personnes vivent et endurent, la barbarie de la guerre, ces amputés tous assis dans une seule grande pièce en attendant de retourner en Syrie car ils ne souhaitent pas rester en Jordanie…"

    Histoire tragique

    Une histoire en particulier avait profondément émue Zeina Durra. Celle d’une maman qui avait été blessée et n’était autorisée à venir qu’avec un seul de ses deux enfants, tous deux également blessés : "Elle a donc dû abandonner un enfant mourant. Elle a supplié les médecins de sauver l’enfant qu’elle avait pu amener avec elle car il était tout ce qui lui restait. À l’époque, je venais d’avoir mon deuxième enfant et j’ai été totalement traumatisée par cette histoire. Impossible de l’oublier aujourd’hui encore. Je souhaitais vraiment apporter cette dimension au film. Je ne voulais pas simplement raconter l’histoire de quelqu’un d’un peu « perdu ». Je voulais vraiment montrer quelqu’un qui s’était retrouvée au front avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur une femme qui voudrait donner la vie."

    Une interview

    Une amie de Zeina Durra, l’écrivaine Negar Azimi, lui a parlé d’une interview pour le magazine Bidoun avec l’archéologue Salima Ikram, centrée sur un tombeau féministe de la vallée des Rois. L’article parlait du tombeau KV10 que des reines avaient récupéré en éliminant le visage du roi, remplacé par des gravures d’elles-mêmes un peu partout. La réalisatrice confie : "Puis j’ai appelé Salima Ikram pour lui parler des thèmes féministes de mon film, de la vie des femmes dans un monde patriarcal, avec ce personnage en quête de renaissance ou du moins qui cherche à mieux comprendre les cycles de la vie. Il s’est avéré que la philosophie de l’Égypte antique était en totale adéquation avec ma propre réflexion."

    Visite d'un tombeau

    Salima Ikram a fait visiter à Zeina Durra le premier tombeau de la ville de Séti dont l’imagerie illustrait parfaitement ce que vivait Hana. La seconde précise : "Les Égyptiens de l’Antiquité avaient imaginé que la nuit représentait un combat en attendant le retour du soleil qui constituait une victoire de chaque jour. Il y a eu aussi ce merveilleux moment où Salima Ikram, qui avait choisi des ouchebtis - des petits objets qu’utilisaient les Égyptiens dans l’Antiquité dans leurs rites funéraires - du tombeau KV10, a évoqué la ressemblance frappante entre Isis et son enfant Horus avec la Vierge allaitant l’enfant Jésus. Ces moments du film sont puissants car cette lignée est si forte qu’elle a traversé les millénaires."

    Pièce manquante

    Pour finir, Zeina Durra s'est entretenue avec Lydia Yee de la galerie Whitechapel à Londres, et lui ai parlé du film. Cette dernière a alors demandé à la cinéaste si elle avait visité la maison de Freud car il était fasciné par les liens évidents entre les fouilles archéologiques et la psychanalyse.

    "Un concept que j’allais pouvoir montrer sans mots ni descriptions : un lieu de fouilles où les choses du passé ressurgissent. C’était une manière de montrer en silence ce qui passait par la tête de Hana. J’ai cherché "sectes féminines Louxor" sur internet et je suis tombée sur le nom d’une femme, Nicky Scully. Nicky m’a expliqué qu’elle était allée en Égypte pour la première fois en 1978 pour accompagner son mari, le manager du groupe Grateful Dead. Elle m’a expliqué qu’une fois à Louxor, elle s’était dit qu’elle devrait forcément y retourner un jour. Elle a passé sa vie à faire visiter ces sites aux touristes en leur expliquant les mystères de l’Égypte antique avec l’art de transposer ces histoires d’antiquité au monde contemporain", se rappelle Zeina Durra.

    Qui pour le rôle principal ?

    Pour le rôle principal, Zeina Durra voulait quelqu’un de crédible dans la peau d’une humanitaire. C'est pour cette raison qu'elle a choisi Andrea Riseborough : "Il me fallait quelqu’un qui puisse exprimer énormément d’émotions par sa façon de bouger, sa manière d’être. Ça a été très agréable de travailler avec elle, ce qui était bienvenu car nous avons eu des conditions de tournage complexes. On devait s’accommoder des touristes en leur demandant de s’arrêter quelques instants le temps de tourner !"

    Côté casting

    Comme beaucoup d’acteurs égyptiens avec qui Zeina Durra voulait travailler n’avaient plus le droit d’exercer leur métier en Egypte, la cinéaste a dû chercher d’autres comédiens arabes. "Je connaissais Karim Saleh, qui est libanais, car il avait joué un petit rôle dans mon premier film. En outre, c’est quelqu’un qui plaisante facilement et qui sait vivre le moment présent. Je me suis dit qu’il ferait un bon professeur d’archéologie de 40 ans. Tourner un film en Égypte, c’est merveilleux, mais c’est le chaos total en terme d’organisation. Salima Ikram (Salima) est une des archéologues et égyptologues les plus aguerries. Elle est professeure à l’Université du Caire et elle est régulièrement sollicitée par la chaîne Discovery. Shereen Reda (Dounia) est une actrice célèbre en Égypte, elle est serbo-égyptienne."
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